La Soufrière (Warten auf eine unausweichliche Katastrophe) (1977) de Werner Herzog
Lorsque Herzog apprend qu'une éruption du volcan de la Soufrière sur l'île de la Guadeloupe est imminente mais qu'un gars a décidé de rester sur place alors que toute la ville s'est barrée à Pointe-à-Pitre, il saute dans un avion avec ses deux cameramen pour se rendre dans la zone. Images impressionnantes en introduction (presque dommage qu'il y ait des commentaires) de cette ville morte quittée en catastrophe (pour le coup) et laissée aux mains des ânes et des cochons. Herzog tente de faire un peu le mariole en escaladant - courageusement certes - les pentes du volcan qui menace d'exploser dans les heures qui viennent ; il bat un peu en retraite devant ce qu'il identifie comme un nuage toxique avant de se lancer, en une longue parenthèse, dans le récit de l'explosion du volcan en Martinique en 1902 (ça me rappelle des souvenirs de ma jeunesse folle tout ça, mais c'est aussi pour faire le mariole). On revient enfin à notre volcan et surtout à ce
qui intéresse vraiment Herzog : il tombe sur le type (définitivement sans attache ni sans le sou) qui est resté sur l'une des pentes du volcan et qui, endormi à côté de son chat, attend tranquillou la mort. On sent bien qu'Herzog est fasciné par ce fatalisme paisible d'un type qui, semble-t-il, n'a plus rien à perdre et qui s'est fait une raison depuis longtemps. Il en croisera deux autres, en fait, un tout aussi déconcertant et un autre légèrement moins rassuré. Contre toute attente et malgré les prévisions alarmistes, rien ne se produira, mais Herzog semble content d'avoir pu capter les images de cet homme, déjà de "l'autre côté", psychologiquement - mais aussi presque physiquement - parlant. Bon je ne peux décemment pas conclure par "sulfureux" donc je dirai simplement "aventureux".
Venez vénérer Werner : ici