The Flying Doctors of East Africa (Die Fliegenden Ärzte von Ostafrika) (1969) de Werner Herzog
Reportage sur une association de médecins allemands et anglais qui viennent opérer au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, souvent obligés de se rendre en avion et d'atterrir sur des pistes de fortune. Outre le fait que cela puisse faire penser aux aventuriers du merveilleux film de Hawks Only Angels have Wings, il n'y a guère d'autres comparaisons à faire (ah bon), car on est bel et bien dans la réalité. Quelques images d'opération un peu dures, des docteurs qui louent la résistance de leurs patients qui, parfois, blessés, parcourent des kilomètres à pied jusqu'à l'hôpital le plus proche, on sent bien que parfois l'occident est capable de belles choses et de se montrer utile. Derrière cette aventure humaine remarquable, Werner Herzog traque les petits moments ou les petites histoires qui en disent long sur les différences culturelles: un Kenyan qui prend des mesures avec sa lance du premier avion qu'il voit atterrir, un enfant opéré d'urgence à Nairobi et que les parents refusent ensuite de reprendre parmi eux, la peur des Massaï, guerriers du bout du monde, à monter ou descendre un escalier, ou encore l'anecdote de cet enfant qui, devant le dessin agrandi d'un moustique, rassure l'infirmière en lui disant qu'ici, il n'y a rien à craindre, car ils ne sont pas aussi gros que cela (on imagine ensuite les cauchemars du bambin sur l'Europe). Outre la barrière de la langue, Herzog montre que, derrière cette difficulté à communiquer à travers les images (plusieurs personnes sont incapables de voir quel poster est à l'envers parmi une série de reproductions ou de reconnaître le dessin d'un oeil), il reste un fossé à franchir entre ces deux continents pour se comprendre. Première incursion de la caméra d'Herzog hors d'Europe et première interrogation sur le langage au sens large et le choc des cultures. (Shang - 29/03/08)
La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz (Die Beispiellose Verteidigung der Festung Deutschkreuz) (1967)
Un groupe d'hommes investit un ancien bâtiment occupé pendant la guerre. Ils ont l'air d'une bande de joyeux lurons, mais dès qu'ils enfilent des tenues militaires qu'ils trouvent dans un coin, ils ne tardent pas à s'y croire - l'habit ne fait pas le moine mais l'habit militaire rend con, on en a bien encore la preuve. Ils s'amusent entre eux, puis torturent une pauvre chtite souris, prennent les agriculteurs du coin pour des assaillants, organisent la retraite et comme forcément rien ne se passe, ils décident de passer à l'attaque... Une petite pointe d'ironie assez savoureuse dans ce troisième court-métrage du père Werner. (Shang - 29/03/08)
Derniers Mots (Letzte Worte) (1968)
Nous voici cette fois-ci en Grèce avec des autochtones qui parlent du dernier habitant d'une petite île qu'on a ramené sur leur terre et qui s'est refusé à prononcer toute parole. Il s'agit d'un joueur de lyre et on voit des images de musiciens qui s'éclatent sans savoir vraiment s'il s'agit de notre homme. Il y a un petit décalage avec le fait que les gars du coin répètent 12 fois la même réplique (la palme au couple de gendarmes). En dehors de l'aspect comique (mouais), on a un peu du mal à voir où Herzog veux vraiment en venir si ce n'est peut-être que le silence (la vie d'ermite... la fin d'un monde où tout isolement est impossible ?) ou la musique ont parfois plus de sens que les mots - mais je mettrais po la vie de mon chien en jeu dans l'histoire... (Shang - 29/03/08)
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