Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Shangols
REALISATEURS
GODARD Jean-Luc 1 2
OPHÜLS Marcel
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
25 mars 2008

LIVRE : Cap Canaveral de Grégoire Bouillier - 2008

Sans_titreLégère déception de la part d'un des jeunes auteurs les plus chers à mon coeur. Cap Canaveral, en radicalisant le style court si efficace dans Rapport sur Moi et dans L'Invité Mystère, devient une sorte de pure forme un peu trop pesée, un peu maline, qui l'empêche de toucher droit au corps comme ses prédécesseurs.

Fidèle à ses inspirations, Bouillier raconte une "anecdote intime" assez étonnante, une de ces rencontres éphémères dont il a fait la sève de ses bouquins passés. Une jeune fille croisée, une excitation passagère, et au final une aventure étrange, légèrement perverse, troublante en tout cas, qui permet à l'auteur de prolonger sa réflexion sur le pouvoir de ses livres, et leurs conséquences inattendues. La trame est prenante, forte, décrite de l'intérieur comme il se doit, avec une acuité quand il s'agit de mettre des mots sur une émotion complexe qui fait merveille. Bouillier n'oublie pas pour autant de nous servir ses fameuses mises en abîme perpétuelles, opérant des va-et-vient entre son histoire, racontée dans un flux tendu, et ses impressions d'écrivain en train de raconter. Ca, c'est plutôt bien vu, même si pas nouveau : il met le doigt sur l'impossibilité de dire, sur la pauvreté des mots, sur les approximations de l'écriture, en même temps qu'il sert une intrigue très précise dans son vocabulaire.

Mais pour mieux montrer l'impuissance de la langue, Bouillier choisit de rendre ses phrases encore plus heurtées, encore plus rythmées, en une sorte de "slam" précipité, en une écriture ramassée et épurée. De nombreuses phrases sont coupées avant leur accomplissement, comme si, débordé par l'urgence de dire (urgence qui colle bien avec le sujet, certes), l'auteur ne pouvait prendre le temps de la syntaxe complète. Ca donne un style "darleysien" parfois intéressant, notamment quand on arrive au coeur de l'histoire racontée ; mais c'est aussi un peu voyant, un peu m'as-tu-vu pour tout dire. La sobriété coutumière de Bouillier passe ainsi à la trappe, et la modestie avec. On sort de ce tout petit livre (35 pages) avec l'impression d'un de ces bidules un peu tendance que nous donnent à lire les jeunes auteurs à la mode ; Bouillier n'est pas de ce monde-là, et il l'oublie le temps de cette nouvelle trop fashion. Un sujet excellent, une exécution trop brillante... j'attends son prochain vrai livre avec impatience.

Commentaires
Derniers commentaires
Cycles
Cycle Collection Criterion 1 2 3 4 5 6 7
Cycle Cinéma Japonais 1 2 3 4 5 6 7
Cycle Festival de Cannes 1 2
Cycle Western 1 2 3
 
 
Best of : 60's     70's      80's      90's      00's      10's
 
Ecrivains