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11 août 2020

Aria (1987) de N. Roeg, C. Sturridge, J.L. Godard, J. Temple, B. Beresford, R. Altman, F. Roddam, K. Russel, P. Jarman, B.Bryden

ARIA_JPN'étant point un grand fan, et encore moins un grand connaisseur par la force des choses - et du destin - des grands airs d'opéra, il était clair que cette collection de vidéo-clip anti MTV avait peu de chance de me plaire. Bon, au moins, on peut pas dire que ce soit une surprise en soi, j'ai baillé tout mon soûl. Il a beau y avoir une certaine diversité des genres, le piètre amateur que je suis ne s'est guère passionné devant ces mises en scène soignées à l'excès, comme si la musique dite "sérieuse" devait forcément donner des films amidonnés et travellingués à mort. Tout semble tellement tiré à quatre épingles qu'on a presque envie d'une fausse note pour avoir un peu de spontanéité. Bref, Roeg (Verdi) nous sert un film historique dans le Vienne des années 30 avec l'assassinat foiré du roi Zog (un Albanais, forcément cela ne dit rien à personne): cela permet tout de même de faire gicler du sang sur de la neige ce qui fait toujours son effet ; Sturridge (Verdi) est plutôt dans le drame social londonien avec des gamins (en noir et blanc forcément, ça fait plus pauvre) scotchés devant la télé qui volent une grosse toto (mais c'est peut-être un rêve - ou non): c'est la force du destin, donc la bagnole finit en feu - mais c'était ptêtre un rêve... bah ; Godard (Lully) nous amène 003396_17forcément là où on s'y attend le moins, dans une salle de muscu - c'est rare Lully dans une salle de muscu -: des femmes de ménage dénudées se caressent ou essuient des hommes body-buildés avant de projeter de les assassiner - mais nan. "Il semble fait pour l'amour" dit l'une, "j'aimerais le détester" dit l'autre (ou toujours l'une, po suivi) et bon, on voit bien le drame de l'amour dans ces hésitations, l'une dit "oui" puis l'autre "non", pour le tuer, l'aimer...? La douceur de la femme, la force de l'homme, ouais, enfin ça se voit que Godard a jamais fait de muscu, parce qu'il arrive jamais des trucs pareils dans des salles de sport ; Godard soigne ses gros plans, c'est osé certes mais super affecté, mon commentaire final : mouais pourquoi pas ; Temple (Verdi - victoire haut la main de Giuseppe) adapte Rigoletto et se lance, forcément, dans la grosse comédie, avec un homme -avec une poule- et sa femme -avec un gigolo- qui se croisent et se recroisent dans un bar chelou. Mais c'est po drôle, on sent juste que Temple a pris plaisir à enchaîner tous les plans avec un constant mouvement latéral de sa caméra ; Beresford (Korngold) se lance dans le romantisme avec deux amants qui chantent à l'unisson à poil dans un lit à Bruges : ils ont dû avoir bien froid quand même ; Altman (Rameau) filme dans le théâtre -légendaire- du Ranelagh une bande de fous grimés comme dans Thriller de Michael Jackson qui après quelques secondes de silence -la musique adoucit les moeurs- se lancent dans une joyeuse partouze : "Jouissons, jouissons". Le Robert installe une certaine ambiance, définitivement - sûrement le court que je préfère d'ailleurs - mais abuse de sa louma, c'est clair (posez cette caméra deux secondes, bon sang, le lyrisme a ses limites); Roddam (Wagner) filme un couple très hot qui se suicide dans un bain - de sang. J'ai reconnu Tristan & Isolde et j'étais tout content; Russel aria_1_160x120délire dans un clip égypto-kitschouille avec en parallèle une femme dans une salle d'opération - le plus ridicule ; Jarman (Charpentier) fait dans le film géronto-nostalgique avec une vieille femme qui se repasse ses souvenirs de vacances "carte postale" au bord de la mer... affreux ; Bryden enfin signe le fil conducteur et aurait dû faire attention à mieux doubler John Hurt qui était meilleur dans Elephant Man. Du muscle, du sein, de la grande musique, des frais de maquillage plus élevés que ceux des campagnes de Sego-Sarko, à trop vouloir en faire, à chiader coûte que coûte chaque plan (ah ces terribles années 80), on perd définitivement l'émotion. La musique a dû mieux se vendre dans les bars-tabac que le film dans les salles.   (Shang - 24/03/08)


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Pas terrible du tout, c'est vrai, ce film grand crin qui sort son smoking et ses dollars pour vous en mettre plein les mirettes, et se termine effectivement gros-jean comme devant, tant tout ça est marqué années-fric-80, clinquant en extérieur et vide à l'intérieur. On sort quand même les gros tubasses de l'opéra, et on demande à quelques cinéastes à la mode (dont seuls 2 ou 3 sont restés dans l'histoire) de leur donner un habillement spécial Festival de Cannes, ça sent la mauvaise idée et le couperet tombe très vite : toute la première moitié est affreuse, y compris, mais oui, le sketch de notre JLG, pris en flagrant délit d'absconcerie et de sérieux. On reconnaît là la marque du gars quand il se laisse aller au bâclage facile, et ces deux demoiselles à poil dans cette salle de sport qui prennent des airs de dindes en hululant des "oui " et des "non" finissent par vous faire ricaner doucement ; d'autant qu'elles sont en présence de quelques gars tout en muscles qui n'ont peut-être pas complètement inventé l'ocarina, et qu'on passe surtout son temps à imaginer Godard expliquer à ses "acteurs" ce qu'il attendait d'eux plutôt qu'à chercher à comprendre ce qu'il a voulu faire. Bon, bien sûr, il découpe l'opéra de Lully en petits bouts selon sa fantaisie, on est bien dans son univers ; mais ça ne suffit pas... C'est, osons le dire, nul. Ce sketch arrive au milieu d'autres redoutables : celui de Roeg, dont on apprécie les plans longs et sophistiqués, mais qui saccage tout en scénarisant outrancièrement l'opéra de Verdi ; celui de Temple, le pire selon moi, qui fait son malin en mêlant le trivial le plus bas de gamme (un adultère et des couples qui se croisent sans se voir) à la grande culture (Rigoletto, quand même, Verdi doit labourer le cimetière) ; ou celui de Beresford, infâme film illustratif erotico-chic sans intérêt.

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Le reste est très inégal, avec toutefois quelques pointes d'intérêt : c'est le cas avec le petit film de Sturridge, qui tente de replacer le sujet de La forza del destino de Verdi dans un contexte moderne. Il réalise un sketch certes assez clipesque, mais doté au moins d'une belle modernité, et d'un style fort, très docu anglais. Bien aimé aussi pour ma part la partie de Roddam avec la toute jeune Bridget Fonda, non seulement parce que c'est celui qui a la plus belle musique (Wagner), mais parce que la rencontre d'icelle avec les grands paysages américains (la ville de Las Vegas, le désert) et avec un romantisme fiévreux colle très bien : l'impression pendant quelques secondes de se retrouver dans un vieux Wenders, c'est pas si mal. Le film de Russel n'est pas honteux avec son univers kitch à la Pierre et Gilles, qui lui aussi sent bien la musique et ne s'en sert pas comme d'un prétexte. Le meilleur sketch, je suis d'accord avec Shang, est celui d'Altman, qui préfère filmer les spectateurs plutôt que les chanteurs et l'effet que produit la musique sur l'assemblée : c'est un air plein de débauche de Rameau qui fait le sel de cette représentation chaotique, où des "fous" sont placés devant la musique et réagissent au premier degré. Échevelé, paillard, très joliment monté, une réussite. On passera sur le reste, sans intérêt. Au final : un machin où chacun tire la couverture à soi, qui ne se tient pas et prend des airs de fausse bonne idée en fin de compte   (Gols - 11/08/20)

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God-art the cult

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