Highlander (1986) de Russell Mulcahy
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Attention les mirettes, attention les esgourdes, là on est dans du lourd, dans le genre de film des années 80 qui a rendu daltonien toute une génération. Oui Highlander est culte (oups) ne serait-ce que grâce à la présence, de l'indestructible, du ténébreux, du demi-dieu Christophe Lambert (ouh là), capable à cette époque d'aller de liane en liane sans ciller, de manier l'épée comme d'Artagnan, de passer à travers tout obstacle sans une égratignure (c'est sûr qu'il a connu depuis une certain décadence, se blessant récemment, pardon ayant un malaise lors d'une simple dédicace (que pouvait-il d'ailleurs dédicacer ? le mystère reste entier)). Quand certains mettent tout leur jeu dans la mâchoire (Gilles Lellouche dans Moulin, un régal de bande-annonce), d'autres mettaient tout dans leur regard : Lambert et son regard de myope, perdu, flou... sa meilleure arme avec son rire de guignol qu'il nous ressortait alors à chaque scène, ne perdez pas de temps avec le cours Florent... Non mais sérieux, sinon ? Je ne vous cacherai pas, mes amis, que le film, a vieilli : ces ralentis multiples, ces filtres violets en fin de journée, ces travelling-avant effectués à toute blinde sur des rails savamment graissés à l'huile d'olive, ces explosions inutiles de tout le décor à chaque mort décapité, ces bruitages sonores à deux boules, ces fonds musicaux typiquement eighties ignobles (on sauvera, of course, la musique de Queen, on ne touche pas à Freddie Mercury et à Zanzibar, merci !), ce serait juste pathétique si cela n'était pas en même temps un peu drôle. Mais oui, mais oui, on savait qu'on se repenchant sur ce "trésor" des eighties, on grincerait des dents plus souvent que les gonds de la porte de la cave. On avait bien sûr conscience qu'on allait se poiler avec une légère pointe de moquerie acerbe tout du long... Mais voilà, le film, en son temps, eut aussi ses adeptes, ses fans féroces, et même sa série... Ça mérite un peu de respect, non ? Que peut-on encore sauver ? Ces bien belles images d’Écosse et de châteaux en ruines ? La présence truculente de Sean Connery seul acteur possédant un minimum de bagages de comédien par rapport l'ensemble du casting ? Les efforts fournis par le décorateur et les accessoiristes dans le loft un poil m'as-tu-vu de Lambert décoré avec dix mille reliques ? Je sais bien, c'est maigre, c'est futile, mais on ne va pas non plus passer douze strophes à tirer sur l'ambulance, à souligner le grotesque de la chose, plus remplie de testostérones que les testicules d'un sanglier des Ardennes (et que dire à propos de ces petites remarques misogynes ? : "vous savez cuisiner ?", demande-t-il ; "pourquoi ?", répond-elle ingénument ; "on pourrait dîner ensemble", suggère-t-il - du nanan !) . Il ne peut en rester qu'un. Bon, ben même parmi les films "cultes et à la con" des années 80, ce ne sera pas celui-là. High high high.
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