LIVRE : Un Printemps avec Arsène Lupin de Grégoire Bouillier - 2026
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Petit écart de Grégoire Bouillier, qui se voit en ce printemps obéir à une commande de France Inter : une série de podcasts consacrés à Arsène Lupin, agrémentée de ce petit livre rigolo et sans façon. Vues les tendances de l'auteur à transformer sa vie en enquêtes, on peut comprendre ce choix. Nous voici donc embarqué avec le gentleman-cambrioleur, à la découverte de ses origines, des codes possiblement cachés dans ses aventures, de sa psychologie, de ses amours, de ses névroses et de ses grandeurs. Pour moi qui suis loin d'être un amoureux de Lupin, c'est une découverte, et sans aller jusqu'à dire que ce livre m'a encouragé à lire les romans de Maurice Leblanc, disons que j'ai découvert avec intérêt que ces petits polars un peu démodés sont peut-être plus intelligents qu'ils n'y paraissent. Le style badin et astucieux de Bouillier est pour beaucoup dans le plaisir de cette lecture : on rigole devant l'enthousiasme contagieux du garçon, qui pense découvrir dans chaque phrase, chaque signe, chaque détail des trames lupinesques des codes montrant telle référence ou telle influence ou tel mystère dévoilé. Chez Bouillier, la vie est un complexe réseau de codes, de coïncidences, de messages cryptés, qu'il importe de déchiffrer pour comprendre la vie. Il trouve dans la prose leblanchesque de quoi nourrir son goût pour cette propension, et ses découvertes sont marrantes à lire : aidé comme toujours par sa fidèle secrétaire (cet aspect agence de détective commence à fatiguer un peu, il faut le reconnaître), notre garçon attaque l’œuvre comme un énorme mystère à décrypter, un peu comme une énigme de Lupin à elle seule. Au bout du livre, vous en saurez en tout cas beaucoup plus sur le célèbre personnage, envers lequel l'auteur ne cache pas son admiration, duquel il rectifie pas mal d'images toutes faites (Lupin en frac et en monocle ? Allons !), lequel il rétablit en véritable génie du vol, et duquel il révèle quelques faces cachées (ses amours, son goût pour la cachette, son absence d'identité en lui-même...). Il met en mots l'ambiance folle du début du XXème siècle, montre en quoi le personnage s'inscrit dans son époque, et célèbre même l'écriture de Leblanc, ce qui est audacieux. Bref, un vrai petit livre d’amour et d’admiration, à déguster façon petite boîte de chocolats (ces chapitres courts aident bien). Pas mal.