LIVRE : Rêves de Train (Train Dreams) de Denis Johnson - 2003
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Diable, des auteurs américains du XXème qui m'auraient échappé ? Pour être sûr de ne pas en laisser sur le bas de la route, il vaudrait mieux, en fait, lire toutes les traductions de Brice Mathieussent et de Marc Chénetier - je me demande d'ailleurs si les deux hommes existent vraiment, ou s'il s'agit de deux noms que l'on se transmet de génération de traducteur en génération. Bref, qu'en est-il vraiment de ce Rêves de Train signé par Denis Johnson. Ouvrage relativement court qui, après vous avoir un peu baladé au gré des trains (ma marotte) et des ponts ferrés en construction, nous avoir même fait croiser Elvis, va se concentrer sur les déboires de son héros bucheron, un certain Robert Grainier. Au cours d'un incendie dévastateur, apocalyptique, notre humble homme de main va tout perdre, jusqu'au sens de sa vie. Mais puisqu'il faut malgré tout bien vivre, c'est notre lot, notre douleur, notre croix : l'homme reconstruira sa cabane au milieu d'un enfer qui finira par reverdir et vivra encore quelques situations cocasses - alors même qu'il tente de se recycler dans le domaine du transport... Transport de jeunes hommes victimes de mort subite, ou d'individus blessés après que leur propre chien leur a tiré dessus (je fais bien de ne pas avoir d'arme chez moi, vu la maladresse du mien...), visites nocturnes d'une enfant-louve, comme un écho à tous ses malheurs, à tous ses espoirs... Robert vit en retrait de la société, aime paradoxalement, en solo, à hurler avec les loups (l’expression en perd de son sens original), et tente tout simplement entre deux rondins de bois, deux voyages en train et quelques désirs fantasmagoriques de tenir le coup en attendant la mort. Un récit sec comme une buche, tranchant, d'un homme et d'une Amérique disparus. On ne devrait pas tarder à remarcher dans les pas de ce Johnson qui s'est taillé des phrases sans trace superflue d'écorce.