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14 décembre 2025

La Famille Homolka (Ecce homo Homolka) de Jaroslav Papoušek - 1969

Un petit film tchèque de derrière les fagots, réalisé par le scénariste des grands premiers films de Forman : La Famille Homolka est une vraie trouvaille, légère et gentiment insolente, une farce bruyante qui peut rappeler les films italiens mais est surtout très ancrée dans son contexte de post-révolution. Il s'agit d'une chronique familiale autour d'une smala constituée de trois générations, chacune étant aussi ridicule que les autres. Il y a les vieux, couple infernal qui ont semble-t-il décidé de se polluer l'existence en s'engueulant toute la journée ; les jeunes, déjà désespérés par l'étroitesse de leurs vies et qui passent leur temps à se brimer, se plaindre, se menacer de rupture ; et les petits, galopins adeptes de grosses conneries qu'ils exécutent avec une belle santé. On attrape tout ce petit monde lors d'un dimanche de sortie : un pique-nique en forêt, interrompu par les cris à l'aide d'une femme. Y aurait-il un drame qui se joue à quelques mètres ? On ne le saura pas, puisque les Homolka décident de fuir à toutes jambes la forêt : hors de question d'être dérangés par des appels de détresse ! Dans cette première séquence, on perçoit la charge que Papoušek confère à son film, à son portrait de la classe petite-bourgeoise type, et plus largement de son pays. L'insensibilité, l'indifférence, le manque de solidarité y règnent en maîtres.

Retour à la maison, où par malheur la télé est en panne. Tant pis on s'occupera autrement, par exemple en s'engueulant, en se menaçant, en se brimant, en se lançant des noms d’oiseaux. Cette famille est un véritable chaos, qui ne sait passer le temps qu'en humiliant l'autre, qu'en tentant de le vexer ou de le frustrer. Le pire là-dedans, c'est qu'on comprend chacun de ses membres : la belle-fille, par exemple, ne supporte pas la vie qu'elle se prépare, terne et triste ; la mère est réduite par son mari à l'état de bonniche ; le fils perd tout ego et toute fierté devant la méchanceté de sa femme, etc... C'est d'une tristesse terrible et en même temps on rigole bien devant ce film littéralement étouffant de cris et d'engueulade. La mise en scène, très anxiogène avec ces décors fermés, cette caméra très mobile, ces écrans saturés de personnages qui ne cessent de s'agiter, participent à la schizophrénie. Celle-ci n'est pas grave, le film reste léger et sans vraie épaisseur, mais on sent derrière tout ça un regard caustique sur ces gens sans grandeur, sans ambition, frustrés d'être aussi petits. Il y a a une sorte de fatalisme dans ces personnages, dont on sent bien qu'ils ne sortiront jamais de leur état de provinciaux endormis et stupides. Voilà un film, en tout cas, d'une magnifique énergie.

 

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