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28 novembre 2025

LIVRE : Monsieur Romain Gary - alias Emile Ajar (Tome 3) de Kerwin Spire - 2025

On l'attendait impatiemment (trois ans tout de même de gestation) ce troisième tome de la vie de Romain Gary vu au travers le regard fictionnel mais hautement documenté de Spire. Les dernières années donc, post Jean Seberg (mais avec la présence d'une certaine Flo en ultime consolatrice féminine), consacrées surtout, comme le titre, l'indique à la supercherie Ajar. Est-ce parce que ces dernières années de sa vie sont les plus connues, les plus souvent évoquées ou est-ce parce que l'on a plongé il n'y a pas si longtemps dans l'ouvrage très précis sur cette époque signé Paul Pavlowitch lui-même ? Le fait est qu'on est un peu moins surpris et passionné par cet ultime ouvrage. Peu d'informations cruciales dont on n'avait pas déjà eu vent. Malgré tout, positivons, on pourrait reconnaître à Spire une certaine capacité à évoquer tous les rouages de la critique et des prix littéraires de ces années-là (quand la littérature avait encore un public...), tout ce bataclan de beaux parleurs dont Gary se gausse plus souvent qu'à son tour. C'est un véritable petit cirque qui se met en place pour découvrir qui est ce fameux Ajar, petit cirque dont Gary, maître de cérémonie du canular, semble être finalement la première victime, le premier clown (triste) de ce tout autant triste spectacle ; dès lors que la nouvelle fuite que Paul est son neveu, c'est une foule de journalistes et de photographes qui assaillent Gary, qui se retrouvent directement au bas de son immeuble, ce qui finit par ne plus franchement le faire rire... Autre aspect, déjà longuement débattu mais sur lequel Spire revient en enfonçant le clou, c'est ce débat de Gary avec ses propres pseudos ; à force de vouloir se multiplier, se démultiplier, on a l'impression que Gary perd presque contact avec lui-même ; ce n'est pas le seul des paradoxes de l'homme : ainsi ce désir constant de vouloir chercher à s'isoler - en partant souvent sur l'île de Majorque pour se ressourcer - suivi toujours très rapidement d'un retour fracassant sur Paris pour se "mêler à la bagarre", pour continuer de jouer le trouble-fête dans ce petit monde littéraire.  Toujours ces questions de pseudos et d'égo mais aussi toujours cette capacité à vouloir se réinventer aussi bien par l'écriture qu'en tant que personnage public - Gary revenant souvent au cours des interviews sur le fait que les gens le juge sur une "façade" et non point pour ce qu'il est intrinsèquement. Un personnage, un véritable personnage de roman. On en aura jamais fini de le relire et de lire les auteurs qu'il in-spire. Belle somme de travail passionné.  (Shang - 14/10/25)

 

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Histoire connue, oui, que celle de la magouille que Gary mit en place pour faire une place à son pseudo Emile Ajar dans la galaxie littéraire. Et c'est toujours un plaisir de s'entendre raconter cette histoire une millième fois, même si on en connaît à peu près tous les détails. Spire est un conteur à la hauteur : concis, dynamique, allant systématiquement à l'essentiel, il nous conte donc l'ascension du jeune prodige Ajar, mystérieux romancier génial fuyant la gloire et les médias mais marquant durablement ses lecteurs jusqu'à obtenir le Graal : le prix Goncourt. Derrière lui, on le sait : Gary, dont on redécouvre la malice, l'inventivité, quand il s'git de dissimuler son identité. Le livre revient sobrement sur les épisodes de cette arnaque littéraire, mais ne manque pas moins, dans la marge, de dessiner un vieil écrivain un peu dépassé (ses romans sont moins bons, sa gloire semble passée, son corps commence à lui faire défaut, son grand amour est parti) cherchant à se refaire une jeunesse, à retrouver une certaine pureté par le renouvellement de son écriture. Sans s'en donner l'air, Spire raconte un complexe caractère psychologique, mélange de forfanterie, d’orgueil total, et aussi de doutes, de faiblesses. On aime beaucoup la modestie du texte, qui ne s'embarrasse pas de détails, mais narre documents à l'appui cette petite période de la vie de son modèle. Quitte même, et c'est dommage, à occulter tout ce qui ne concerne pas l'affaire Ajar : les dernières années de l'écrivain sont à peine survolées, tout comme ses dernières œuvres. On aurait aimé que cette affaire somme toute rigolote éclaire des pans de la vie de Gary, soit mise en regard avec son suicide, avec ses ultimes romans (rien sur Les Cerfs-volants par exemple). Tant pis : tel quel, ce texte plein d'énergie se lit comme un polar à rebondissement, et on y retrouve non seulement le bon écrivain, mais aussi toute l'ambiance des années 70 avec ses éditeurs passionnés, ses journalistes avides de scoops, ses émissions de radio, ses scandales d'un soir, et surtout l'importance des livres dans cette société. Il donne par ailleurs l'envie de relire les livres signés Ajar (qui n'ont jamais été mes préférés dans l’œuvre du bougre), ce qui n'est pas le moindre de ses mérites.  (Gols - 28/11/25)

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