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7 septembre 2025

L'Aventura (2025) de Sophie Letourneur

Sophie Letourneur, le récit de mes vacances tome II. On embarque cette fois-ci la petite famille en Sardaigne pour un véritable road trip largement improvisé. Des aventures extraordinaires, des rebondissements de fou, des rencontres improbables ? Euh, non, pas vraiment, changez de trottoir si vous attendez ce genre de chose, il s'agira plutôt ici de tenter de remonter (laborieusement) le fil de ses vacances - des vacances durant lesquelles, pour une poignée d'instants de grâce (merci les couchers de soleil), il sera surtout question de scènes de ménage (à quatre)... Allers-retours constants entre le temps du souvenir (qui se fait cette fois-ci "in progress", au cours-même de ces vacances) et le temps de vacances, brouillage de pistes, confusion, brouhaha, tout le monde se parle mais personne ne s'écoute vraiment... Des vacances en famille, quoi, le bordel, les glaces qui rythment la journée, la promiscuité souvent difficile à gérer (pas le temps de se reposer, putain) et un rôle très important attribué aux toilettes - surtout quand on a un gamin de trois ans qui ne se fait oublier que pour faire caca (pour s'oublier, en quelque sorte, en tout lieu...) et un mari qui y passe une bonne partie de son temps...

Au rayon des satisfactions, avouons que Letourneur, une fois de plus, sait se montrer très juste pour recréer ces instants de vie familiale, avec des parents oscillant constamment entre la volonté de bien faire, de passer de bons moments ensemble et les foirages, les tensions en tout genre - de tensions et de la fatigue dues en bonne partie à ce gamin qui ne tient pas en place et laisse très peu d'espace à l'épanouissement de tout un chacun... Mais il n'est pas le seul responsable des coups de mou : la mère (Sophie Letourneur) ne prend guère d'initiative, critique plus souvent qu'à son tour l'attitude de son mari, le père (Philippe Katerine à son top) sur lequel tout semble glisser, subissant plus qu'il ne semble vivre chaque seconde, incapable d'autorité, muet, soufflant, lymphatique, une gamine quelque peu bougonne et ce gamin, donc, plus chiant que la pluie. Des doutes, des coups de mou, des engueulades (...) mais c'est justement toute cette petite vie "anti-héroïque", "anti-lisse", anti-carte postale qui donne tout son sel à ce film de plage. Moins Letourneur embellit ses personnages, ces "moments supposés géniaux passés durant des vacances exceptionnelles", plus elle est dans le vrai, dans la pâte humaine. Le récit, narrativement explosé (et encore et toujours la patte du meilleur monteur au monde, Yann Dedet, deux-cents-quarante-huit ans, huit millième film), parvient quant à lui à retranscrire à la perfection ces bribes de souvenirs que l'on peut garder de ces moments estivaux : beaucoup de galère (que l'on finira par oublier ?) pour quelques instants suspendus... Certes, on sent bien qu'on n'est loin ici de vacances idylliques (le gamin donne envie de se ligaturer les roubignoles avec du fil de pêche), Philippe Katerine, constamment ailleurs, ne semble attendre que les instants où il sera enfin seul (juste après la fin des vacances, en fait) et cette chère Sophie de tirer souvent la tronche, comme accablée par la chaleur et les petits ennuis quotidiens : mais tout cela donne au récit une vraie patine à la fois de fraîcheur et de vérité - les fans d'Instagram peuvent aller, de toute façon, en enfer...

Après, si l'on veut aussi quelque peu rester tempéré (cela ira vite), on peut aussi regretter que le film manque parfois un peu de rythme (la très longue scène d'enfermement à quatre, centrale, incontournable, mais longuette) et qu'il puisse paraître un peu anxiogène avec ces constants gros plans en légère contre-plongée sur nos personnages qui envahissent littéralement l'écran et laissent très peu de place au décor, au cadre de ces vacances - et je ne parle pas de cette parole constante ou de ces cris du gamin un peu envahissants. Mais voilà, c'est aussi ce qui permet de donner l'impression d'être constamment au cœur de ce cyclone vacancier. Des vacances en famille pour le pire et le... ah si si, c'était bien... Une immersion quelque peu particulière au sein de cette vie familiale en été mais dont les élans de sincérité ne peuvent que finir par toucher. L'aventura, c'est la vie, quoi...

 

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