Ce n'est qu'un au revoir de Guillaume Brac - 2023-2025
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Un moyen métrage (associé à l'occasion de sa sortie en salle à un court : Un Pincement au coeur) qui donne des nouvelles de la jeunesse actuelle, en l'occurrence celle de Die dans la Drôme, un portrait d'existences lycéennes classiques, avec leurs copains à la vie à la mort, leurs angoisses, leur bac à passer, leurs renoncements à envisager, leurs doutes et leurs grands sauts dans le vide. C'est en mode mineur que Brac se faufile aux côtés de ces ados pour filmer les jolis moments fugaces de leur enfance qui vit ses derniers feux, et ses films se ressentent de cette modestie et de cette bienveillance. Irrésistible de voir ces mômes, dans lesquels on reconnaît forcément les éternelles bandes de potes qu'on a tous eues, danser ensemble, s'embrouiller un peu, discuter très sérieusement de liberté ou d'avenir, se vanner, comparer leurs vies de famille et s'angoisser déjà sur la possibilité de se perdre de vue dans les années à venir, études aidant. Brac attrape quelque chose d'éternel, qui devait déjà être là il y a 100 ans et qui y sera encore dans 100 ans, ce mélange entre insouciance et profond sérieux, cette façon de tout prendre avec fougue et passion (ici, le combat d'une jeune fille pour l'écologie), cette lumière qui émane de ces années-là, vecteur d'une nostalgie qui semble déjà être la leur en cette année de Terminale. On est autant touché par les conneries inventées à l'internat (les "dominos de matelas", franchement on voudrait en être) que par le profond désarroi qui gagne ces jeunes à la pensée de leur avenir ou de l'injustice du monde. La jeunesse a raison ("Vous ne faites pas des erreurs, vous faites des tentatives", leur dit un adulte), c'est ce que clame ce petit film touchant et modeste.
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Peut-être trop modeste... A force de jouer sur le presque rien, il arrive que Brac y tombe, et au bout de l'heure que dure le film, on se dit qu'on n'a pas avancé beaucoup, qu'on a juste une nouvelle fois assisté à un film très juste sur cet âge-là, mais sans trop de regard ni de réflexion. Ce n'est qu'un au revoir ressemble à tous les films sur la jeunesse depuis toujours, et on regrette les angles très originaux qu'il avait trouvés avec L'Île au trésor ou A l'abordage, qui traitaient de sujets universels mais avec un regard singulier. Tant pis : on profitera de ce film pour s'assurer que les jeunes ne sont pas si crétins, incultes et désinformés que ce que Pascal Praud en dit, bien au contraire : au-delà des naïvetés, des looks improbables et des blagues à deux balles, c'est la parole que filme Brac, une parole rare et décomplexée parce que prise dans un cadre où on n'a pas trop l'occasion de l'écouter : le cercle rassurant des potes. Et celle-ci est étonnamment sensée et mature, et atteste d'un regard sur l'état du monde très fin. Pour retrouver quelques bribes de votre jeunesse et abandonner cette amertume qui plisse votre bouche (si, si, je vous vois), regardez ce petit film : il ne révolutionne rien, apparaît même parfois comme légèrement anecdotique, mais vous touche là où il faut.
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