Le Rosier de Madame Husson (1932) de Dominique Bernard-Deschamps
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Bernard-Deschamps adapte ici Maupassant pour une histoire douce-amère sur un niais déniaisé. C'est Fernandel qui endosse ce rôle de grand bêta que cette philanthropique Mme Husson, au vu du manque de vertu chez les jeunes filles de ce petit village nommé de façon idoine Ville-les-Roses, va décider de bombarder "rosier" de l'année - une première pour un homme, une véritable nouvelle ère. Seulement voilà, notre Fernandel tout timide qu'il est, poussé notamment par la potion magique revigorante du maire et les œillades de ses diverses voisines, va vite, lors de ce banquet en son honneur, avoir le sang qui lui monte à la tête. Prenant enfin son courage en main, notre rosier couronné de fleurs d'oranger et nanti d'une enveloppe de cinq-cent francs, va se rendre de lui-même dans un bar olé olé de la ville. Branle-bas de combat d'un côté lorsque l'on constate sa disparition (tous les pompiers sont chargés de retrouver sa trace), branle-bas d'ébat de l'autre.
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A peine plus d'une heure pour adapter cette nouvelle mais notre auteur de prendre tout son temps pour nous montrer les petits bourgeois et le charme certain de ce village. Encore un pied dans le muet, Bernard-Deschamps fait la part belle aux longues séquences qui nous montrent ces villageois festoyant ou les mimiques hallucinées d'un Fernandel de plus en plus sous le feu des convoitises féminines (de la jeunette à la femme mure plus rotonde). Fernandel, encore tout jeunot, sait déjà jouer des zygomatiques et se faire des plus expressifs (de l'air totalement couillon au grand sourire beaucoup plus chafouin) et notre homme de se régaler de cette interprétation toute en rictus. On peine à rentrer dans ce film au rythme un peu poussif dans son premier tiers ; on s'emballe progressivement lors de ce banquet où les petites mines des femmes à table sont de plus en plus croquignolettes voire très suggestives (une façon de boire un verre d'eau ou de manger une langue de chat scandaleusement sensuelle) et font tomber une à une les feuilles de notre rosier. Pendant le repas, il parvient tout de même à tenir son rang, reste sage, mais sitôt au bal, pris en main par une fille de joie expérimentée, notre Fernandel va très vite fondre. Arrivé dans la chambre, Bernard-Deschamps nous gratifiera notamment d'un panoramique à trois-cent-soixante degrés de toute beauté et d'une grande pudeur, partant de notre Fernandel habillé et se terminant sur ses simples habits laissés en vrac - ce après avoir fait tranquillement tout le tour de ce nid d'amour... Notre héros en sortira plus requinqué qu'un cycliste après une piqûre, chantant pour la galerie un petit air gentiment grivois. Pour cette ultime partie où toutes les armes massives de séduction féminine sont sensuellement filmées, ce Rosier finit par nous cueillir. Les fans de Fernandel (dont je ne suis point mais la sobriété de ses mimes est ici indéniablement louable) y trouveront encore plus leur bonheur.
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