Un Eté à Berlin (Sommer vorm Balkon) d'Andreas Dresen - 2005
/image%2F0405316%2F20250709%2Fob_b3cf3b_summer-in-berlin-1.jpg)
Arte nous fait la grâce de nous permettre de découvrir un cinéaste allemand qui remporte paraît-il un gros succès outre-Rhin, on attaque un paquet de bretzels et on envoie au hasard ce film. Peut-être aurions-nous dû plutôt entamer un paquet de guimauve. Car cet Andreas Dresen transforme ses intentions louables en mièvrerie agaçante, si bien qu'on a un peu l'impression d'assister à un film de Klapisch. Il faut toujours se méfier des films avec une musique au xylophone. Celle-ci accompagne du début à la fin cette toute petite histoire sentimentale et douce-amère qui suit deux copines trentenaires en plein désarroi face à l'amour. A la faveur d'un incident sur la route, elles vont croiser le chemin de Ronald, routier à trois neurones mais irrésistible, qui va se mettre à jouer un drôle de jeu avec elles, séduisant en deux-deux Nike mais draguant aussi Katrin. D'autant que le compère est marié et père, et que cette bluette s'annonce bien éphémère. L'amitié de nos deux copines survivra-t-elle à cet amour d'été ? Je vous sens anxieux d'avoir la réponse, mais ne comptez pas sur moi. Je ne dirai que ceci : oui, elle y survivra, et en sera même renforcée.
/image%2F0405316%2F20250709%2Fob_889453_00127-2006-sommer-vorm-balkon-still-00.jpg)
On le voit, les enjeux sont terribles. Dans ce scénario digne d'un roman-photo, les deux comédiennes s'ébattent avec grâce et conviction, portant sur leur dos le portrait d'une génération désabusée, gentiment coquine, libérée mais perplexe devant les enjeux des relations amoureuses. C'est un peu trop leur confier : on apprécie leur jeu assez drôle, mais le film échoue à sortir des minables histoires de cul et de jalousie de ces dames, à parler d'autre chose de plus vaste. C'est une tranche de vie, quoi, qui s'efforce d'observer avec réalisme et justesse la vie de ces femmes ordinaires et contemporaines. On s'attache à des petites saynètes drolatiques avec les petits vieux dont Nike a la charge, on se laisse aller à la douce mélancolie solaire, on sourit devant ces nanas croquées avec humour... et puis c'est fini. On se dit que Dresen a peut-être voulu réaliser un film sur la solitude urbaine, sur l'injonction à l'amour qui aboutit à des mauvais choix. Mouaif, peut-être. Mais il aurait fallu un autre metteur en scène, avec un poil plus d'idée et d'ambition, pour illustrer ça. Là, c'est tellement fade, consensuel et plat que ça frôle l'inexistence.
/image%2F0405316%2F20250709%2Fob_babb34_124-big.jpg)