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9 juillet 2025

LIVRE : Ecstasy and me - La folle Autobiographie d'Hedy Lamarr (Ecstasy and me : my Life as a Woman) d'Hedy Lamarr - 1966

"Comme je comprends cette pauvre Bête. Mon visage a fait mon malheur. Il m'a amené six époux qui ne me convenaient pas. Il n'a attiré dans mon boudoir que les mauvais amants et ne m'a apporté que tragédies et peines de cœur pendant cinq décennies. Mon visage est un masque que je ne peux oter ; je dois vivre avec. Je le maudis."

 

Monroe, Tierney, Lamarr, des femmes au sourire si doux et au destin si torve... Si les deux premières eurent la satisfaction tout de même de jouer dans une poignée de films marquants (surtout Monroe diront les mauvaises langues), avouons que cette chère Hedy, bien qu'elle ne cesse d'évoquer tout au long du livre son statut de star absolue, n'a pas franchement tourné dans des chefs-d’œuvre : quelques œuvres honnêtes (Casbah, La fièvre du Pétrole, Viens avec moi, Le Démon de la chair, Samson et Dalila, allez...) mais rien de foncièrement génial. Faut dire que l'Hedy, comme elle le reconnaît elle-même d'ailleurs, ne semble pas être des plus perspicaces pour voir tout le potentiel d'un scénar... Elle refusa d'ailleurs entre autres Casablanca, Laura, L'Aventure de Mme Muir  (elle sauva au moins ainsi la carrière de Tierney...). Et pourtant, la bougresse, à l'en croire, n'a eu de cesse de chercher le grand rôle, de déjouer les attentes pour cacher cette froide image qui lui collait à la peau en se perdant plus souvent qu'à son tour dans des rôles de "femmes dévergondées" qui ne lui seyaient pourtant point, allant jusqu'à quitter un grand studio (la MGM) pour avoir son indépendance et choisir ses propres rôles : en pure perte - elle alla même de Charybde en Scylla quand on voit les films qu'elle finit par accepter en Italie... Comme elle ne semblait guère plus douée pour choisir un mari (elle en épuisa six, divorçant souvent au bout de quelques mois...), cette femme à hommes eut tout autant de difficulté à tracer sa voie d'un point de vue personnel - à cinquante ans, quand elle écrit (pardon qu'elle dicte...) justement cette bio, la pauvrette est rincée financièrement. Faut dire que ses divers divorces ne se sont pas déroulés comme sur des roulettes.

 

Heureusement, cette bio, si elle contient moult complaintes envers ces producteurs mal intentionnés et envers les hommes, fait aussi la part belle à la description de ce milieu du cinéma hollywoodien qu'elle côtoya de la fin des années 30 au début des années 50. Et l'Hedy, ce n'est pas la moindre de ses qualités, n'a pas vraiment de langue de bois. Si elle se dépeint aisément (et complaisamment parfois) comme une séductrice, elle n'hésite jamais non seulement à décrire les gestes de goujats des hommes (les mains au cul du père Mayer notamment...) ni à revenir sur les propositions véreuses que lui firent certains ; l'Hedy n'est ni prude ni dupe et elle revient volontiers sur les ponts en or qu'on lui fit pour coucher avec elle (en échange de...) et sur ses refus quasi systématiques qu'elle agrémentait d'une petite leçon de vie : elle allait parfois jusqu'à dire à certains hommes que s'ils essayaient de la séduire de façon plus "traditionnelle", ils auraient toutes leurs chances. Peu farouche, pas bégueule, la Lamarr décrit par le menu ce milieu patriarcal à mort ; certes, elle reconnaît volontiers que sa beauté lui permit d'ouvrir quelques portes ; mais elle reconnaît tout autant qu'elle a volontiers fermé la porte sur les doigts de quelque puissant qui la traitait de façon indigne. Des anecdotes (qui évoquent même parfois des atteintes à son intégrité physique assez ignobles), elle en recèle des tonnes et si elle prend soin de dissimuler parfois certains noms, d'autres en prennent pour leur grade (les petits jeux d'Errol Flynn...). Du coup, si d'un point de vue purement cinématographique on reste parfois un peu sur sa faim (quelques pages tout de même relativement positives voire instructives sur certains réalisateurs tels que Cecil B. DeMille ou certains acteurs comme Clark Gable), on pénètre par un petit trou de souris dans cet âge d'or hollywoodien, un milieu du cinéma décrit par une femme guère complaisante envers ces mâles peu respectueux. Un parcours personnel plein d'embûches conté par une femme souvent plus louée pour sa plastique que pour son talent (on ne peut pas tout avoir - parfois, on coche même aucune case...) mais dont le franc-parler se révèle particulièrement vivifiant (d'autant qu'elle est loin d'être bête, l'Hedy, elle a d'ailleurs inventé le Wifi, eh oui, croyez-le ou non ! - sans elle, ce blog n'existerait pas...). Je me repencherai d'ailleurs d'ici peu sur quelques titres méconnus de cette éternelle brune viennoise (une odyssée étant quant à elle un peu présomptueuse pour l'heure). Ce fut un bonheur un peu sauvage, la vie, pour Hedy. Une bio qui valse.

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