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21 novembre 2025

La Trilogie d'Oslo : Amour (Kjærlighet) (2024) de Dag Johan Haugerud

Décidément une très bonne surprise que cette trilogie norvégienne. Il semblerait bien qu'il y ait encore des endroits sur terre où les gens s'écoutent les uns les autres, ne jugent point, sont capables d'avoir des avis nuancés, respectent les avis des autres, sont encore capables d'une bienveillance sincère et pure... Vous allez me dire, attends, ne te fatigue pas à prendre tes valises pour Oslo, ceci reste un film... Certes, mais cela n'empêche que ledit film fait preuve d'une très belle intelligence toute à l'honneur de son pays (d'autant que des films norvégiens, oui, c'est quand même partie congrue). Bien, de quoi est-il question ici ? D'une célibataire, docteur, et de ses histoires d'amour (avec un type divorcé avec deux enfants, type avec lequel elle ne souhaiterait pas trop s'impliquer, avec une rencontre de hasard sur un ferry...), d'un célibataire, infirmier, et de ses histoires d'amour (adepte de Tinder et de Grindr, il aime à rencontrer des hommes sur ce même ferry)... Voilà, on a un peu fait le tour de la question... Il y a bien quelques autres personnages secondaires, dont cette jeune femme employée à la ville d'Oslo, en charge des festivités, amie de notre docteur et qui déprime sur son taff, ou encore l'ex-femme un tantinet alcoolique de cet homme divorcé pré-cité... Mais ce n'est pas tant ce que chacun fait "dans la vie" qui importe, que les discussions multiples qui ont lieu entre tous ces personnages.

Ce second opus est là aussi très bavard (tout en sachant donner une véritable place à la ville d'Oslo lors de quelques minutieuses respirations musicales entre les séquences) mais on se plaît véritablement à suivre, comme annoncé précédemment, ces paroles sincères, plus ou moins pleines de bon sens, ces échanges entre adultes ayant chacun leur angle de vue. D'accord ou pas, donneur de conseils ou pas, les différents individus font part de leur pensée lors d'échanges généralement des plus apaisés ; on retrouve toujours, tout du moins chez les deux personnages principaux, cette volonté sous-jacente de garder "cette confiance envers la nature humaine" (comme l'un d'eux finit par joliment l'exprimer d'ailleurs). L'essentiel n'est pas tant ici d'avoir raison, d'imposer ses vues, mais de pouvoir débattre en "bonne intelligence" sur des sujets aussi divers qu'une relation sentimentale ou sexuelle, sur le mariage ou le sida (deux plaies, c'est vrai), sur les pratiques sexuelles plus ou moins "déviantes" (mais est-ce vraiment "dévier" de la route quand il y a du plaisir ?), sur les blocages des uns et des autres, sur l'intérêt (ou non) des sites de rencontre, sur l'entraide, la solidarité, la confiance... Bref, sans que le film parte dans tous les sens (chaque scène est très maîtrisée, chaque interprète est confortablement installé dans son personnage), il permet de faire émerger différentes voix qui ont toute leur raison d'être, leur "intelligence" une nouvelle fois, leur subtilité. Haugerud se fait encore ici peintre de la nuance, une notion devenue si rare et si fragile, qu'on ressort du film en ayant l'envie de lui placer une auréole sur la tête. Très belle et juste peinture des mœurs des temps modernes. Vivement le troisième pan !  (Shang - 14/07/25)

 

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Les films de Haugerud font définitivement du bien, et dans ces temps difficiles c'est agréable. Il y a dans ce Amour une foi dans la bonté humaine, dans la solidarité, dans l'écoute entre les êtres, qui réchauffe l'âme, et cela sans jamais tomber dans le gnangnan ou la mièvrerie, en restant toujours moderne, incisif, les deux pieds dans ce monde. J'avais déjà remarqué la singularité avec laquelle le cinéaste montrait un Oslo ensoleillé, estival, inattendu ; il confirme avec ce film. On a rarement vu un film aussi baigné de lumière chaude (photo sublime de Cecilie Semec, qui rappelle les ambiances de Carlo Di Palma), celle-ci débordant sur cette poignée de personnages qui vivent avec bonhomie les petits élans du cœur (et du cul) inhérents à notre bonne vieille société. Qu'on soit homo ou hétéro, qu'on soit vieillissant, marié, accro à Tinder, nostalgique de son ex, adepte des rencontres furtives ou désireux de bâtir une histoire, amoureux platonique ou accro au sexe, Haugerud fait une place à tous dans son film qui respire la bienveillance, dans une atmosphère vagabonde du plus bel effet. C'est en effet le ferry qui fait le lien entre tous ces petits êtres humains, comme une invitation au transitoire, à l'entre-deux, au voyage immobile. Sur chaque rive, ou au gré des traversées, les personnages parlent, parlent, parlent, dans un marivaudage entre Woody Allen (référence qui court sur tout le film, y compris dans ces vues très lyriques sur la ville, qui rappelle le regard de Woody sur Manhattan) et Eric Rohmer, essentiellement de l'amour, donc, mais de l'amour au sens large. On disserte ainsi sur le sexe, les rencontres, les histoires possibles, mais le film est surtout consacré à "l'amour de l'autre", à cette solidarité qui existe entre les êtres humains, et qui s'exprime par l'amitié, l'empathie (pour les malades ici), la bienveillance. Les plus belles scènes sont les dernières, qui montrent un infirmier prendre soin "gratuitement" d'un gars qui s'est fait opérer de la prostate, par simple affection : tout le projet du film, naïf dans le bon sens du terme, est là-dedans. L'amour peut s'exprimer de mille façons différentes. C'est génialement joué, réconfortant en diable, léger comme tout, filmé avec une tendresse immense pour la ville et pour les gens, bref c'est totalement irrésistible. Vivement le troisième pan ! (Gols - 21/11/25)

 

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