Challengers (2024) de Luca Guadagnino
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Les conseils de nos chers commentateurs ne restent jamais lettre morte, au pire lettre retardée. Nous nous lançâmes donc finalement en plein Wimbledon dans cette histoire tennistique de ménage à trois ; il peut paraître quelque peu incongru de prime abord de jouer au tennis en triangle : c'est bien tout le défi, tout le challenge de notre gars Guadagnino, réalisateur dont on a plutôt eu tendance jusque là à atomiser les précédentes œuvres... Au départ deux super potes, plus gais que gays mais pas si loin, qui vont monter ensemble au filet (je m'excuse d'avance pour les jeux de mots) pour se faire prendre dans les rets de Zendaya (qui a troqué sa tenue de Fremen pour le short court et le tee-shirt souple - vue la façon dont Guadagnino va passer son temps à la filmer, on comprend vite pourquoi il l'a préférée à Chantal Goya). Le brun est amoureux, le blond est amoureux, elle semble amoureuse des deux (une première scène trouplante, oups, troublante aura lieu entre eux), mais le brun la gagnera sur le court (elle avait promis qu'elle suivrait le gagnant, cela donne une idée de son état d'esprit). Le blond est vénère, intriguera pour faire chuter ce couple, et remportera le deuxième set... Zendaya devient son entraineuse, mais on sent que, chemin faisant, le couple n'est pas au mieux... Treize ans plus tard, les deux potes devenus ennemis intimes se retrouvent en finale d'un tournoi pour un tie-break de la mort.
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Une caméra qui lèche les contours de ses jeunes acteurs qui s'embrassent goulument, des ralentis à la pelle (on reste sur le même thème), une musique électro putassière pour venir doper les échanges (de salive ou de balle), une image pubesque qui dégouline, des effets chic et choc (une caméra placée sur une balle de tennis lors d'un violent échange, ça donne quoi ? Ben, n'importe quoi ; je suggère la prochaine fois de mettre une caméra embarquée sur un spermatozoïde, juste pour voir - mais Gaspard Noé l'a déjà fait, non ?). On peut dire que le Luca, voulant à tout prix rendre les matchs de tennis virevoltants et son histoire passionnante s'emploie tant et plus en terme de montage dopé et de construction narrative alambiquée (on aura droit à une cinquantaine de flash-back, grosso modo). C'est un film de djeun's, dirais-je, pour djeun's qui tente bon an mal an de philosopher très artificiellement (...) sur la position de cette femme entre ces deux hommes : est-elle amoureuse des deux, ne cherche-t-elle qu'à détruire cette amitié, n'est-elle motivée que par la compétition qu'elle instaure entre les deux, etc... ? Autant de questions cruciales qui ne seront finalement résolues que dans la toute dernière image (quel suspense insoutenable...)... Le film use et abuse de cette esthétique de clip, privilégiant définitivement l'érotisme de pacotille à la réflexion, à la psychologie (les fans de Bergman seront vite out). Une histoire de tennis qui lessive, une sorte de tie-break-down ? Avouons que cette gabegie d'effets faciles et grossiers, même si elle parvient à nous tenir bêtement éveillé jusqu'au bout (je suis un con de supporter sportif, je le sais), nous laisse sur le fond (de court) bien sceptique.
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