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7 juillet 2025

Ce que cette Nature te dit (Geu jayeoni nege mworago hani) (2025) de Hong Sang-Soo

En ce début de période estivale, je crois que vous n'aurez rien contre un petit point Hong : celui-ci a tourné deux films en 2024, La Voyageuse (en salle en janvier 2025) et By the Stream (aucune date de sortie encore prévue en France), et un film en 2025, Ce que cette Nature te dit, qui sortira apparemment le premier octobre 2025 dans l'Hexagone. Bien, ceci dit, que vaut ce 33ème film de notre ami coréen ? On peut dire, sans jeu de mot, enfin si, qu'il est ici dans son jardin : un jeune couple (ils sont ensemble depuis trois ans tout de même) paie une visite impromptue aux parents (on retrouve les incontournables Kwon Hae-hyo et Cho Yun-hee) de la jeune fille ; la sœur d'icelle est également présente, étant retournée habiter dans la maison familiale. On fait connaissance, on sympathise, on boit un coup, puis on va dans un parc (le jeune couple et la sœur), puis retour à la maison familiale : on mange de la poule, on picole, on se lâche un peu, on s'emporte... Plus linéaire, tu meurs, les plans séquences du maître donnant quasiment l'impression de suivre cette journée en temps réel. Autant dire que sur la forme, on ne sort pas des sentiers ultra battus (on va même retrouver des plans flous, nouvelle figure de style de Hong ?). Et sur le fond alors ?

Derrière les sourires de façade (Kwon Hae-hyo, self made man, qui a rendu ce lieu (une immense baraque sur une colline) paradisiaque ; Cho Yun-hee qui a mis en retrait sa carrière de poétesse pour s'occuper de ses filles), derrière la bienveillance affichée, derrière cet accueil irréprochable de prime abord, se cache forcément un autre enjeu : les deux parents, attachés à leur progéniture (surtout le pater), ne pourront que jauger ce prétendant qui débarque... Ce dernier, jeune poète, devra forcément se montrer solide pour passer le test... Du coup, en attendant ce fameux repas, qui, on le pressent fortement, va enfin permettre de jouer carte sur table, où la vraie nature de chacun sera exposée, on s'amuse à essayer de cerner le caractère de chacun : il y a cet artiste en herbe (un ersatz de Hong ?) qui se perd dans la contemplation des arbres, anti-matérialiste, ayant rompu tout lien financier avec son célèbre père avocat, il y a son amie, amoureuse, mais qui n'hésite pas le cas échéant à le remettre un peu en place, il y a ces deux parents, jouissant de leur confort, couvant leurs enfants, affables, même si l'on sent que ce père souriant cache son jeu, il y a cette sœur, discrète au demeurant, mais qui n'hésite jamais à l'occasion à poser des questions frontales à ce jeune prétendant... On sent que certains sujets reviennent au cours de la journée très souvent sur la table (la voiture "vintage" du jeune homme : et le pater qui, sans prévenir, part faire un tour avec... en amoureux de vieille bagnole ou pour voir si elle est fiable ? Hum, hum... ; les relations tendues du prétendant avec son père, son indépendance, ses moyens financiers a minima pour vivre...) et que, tous réunis, autour de la table, certaines discussions, l'alcool aidant, risquent de partir en vrille... Notre poète devra tenir son rang... ou pas.

On sent dès le départ, malgré l’extrême coolitude des parents, venir le piège : ils ont trop bien réussi leur petite vie, ils ont trop d'attente pour leur fille, pour ne pas passer au crible ce jeune homme (surtout le père) ; quant au fameux jeune homme, encore un peu tendre (la poésie qu'il récite, la sienne, fait méchamment frémir...), encore un peu naïf, encore un peu "flou" (Hong s'amuse de ce nouveau procédé formel sur son personnage principal), un peu maladroit (dans ses propos et son comportement - sous alcool en particulier), il va tenter tant bien que mal d'affirmer ses idées quelque peu idéalistes, certes, mais sincères, auprès de sa dulcinée et devant ses juges (les petites pointes de la sœur finissant par user notre poète...). On s'attache à cet artiste en herbe face à ces deux rocs de parents (toujours aussi impressionnants dans leur jeu, soit dit en passant), ses évidentes petites faiblesses ne parvenant point à ternir totalement sa petite philosophie personnelle créatrice, contemplative. On prend un grand plaisir à suivre cette nouvelle partition de Hong qui, sur une trame simpliste, avec seulement cinq personnages, livre une oeuvre qui fait la part belle aux nuances, aux petites fêlures de chacun derrière les éternelles sourires de complaisance. Rien de révolutionnaire dans la filmo du sieur, un peu nature-peinture en quelque sorte (...), mais l'on retrouve ici tout le charme de ces discussions banales, somme toute légères, qui ne sont jamais à l'abri de tourner à la prise de bec dramatique, révélatrice.  Bon cru.

 Tout Hong

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