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15 avril 2025

LIVRE : Le Cinéma de la Cruauté d'André Bazin - 1975

Voilà typiquement le genre de livre à me donner envie de fermer Shangols et d'aller reprendre mes études.  J'ai toujours été béat d'admiration  devant Bazin, le plus grand théoricien du cinéma, le critique qui renvoie tous les critiques sur les bancs de l'école. Sa grande différence avec les autres, c'est que lui a une vision très globale ds films alliée à une précision diabolique, une mémoire phénoménale et surtout une facilité à théoriser à des concepts purement liés à la mise en scène, et non seulement au scénario. S'il vous faut un livre pour comprendre ce que je veux dire, penchez-vous sur Le Cinéma de la Cruauté, recueil de textes épars rassemblés par Truffaut pour rendre compte des goûts du sieur et de sa profonde intelligence des films. Au programme, des cinéastes qui ont tous en commun (plus ou moins) un sens du sadisme (au sens héritage de Sade), des cinéastes qui entretiennent un rapport particulier vis-à-vis de l'engeance humaine, et du coup des acteurs et de la conception de la vie. Von Stroheim, Dreyer, Buñuel, Sturges, Hitchcock, Kurosawa sont ainsi analysés sous le prisme de leur relation à la cruauté... ou à peu près. Disons que le livre est plutôt prétexte à rassembler quelques articles fameux de Bazin sur ces cinéastes plus ou moins aimés (Hitchcock ne fait pas partie des amours du gars, et c'est un vrai plaisir de voir un auteur intelligent critiquer Hitch). Si on le sent un peu entre deux chaises pour aborder Kurosawa ou Sturges, son esprit se montre particulièrement brillant sur les autres, surtout Von Stroheim, dont il analyse les inventions de montage avec une pertinence qui laisse pantois, et Buñuel, dont il relève les traces surréalistes issues de L'Age d'or jusque dans ses films commerciaux mexicains plus récents. A chaque fois, l'intelligence du propos et la clarté d'écriture font des étincelles. Sans jamais céder aux sirènes du "goût", dans lesquelles tombent tous les critiques (dont votre serviteur), en conservant une grande élégance (sa politesse quand il reconnaît à ses collègues "jeunes Turcs" leur talent pour déifier Hitchcock), avec presque une certaine objectivité, il opte pour une vision très globale des films, ce qui n'empêche nullement la précision clinique de description de certains plans, et en analyse concrètement la mise en scène, la morale, la vision. Quitte à dépasser les cinéastes eux-mêmes : on aime voir Buñuel apprécier ses analyses de tel ou tel plan auxquelles ils n'avait jamais pensé, preuve que le cinéaste n'est pas le mieux placé pour comprendre ses propres œuvres, et que ce n'est pas parce qu'il n'a pas eu l'intention d'y mettre telle thématique ou tel détail qu'ils n'y sont pas. Même auprès de Hitchcock, il arrive à briller, peut-être parce qu'il s'éloigne de l'admiration un peu béate de Rohmer et Chabrol. On a en tout cas envie de revoir tous ces films pour tenter de découvrir ce que Bazin y a vu : telle sortie de champ significative dans un vieux Wyler, telle coquetterie de style dans Shadow of a Doubt, telle révolution esthétique dans un simple plan des Rapaces, tel minuscule geste dans Los Olvidados, telle signature de montage dans La Passion de Jeanne d'Arc, telle allusion au muet dans The Sin of Harold Diddlebock... Bazin, la base.

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