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12 février 2025

Massacre à la tronçonneuse 2 (The Texas Chainsaw Massacre 2) de Tobe Hooper - 1986

La filmographie de Tobe Hooper a décidément tout de la désolation totale, si on exclut bien sûr son chef-d’œuvre initial, qui trouve ici une suite aussi désastreuse qu'inutile. Oubliez tout de suite toutes vos attentes : non, cet opus 2 ne ressemblera pas à l'opus 1, il en sera plutôt une relecture burlesque et excessive. Là où le premier était un monument de sécheresse et de brutalité, cultivait la simplicité jusqu'à l'ascèse (et à mon avis, largement à l'instar de son réalisateur lui-même, qui a dû être un peu surpris par le succès de son film), celui-là se vautre dans le grand-guignol, dans les effets sanguinolents, et dans les pitreries de personnages. Dire que c'est moins bien tient de la litote : on est dans le navet total, un aveu d'échec en direct qui montre que Hooper n'est certainement pas le grand réalisateur qu'on prétend qu'il est. Faire une parodie d'un chef-d’œuvre, déjà, sur le papier, on doute un peu ; mais tout est transformé ici en gags de la pire espèce, et on se demande bien pourquoi le cinéaste a ainsi voulu saccager ses jouets et se tirer une balle dans le pied.

Revoici donc notre famille de bouseux débiles du Texas, continuant leurs massacres en toute impunité depuis des années. L'activité est devenue lucrative puisque la viande humaine est recyclée dans des chilis qui raflent tous les prix du coin. Mais une animatrice radio (la hurlante Caroline Williams), et le frère vengeur d'une des victimes (le sidérant Dennis Hopper)  sont sur la piste des tueurs : ils vont infiltrer la demeure méphitique de la smala et tenter de régler leurs comptes à ses membres, à grands combats de tronçonneuses. Dialogues consternants, jeux d'acteurs proches du zéro (y compris Hopper, qui cachetonne, dans tous les sens du terme visiblement : il est complètement ailleurs), esthétique hyper 80's, décors de parc de train-fantôme moisi, musique odieuse, situations ridicules : on n'est pas à la fête dans ce film d'horreur très très démodé. Hooper, c'est nouveau, tente le coup du gore, et ça lui va très mal : les scènes de violence sont plus comiques qu'autre chose, et il a beau déverser une bonne cuve de viscères sur les personnages, ça sent plus le carton pâte que le sang frais. La seule scène qui pourrait être dérangeante (la reprise de la scène du repas du 1, avec ces coups de marteau du vieux qui ne cessent de se faire attendre) ne parvient jamais à la "saleté" de son modèle, trop distancée, trop excessive, trop grimaçante. On en est réduit à suivre ce nanar en comptant les incohérences, ce qui, pour un film d'horreur, est une aberration. Voir Dennis Hopper tronçonner tous les murs porteurs de la maison dans laquelle il se trouve a un effet indéniablement comique, surtout quand le plafond lui tombe dessus ; voir Leatherface tomber plus ou moins amoureux de l'héroïne aussi, surtout dans ses tentatives érotico-kitschs pour la faire sienne (la lame de sa tronçonneuse lui  sert de bite, du boulot pour Freud). On se contentera de ces traits d'humour involontaires, en regardant mollement les acteurs détruire le décor en carton en hurlant comme des beaux diables, et en soupirant sur les grandeurs passées de la famille Sawyer.

 

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