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19 février 2025

L'Idéaliste (The Rainmaker) de Francis Ford Coppola - 1997

Quand on voit de quoi est capable Coppola quand on lui lâche la grappe, on ne peut qu'être un peu déçu par ce film gentillet et propret qu'est The Rainmaker. La convention, formelle et scénaristique, semble être de mise dans ce film qu'on imagine de commande, qui fait certes le taff mais manque clairement de personnalité. C'est un film de procès, ni moins bien ni mieux fait que les autres, avec tout ce que ça comporte de coups de théâtre, de drames, d'espoirs et de tension. Celui qu'un tout jeune avocat fraîchement diplômé (Matt Damon) défend au nom d'une famille spoliée : un jeune garçon est mort d'une leucémie, parce que la compagnie d'assurance a refusé de payer la greffe de moelle qui aurait pu le sauver. Malgré les pots-de-vin et les coups de jarnac de la bande d'avocats engagés par l’assureur (menée par un John Voight matois), Matt, étouffé par l'injustice, va se battre pour faire tomber ce Goliath. Son inexpérience suffira-t-elle ? Autant dire qu'on est pas non plus hyper tendu dans l'attente : tout ça est tellement cousu de fil blanc, tellement manichéen et tellement naïf, qu'on n'a aucun doute sur le verdict. Matt est un gentil, il défend les gentils, il a une gueule toute juvénile et un ton tout doux ; en face c'est tous des gros méchants à la gueule toute grise, on est assez tranquilles sur l'issue.

Pour augmenter encore le côté chevalier blanc, Matt doit défendre aussi une femme victime de violence et incapable de s'extraire de sa relation toxique. Il viendra aussi à bout de cette affaire, en attrapant la fille au passage. Et il doit aussi défendre une petite vieille gentille qui veut déshériter ses enfants. Bref, ses clients sont les Bisounours, on est de leur côté à fond. Dans l'entourage de Matt, il y a des personnages rigolos, Danny DeVito qui ressort pour la millième fois son numéro d'avocat flirtant avec l'illégalité mais roué comme un renard, et Mickey Rourke, en pleine transition de genre (du beau gosse de jadis au blob d'aujourd'hui), un avocat véreux mais flamboyant. Voilà. C'est hyper efficace, bien sûr, le talent de Coppola et son sérieux font qu'on regarde la chose jusqu'au bout, pouvant même trouver là-dedans quelques pistes intéressantes. D'abord un portrait assez précis des arcanes de la justice américaine, ce monde de requins où on va chercher les clients jusque sur les lits d'hôpital, la construction laborieuse d'une ligne de défense, la compulsion des dossiers, les arnaques et les paris tentés lors du procès. Ensuite un possible autoportrait de Coppola en chantre de l'indépendance, en "idéaliste" donc, en petit garçon ayant toujours considéré son pays comme le nid de la démocratie et de la justice. C'est un peu naïf, oui, mais bon : voilà un film familial et réconciliateur agréable à regarder.

 

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