Dans le Bas-Quartier de Yokocho (Mogura yokochō) (1953) de Hiroshi Shimizu
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C'est toujours un très grand plaisir de découvrir un Hiroshi Shimizu "inédit", tant notre réalisateur nippon se révèle toujours avoir une fibre très particulière pour traiter des gens de peu ; il se focalise ici sur un écrivain, Ogata, qui forcément est sans le sou, et sa très jeune femme-assistante qui est là, sempiternellement, pour l'encourager, l'aider (elle reprend au propre ses manuscrits) et surtout l'aider à joindre les deux bouts (écris, je vais trouver des expédients pour vivre au jour le jour). Comme ils sont eu en plus la bonne idée de faire un enfant (alors même qu'ils risquent d'être viré de leur appart à tout moment), rien de mieux que de décider de s'installer à l'hôpital... Deux mois avant l'accouchement, six mois après, ils ont bien conscience d'abuser un peu... Un jeune étudiant va bien heureusement leur proposer de venir chez lui, dans un quartier certes pas très olé olé mais rempli de vie... Tout bon écrivain est censé en baver des ronds de chapeau, c'est peut-être de bon augure pour la suite...
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Shimizu, bien sûr, en tout premier lieu, nous rend ce petit couple très attachant : jamais un mot plus haut que l'autre, la très jeune compagne même dans les moments les plus tendus, cherche toujours à trouver une solution : trop de bruit chez le voisin, elle gère, plus du tout de thune, elle gère en tentant un concours de chant à la con à la radio ou en mettant chez les préteur sur gage ses biens ; le second aspect relativement plaisant de ce petit film est de découvrir ce voisinage de Yokocho où les gens, de toute évidence, ne roule pas sur l'or mais font preuve d'une certaine solidarité - entre écrivains débutants, entre voisins bien intentionnés ; chaque personnage a sa petit scène à jouer : la voisine généreuse, le proprio méfiant, l'ancien bon pote bonne pâte - il amène la jeune femme mariée au cinoche (pour voir le film à sketchs français Les sept pêchés capitaux !), histoire de la sortir de sa routine et de la rassasier : il y a certes toujours un individu un peu torve (le type chelou avec ses potions), mais on tente de survivre, de vivre d'expédient dans une certaine bonne humeur... C'est cet optimisme de bon aloi qui illumine cette tendre et sympathique œuvre : pas de plaintes, pas de colère, juste deux individus placides qui, à la moindre occasion (une avance, un prix...) se font des petits cadeaux... Tant que la vie va (et que la gamine n'est pas malade), tout est gérable. Un Shimizu filmé à hauteur de petites mais de bonnes gens - on prend bien sûr.
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