The Grey Fox (1982) de Phillip Borsos
/image%2F0405316%2F20241002%2Fob_81912e_vlcsnap-2024-10-02-15h26m03s358.png)
Suite à une (ancienne) promesse faite à Gols, je me suis donc tapé un western des années 80 (j'ai une parole, putain) ; et franchement, j'ai encore un peu de mal à l'avaler... Pourtant, j'avais quelque peu choisi ma came : un truc pas trop long qui bénéficiait de la présence de Richard Farnsworth (toujours bon le Richard, l'homme à la tondeuse) ; et d'ailleurs, le Farnsworth est assez fidèle à lui-même dans ce rôle d'ancien braqueur de diligence qui, après des plombes passées en prison, décide... de braquer des trains : sobre, le petit sourire en coin plein de malice, il incarne ce vieux de la veille (un certain Bill Miner qui fit des siennes au tournant du siècle) avec une belle légèreté de gentleman robber. Le film, qui se place sous le parrainage de The great Train Robbery (the référence) et qui sait faire la part belle aux grosses locomotives avec ces belles fumées noires cancéreuses (je suis fan), fait certes de certains efforts historiques et esthétiques... Mais mon dieu, je vais essayer d'arrêter d'être tolérant tant la chose est quand même affreusement inregardable... Une mise en scène plus figée qu'un arbre mort (même les "trois scènes d'action" du film - les trois braquages de train - semblent avoir été tournées au ralenti), des personnages plus hiératiques qu'un menhir (les extraits du film muet précité semblent dix fois plus vivants que ce bout-à-but d'images sur ce renard gris empaillé), et des paysages (c'est joli le Canada pourtant) aux allures de chromo de chambre d'hôtel Ibis - on sent pourtant qu'il y a un effort dans le choix de ces cadres avec montagnes enneigées en arrière-plan, mais rien y fait, tout paraît comme figé dans la glace... Le destin de ce Bill Miner pouvait paraître, sur le papier, assez trépidant : une jeunesse de feu, une vieillesse roublarde, de l'amour sur le tard, des braquages foireux, de l'échappée belle (...) mais on a l'impression que le gars Borsos met tout son talent pour rendre le truc aussi passionnant qu'une soirée d'Eurovision consacrée aux mimes (ça viendra un jour, vous verrez). Alors on compatit avec notre bon vieux Farnsworth (il faut parfois faire des piges) mais on gardera de ce Grey Fox poussif que des touffes de poils mitées.
/image%2F0405316%2F20241002%2Fob_74baa2_vlcsnap-2024-10-02-15h26m34s445.png)