Terrifier 3 de Damien Leone - 2024
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Fatigué de Rivette et de Visconti ? Allez donc voir Terrifier 3. Je ne vous promets pas que vous en ressortirez plus intelligent, certes non, mais au moins vous vous serez payé une bonne et saine tranche de rigolade sanguinolente du meilleur effet, ce qui peut être bien agréable aussi. Le 1 était gore, le 2 immonde, en bon show-man, Leone vous propose de surenchérir dans le dégueu, et vous sort un film bis absolument révoltant dans la somme de tabous qu'il met à bas dans un joyeux jaillissement de viscères et d’hémoglobine. La crétinerie du film est irrésistible : on est là pour voir du découpage de barbaque, point, et on va en avoir. C'est d'ailleurs un des gros défauts du film : il nous donne aussi autre chose, et sur ses deux très longues heures, en consacre une bonne moitié à developper des non-personnages contraints de jouer des non-situations pénibles. On sent bien que les scènes non-gore ennuient profondément Leone, et nous avec : acteurs nullissimes, dialogues bâclés, détails dans la construction des personnages vraiment inutiles, tentatives d'explication psychologiques pétées, on ira pisser pendant ces séquences-là sans rien regretter. Même le personnage de la complice de Art le Clown, une sorte de fille ensorcelée et morte-vivante, est sans intérêt : on préfère mille fois quand le film est bêtement terre-à-terre, qu'il utilise un tueur brutal et pas plus, que quand il fait un tour dans la magie noire, les monstres immortels et le fantastique. On ronge donc son frein en attendant que sortent les tronçonneuses et les machettes, en jubilant à l'avance de voir cette comédienne nulle découpée en tranches ou ce gamin trop poli explosé façon puzzle.
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Quand ces scènes sanglantes arrivent (et je reconnais que le film n'en est pas avare), c'est super. Dans une esthétique très vintage, marquée jusque dans le grain de l'image par les années bénies pour le genre des 80's, Leone rend un hommage amoureux à ces petits navets underground réalisés à petit budget, qui ont fait la joie des adolescents à l'époque des copies de copies de copies de VHS usées. Comme ces modèles, aucune vraisemblance dans le scénario... et d'ailleurs aucun scénario non plus. Art (délicieux acteur, vraiment, que ce David Howard Thornton, un talent de mime, qui arrive en une simple expression, une simple mimique, à être bouffon et révoltant tout à la fois, le tout sous une épaisse couche de maquillage et sans parler) est juste un salopard qui n'aime rien tant que de torturer ses victimes, que rendre leur mort la plus horrible possible, que d'entendre les cris de dinde des proches à la vue du dépeçage en règle de leurs parents, enfants, fiancés et autres voisins. Aucune limite : un des grands plaisirs est de le voir fouiller dans son sac tacher de sang pour en extirper un improbable nouvel instrument de torture, avec un grand sourire de gamin. Le film est super drôle, décomplexé à mort, assumant son mauvais goût, ses effets spéciaux à l'ancienne, sa stupidité complète, avec une saine franchise. L'imagination de Leone pour inventer des supplices de plus en plus sophistiqués et cracra semble sans limite, son goût pour l'impureté et le scandale fait merveille, et on se dit qu'on tient là sûrement le dernier Mohican de cette utilisation du gore en tant que tel, (presque) privé de tout le reste, qui faisait florès il y a 40 ans. Ça fait du bien, en tout cas, de rire sans complexe aux excès d'un film qui ne se prend pas au sérieux, qui ne se cache pas de ses tendances quasi-pornographiques, qui s'assume en tant qu'objet de catharsis, et qui ne renie rien de ses tendances anar et crasseuses. J'adore !
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