Trap de M. Night Shyamalan - 2024
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Un léger mieux dans la filmographie de Shyamalan grâce à ce divertissement bon enfant qui ne se pique pas, pour cette fois, d'être crédible et sidérant, mais veut juste vous amuser pendant 1h40, ce qu'il parvient à faire sans trop de dommages. Bon, alors attention, hein, on n'est pas non plus dans la réussite étincelante ; mais disons qu'en se déchargeant de la "vraisemblance" qui le préoccupe toujours alors que ses scénarios sont de grands bouts de n'importe quoi, il se déride un peu et laisse s'exprimer son sens du jeu sans trop se prendre la tête. Comme toujours, le film repose sur une idée absurde que le gars va creuser jusqu'à épuisement : un serial-killer amène sa fille à un concert de son idole. Mis au courant, les flics organisent un immense guet-apens pour mettre la main sur lui, et c'est des milliers d’uniformes que notre homme voit se déployer autour de lui. Arrivera-t-il à se sortir de ce piège tout en donnant à sa fille le moment de joie absolue promis ? Compte tenu des activités criminelles du protagoniste, on devrait plutôt être du côté de la flicaille ; mais le gusse est tellement malin, tellement bravache, tellement inattrapable, et tellement préoccupé du bonheur de sa gamine, qu'on ne met pas longtemps à serrer les fesses pour qu'il s'en sorte.
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A partir de là, c'est une surenchère de moments improbables et farfelus que Shyamalan déploie pour prouver l'intelligence de son anti-héros et sa supériorité à lui à la mise en scène. Il faut reconnaitre que le bougre n'est pas un manchot à ce poste : son film est fluide, assez beau, monté parfaitement, et gère son espace avec brio. Dans l'immense décor de cette salle de spectacle, on n'est jamais perdu, on suit toujours le petit mec dans les escaliers et les coulisses, et on le voit suer sang et eau pour se sortir de ce piège ; piège rendu rigolo par l'apport d'enjeux personnels, intimes dans le grand barnum : il veut que sa fille soit heureuse, il doit gérer un conflit avec ses copines, et Shyamalan, malin, entremêle les enjeux avec une certaine virtuosité : acheter un Tee-shirt de son idole à sa fille lui permet de profiter d'une porte de sortie possible tout en la gâtant, l'emmener sur scène lui procure un moment d'extase tout en ayant accès aux coulisses, sympathiser avec la chanteuse lui permet d'obtenir un passe tout en ravissant la gamine. Quand le petit groupe quitte la salle et se retrouve à l'extérieur, c'est moins réussi, Shyamalan retombe dans ses trames à poupées-gigogne et oublie de tenir sa caméra. Mais la première heure nous aura bien amusés, et nous aura fait entrevoir quel metteur en scène Shyamalan pourrait être (il y a quelques traces de De Palma dans sa façon d'envisager l'espace). Bon, après c'est complètement con, joué au rabais (quand Josh Hartnett se prend pour Nicholson, on frémit) et très putassier dans la forme. Mais tout de même, tout de même...
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