L'Esprit Coubertin de Jérémie Sein - 2024
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Mouais... On n'a rien contre ces minuscules films sincères, fabriqués avec un budget proche du zéro, et qui peuvent toucher de temps en temps. Mais à ce niveau de modestie, on peut aussi tiquer. J'ai voulu fêter la fin de ces putains de des Jeux Olympiques à ma manière, et ce film semble être idéal pour ça. On y suit en effet l'aventure d'un champion de tir au pistolet (sport guère suivi par les masses) engagé dans les JO organisés à Paris. La France affichant un score catastrophique (zéro médaille !), il constitue le seul espoir du pays, et devient un peu la star des Jeux, l'attention des politiques et le chouchou du public. Mais lui est un geek un peu con, uniquement préoccupé par son but : atteindre le score parfait... et par son coach (Emmanuelle Bercot) qui a eu un jour de victoire enthousiaste l'idée de lui rouler un patin. Véritable paria de l'équipe de France, peu sensible aux orgies organisées le soir dans les dortoirs du Village Olympique, il va découvrir les vertus de la pensée coubertinesque, et apprendre à prendre la vie plus simplement.
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Tout est sympa mais tout est minuscule dans L'Esprit Coubertin. C'est drôle sans être hilarant, écrit honnêtement mais sans génie, réalisé avec compétence mais sans aucune idée, joué avec facétie mais sans grandeur ; bref, c'est très humble, mais justement ça manque un peu de nécessité. Un des soucis vient des acteurs surtout : Benjamin Voisin, Emmanuelle Bercot, Grégoire Ludig, Laura Felpin veulent trop être drôles pour l'être vraiment, et leurs efforts se transforment trop souvent en caricature guère crédible ; tout comme est peu probable le contexte mis en place : faute de moyens (et de vision), Sein n'arrive pas à rendre crédible cette équipe de France prise dans des Jeux mal organisés, cheap, accueillie dans des lieux mal adaptés. Tout ça donne un côté artificiel au film, et empêche de le prendre autrement que comme une fable fantaisiste à petite portée. On voit bien que le cinéaste voudrait en faire une charge anti-politique, anti-médiatique (c'est la partie la plus réussie : la satire des chaines d'info en continu). Mais trop gentil, trop familial, le film ne contient pas la charge nécessaire pour apporter le poil à gratter qu'on aurait aimé y trouver en cette période de communion nationale. Il se perd dans des sous-trames peu inspirées (une histoire d'athlète venu de Vanuatu, ostracisé) ou courues d'avance (pensez-vous que notre champion de tir obtiendra son score parfait ?), et échoue par ailleurs à rendre sympathique ce neuneu psycho-rigide. Restent quelques gags sympa (la visite de la ministre, les scènes télévisées), une bonne volonté évidente, un côté inoffensif et doux qui peut plaire.
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