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5 juillet 2024

Quantez, leur dernier repaire (Quantez) de Harry Keller - 1957

5 dollars, un Stetson, un rocher en carton, trois canassons fatigués, et Harry Keller vous fabrique un petit film de série qui rentre sagement dans le lot des westerns médiocres et oubliables de notre riche odyssée. Celui-ci est tout de même particulièrement insipide, et ne serait la présence de la belle Dorothy Malone (qui ne répond toujours pas à mes demandes en mariage, son décès en 2018 n'excuse pas tout), on traiterait même la chose de franc navet. Tout est moyen là-dedans, les acteurs (y compris Dorothy, malheureusement, qui surjoue tout), le scénario, les décors, la musique ; il n'y a que, sporadiquement, la mise en scène qui soit un peu sympa, surtout au début et à la fin. Pour tout le centre du film, qui se passe uniquement dans le huis-clos de la ville-fantôme de Quantez, on soupire devant le peu d'invention de Keller, tout en relevant tout de même la difficulté à trouver une quelconque inspiration formelle dans ce scénario très bavard et privé d'action.

Nous sommes aux basques de 4 hors-la-loi et une blonde qui, suite à un braquage foireux qui a mal tourné, fuient dans le désert pour gagner le Mexique. Il y a là Gentry (Fred MacMurray), légende de la gâchette qui a désormais juré qu'il ne descendrait plus personne, le lot habituel des cow-boys patibulaires (le chef, idiot et violent ; le sang-mêlé, fourbe et manipulateur ; le jeune lapereau de la veille, qui file un mauvais coton) et le femme fatale de service, qui va tour à tour séduire chacun de nos gars pour échapper à son destin morne. Chevaux épuisés, moral dans les baskets, Indiens qui menacent : ils sont contraints de faire une pause à Quantez, ville curieusement désertée par ses habitants. Ils y passeront une nuit, durée du film très rigoureux sur les règles du théâtre classique (temps, lieu, action uniques). Nous, on voit bien que les Peaux-rouges sont là, que la tension monte entre les anciens complices, que Dorothy manœuvre et que les sangs s'échauffent, mais il nous faudra tout de même patienter nos 80 minutes pour que tout ça éclate dans une sourde violence (de 8 secondes). Et ce sont 80 minutes de bavardage, de cris d'oie de Dorothy dès qu'elle voit une fourmi, de bagarres avortées et de chansons pourrax qu'on nous donne pour patienter. Les acteurs, grimaçants (à l'exception de Mac Murray, impérial) tentent de faire croire à leurs personnages trop crétins pour être honnête ("- Je vais te descendre. - Ouais, mais moi seul connais le chemin. - Ah ouais, bon, t'es mon meilleur pote") et se baladent au milieu de décors de studio impossibles (on voit les plis de la toile de fond), les Indiens ont l'air maquillés par la gamine de Shang, et on tremble comme dans une petite brise d'août devant ce film neurasthénique et fade.

 

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