LIVRE : Une Assemblée de Chacals (A Congregation of Jackals) de S. Craig Zahler - 2010
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On connaissait les films un peu bourrins du sieur, il existe également des livres que l'on pourrait placer sur le même créneau. Ambiance de western fin XIXème ici avec un règlement de comptes d'anthologie entre deux gangs qui s'associèrent par le passé jusqu'à la rupture. Quand Jim annonce à ses trois anciens comparses du "gang du boxeur" qu'il se marie, ce n'est pas seulement pour faire la fiesta ; il a reçu un message d'un certain Quinlan avec lequel ils partagent tous un sombre passé (ce dernier les avait quelque peu forcés à s'acoquiner avec une troupe de sauvages indiens pour organiser des pillages dans des villages - ce qui a fini par tourner au carnage et à l'explosion des gangs) : Quinlan s'invite donc à ce fameux mariage et compte bien retrouver cette bande des quatre qui a fini par le trahir. Personne n'est dupe, chacun des quatre hommes sait qu'il sortira de ce rendez-vous dangereux soit vainqueur, soit mort ; mais chacun sait aussi qu'il est grand-temps de régler définitivement son compte au passé...
Les préparatifs du mariage s'organisent, nos quatre hommes (au passé peu reluisant mais qui sont depuis rentrés dans les rangs) tentent de mettre toutes les chances de leur côté pour recevoir comme il se doit cette enflure de Quinlan et ses associés sanguinaires... On sent surtout que rien ne se passera vraiment comme prévu et que cela (au vu des quelques épisodes violents pour ne pas dire gore contés avant cette rencontre au sommet) risque de charcler sa mère. On ne sera pas déçu sur ce point... Zahler sait prendre son temps pour nous rendre proche de ces quatre anciens potes, nous narrer leurs conneries du passé, leur caractère volcanique ou débonnaire et nous camper l'ambiance et les individus de ce village où se déroulera le mariage. S'il pimente son récit de quelques événements passés peu ragoutants, il sait aussi faire monter le suspense jusqu'à ce déferlement de violence initié par Quinlan et les siens. Au final, un western visuellement bien rendu, souvent surprenant (ne vous attachez pas à un personnage en particulier, personne n'est à l'abri d'être dézingué en un clin d’œil - et ce à tout moment), parfois certes un brin excessif dans ses effets (on est plus dans l'enfonçage de clou directement dans la chair que dans l'acupuncture pure) mais qui tient jusqu'au bout en haleine (de chacal).