Les trois Visages (I tre Volti) (1965) de Michelangelo Antonioni, Mauro Bolognini & Franco Indovina
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Premier et dernier film de cette Princess Soraya : le cinéma ne peut que ressortir vainqueur face à cette carrière avortée. Disons-le franco, notre débutante est aussi expressive qu'une courge et quelle que soit la façon dont on la maquille, quelle que soit la couleur de ses perruques, quelle que soit la façon dont on la filme, on a l'impression terrible d'avoir affaire à un glaçon capable de survivre à l'extinction des icebergs. Antonioni, guère inspiré, s'y essaie (des journalistes essaient de traquer la première audition de cette apprentie célèbre - coup de chance pour elle, qui joue aussi mal que le téléphone qu'elle tient en main pendant les essais, rien ne filtrera), puis Bolognini, avec pas plus d'envie (une histoire d'amour entre notre glaçon et un écrivain raté : raté) et enfin cet Indovina (!) avec encore moins de réussite : cela devait sûrement consister en la partie comique (on a loué Alberto Sordi pour la peine) mais cet épisode se ramasse tout autant que les autres. Sordi, dans le rôle du "latin lover" dont on loue les services pour divertir la belle le temps d'une journée, ne parviendra point à faire éclore une larme d'émotion dans ce visage pétrifié qui ne sourit que lorsqu'elle se coince le petit orteil dans la porte de sa commode... La seule directive qu'on a dû lui donner, à cette princesse de pacotille, c'est maquille-toi et ne tente surtout pas de jouer. Cela évite certes le ridicule, en un sens, mais pas la gabegie d'artificialité. Sous une musique plus sirupeuse que Morandini devant un mineur, les essais, cet amour foireux et cette petite comédie prennent des allures de titanic cinématographique qui coule sans que personne demande à l'orchestre d'arrêter le massacre. Si vous êtes fan de perruques (ou de perruches), vous y trouverez peut-être un certain plaisir pervers, pour ma part, je passe mon tour en regrettant de ne pas avoir été Gilbert Montagné sur ce coup. Les films à sketches italiens sont-ils pires que les français ? Il y a compète...
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