22 mars 2011
LIVRE : Nouvelles et Textes pour rien de Samuel Beckett - 1945/1950
Joyeux drille, ce bon Samuel, qui vient de me donner un long moment de marrade en parlant ainsi de la mort, de la ruine des mots, de la déréliction des corps, de l'effacement de la mémoire, de l'horreur d'être né, de l'angoisse de vivre, et autres joyeusetés. On savait Beckett peu porté sur l'optimisme et la farandole, mais ces Nouvelles et Textes pour rien marquent tout de même un sommet dans le nihilisme total de l'auteur, qui creuse comme on gratte ses croûtes son éternel sujet : la vie est une merde. Si les trois nouvelles qui... [Lire la suite]10 octobre 2009
LIVRE : Cap au Pire (Worstward Ho) de Samuel Beckett - 1982
Sous ce titre d'une gaieté folle se cache encore une fois un chef-d'oeuvre d'audace de la part du bon Samuel. Partant du constat que, quoi qu'on fasse, le monde reste indicible, les mots sont impuissants, Beckett décide de retenter quand même le coup, "d'essayer encore, de rater encore, de rater mieux". Dès le départ donc, son texte est voué à l'échec, mais il met son point d'honneur à faire de cet échec un Echec Ultime, un ratage complet... Il se lance dans une lente description d'un tableau (si on suit bien, une vieille... [Lire la suite]07 décembre 2008
LIVRE : Mercier et Camier de Samuel Beckett - 1946
Légère déception à la relecture de ce Beckett, qui ne fait vraiment pas le poids face à la trilogie Molloy-Malone-Innommable. Cette fois-ci, le bon Samuel délaisse un peu les ravageuses pensées morbides pour se concentrer sur la farce, et il faut bien dire ce qui est : si on doit reconnaître un défaut à Beckett, c'est d'avoir parfois un humour pipi-caca-prout pas forcément des plus fins. Peut-être en manque de vrai sujet, il se laisse aller ici à une "histoire" sans vrai enjeu, se contentant de jouer sur des situations... [Lire la suite]06 mars 2008
LIVRE : Watt de Samuel Beckett - 1944
"Watt ne portait pas de faux-col, ni cravate aucune. S'il avait eu un faux-col il aurait sans doute trouvé une cravate, pour l'accompagner. Et s'il avait eu une cravate il se serait peut-être procuré un faux-col, pour la recevoir. Mais n'ayant ni faux-col, ni cravate, il n'avait ni cravate, ni faux-col."
C'est une des phrases les plus simples de cet énième chef-d'oeuvre de Beckett, qui, une fois de plus, creuse toutes les possibilités du langage pour en mettre à jour l'inanité, l'échec. Cette fois-ci, pas de trame à... [Lire la suite]07 octobre 2007
LIVRE : L'Innommable de Samuel Beckett - 1949
On termine la trilogie de Beckett à bout de souffle, à bout de mots, dans un chaos complet de phrases hachées, répétées, qui vous martellent la tête jusqu'à la folie. Résumons: Molloy se traînait lamentablement sur ses avant-bras, Malone restait cloué au lit... le personnage de L'Innommable (qui n'a même plus de nom) sera une pure abstraction, un non-être, un concept uniquement lié à l'existence par sa possibilité de dire. Même plus physique, il n'a conscience de son existence (et encore, tout juste) que par la pression qu'il sent sur... [Lire la suite]10 avril 2007
LIVRE : Malone meurt de Samuel Beckett - 1948
Si Molloy arrivait encore à se traîner sur ses avant-bras pour aller on ne sait où, Malone, dans le deuxième volet de la glaçante trilogie beckettienne, est cette fois totalement immobile (avant l'effacement complet de L'Innommable). Confiné dans l'espace de son lit, il n'a pour seul horizon que les parois de sa chambre-cerveau, et deux ou trois objets dont il fait pitoyablement l'inventaire : un pot de chambre, une chaussure jaune, un bâton... et surtout un cahier et un crayon, qui lui permettront de se livrer à sa dernière oeuvre... [Lire la suite]10 juin 2006
LIVRE : Molloy de Samuel Beckett - 1947
Récemment, McLiam Wilson expliquait dans un article douteux des Inrocks que Beckett écrivait mal. Il ajoutait, tel le petit malin qu'il peut être péniblement, que personne ne lisait Beckett, que les livres du gars étaient toujours chiffonés sur les premières pages et encore neufs sur la deuxième moitié. Mon commentaire adressé à Mc Liam, je vous le livre ? : "Pauvre idiot ! Beckett écrit non seulement puissament bien, mais il est toujours surprenant, il est doté d'un sens du tempo de la phrase, d'un génie de l'ellipse, que tu... [Lire la suite]

