<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Shangols</title><link>http://shangols.canalblog.com/</link><description>site sino-fran&#xe7;ais de cin&#xe9;ma pointu et n&#xe9;cessaire</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 05 Jul 2009 04:52:38 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Hiroshima mon Amour d&apos;Alain Resnais - 1959</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/04/6298813.html</link><category>RESNAIS Alain</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/04/6298813.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/6298813/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/04/6298813.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/83/46/110219/17304913.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;225&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/83/46/110219/17304913_p.jpg&quot; alt=&quot;Hiroshima_2&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Dieu sait pourtant que j&apos;ai beaucoup de patience vis-&#xe0;-vis des films exp&#xe9;rimentaux, et que je ne tremble pas devant les oeuvres sybillines que l&apos;on nous donne parfois &#xe0; voir. Mais l&#xe0;, je dis non : mon camarade shangaien hurle au parisianisme et &#xe0; l&apos;&#xe9;litisme devant Weerasetakul, pour moi &#xe7;a va &#xea;tre devant &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Hiroshima mon Amour&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quitte &#xe0; passer pour un con, je n&apos;ai rien compris &#xe0; ce boulet (au sens pesant du terme). Comme dirait Oscar Wilde : &amp;quot;j&apos;ai d&#xe9;marr&#xe9; le film &#xe0; 21h ; trois heures apr&#xe8;s j&apos;ai regard&#xe9; ma montre ; il &#xe9;tait 21h15&amp;quot;. Que dire en effet de cette propension irr&#xe9;fr&#xe9;n&#xe9;e &#xe0; se laisser phagocyter par son canap&#xe9; (que j&apos;ai pourtant inconfortable) devant ce symbolisme soporifique, cette solennit&#xe9; ridicule, ces dialogues impossibles. Respects &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/51/01/110219/17304925.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;225&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/51/01/110219/17304925_p.jpg&quot; alt=&quot;protectedimage&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;quand m&#xea;me pour Resnais qui a r&#xe9;ussi &#xe0; rendre ses acteurs cr&#xe9;dibles alors qu&apos;ils ont &#xe0; prononcer des phrases durassiennenes aussi l&#xe9;g&#xe8;res que &amp;quot;Je me souviendrai de toi comme de l&apos;oubli&amp;quot;, ou, plus loin : &amp;quot;J&apos;aurais pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; que tu sois morte &#xe0; Nevers / Moi aussi, et pourtant je ne suis pas morte &#xe0; Nevers&amp;quot;. Les com&#xe9;diens, et en premier lieu Emmanuelle Riva (jolie, mais elle ne sait absolument pas marcher, je vous jure que c&apos;est vrai), s&apos;en sortent tr&#xe8;s bien compte tenu du challenge. On les regarde sans se marrer comme une baleine, ce qu&apos;auraient m&#xe9;rit&#xe9; amplement ces formules &#xe0; la con qui veulent se faire passer pour de la litt&#xe9;rature et qui ne sont que des cache-mis&#xe8;re. Le style de Duras, je vous le confirme, est une horreur totale. A elle seule, elle pulv&#xe9;rise un film qui aurait pu &#xea;tre une &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/57/29/110219/17304938.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/57/29/110219/17304938_p.jpg&quot; alt=&quot;hiroshi1&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;m&#xe9;ditation passable sur le temps et la place des &amp;quot;contemporains&amp;quot; face &#xe0; l&apos;Histoire. Les dialogues sont in&#xe9;coutables, &#xe0; cause de cette volont&#xe9; d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e de faire sens co&#xfb;te que co&#xfb;te, de faire beau co&#xfb;te que co&#xfb;te. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors d&apos;accord, c&apos;est audacieux, c&apos;est &amp;quot;contemplatif&amp;quot; (euph&#xe9;misme pour ne pas dire chiant), la mise en sc&#xe8;ne est parfois inventive (beaux plans en travelling arri&#xe8;re dans un restaurant, belles contre-plong&#xe9;es fugitives sur une Fran&#xe7;aise perdue dans la ville japonaise). Mais quitte &#xe0; faire hurler tout cin&#xe9;phile qui se respecte, je pr&#xe9;f&#xe8;re le Resnais d&apos;aujourd&apos;hui, qui a d&#xe9;finitivement enterr&#xe9; Marguerite et ose enfin la simplicit&#xe9;. Un film pour bobo tendance, au secours ! (Gols 22/09/07)&lt;/p&gt;&lt;hr width=&quot;100%&quot; size=&quot;2&quot; /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;avais trouv&#xe9;, &#xe0; l&apos;&#xe9;poque, mon camarade de jeu assez impitoyable avec ce film que je n&apos;avais pas d&#xfb; revoir depuis... non 50 ans, &#xe7;a fait trop, cela d&#xe9;passe mon &#xe2;ge, mais depuis bien longtemps. Voulant &#xe9;galement r&#xe9;ussir le pari de montrer le film &#xe0; mes pauvres - et courageux - &#xe9;tudiants chinois de litt&#xe9;rature, je me lan&#xe7;ais donc dans l&apos;entreprise de commenter la prose de Duras et ensuite de leur passer le film en les attachant pr&#xe9;alablement &#xe0; leur chaise. Ils ont tenu (mes respects m&#xea;me s&apos;ils doivent me maudire pour 28 g&#xe9;n&#xe9;ration), m&#xea;me si je dois reconna&#xee;tre que la derni&#xe8;re heure a d&#xfb; leur para&#xee;tre un interminable calvaire - moi, plus le film tombait dans des plans fixes sans dialogue, plus cela me faisait marrer, mais je suis un peu pervers dans l&apos;&#xe2;me. Bon, cela nous a tout de m&#xea;me permis d&apos;&#xe9;voquer les notions de m&#xe9;moire vis-&#xe0;-vis de l&apos;Histoire (ici, depuis Nankin (douze films chaque ann&#xe9;e pour bien enfoncer le clou), on a un peu l&apos;impression que c&apos;est le calme plat, hum...) remarquablement m&#xea;l&#xe9;e ici avec l&apos;histoire intime de cette Emmanuelle Riva, qui a bien appris son texte, et ce Japonais qui aurait besoin de quelques cours en labo mais ne soyons pas dur... Devoir de m&#xe9;moire (on sent bien qu&apos;on est quand m&#xea;me dans la Guerre Froide, que chacun s&apos;attend &#xe0; ce qu&apos;une autre bombe nous tombe sur la tronche, et ce n&apos;est point un hasard si on se rem&#xe9;more au passage des images de &lt;em&gt;L&apos;Eclipse&lt;/em&gt; d&apos;Antonioni) &#xe9;vocation de son pass&#xe9; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/53/16/110219/41396172.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;227&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/53/16/110219/41396172_p.jpg&quot; alt=&quot;hiroshima&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;personnel (pour la chtite Emmanuelle) pour ne pas non plus s&apos;y retrouver enferm&#xe9;, peur de l&apos;oubli de ses propres histoires d&apos;amour, d&apos;autres l&apos;ont d&#xe9;j&#xe0; dit vachement mieux que moi. Si ces th&#xe9;matiques se retrouvent pratiquement dans toute l&apos;oeuvre de Resnais, je dois reconna&#xee;tre avec mon camarade qu&apos;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Hiroshima&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (auquel j&apos;ajouterai, quitte &#xe0; me faire violemment conspuer, &lt;em&gt;L&apos;Ann&#xe9;e derni&#xe8;re &#xe0; Marienbad&lt;/em&gt;) tombe des yeux. Formellement c&apos;est diablement soign&#xe9;, aussi magnifiquement d&#xe9;coup&#xe9; que les courts que Resnais a r&#xe9;alis&#xe9; juste avant, et le cin&#xe9;aste a tout mon respect avec ce premier long. Mais vous dire que je n&apos;attendrais pas 50 ans pour le revoir, ce serait vous mentir. D&#xe9;sol&#xe9; pour les inconditionnels mais je suis s&#xfb;r (ah ben si, soyons optimiste) que &lt;em&gt;Les Herbes folles&lt;/em&gt; me fera dix fois plus vibrer. &lt;em&gt;(Shang 04/07/09)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 04 Jul 2009 11:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>Desperate Housewives - saison 5 - 2009</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/04/14291990.html</link><category>S&#xe9;ries T&#xe9;l&#xe9;</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/04/14291990.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14291990/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/04/14291990.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/63/54/110219/41394959.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;200&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/63/54/110219/41394959_p.jpg&quot; alt=&quot;5_21_Promotional_Pictures_desperate_housewives_5519081_1333_2000&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Oui, bon, je sais, c&apos;est pas la s&#xe9;rie intellectuellement parlant qui place la barre le plus haut, mais faut bien finir ce que l&apos;on a commenc&#xe9;... Cette saison, ma foi, n&apos;est pas la plus d&#xe9;sagr&#xe9;able, les sc&#xe9;naristes ayant compris que pour tenir le coup sur les 24 &#xe9;pisodes, rien ne valait mieux qu&apos;un bon m&#xe9;chant qui menace de s&apos;attaquer &#xe0; nos deux personnages les plus gentillets du bazar, le plombier Delfino et la chtite Susan. La saison commence avec un coup de th&#xe9;&#xe2;tre, notre bon couple a eu un accident de bagnole et tu&#xe9; dans l&apos;histoire une femme et sa gamine... Traumatisme pour notre couple-phare et menace qui p&#xe8;se sur leur tronche (mais que leur veut le m&#xe9;chant - vous voulez que je vous fasse un dessin?) alors m&#xea;me qu&apos;ils tentent de se reconstruire, entendons par l&#xe0; tentent de trouver chacun un nouveau compagnon - cela fait cinq saisons qu&apos;ils se tournent autour, un nouveau coup de mou dans leur relation, on a l&apos;habitude... Voil&#xe0; pour le fil rouge. Pour le reste, un petit coup de booste au niveau de la construction des sc&#xe9;nars et les sempiternels probl&#xe8;mes des diff&#xe9;rents personnages: probl&#xe8;me de thune - et d&apos;embonpoint - pour Gabrielle Solis &#xe0; la recherche du bling-bling, probl&#xe8;me de froideur polic&#xe9;e pour une Bree qui cartonne avec ses recettes (le pauvre Kyle MacLachlan, retrait&#xe9; de Lynch, morfle au maximum), probl&#xe8;me de partenaire pour la Susan qui ne sait jamais vraiment ce qu&apos;elle veut, probl&#xe8;me avec son mari pour la pauvre Lynette, celui-ci faisant sa crise de la quarantaine. Bien. Reconnaissons l&apos;effort des sc&#xe9;naristes &#xe0; vouloir introduire au sein de ce monde BCBG les premiers effets de la crise financi&#xe8;re, certains traversant en particulier de bonnes p&#xe9;riodes de d&#xe8;che professionnelle; leur train de vie, malgr&#xe9; tout, demeure nettement au-dessus du niveau moyen du Roumain, restons sportif... Ma femme est contente, la s&#xe9;rie continue, cela me laisse de mon c&#xf4;t&#xe9; un an de marge (mais personne ne me force non plus, avouons-le...)&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 04 Jul 2009 10:45:53 GMT</pubDate></item><item><title>La Morsure (The Show) (1927) de Tod Browning</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/03/14280412.html</link><category>BROWNING Tod</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/03/14280412.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14280412/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/03/14280412.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/38/39/110219/41356187.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;350&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;450&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/38/39/110219/41356187_p.jpg&quot; alt=&quot;theshow1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;John Gilbert enfile un sous-pull ridicule (que Lon Chaney a d&#xfb; refuser de mettre) et incarne... dans cet attirail &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/05/04/110219/41356213.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;199&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/05/04/110219/41356213_p.jpg&quot; alt=&quot;416142onj4m2rb36eoy9qbydn6&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;le fameux magicien Cock Robin qui fait plus d&apos;&#xe9;tincelles que le groupe du m&#xea;me nom. Toujours l&apos;ambiance de ces petits cirques de pacotilles avec femmes fatales en exhibition (je vous conseille Spiderwoman), patron glauque (Le Grec (Lionel Barrymore), plus dangereux qu&apos;un sandwich du dit pays), magicien dragueur sur la br&#xe8;che (John Gilbert) et cr&#xe9;ature f&#xe9;minine &amp;quot;sublime&amp;quot; sortie d&apos;un conte des Mille et Une Nuit (Salome jou&#xe9;e par Andr&#xe9;e Ador&#xe9;e, grasse comme un loukoum - ador&#xe9;, c&apos;est bien un participe pass&#xe9;, non?). Le Grec couve Salome qui fait les yeux doux &#xe0; Cock Robin qui drague tout ce qui bouge dont une bien innocente berg&#xe8;re. Histoires sentimentales qui s&apos;entrem&#xe8;lent et qui cachent de sombres histoires de pognon, le Grec lorgnant sur le pactole du p&#xe8;re de la berg&#xe8;re qui vient de vendre 3456 moutons, le John, lui, tirant profit chaque soir de cette bien aimable berg&#xe8;re qui l&apos;entretient. On ajoute &#xe0; cela une curieuse cr&#xe9;ature dangereuse, un varan du Komodo... qui vient de Madagascar (super dangereux, tu m&apos;&#xe9;tonnes, pour avoir fait tout ce chemin) et qui te saute &#xe0; la tronche horriblement, pour peu que l&apos;accessoiriste l&apos;ait bien lanc&#xe9;. On appr&#xe9;cie cette ambiance de multiples petits regards en coin, de drames qui se nouent en coulisse (Le Grec qui se d&#xe9;guise, pour, lors du clou du spectacle de magie, v&#xe9;ritablement couper la t&#xea;te de Cock, diable), de petites rues mal &#xe9;clair&#xe9;es o&#xf9; personne n&apos;est &#xe0; l&apos;abri d&apos;un coup de feu... &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/22/10/110219/41356203.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;332&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;450&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/10/110219/41356203_p.jpg&quot; alt=&quot;2403105931_798131d5c3&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La tension monte et puis tout d&apos;un coup le film bifurque vers le drame sentimentale violoneux avec le Cock qui, poursuivi de toute part, trouve refuge dans l&apos;appart de Salome avec celle-ci... Il est alors question d&apos;un vieil homme aveugle (Oh peuch&#xe8;re) qui loge ici m&#xea;me et qui attend son fils parti &#xe0; l&apos;arm&#xe9;e; en fait celui-ci est en prison et Salome de couvrir habilement la v&#xe9;rit&#xe9;, en faisant croire au vieux qu&apos;un jour son fils reviendra - elle &#xe9;crit elle-m&#xea;me de fausses lettres... Forc&#xe9;ment notre Cock va peu &#xe0; peu fondre pour la gonzesse et devenir doux comme un agneau gr&#xe2;ce &#xe0; son influence ultra-positive, lui qui faisait tout de m&#xea;me super peur dans son sous pull des ann&#xe9;es 70. Ce changement de direction dans la trame est un peu surprenant m&#xea;me si cela permet &#xe0; Browning de se focaliser sur ses deux stars et de faire des &#xe9;conomies de d&#xe9;cor (sign&#xe9; du terriblement prolixe Cedric Gibbons, 1050 films &#xe0; son actif et quelques 11 Oscars (ne cherchez pas, il est dans tous les g&#xe9;n&#xe9;riques que je regarde actuellement de Garbo &#xe0; Borzage - tiens, c&apos;est presque un chiasme, &#xe9;tonnant). Heureusement le varan enrag&#xe9; fait une nouvelle apparition pour un final haletant... Enfin plus ou moins (l&apos;accessoiriste s&apos;en donne vraiment &#xe0; coeur joie pour lancer comme un malade le pauvre animal), le final &#xe9;tant un peu convenu voire &#xe0; l&apos;eau de rose... Mais bon, les trois acteurs ne d&#xe9;m&#xe9;ritent point et l&apos;atmosph&#xe8;re brumeuse de ce festival de cirque dans cette bonne ville de Budapest est, au d&#xe9;part, relativement bien rendue. Un tr&#xe8;s honn&#xea;te Browning.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/20/42/110219/41356209.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;358&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;340&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/20/42/110219/41356209_p.jpg&quot; alt=&quot;show&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 03 Jul 2009 03:56:35 GMT</pubDate></item><item><title>La Habanera de Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) - 1937</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14279604.html</link><category>SIRK Douglas</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14279604.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14279604/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14279604.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/86/89/110219/41353534.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;192&quot; alt=&quot;vlcsnap_224811&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/86/89/110219/41353534_p.png&quot; width=&quot;256&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;En 1937, Detlef Sierck ne s&apos;appelait pas encore Douglas Sirk, et ne l&apos;&#xe9;tait pas non plus. Pour tout dire, cette &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Habanera&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est assez poussive et inint&#xe9;ressante, et le style du gars manquait encore clairement de pr&#xe9;cision. On est l&#xe0; dans le m&#xe9;lodrame pur jus, teint&#xe9; d&apos;un soup&#xe7;on d&apos;exotisme (&#xe7;a se passe &#xe0; Puerto-Rico), d&apos;une larme de com&#xe9;die musicale (quelques romances tire-larmes) et d&apos;un soup&#xe7;on de drame politique. Quand on dit &#xe7;a, on imagine &#xe0; peu pr&#xe8;s ce que &#xe7;a peut donner : eh bien, c&apos;est exactement &#xe7;a, et le film avance sans surprise, sur des rails tr&#xe8;s p&#xe9;p&#xe8;res qui sentent l&apos;artifice &#xe0; plein nez. Est-ce la faute de ce sc&#xe9;nario de s&#xe9;rie rose, de cette actrice fadissime, du manque d&apos;invention dans les &#xe9;v&#xe8;nements, de l&apos;aspect franchement surrann&#xe9; de la production ? Je ne sais pas trop, tout pr&#xea;t &#xe0; mettre &#xe7;a sur le dos d&apos;un Douglas Sirk un peu flou dans son discours, qui voudrait condamner la toute-puissance &#xe9;conomique face au malheur, exalter la vraie vie et l&apos;amour pur face &#xe0; la jalousie et au pouvoir, mais qui sert finalement un p&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/71/91/110219/41353548.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;192&quot; alt=&quot;vlcsnap_165001&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/71/91/110219/41353548_p.png&quot; width=&quot;256&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;eu le contraire : un regard l&#xe9;g&#xe8;rement condescendant et colonisateur sur un peuple (par ailleurs rel&#xe9;gu&#xe9; au second plan comme un d&#xe9;cor), une d&#xe9;ification du &amp;quot;Home sweet home&amp;quot; &#xe0; travers une h&#xe9;ro&#xef;ne en mal de patrie et une esh&#xe9;tique en plastoc.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On sent qu&apos;il y a du potentiel, je ne dis pas, dans cette utilisation toujours tr&#xe8;s raffin&#xe9;e des d&#xe9;cors. Il y a notamment une jolie s&#xe9;quence de chanson centr&#xe9;e autour d&apos;une femme malheureuse, sur laquelle tous les regards convergent &#xe0; travers l&apos;espace dans un tr&#xe8;s beau mouvement d&apos;ensemble. Sirk utilise encore une fois merveilleusement les cloisons ou les miroirs pour d&#xe9;cupler les rapports entre les acteurs, et fait preuve de beaucoup de sensibilit&#xe9; dans les d&#xe9;placements de cam&#xe9;ra (les tr&#xe8;s l&#xe9;gers recadrages de afce sur les personages pour venir capter la ch&apos;tite &#xe9;motion furtive). Mais pour cette fois, le tout est plut&#xf4;t fade, le film ne trouve pas son ton, et on tombe tr&#xe8;s vite dans une mi&#xe8;vrerie assez poussive. On imagine ce qu&apos;un &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/64/01/110219/41353564.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;192&quot; alt=&quot;vlcsnap_197961&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/64/01/110219/41353564_p.png&quot; width=&quot;256&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Bu&#xf1;uel, par exemple, aurait pu faire de cette histoire d&apos;amour qui s&apos;&#xe9;tiole au sein d&apos;une &#xee;le gagn&#xe9;e par une fi&#xe8;vre mortelle, ce qu&apos;il y aurait mis de moiteur et d&apos;&#xe9;rotisme ; Sirk peine &#xe0; d&#xe9;finir ses ambiances, et c&#xe8;de vite &#xe0; un exotisme de pacotille assez douteux. Renseignements pris, 1937 correspond pour lui &#xe0; une p&#xe9;riode trouble, o&#xf9; il h&#xe9;sitait entre rester en Allemagne et devenir un collaborateur des nazis, ou fuir ce r&#xe9;gime qu&apos;il refusait : &#xe7;a se sent un peu dans ce film qui tourne autour du pot, qui ne dit rien, qui reste timor&#xe9; et lisse. Quelques cadres glamour, un ou deux traits de com&#xe9;die, et un rythme chaloup&#xe9; assez bien senti sauvent un peu la chose, mais on cherchera sans succ&#xe8;s l&apos;incandescence de ses films plus tardifs. Pour lectrices de romans de plage.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 02 Jul 2009 21:58:06 GMT</pubDate></item><item><title>Divorce &#xe0; l&apos;Italienne (Divorzio all&apos;italiana) (1961) de Pietro Germi</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14273474.html</link><category>GERMI Pietro</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14273474.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14273474/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14273474.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mastroianni en pleine bourre dans cette com&#xe9;die sicilienne adult&#xe9;rine. Afflig&#xe9; d&apos;un petit tique d&#xe8;s qu&apos;il ressent le moindre probl&#xe8;me - un petit pschitt du coin de la bouche -, il passe le film &#xe0; faire une t&#xea;te d&apos;enterrement en priant pour que tout se goupille pour le mieux. Cheveux gomin&#xe9;s ultra classe ou po ras&#xe9; avec les cheveux fris&#xe9;s en quenouille, notre Marcello &#xe0; petite mine reste craquant - quand il tente d&#xe9;sesp&#xe9;remment de serrer et d&apos;embrasser sa cousine lors de l&apos;enterrement du p&#xe8;re de celle-ci ou lorsqu&apos;il croise par hasard la femme qui vient d&apos;assassiner son propre mari... parti avec la femme du Marcello (&amp;quot;ben et mon honneur, moi...?!&amp;quot; dit-il l&apos;air tout b&#xea;ta). Belle ambiance sicilienne plombante, sympathique petit air de com&#xe9;die noire lorsque le Marcello imagine sa femme mourir de multiples fa&#xe7;ons, mais &#xe9;galement petite baisse de r&#xe9;gime sur la fin lorsque Marcello attend que sa femme fasse un faux pas pour la flinguer... &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/22/65/110219/41333654.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;255&quot; alt=&quot;criteriondivorce_italian_style_dvd_review_PDVD_004001&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/65/110219/41333654_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marcello est fou amoureux de sa cousine - Stefania Sandrelli, 15 ans..., (nonnn?, ah ben si, j&apos;ai bien fait de me taire, moi) - mais se retrouve mari&#xe9; depuis 13 ans avec un v&#xe9;ritable pot &#xe0; tabac : sa femme a plus de moustache que Christine Boutin (enfin, vous voyez, c&apos;est dans l&apos;esprit bien s&#xfb;r), des sourcils plus &#xe9;pais que ceux de Bernard Pivot et un air aussi niais que la Carla quand elle applaudit son mari en essayant de ne pas rater ses mains. Stefania, c&apos;est la jeunesse, la passion, les limbes de la beaut&#xe9; f&#xe9;minine... Une fois que cette derni&#xe8;re a embrass&#xe9; tendrement le Marcello dans leur petite courette - ils habitent dans la m&#xea;me demeure -, le Marcello ne va avoir de cesse (en invitant chez lui, pour restaurer les fresques sur ses murs, un homme amoureux de sa femme depuis toujours et en cachant un micro dans la pi&#xe8;ce) de vouloir pi&#xe9;ger sa propre femme. Cocu de notori&#xe9;t&#xe9; public, il attend patiemment son heure pour se d&#xe9;barraser de sa femme... &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/37/88/110219/41333672.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;436&quot; alt=&quot;divorzio_all_italiana_mastroianni_sandrelli&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/37/88/110219/41333672_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le plus fendard demeure les multiples r&#xe9;flexions de Mastroianni en voix off, personnage qui imagine constamment la fa&#xe7;on dont son proc&#xe8;s va ensuite se d&#xe9;rouler. M&#xe9;ticuleux dans la pr&#xe9;paration de son propre cocufiage, le Marcello rumine en silence son d&#xe9;sir d&apos;&#xe9;mancipation. Il est pr&#xea;t &#xe0; passer pour l&apos;homme le plus couillon du village pour voir son seul et unique r&#xea;ve se r&#xe9;aliser. Famille sicillienne hurlant, complot mafieux que l&apos;on devine, lettres de d&#xe9;lation ou d&apos;insulte qui affluent, l&apos;ambiance est aussi lourde que le soleil qui tape sa race sur la place du village. Lors d&apos;une s&#xe9;ance de &lt;em&gt;La Dolce Vita&lt;/em&gt; devant une salle pleine &#xe0; craquer et muette d&apos;admiration - clin d&apos;oeil sympa au p&#xe8;re Fellini -, Marcello d&#xe9;cide de retourner chez lui pour coincer sa femme et conna&#xee;tre peut-&#xea;tre enfin cette fameuse douce vie promise, quitte &#xe0; passer quelques ann&#xe9;es en prison... Sera-t-il pris &#xe0; son propre pi&#xe8;ge ou l&apos;amore parviendra-t-elle &#xe0; triompher? il n&apos;est pas forc&#xe9;ment question de morale chez le Germi qui s&apos;amuse de ce pantin d&apos;homme tiraill&#xe9; par cet amour enfantin ou divin... Excellente prestation du Marcello en tout cas dans un film qui p&#xe9;chouille un poil, au niveau du rythme, dans son second pan (mais c&apos;est vraiment pour faire la fine bouche).&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 02 Jul 2009 11:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le D&#xe9;mon du Flirt (Mantrap) (1926) de Victor Fleming</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14270382.html</link><category>FLEMING Victor</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14270382.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14270382/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/02/14270382.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/29/110219/41324576.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;246989899_1cb18622c1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/29/110219/41324576_p.jpg&quot; width=&quot;209&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Elle a le diable au corps cette perfide Clara Bow... Non, en effet, Victor Fleming n&apos;a pas fait que des films sur le vent en signant cette sympathique aventure canadienne avec la petite bombasse de l&apos;&#xe9;poque. Adapt&#xe9;e d&apos;un roman de Sinclair Lewis, cette oeuvre ne fait, cela dit, point dans la dentelle ni dans la complexit&#xe9; au niveau du sc&#xe9;nar : un gars de la brousse du Canada va en ville et se d&#xe9;gotte rapidement une poule alors qu&apos;un avocat de New York, qui en a ras la casquette d&apos;&#xe9;couter les plaintes de femmes qui demandent le divorce, d&#xe9;cide avec un ami d&apos;aller prendre l&apos;air dans cette contr&#xe9;e sauvage. Forc&#xe9;ment, la chtite Clara va faire les yeux doux &#xe0; notre avocat et va tenter de se faire la malle avec lui... A moins qu&apos;une meilleure opportunit&#xe9; se pr&#xe9;sente... C&apos;est d&#xe9;licieusement misogyne - le &amp;quot;d&#xe9;licieusement&amp;quot; est pour l&apos;ami Gols qui me soup&#xe7;onne de ne point toujours &#xea;tre franc du collier &#xe0; ce sujet (allons bon!) -, pardon, reprenons-nous, c&apos;est tout de m&#xea;me affreusement misogyne, &#xe0; l&apos;image de cette petite phrase qui tente de caract&#xe9;riser l&apos;avocat au d&#xe9;but du film: &amp;quot;&lt;em&gt;Ralph Prescott feels that even when a woman gives a man the best years of her life, he gets the worst of it&lt;/em&gt;&amp;quot;. Quant au personnage de Clara, c&apos;est clair comme de l&apos;eau du Saint-Laurent : son but, c&apos;est de draguer tout ce qui lui tombe sous la main; et m&#xea;me quand on pense qu&apos;elle est gu&#xe9;rie et qu&apos;elle a enfin trouv&#xe9; l&apos;homme de sa vie, elle continue la bougresse... Comme c&apos;est pratiquement le seul caract&#xe8;re f&#xe9;minin du film, on comprend que c&apos;est po la face la plus intellectuelle de la femme dont il est question ici. Mais elle demeure n&#xe9;anmoins le centre de l&apos;attention : entre deux panoramas sur des paysages de ouf (enfin, en noir et blanc, cela ne rend gu&#xe8;re justice) et des prises de vue sur un cano&#xeb; en pleine action voire sur un hydravion, il est clair que tout est fait pour se focaliser sur le regard de velours de la star Clara. Aussi photog&#xe9;nique que Louise Brooks, elle tire la couverture de la p&#xe9;loche &#xe0; elle et se lance m&#xea;me dans deux trois num&#xe9;ros hyst&#xe9;riques - lorsqu&apos;elle danse notamment - qui montrent que la gazelle &#xe9;tait bourr&#xe9;e d&apos;&#xe9;nergie. Elle donne un peps &#xe9;vident au film pas d&#xe9;plaisant sur la longueur (un peu plus d&apos;une heure, une bagatelle, certes)... Je n&apos;ai pas non plus saut&#xe9; au plafond - c&apos;est bien plan-plan quand m&#xea;me sur le fond - mais suis pr&#xea;t &#xe0; d&#xe9;couvrir une ou deux autres petites r&#xe9;ussites vintage de la Clara. C&apos;est d&#xe9;j&#xe0; &#xe7;a. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/99/86/110219/41324584.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;345&quot; alt=&quot;Annex___Bow__Clara__Mantrap__01&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/86/110219/41324584_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 02 Jul 2009 04:11:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le pauvre Coeur des Hommes (Kokoro) (1954) de Kon Ichikawa</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/01/14263778.html</link><category>ICHIKAWA Kon</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/01/14263778.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14263778/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/07/01/14263778.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/87/45/110219/41301660.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;203&quot; alt=&quot;01&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/87/45/110219/41301660_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Film au tempo relativement lent et aussi triste que le titre fran&#xe7;ais le laisse pr&#xe9;sumer mais, encore une fois, splendidement mis en sc&#xe8;ne par Kon Ichikawa. Chaque s&#xe9;quence est magnifiquement d&#xe9;coup&#xe9;e, chaque changement d&apos;angle semble aller de pair avec la phrase qui est &#xe9;chang&#xe9;e - s&apos;attachant l&#xe0; &#xe0; un visage, ou ici &#xe0; un geste ou encore &#xe0; un simple mouvement des individus dans la pi&#xe8;ce - comme pour donner un maximum de poids, de sens, de profondeur &#xe0; chaque mot. Relativement lent, disais-je, mais parler de regrets &#xe9;ternels, de suicide, de mort (l&apos;action se situe, qui plus est, lors de la mort-m&#xea;me de l&apos;Empereur et la fin de l&apos;&#xe8;re Meiji (en 1912, ouais), la fin d&apos;un monde en soi) ce n&apos;est pas forc&#xe9;ment la f&#xea;te du slip &#xe0; tous les &#xe9;tages. Film claustrophobique presque, en un sens, comme si l&apos;on se retrouvait dans la peau de Nobuchi, homme enferm&#xe9; et taciturne s&apos;il en est, un h&#xe9;ros qui semble attendre le moment propice pour mettre doucement fin &#xe0; ses supplices, comme si le pass&#xe9; l&apos;avait rogn&#xe9; de l&apos;int&#xe9;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/25/32/110219/41301680.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;203&quot; alt=&quot;02&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/25/32/110219/41301680_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nobuchi est un &#xea;tre plus paisible qu&apos;un nuage de vapeur sur un th&#xe9; au jasmin qui visite en solitaire la tombe de son ancien pote mort treize ans plus t&#xf4;t. Sa femme le soup&#xe7;onne de lui cacher tout un pan de sa vie, une histoire (une femme, son pass&#xe9;...?) et demande de l&apos;aide &#xe0; un jeune &#xe9;tudiant qui semble avoir sympathis&#xe9; avec le Nobuchi. Quel mal-&#xea;tre se cache derri&#xe8;re son comportement de plus en plus larvaire? L&apos;&#xe9;tudiant a fait la connaissance de Nobuchi alors que ce dernier, parti pour se baigner, semblait &#xea;tre pr&#xea;t &#xe0; se laisser engloutir par les flots - superbe s&#xe9;quence sous-marine muette au passage (les l&#xe8;vres des deux hommes remuant sans que l&apos;on per&#xe7;oive un quelconque son): l&apos;&#xe9;tudiant va t-il sauver Nobuchi de la noyade morale, en parvenant &#xe0; faire remonter &#xe0; la surface ce qui plonge celui-ci dans le d&#xe9;sespoir? Nobuchi se t&#xe2;te, semble pr&#xea;t &#xe0; vouloir s&apos;ouvrir &#xe0; ce nouvel ami, mais malheureusement l&apos;&#xe9;tudiant est appel&#xe9; aupr&#xe8;s de son p&#xe8;re mourant. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/45/83/110219/41301708.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;203&quot; alt=&quot;10&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/45/83/110219/41301708_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nobuchi, ne pouvant le faire de vive voix, va alors se livrer &#xe0; une confession par &#xe9;crit pour d&#xe9;crire les tourments qui l&apos;obs&#xe8;dent : il avait auparavant fait part, aupr&#xe8;s de l&apos;&#xe9;tudiant, du sentiment de trahison qu&apos;il avait eu vis-&#xe0;-vis d&apos;un oncle qui l&apos;avait blous&#xe9; au moment de son h&#xe9;ritage familial - lui expliquant ainsi son peu de confiance par rapport aux hommes en g&#xe9;n&#xe9;ral -; cette fois-ci, on va revivre lors d&apos;un long flash back la trahison dont il se sent lui-m&#xea;me responsable. Son pote d&apos;enfance jouera un r&#xf4;le central lors de ce long flash-back : on sera t&#xe9;moin de leur amiti&#xe9;, de leur complicit&#xe9;, mais aussi de leur diff&#xe9;rence de point de vue quant &#xe0; la fa&#xe7;on de bien mener sa vie - son pote semblant privil&#xe9;gier, pour sa part, son d&#xe9;veloppement intellectuel et spirituel, quitte &#xe0; fermer les yeux sur son entourage, se cloisonnant comme un lingot dans un coffre-fort suisse. Et puis, et puis, il y a une femme, la fille de leur propri&#xe9;taire, qui ne laisse point le timide Nobuchi indiff&#xe9;rent... ni son pote.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/55/22/110219/41301729.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;203&quot; alt=&quot;11&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/22/110219/41301729_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;est racont&#xe9; grain par grain de riz et Ichikawa nous gratifie au passage de quelques plans d&apos;une sobre beaut&#xe9; - Nobuchi, petit point sur la plage, ce petit train qui s&apos;enfonce dans la campagne, le visage lumineux mais terriblement triste de la compagne de Nobuchi - jusqu&apos;&#xe0; faire d&apos;un gros plan m&#xe9;taphorique (le pied de Nobuchi qui s&apos;enfonce dans la boue lorsqu&apos;il croise par hasard son pote avec la fille du proprio qui reviennent ensemble de la ville) le tournant de son histoire. Ce premier pas dans la fange va conduire Nobuchi &#xe0; prendre une d&#xe9;cision ultra lourde de cons&#xe9;quence... C&apos;est certes pas le genre de film qui vous fait marrer toutes les quinze secondes, c&apos;est clair, mais il est de ceux, par la &amp;quot;tristesse zen&amp;quot; qu&apos;ils d&#xe9;gagent, qui font doucement leur chemin jusqu&apos;&#xe0; votre petit coeur. Le propre des grands.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/94/36/110219/41301749.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;203&quot; alt=&quot;08&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/94/36/110219/41301749_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 01 Jul 2009 12:55:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Ronde de l&apos;Aube (The Tarnished Angels) de Douglas Sirk - 1958</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/30/14258007.html</link><category>SIRK Douglas</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/30/14258007.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14258007/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/30/14258007.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/33/91/110219/41283163.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;196&quot; alt=&quot;vlcsnap_77863&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/33/91/110219/41283163_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voil&#xe0; encore une fois un film d&apos;une classe absolue, qui prouve que Sirk est aussi bon dans le noir et blanc que dans la couleur. Fini le m&#xe9;lodrame pur et dur, nous voici dans ce m&#xe9;lange de s&#xe9;cheresse et de sentimentalisme propre &#xe0; Faulkner, dont &lt;em&gt;&lt;strong&gt;The Tarnished Angels&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; est une adaptation. Tr&#xe8;s bonne adaptation d&apos;ailleurs (de &lt;em&gt;Pyl&#xf4;ne&lt;/em&gt;), puisque Sirk arrive magnifiquement &#xe0; rendre &#xe0; l&apos;&#xe9;cran les rouages complexes des personnages faulkn&#xe9;riens, notamment cette attirance vers la boue et l&apos;ab&#xee;me qui fait la marque des romans du sieur. Ici, c&apos;est un pilote d&apos;avion (Robert Stack, photog&#xe9;nique), h&#xe9;ros d&#xe9;ifi&#xe9; de la derni&#xe8;re guerre, qui joue sa vie dans des courses miteuses et s&apos;enfonce avec masochisme dans la manipulation amoureuse envers sa femme (extraordinaire Dorothy Malone, belle &#xe0; s&apos;&#xe9;vanouir, et qui se d&#xe9;place en glissant sur le sol, comme en apesanteur). Elle-m&#xea;me prend un plaisir torve &#xe0; sacrifier ses sentiments pour ce h&#xe9;ros malsain, tournant le dos &#xe0; la bont&#xe9; d&apos;un journaliste qui fond pour elle (Rock Hudson, impeccable de tenue, et qui a droit &#xe0; un monologue final d&apos;anthologie) ou &#xe0; son amoureux de l&apos;ombre (le second couteau tr&#xe8;s touchant Jack Carson). On est dans les sentiments contraires, dans la complexit&#xe9; de l&apos;amour, et le film enregistre avec pr&#xe9;cision et sensibilit&#xe9; ces m&#xe9;andres, trouvant sans ar&#xea;t des &#xe9;quivalences visuelles &#xe0; ces tourments abstraits.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/00/82/110219/41283188.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;196&quot; alt=&quot;vlcsnap_164259&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/00/82/110219/41283188_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois de plus, la mise en sc&#xe8;ne est magique : elle fait toucher du doigt les rapports de personnages par la seule force de la construction des plans. Sirk s&apos;amuse encore avec les miroirs, ou avec ces lignes verticales qui coupent l&apos;&#xe9;cran en deux, ou avec ces plans a priori simples mais qui, d&#xe8;s que la cam&#xe9;ra op&#xe8;re un travelling arri&#xe8;re, deviennent tr&#xe8;s complexes, multipliant les rapports et les regards entre les personages. Les mouvements de la cam&#xe9;ra semblent &#xe9;pouser directement les gestes des acteurs, de fa&#xe7;on tr&#xe8;s millim&#xe9;tr&#xe9;e et en m&#xea;me temps infiniment sensible, infiniment raffin&#xe9;e. Une femme qui se d&#xe9;tourne de celui qui l&apos;aime pour &#xe9;chapper &#xe0; son regard, et hop la cam&#xe9;ra recule avec elle pour cadrer l&apos;homme qui esquisse un geste vers elle ; un enfant pleure la mort de son p&#xe8;re, la t&#xea;te baiss&#xe9;e, et hop un travelling glisse vers un vieil homme qui le regarde en gros plan : c&apos;est virtuose et c&apos;est la preuve d&apos;un intense amour de Sirk pour ses acteurs et pour l&apos;espace. La construction de chaque s&#xe9;quence est sur-puissante, sans en rajouter, comme si c&apos;&#xe9;tait &#xe9;vident. Il y a notament la grande sc&#xe8;ne spectaculaire de la course en avion, savant montage sophistiqu&#xe9; entre des plans d&apos;ensemble sur la course, des gros plans sur les pilotes, des inserts sur les spectateurs haletants et des plans de coupe divins sur le fils du pilote qui imite son p&#xe8;re dans un man&#xe8;ge pour enfants. La tension est palpable dans ces 5 minutes-l&#xe0;, gr&#xe2;ce &#xe0; ce sens parfait du tempo, de la gestion de l&apos;&#xe9;motion, du spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/45/72/110219/41283223.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;196&quot; alt=&quot;vlcsnap_176806&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/45/72/110219/41283223_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le reste du film est &#xe0; cette hauteur, entre les sc&#xe8;nes hyper-glamour entre Hudson et Malone, film&#xe9;es dans un noir et blanc d&apos;une grande &#xe9;l&#xe9;gance, et les moments de bravoure que constituent la lente r&#xe9;paration d&apos;un avion tout caboss&#xe9;, la d&#xe9;ch&#xe9;ance superbe de l&apos;&#xe9;pouse meurtrie ou le final cr&#xe9;pusculaire. &lt;em&gt;The Tarnished Angels&lt;/em&gt; appartient &#xe0; ce cin&#xe9;ma disparu qui, &#xe0; chaque seconde, semble entrer dans quelque chose d&apos;immortel, une magie incompr&#xe9;hensible. C&apos;est peut-&#xea;tre la fragilit&#xe9; de ce film, qu&apos;on peut aussi appeler son c&#xf4;t&#xe9; d&#xe9;suet, qui le rend si touchant : on sent que derri&#xe8;re cette histoire de virilit&#xe9; mise en doute, il y a quelque chose de d&#xe9;j&#xe0; &#xe0; moiti&#xe9; mort, et le charme du film tient beaucoup &#xe0; cette m&#xe9;lancolie triste. Sirk est en passe de devenir mon idole.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/90/10/110219/41283267.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;196&quot; alt=&quot;vlcsnap_173861&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/10/110219/41283267_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 30 Jun 2009 21:09:15 GMT</pubDate></item><item><title>Massacres dans le Train Fant&#xf4;me (The Funhouse) de Tobe Hooper - 1981</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/29/14247203.html</link><category>HOOPER Tobe</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/29/14247203.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14247203/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/29/14247203.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/36/33/110219/41245090.png&quot;&gt;&lt;img height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/36/33/110219/41245090_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap_156715&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le titre fran&#xe7;ais joue roublardement avec le chef-d&apos;oeuvre de Hooper, mais malheureusement ce massacre-l&#xe0; est loin de valoir l&apos;autre, et on cherchera en vain la dose de crasse insens&#xe9;e de son pr&#xe9;decesseur dans ce &lt;em&gt;slasher movie&lt;/em&gt; vintage. Non pas que &lt;strong&gt;&lt;em&gt;The Funhouse&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; soit honteux : on passe m&#xea;me un moment d&#xe9;licieux devant cet exemple de film d&apos;&#xe9;pouvante vieille &#xe9;cole, et on constate qu&apos;avec l&apos;arriv&#xe9;e des gros ch&#xe8;ques, Hooper n&apos;a rien perdu de son impolitesse. Mais disons qu&apos;on a affaire &#xe0; un film purement commercial, qui prend soin de plaire sans trop choquer, et qu&apos;on est &#xe0; 10000 bornes de l&apos;ambiance malsaine &#xe0; laquelle nous a habitu&#xe9; le gars.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/32/79/110219/41245126.png&quot;&gt;&lt;img height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/32/79/110219/41245126_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap_148065&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ceci dit, on retrouve les th&#xe9;matiques ch&#xe8;res &#xe0; son cin&#xe9;ma : retour au sein d&apos;une famille de freaks, constitu&#xe9;e en plus grande partie par des violeurs cradingues et viandards, des monstres baveux ou des femmes tordues. Bizarre de constater combien Hooper est fascin&#xe9; par ces ersatz de familles mod&#xe8;les, sortes de clones d&#xe9;viants de l&apos;american way of life parfaite. La famille normale, celle de l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne, n&apos;est d&#xe9;j&#xe0; pas tr&#xe8;s saine (une m&#xe8;re l&#xe9;g&#xe8;rement violente, un p&#xe8;re absent), mais Hooper s&apos;attarde tr&#xe8;s peu sur elle ; il pr&#xe9;f&#xe8;re s&apos;attarder sur ces monstres de foire en mal d&apos;affection et de sexe, qui compensent leur solitude par le meurtre, de pr&#xe9;f&#xe9;rence sanguinolent. On reconna&#xee;t assez bien la famille de Leather Face dans ce fiston affreux, qui avance de surcro&#xee;t masqu&#xe9; comme son grand fr&#xe8;re. Bonne id&#xe9;e &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/96/18/110219/41245173.png&quot;&gt;&lt;img height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/96/18/110219/41245173_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap_111226&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;d&apos;ailleurs d&apos;avoir dissimul&#xe9; le visage monstrueux sous un masque de la cr&#xe9;ature de Frankenstein : une monstre qui cache un monstre, on est pas loin de la mise en ab&#xee;me. D&apos;ailleurs, the Funhouse joue aimablement, dans sa premi&#xe8;re partie en tout cas, sur les r&#xe9;f&#xe9;rences directes : Boris Karloff, &lt;em&gt;Psycho&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Halloween&lt;/em&gt; sont cit&#xe9;s textuellement, pour mieux reconna&#xee;tre modestement l&apos;appartenance &#xe0; un genre, ou peut-&#xea;tre pour tenter d&apos;en prolonger les recettes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hooper fait monter doucement son ambiance malsaine &#xe0; grands renforts de bruits bizarres, de personnages louches (ma pr&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; la m&#xe9;m&#xe9; proph&#xe9;tique) ou d&apos;&#xe9;tranget&#xe9; troublante (dans tous les man&#xe8;ges de la foire, le bateleur est le m&#xea;me, avec de l&#xe9;g&#xe8;res variations, et met son point d&apos;honneur &#xe0; planter son regard &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/41/17/110219/41245221.png&quot;&gt;&lt;img height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/41/17/110219/41245221_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap_100107&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;dans celui de notre pauvre h&#xe9;ro&#xef;ne). Quand enfin il plonge ses jeunes gens dans l&apos;horreur, on est pr&#xea;ts. Mais l&#xe0;, il p&#xe8;che un peu : beaucoup trop de hors-champ ou d&apos;ombres qui cachent l&apos;action, et qui ne parviennent pas &#xe0; cr&#xe9;er le trouble. On dirait que Hooper est subitement habit&#xe9; par des pudeurs de jeune fille, ou qu&apos;il croit que son public-cible (les ados) va s&apos;&#xe9;vanouir &#xe0; la vue du sang. C&apos;est bien dommage, mais &#xe7;a manque de gore, tout simplement, en tout cas d&apos;audace, de frontalit&#xe9;. Les m&#xe9;chants sont pas mal, notamment le fils monstrueux aux gestes hyst&#xe9;riques, mais les gentils sont trop lisses pour qu&apos;on ait vraiment peur avec eux : on attend tranquillement qu&apos;ils se fassent massacrer dans l&apos;ordre d&#xe9;croissant du g&#xe9;n&#xe9;rique de d&#xe9;but, sans vraiment trembler. Pourtant, les ambiances sont bien &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/43/37/110219/41245274.png&quot;&gt;&lt;img height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/43/37/110219/41245274_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap_69162&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;plant&#xe9;es (le d&#xe9;cor id&#xe9;al d&apos;un train fant&#xf4;me), et Hooper a souvent de bonnes id&#xe9;es pour faire mourir ses acteurs. Il utilise surtout la machinerie du man&#xe8;ge pour illustrer l&apos;in&#xe9;luctabilit&#xe9; de la mort, lors de deux sc&#xe8;nes tr&#xe8;s joliment rythm&#xe9;es : l&apos;une o&#xf9; la victime, coinc&#xe9;e dans un wagon, s&apos;approche vers son bourreau tr&#xe8;s lentement ; l&apos;autre o&#xf9; le personnage est happ&#xe9; par les engrenages hyper-lents de la machine. C&apos;est parfait. A part ces deux sc&#xe8;nes, c&apos;est de l&apos;honn&#xea;te boulot de s&#xe9;rie B, un peu frileux mais professionnel.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 29 Jun 2009 20:34:00 GMT</pubDate></item><item><title>LIVRE : Hey, Nostradamus ! de Douglas Coupland - 2003</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14236797.html</link><category> LIVRES </category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14236797.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14236797/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14236797.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/11/06/110219/41206842.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;181&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/11/06/110219/41206842_p.jpg&quot; alt=&quot;9782264044655&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L&apos;auteur de &lt;em&gt;G&#xe9;n&#xe9;ration X&lt;/em&gt; fait un tour dans la religion et les moeurs de son pays. On pourrait de fait s&apos;attendre &#xe0; un br&#xfb;lot pop, &#xe0; un essai cynique et violent sur le monde moderne. On est d&#xe9;&#xe7;u : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Hey, Nostradamus !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; fait l&apos;effet d&apos;un coup d&apos;&#xe9;p&#xe9;e dans l&apos;eau, s&#xfb;rement parce que Coupland veut pour cette fois faire figure d&apos;&#xe9;crivain, alors qu&apos;il &#xe9;tait bien mieux en artiste conceptuel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On suit les pens&#xe9;es intimes de quatre personnages li&#xe9;s entre eux. D&apos;abord une lyc&#xe9;enne tu&#xe9;e dans un massacre; ensuite son jeune mari perdu; puis la nouvelle &#xe9;pouse de celui-ci; et enfin, son p&#xe8;re, seul personnage vraiment int&#xe9;ressant du quatuor, un catho int&#xe9;griste se d&#xe9;battant avec les affres de sa foi vacillante et excessive. Le fil conducteur &#xe9;tant cette fameuse tuerie originelle dans le lyc&#xe9;e, qui d&#xe9;clenche une vague de d&#xe9;pressions, reniements paternels, violences parall&#xe8;les et autres ego en d&#xe9;route. Bon. Le principe, d&#xe9;j&#xe0; vu, peut quand m&#xea;me apporter quelque chose. Mais on dirait que Coupland ne trouve pas vraiment son sujet, qu&apos;il erre &#xe0; l&apos;entr&#xe9;e d&apos;un roman qu&apos;il ne touche jamais. M&#xea;me si, par endroits, le livre est int&#xe9;ressant (dans la description pr&#xe9;cise des r&#xe9;flexions des personnages), l&apos;auteur ne cesse de surajouter des intrigues &#xe0; l&apos;intrigue principal, pour mieux nous montrer la violence intrins&#xe8;que de l&apos;Am&#xe9;rique et la perdition irr&#xe9;versible de ses h&#xe9;ros. Un r&#xe8;glement de comptes qui fait long feu, un chantage sans int&#xe9;r&#xea;t, la mort d&apos;un fr&#xe8;re qui ne m&#xe8;ne &#xe0; rien, des tas de petites anecdotes cens&#xe9;es &#xe9;toffer le r&#xe9;cit premier, comme si Coupland ne faisait pas confiance &#xe0; la puissance de celui-ci. Du coup, c&apos;est tr&#xe8;s d&#xe9;cousu, mal tenu, peu passionnant. On comprend vite que chaque piste explor&#xe9;e m&#xe8;ne &#xe0; une impasse, et l&apos;&#xe9;criture pourtant assez dynamique du bougre ne suffit pas &#xe0; faire oublier l&apos;effilochement de l&apos;intrigue. Un roman pas d&#xe9;plaisant, mais pas &#xe0; la hauteur de son ambition, tr&#xe8;s vite oubli&#xe9;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 28 Jun 2009 21:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>Chronique d&apos;Anna Magdalena Bach (Chronik der Anna Magdalena Bach) de Jean-Marie Straub &amp; Dani&#xe8;le Huillet - 1967</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14233487.html</link><category>STRAUB Jean Marie / HUILLET Dani&#xe8;le</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14233487.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14233487/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14233487.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/74/24/110219/41193391.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;210&quot; alt=&quot;LeonhardtasBach&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/74/24/110219/41193391_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;3 nouvelles livraisons straubiennes dans ma vid&#xe9;oth&#xe8;que, qui commencent avec le tube du couple infernal : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Chronique d&apos;Anna Magdalena Bach&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Soit une vie de Bach racont&#xe9;e par sa femme, faite de petits &#xe9;v&#xe8;nements factuels (les engagements de son mari dans diff&#xe9;rentes chapelles de Leipzig, ses soucis avec ses sup&#xe9;rieurs, les 32 enfants qu&apos;il perd en bas &#xe2;ge, etc.), mais surtout faite de musique. Et de ce c&#xf4;t&#xe9;-l&#xe0;, on peut dire que les Straub sont au maximum respect : entre les documents d&apos;&#xe9;poque, manuscrits, partitions, ils ins&#xe8;rent de tr&#xe8;s longues plages musicales, film&#xe9;es &amp;quot;live&amp;quot; par des musiciens en perruque dans des cadres serr&#xe9;s et en plans-s&#xe9;quence. D&apos;o&#xf9; l&apos;agr&#xe9;able sensation que la musique de Bach est le sujet principal du film : pour une fois, elle n&apos;illustre pas les images, mais bien plut&#xf4;t le contraire : elle est la texture-m&#xea;me du film. On regarde la musique se faire, au plus pr&#xe8;s dans les moments de solo &#xe0; l&apos;orgue (plans sur les mains, cadres simples sur l&apos;ex&#xe9;cutant), plus largemen&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/49/34/110219/41193409.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;227&quot; alt=&quot;Anna_Magdalena_Bach_Rear_Projection&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/49/34/110219/41193409_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;t dans les morceaux de concert (beaux plans qui encadrent un groupe d&apos;hommes, avec des l&#xe9;gers zooms &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur pour venir souligner un th&#xe8;me). Les Straub ne d&#xe9;mordent qu&apos;&#xe0; de rares exceptions de ce dispositif tr&#xe8;s simple. C&apos;est rigolo comme un dimanche de novembre, mais le fait est que c&apos;est s&#xfb;rement la seule bonne fa&#xe7;on de rendre compte de cette vie uniquement d&#xe9;vou&#xe9;e &#xe0; la musique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand le film sort un peu de cette aust&#xe9;rit&#xe9;, c&apos;est d&apos;autant plus impressionnant. On est habitu&#xe9; maintenant &#xe0; ces rares et brusques changements de ton dans les films de Straub et Huillet : ils inventent un dispositif ferm&#xe9; qu&apos;ils utilisent pendant une grande partie du film, et subitement le cassent pour rompre l&apos;ensemble. Ici, ce sont par exemple deux plans sur l&apos;ext&#xe9;rieur qui arrivent comme des cheveux sur la soupe : sur la mer pour amener des bribes de fiction dans le &amp;quot;documentaire&amp;quot;, ou sur le ciel pour faire &#xe9;couter un morceau particuli&#xe8;rement puissant de Bach. De m&#xea;me, l&apos;arriv&#xe9;e de sc&#xe8;nes jou&#xe9;es &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur du proc&#xe9;d&#xe9; &amp;quot;&#xe0; plat&amp;quot; est assez bluffant : les comp&#xe8;res se croient tout &#xe0; coup dans &amp;quot;Au &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/64/30/110219/41193436.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;193&quot; alt=&quot;flFl_Illustration_19019&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/64/30/110219/41193436_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;th&#xe9;&#xe2;tre ce soir&amp;quot; et se permettent m&#xea;me, mais oui, un ou deux plans de coupe... Il y a aussi un cadre particuli&#xe8;rement anachronique, o&#xf9; Bach dirige un orchestre situ&#xe9; hors-champ, alors que derri&#xe8;re lui brille un flambeau tr&#xe8;s artificiel, le tout devant une diapositive montrant une fa&#xe7;ade de palais. Si les Straub s&apos;amusent avec les transparences, maintenant, o&#xf9; va-t-on ? En tout cas, c&apos;est un des films les plus accessibles du couple, et pour peu qu&apos;on aime la musique de Bach (ce qui n&apos;est pas vraiment mon cas, d&apos;o&#xf9; ma g&#xe8;ne) on doit passer un bon moment. Qu&apos;on peut aussi passer en &#xe9;cossant des haricots, je ne dis pas, mais enfin...&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 28 Jun 2009 16:37:00 GMT</pubDate></item><item><title>Mirage de la Vie (Imitation of Life) de Douglas Sirk - 1959</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14229967.html</link><category>SIRK Douglas</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14229967.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14229967/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/28/14229967.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/92/29/110219/41180164.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; alt=&quot;vlcsnap_21027&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/92/29/110219/41180164_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il m&apos;a fallu attendre 38 ans pour trouver un r&#xe9;alisateur am&#xe9;ricain capable de rivaliser avec Hitchcock au niveau de la mise en sc&#xe8;ne. Je sais bien que je m&apos;emballe, mais quand on tombe sur une fulgurance formelle comme &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Imitation of Life&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, on peut bien envoyer pa&#xee;tre toute r&#xe9;serve : on a droit ici au film du si&#xe8;cle, et puis c&apos;est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/28/19/110219/41180218.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; alt=&quot;vlcsnap_31068&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/28/19/110219/41180218_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas pour rien que je le compare &#xe0; Hitch : comme dans les plus grands films de Bouddha, &lt;em&gt;Imitation of Life&lt;/em&gt; parvient &#xe0; d&#xe9;clencher l&apos;&#xe9;motion par la rigueur quasi-math&#xe9;matique de la mise en sc&#xe8;ne. C&apos;est inou&#xef; de constater l&apos;esp&#xe8;ce de ma&#xee;trise parfaitement distanc&#xe9;e dont use Sirk pour mettre en place son dispositif et la profondeur des &#xe9;motions qu&apos;elle d&#xe9;clenche pourtant. Sirk poss&#xe8;de un sens de la r&#xe9;alisation absolument total, sachant parfaitement o&#xf9; placer sa cam&#xe9;ra et ses acteurs pour d&#xe9;clencher le sentiment, disposant avec un sens de l&apos;espace extraordinaire les objets, les couleurs, les mouvements de cam&#xe9;ra, avec un contr&#xf4;le et un g&#xe9;nie permanents. La profondeur du sc&#xe9;nario, que n&apos;aurait pas reni&#xe9; Tchekhov ou Strindberg, n&apos;est jamais perdue dans la sophistication de la r&#xe9;alisation, l&apos;une &#xe9;tant au service de l&apos;autre, appuyant l&apos;autre avec une parfaite homog&#xe9;n&#xe9;it&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/28/91/110219/41180255.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; alt=&quot;vlcsnap_19311&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/28/91/110219/41180255_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est question ici de gens qui pasent &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de leurs vies, de leurs sentiments, dans une &amp;quot;imitation de la vie&amp;quot; qui trompe quelques temps mais aboutit forc&#xe9;ment au malheur : une actrice qui oublie d&apos;&#xea;tre m&#xe8;re et renonce &#xe0; la puret&#xe9; de sa jeunesse, une fille n&#xe9;e black et qui refuse la v&#xe9;rit&#xe9;, des couples qui se c&#xf4;toient sans se rendre compte de la beaut&#xe9; de leurs sentiments,... Le film est totalement desesp&#xe9;r&#xe9;, ferm&#xe9; par tous ses bouts, tr&#xe8;s proche de la trag&#xe9;die ; mais une trag&#xe9;die ouat&#xe9;e, plong&#xe9;e dans la d&#xe9;licatesse soyeuse des d&#xe9;cors bourgeois, des robes &#xe0; frous-frous et des jeunes filles en fleurs. Tout &#xe7;a d&#xe9;borde de sentiments, jusqu&apos;&#xe0; d&#xe9;passer compl&#xe8;tement le film, et tout comme les personnages semblent &#xea;tre les fant&#xf4;mes de leurs propres personnages, les clones imparfaits de ce qu&apos;ils sont vraiment, le film a l&apos;air d&apos;&#xea;tre une p&#xe2;le copie de ce que son fond raconte ; comme si Sirk filmait l&apos;apparence de son film plut&#xf4;t que le film lui-m&#xea;me (difficile &#xe0; expliquer, mais en tout cas l&apos;audace est totale). On d&#xe9;couvre l&apos;apparence des choses, fleurie et glamour, mais on entrevoit sans cesse le &amp;quot;sous-texte&amp;quot;, ces &#xea;tres solitaires et malheureux qui se cognent les uns aux autres dans le mensonge et le d&#xe9;guisement. La grande &amp;quot;politesse&amp;quot; de Sirk est de ne pas nous imposer les &#xe9;motions : il les induit, en filmant la surface plus que le coeur de son sujet. C&apos;est merveilleux de se sentir entra&#xee;n&#xe9; dans ce style hyper-sophistiqu&#xe9;, et de toucher gr&#xe2;ce &#xe0; lui &#xe0; l&apos;essence de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/11/01/110219/41180275.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; alt=&quot;vlcsnap_21779&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/11/01/110219/41180275_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On voudrait citer toutes les sc&#xe8;nes, tant on hurle au g&#xe9;nie devant chacune d&apos;elles. Ce sont des sc&#xe8;nes de dialogues &#xe0; 90%, genre ardu et aust&#xe8;re s&apos;il en est. Mais c&apos;est justement l&#xe0;-dedans que Sirk est le meilleur. le film est une symphonie de regards qui s&apos;&#xe9;vitent, tendant des lignes g&#xe9;om&#xe9;triques, la plupart du temps asym&#xe9;triques. Jamais (ou presque) les yeux ne se croisent, dans ce film o&#xf9; il est pourtant sans arr&#xea;t question de confrontations, de d&#xe9;clarations d&apos;amour. Gr&#xe2;ce &#xe0; une complexe installation, faite de miroirs, de pans de cloisons ouverts, de grilles qui cachent les regards, de barres qui coupent l&apos;&#xe9;cran en deux et s&#xe9;parent les &#xea;tres, de fen&#xea;tres, d&apos;objets plac&#xe9;s en amorce et qui occultent une partie du plan, Sirk invente une grammaire du champ/contre-champ compl&#xe8;tement in&#xe9;dite. M&#xea;me dans les simples dialogues entre deux personnages, il brouille la logique des axes, place ses acteurs dos &#xe0; dos, ou profil &#xe0; profil : dans leur volont&#xe9; d&apos;&#xe9;chapper &#xe0; la v&#xe9;rit&#xe9; des choses, les personnages &#xe9;vitent le face-&#xe0;-face, terroris&#xe9;s par ce qu&apos;ils pourraient y trouver. Sc&#xe8;ne monumentale, notamment, lors du premier baiser entre Lana Turner et John Gavin : les corps s&apos;&#xe9;vitent, sont sans arr&#xea;t s&#xe9;par&#xe9;s par des interventions ext&#xe9;rieures, roulent sur les murs, se rejoignent et s&apos;&#xe9;loignent, tr&#xe8;s longuement, et on a l&apos;impression d&apos;une danse sensuelle qui ne se terminerait jamais. Encore une fois, Hitch a d&#xfb; jubiler en voyant une aussi belle prolongation &#xe0; ses fameuses sc&#xe8;nes de baiser (&lt;em&gt;Notorious&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/54/40/110219/41180302.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; alt=&quot;vlcsnap_34812&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/54/40/110219/41180302_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sirk suit toujours ce proc&#xe9;d&#xe9;, pla&#xe7;ant ses acteurs dans l&apos;espace puis organisant avec les corps et la cam&#xe9;ra un ballet sentimental poignant o&#xf9; tous tentent de glisser entre les doigts de ceux qui les aiment. Ca donne quelques moments bouleversants : une fille au sang noir qui se regarde dans un miroir en hurlant &amp;quot;I&apos;m white ! white!&amp;quot; alors qu&apos;au fond du miroir, sa m&#xe8;re black l&apos;observe ; un regard qui se l&#xe8;ve vers celui de l&apos;autre alors que la parole n&apos;arrive plus &#xe0; sortir (&amp;quot;mamma&amp;quot; articul&#xe9; sur les l&#xe8;vres de Sarah-Jane, et le son ne vient pas) ; des dizaines de plans o&#xf9; un personnage en observe un autre en arri&#xe8;re-plan, alors que le sujet principal imite la vie... L&apos;&#xe9;l&#xe9;gance sublime des cadres (des contre-plong&#xe9;es incroyables, des panoramiques d&apos;une souplesse &#xe0; tomber &#xe0; genoux) n&apos;est qu&apos;un leurre de plus pour s&#xe9;parer ces &#xea;tres les uns des autres. Quand des bribes d&apos;honn&#xea;tet&#xe9; et de sentiments avou&#xe9;s &#xe9;mergent enfin, c&apos;est toujours trop tard : apr&#xe8;s la mort de celle qu&apos;on aime, ou apr&#xe8;s la s&#xe9;paration. C&apos;est cette mise en sc&#xe8;ne qui d&#xe9;clenche le sentiment ; on est certes dans le m&#xe9;lodrame le plus classique, mais c&apos;est moins les situations qui font pleurer que le dispositif math&#xe9;matique, l&apos;organisation visuelle de l&apos;espace en temps que bourreau, dirais-je. Je n&apos;ai pu regarder la derni&#xe8;re demi-heure qu&apos;&#xe0; travers un rideau de larmes, je suis finalement un grand sentimental ; mais je d&#xe9;fie quiconque de rester froid face &#xe0; ce chef-d&apos;oeuvre intersid&#xe9;ral qui prend d&#xe8;s aujourd&apos;hui une place de choix dans mon panth&#xe9;on personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/93/12/110219/41180320.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; alt=&quot;vlcsnap_13556&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/93/12/110219/41180320_p.png&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 28 Jun 2009 10:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>The Guard from the Underground (Jigoku no keib&#xee;n) de Kiyoshi Kurosawa - 1992</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/27/14221365.html</link><category>KUROSAWA Kiyoshi</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/27/14221365.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14221365/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/27/14221365.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/89/29/110219/41152292.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;168&quot; alt=&quot;vlcsnap_135737&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/89/29/110219/41152292_p.png&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Totalement sous le charme de ce petit film d&apos;horreur &#xe0; l&apos;ancienne : Kuro semble d&#xe9;j&#xe0; &#xe0; cette &#xe9;poque avoir tout compris des recettes du genre, et les applique avec passion tout en se construisant discr&#xe8;tement le style personnel qui &#xe9;clatera quelques ann&#xe9;es plus tard. Autant son pr&#xe9;c&#xe9;dent &lt;em&gt;Sweet Home&lt;/em&gt; &#xe9;tait tout bancal, autant &lt;strong&gt;&lt;em&gt;The Guard from the Underground&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est d&apos;une tr&#xe8;s grande classe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Compl&#xe8;tement sous influence de Tobe Hooper, dont il recopie presque textuellement des s&#xe9;quences enti&#xe8;res de &lt;em&gt;Massacre &#xe0; la Tron&#xe7;onneuse&lt;/em&gt;, Kurosawa invente un personnage opaque, mutique, qui massacre tout le monde sans r&#xe9;elle motivation. Tout comme Leatherface, il tue presque professionnellement, sans affect, mais avec la m&#xea;me brutalit&#xe9; que son mod&#xe8;le am&#xe9;ricain. C&apos;est la s&#xe9;cheresse &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/55/17/110219/41152314.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;168&quot; alt=&quot;vlcsnap_26109&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/17/110219/41152314_p.png&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;des sc&#xe8;nes de meurtres qui bluffe d&apos;abord : le tueur d&#xe9;membre tranquillement ses victimes, en quelques gestes pr&#xe9;cis, sans expression sur le visage. Si Kuro s&apos;attarde moins sur le gore que Hooper, il joue parfaitement de l&apos;horreur de ces sc&#xe8;nes par une pr&#xe9;cision parfaite des cadres, et par une utilisation des sons impeccable : apr&#xe8;s de longues plages de silence o&#xf9; il semble qu&apos;il ait effac&#xe9; les bruitages, il monte subitement un seul son tr&#xe8;s fort (le bruit des pas de l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne qui s&apos;enfuit, ou, plus impressionnant, le claquement sourd d&apos;une barre de fer qui brise une t&#xea;te). Tr&#xe8;s efficace, cet effet, qui n&apos;a pas besoin de s&apos;adjoindre des flots de sang pour rester en t&#xea;te.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Kurosawa joue &#xe9;galement avec une grande force sur la puissance de ses cadres, utilisant son d&#xe9;cor dans toutes ses possibilit&#xe9;s : lignes de fuite des couloirs (on ne sait jamais d&apos;o&#xf9; le danger va surgir), utilisation des plans totalement vides pour faire monter la tension, tr&#xe8;s belle utilisation des arri&#xe8;re-plans, et montage impeccable de tous ces cadres sophistiqu&#xe9;s. Le film est rythm&#xe9; au millim&#xe8;tre, da&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/31/76/110219/41152360.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;168&quot; alt=&quot;vlcsnap_8226&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/31/76/110219/41152360_p.png&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;ns toutes les sc&#xe8;nes de suspense en tout cas : les effets restent classiques (qui est derri&#xe8;re la porte ?), la mise en sc&#xe8;ne reste dans la veine du genre (ces cadres sur des portes, cette alternance entre les gros plans sur l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne qui regarde l&apos;horreur et ceux sur l&apos;horreur elle-m&#xea;me) ; mais l&apos;immobilit&#xe9; de la cam&#xe9;ra, la longueur des plans et la rigueur du dispositif am&#xe8;ne un c&#xf4;t&#xe9; implacable aux aventures de cette jeune femme : il y a, comme chez Carpenter, une sorte d&apos;in&#xe9;luctabilit&#xe9; de la mort, qui est induite par la simple lenteur des actes du tueur et par la simplicit&#xe9; frontale des plans. Dommage que Kurosawa ait encore un peu de mal dans la maniement de la musique : elle est tr&#xe8;s bien, mais il la balance souvent un peu trop t&#xf4;t sur les sc&#xe8;nes de violence, et d&#xe9;samorce quelques effets. Dommage aussi que les acteurs ne soient pas &#xe0; la hauteur de cette grande mise en sc&#xe8;ne : dans les moments calmes, on s&apos;ennuie un peu, d&apos;autant que Kuro a toujours une tendance tr&#xe8;s japonisante &#xe0; la d&#xe9;viance des personnages pour meubler son sc&#xe9;nar (le patron de l&apos;entreprise l&#xe9;g&#xe8;rement obs&#xe9;d&#xe9; sexuel), ce qui ne rajoute rien &#xe0; l&apos;histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/30/110219/41152378.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;168&quot; alt=&quot;vlcsnap_17656&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/30/110219/41152378_p.png&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Et puis il y a d&#xe9;j&#xe0; ces acc&#xe8;s de personnalit&#xe9; qui feront la marque de ses grands films de genre : une fascination pour les recoins, pour les murs nus, d&apos;o&#xf9; semblent s&apos;extraire les personnages, fant&#xf4;matiques et immobiles ; la volont&#xe9; d&apos;&#xe9;chapper au regard direct du spectateur, avec l&apos;utilisation de b&#xe2;ches transparentes ou de cloisons qui cachent le d&#xe9;tail principal ; ces longs plans fixes sur des visages ferm&#xe9;s ; ces h&#xe9;ros sans gloire, presque antipathiques alors que les tueurs sont charg&#xe9;s d&apos;une sensibilit&#xe9; presque romantique (ici, un homme pieds et poings li&#xe9;s &#xe0; son r&#xf4;le de destructeur, presque malgr&#xe9; lui). Tout Kuro est d&#xe9;j&#xe0; dans &lt;em&gt;The Guard from the Underground&lt;/em&gt;, le grand styliste et l&apos;inventeur d&apos;histoire : ce film n&apos;a pas &#xe0; rougir, dans ses sc&#xe8;nes de genre en tout cas, face &#xe0; &lt;em&gt;Kairo&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 27 Jun 2009 09:52:26 GMT</pubDate></item><item><title>Porto de mon Enfance (Porto da Minha Inf&#xe2;ncia) (2001) de Manoel de Oliveira</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14211973.html</link><category>DeOLIVEIRA Manoel</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14211973.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14211973/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14211973.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/19/92/110219/41122605.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;267&quot; alt=&quot;porto3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/19/92/110219/41122605_p.jpg&quot; width=&quot;400&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voil&#xe0; un film qui ne mange pas de morue, ma foi. Il est de bon ton apparemment de s&apos;extasier sur tous les films du bonhomme, mais je ne le ferai point. Ce &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Porto de mon Enfance&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est bien sympathique - le souvenir d&apos;un cin&#xe9;aste sur sa ville natale, on pourrait presque faire un cycle - mais n&apos;a absolument rien de transcendantal. A partir de photos - celles notamment de sa maison d&apos;enfance en ruines (forc&#xe9;ment, comme les souvenirs sont aussi, par d&#xe9;finitions, pleins de trous, cela fait une belle &amp;quot;image&amp;quot;), de petites comptines ou berceuses nostalgiques, de po&#xe8;mes de ses proches, d&apos;images &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/84/92/110219/41122637.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;portodaminhainfancia_04&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/84/92/110219/41122637_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;d&apos;archive (le type qui s&apos;attaque &#xe0; l&apos;&#xe9;glise &#xe0; main nue et parvient &#xe0; son sommet en un tour de main, joli), d&apos;&#xe9;vocation de lieux mythiques pour le Manoel (confiserie, bar...) qui ont forc&#xe9;ment disparu et son devenus bien souvent des magasins de v&#xea;tements (il a du bol d&apos;avoir habit&#xe9; &#xe0; Porto, cela dit, o&#xf9; la plupart des fa&#xe7;ades ont &#xe9;t&#xe9; conserv&#xe9;es - &#xe0; Shanghai, il y aurait un petit building de 50 &#xe9;tages &#xe0; la place d&apos;une baraque en toile...) ainsi que quelques sc&#xe8;nes de reconstitution (son souvenir d&apos;une pi&#xe8;ce de th&#xe9;&#xe2;tre dans laquelle il joue lui-m&#xea;me le r&#xf4;le d&apos;un voleur qui s&apos;immisce dans l&apos;intimit&#xe9; d&apos;une femme - il y a s&#xfb;rement une m&#xe9;taphore &#xe0; faire avec son taff de cin&#xe9;aste mais j&apos;ai une petite forme -, ses d&#xe9;ambulations en ville avec ses potes, tous artistes par la suite, apparemment). C&apos;est vraiment l&#xe9;ger comme une petite bulle de savon pleine de saudade, la voix off du Manoel prenant tout son temps pour nous raconter certaines anecdotes. Beau travail cin&#xe9;matographique de r&#xe9;miniscence, pas de quoi non plus donner, automatiquement, l&apos;envie de manger un kilo de morues dans la foul&#xe9;e, hein, restons pes&#xe9;. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/22/85/110219/41122615.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;278&quot; alt=&quot;porto&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/85/110219/41122615_p.jpg&quot; width=&quot;400&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 26 Jun 2009 11:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>The Purchase Price (1932) de William A. Wellman</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14210932.html</link><category>WELLMAN William A.</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14210932.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14210932/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14210932.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/83/12/110219/41118365.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;purchase4&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/83/12/110219/41118365_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dernier film de ce coffret Wellman (&lt;em&gt;Forbidden Hollywood vol. 3&lt;/em&gt;) et s&#xfb;rement le moins int&#xe9;ressant des six. Le type du casting qui a d&#xe9;cid&#xe9; de faire endosser un r&#xf4;le de paysan &#xe0; George Brent et &#xe0; Barbara Stanwyck aurait &#xe9;t&#xe9; capable de filer un r&#xf4;le de black &#xe0; Michael Jackson (R.I.P.). Barbara Stanwyck en glaneuse! Ah la poilade, on se croirait presque parfois dans un film de Dovzhenkho tant celle-ci tente du mettre du coeur &#xe0; l&apos;ouvrage sous l&apos;oeil attentif de la cam&#xe9;ra... Hein ? Oui, j&apos;exag&#xe8;re bien s&#xfb;r. Notre pauvre Barbara, chanteuse de son &#xe9;tat, d&#xe9;cide donc de se faire la malle - elle veut couper les ponts avec son pass&#xe9; grosso modo - et de partir en pleine cambrousse pour se marier avec un gars solitaire rencontr&#xe9; sur photo. Vous imaginez Whitney Houston d&#xe9;barquer dans la bonne ville de Cosne d&apos;Allier et vous avez le tableau. Le type est forc&#xe9;ment tout excit&#xe9;, la nuit de noces arrive, il saute sur la g&#xe2;te en d&#xe9;shabill&#xe9; (oui, on voit cette jeune Barbara deux fois en tenue l&#xe9;g&#xe8;re... Le seul int&#xe9;r&#xea;t du film ? Mouais... Sachant tout de m&#xea;me qu&apos;&#xe0; c&#xf4;t&#xe9;, la Redoute est un magazine porno) et se mange une claque &#xe9;norme. Il est vex&#xe9;. Pendant une heure Barbara va s&apos;excuser - &amp;quot;T&apos;es arriv&#xe9; dans mon dos, &#xe7;a m&apos;a surpris, allez...&amp;quot; - et &#xe0; la fin - &#xe7;a dure une heure, heureusement - tout s&apos;arrange aussi bien que dans un &#xe9;pisode de &lt;em&gt;La petite Maison dans la Prairie&lt;/em&gt; - le faux paysan et la fausse paysanne peuvent enfin retourner dans leur maison respective et quitter ce plateau champ&#xea;tre. Ah oui c&apos;est pataud comme histoire et il ne se passe vraiment rien d&apos;int&#xe9;ressant pour tenter de faire rebondir ce pauvre pitch. La petite chanson langoureuse de Stanwyck au tout d&#xe9;but du film est peut-&#xea;tre encore le seul truc qui fonctionne vraiment... &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/21/97/110219/41118383.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;purchase3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/21/97/110219/41118383_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 26 Jun 2009 09:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Rue sans Joie (Die freudlose Gasse) (1925) de Georg Wilhelm Pabst</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14209142.html</link><category>PABST Georg Wilhelm</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14209142.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14209142/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/26/14209142.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/03/91/110219/41112893.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;348&quot; alt=&quot;CRI_113141&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/03/91/110219/41112893_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Rue sans Joie&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est le genre de rue Gamma du pauvre avec le boucher, la conscience tout t&#xe2;ch&#xe9;e, qui apr&#xe8;s avoir fait patienter les bonnes gens du peuple en qu&#xea;te d&apos;un steak pendant six heures, n&apos;en laisse rentrer que quelques uns avant de fermer boutique : ensuite, ce sont les femmes de petites vertus qui frappent au carreau et qui, apr&#xe8;s un passage dans la chambre froide &#xe0; t&#xe2;ter la charcutaille du boucher, peuvent repartir avec un autre morceau de bidoche, sans moustache celle-ci. Une rue Melchior sans roi mage, &#xe0; Vienne, en 1921, qui respire la mis&#xe8;re alors que pas si loin, au Carlton &#xe7;a danse la tektonik en cravate et queue de pie et &#xe7;a fume des cigares &#xe7;a comme. Le point de rencontre de ces deux mondes, le v&#xe9;ritable centre n&#xe9;vralgique de la ville, c&apos;est la boutique de la m&#xe8;re Greifer, qui n&apos;h&#xe9;site point &#xe0; organiser des d&#xe9;fil&#xe9;s de mode pour initi&#xe9;s, mais surtout &#xe0; ouvrir des arri&#xe8;re-salles o&#xf9; il s&apos;en passe de belles : les jeunes femmes pauvres se prostituent aupr&#xe8;s de vieux gros barbichus... On a beau dire, la vie est bien faite, chacun pouvant finalement y trouver son compte. (Je vais me faire tacler par les Chiennes de Garde, mais j&apos;assume, j&apos;aime de toute fa&#xe7;on beaucoup les b&#xea;tes).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/58/38/110219/41112882.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;joylessstreet_04&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/58/38/110219/41112882_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;V&#xe9;ritable film choral avant l&apos;heure, Pabst nous fait conna&#xee;tre toute une foule de personnages : Grete (Greta Garbo - ah ben oui, j&apos;ai dit que je me faisais tout son cinoche muet, je m&apos;y tiens, attendez...) - qui joue un peu comme une quiche d&#xe8;s qu&apos;elle tente d&apos;&#xea;tre expressive et qui n&apos;a pas encore d&#xfb; trouver le bon mascara pour ses paupi&#xe8;res qui p&#xe8;sent huit tonnes, mais bon, elle d&#xe9;bute la pauvrette - est la fille d&apos;un fonctionnaire sans le sou (il a troqu&#xe9; son boulot contre deux ans de salaire pour acheter des actions qui lui ont autant rapport&#xe9; que mes 4As de la Caisse d&apos;Epargne en 10 ans); celle-ci est pr&#xea;te &#xe0; tout pour acheter de la viande pour sa chtite soeur : elle va donc pour se prostituer mais elle tire tellement la gueule que g&#xe9;n&#xe9;ralement les clients restent froid; on trouve &#xe9;galement certains hommes d&apos;affaires qui se r&#xe9;unissent pour projeter de r&#xe9;pandre des rumeurs sur une gr&#xea;ve dans le charbon, faire baisser les actions, acheter au plus bas puis revendre au prix fort, une fois la rumeur dissip&#xe9;e : un certain Egon, secr&#xe9;taire de l&apos;un de ces messieurs et dragueur n&#xe9;, am&#xe8;ne la femme de l&apos;un d&apos;eux dans ce fameux endroit de perdition tenu par la m&#xe8;re Greifer, pour, pense-t-on, la d&#xe9;lester de quelques billets - ou juste pour un ptit coup pour la route, apr&#xe8;s tout; pas de bol pour lui, la gonzesse est retrouv&#xe9;e morte, &#xe9;trangl&#xe9;e, et forc&#xe9;ment les soup&#xe7;ons retombent sur lui...; il est question aussi d&apos;un officier de la Croix-Rouge qui vient loger chez la Grete et la regarde comme une statue grecque, du fameux boucher dont l&apos;esprit salace d&#xe9;gouline par tous les pores, d&apos;autres filles de joie - celle qui tente de se tirer de chez ses parents et aime Egon ou encore celle qui essaie de survivre avec un mari et un gamin... On passe d&apos;un monde &#xe0; l&apos;autre sans transition et l&apos;on sent assez bien l&apos;insouciance des uns face au marasme des autres. Certes, d&#xe9;coup&#xe9; en 9 actes (ah oui, 2h30 tout de m&#xea;me), le film semble parfois un peu s&apos;&#xe9;parpiller dans tous les sens - quel est le fil conducteur, se dit-on parfois, Grete, l&apos;enqu&#xea;te sur le meurtre?... - jusqu&apos;&#xe0; la mont&#xe9;e finale de la violence du petit peuple qui se r&#xe9;volte en lan&#xe7;ant des cailloux l&#xe0; o&#xf9; les riches bambochent ou en tentant de s&apos;immiscer chez le boucher qui cache sa bidoche... &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/17/21/110219/41112900.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;334&quot; alt=&quot;die_freudlose_gasse&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/17/21/110219/41112900_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;M&#xea;me si la derni&#xe8;re image porte en elle un soup&#xe7;on d&apos;optimisme - un gamin sauv&#xe9; des flammes : un signe d&apos;espoir ?... ou juste un happy end un peu putassier par rapport au ton g&#xe9;n&#xe9;ral du film, comme la Grete sauv&#xe9;e in extremis par son type de la Croix-Rouge ? - le film nous emm&#xe8;ne dans tous les recoins de la pauvret&#xe9; qui jure forc&#xe9;ment avec la grosse rigolade des nantis. Quelques subreptices ralentis assez jolis (ou c&apos;est la bande qui coince, p&apos;t&apos;&#xea;tre pas quand m&#xea;me ?) - surtout quand on chez les riches, comme s&apos;ils vivaient d&#xe9;cal&#xe9;s de la r&#xe9;alit&#xe9; (ou juste pour le plaisir d&apos;un ralenti, ce qui est bien aussi) -, quelques beaux plans vol&#xe9;s sur des jambes gain&#xe9;es de femmes mais pas de quoi non plus, faut avouer, totalement s&apos;extasier sur la longueur. On sent bien, en tout cas, qu&apos;&#xe0; l&apos;&#xe9;poque de l&apos;apr&#xe8;s-guerre, c&apos;&#xe9;tait pas la f&#xea;te du slip pour tous dans cette partie du monde...&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/12/52/110219/41112909.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;joylessstreet_12&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/12/52/110219/41112909_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 26 Jun 2009 05:22:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le D&#xe9;jeuner du 15 ao&#xfb;t (Pranzo di ferragosto) de Gianni Di Gregorio - 2009</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/25/14207720.html</link><category>DiGREGORIO Gianni</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/25/14207720.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14207720/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/25/14207720.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/81/87/110219/41108194.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;289&quot; alt=&quot;19063429_w434_h_q80&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/81/87/110219/41108194_p.jpg&quot; width=&quot;434&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Voil&#xe0; ce qu&apos;on appelle un film inexistant : ni bon ni mauvais, ni r&#xe9;alis&#xe9; ni b&#xe2;cl&#xe9;, c&apos;est juste un moment de vide qui traversa un jour votre vie et en disparut aussit&#xf4;t sans laisser de trace. Fini avant d&apos;avoir commenc&#xe9;, n&apos;en finissant pas de commencer, il raconte une historiette sans aucun int&#xe9;r&#xea;t, ni m&#xe9;chante, ni gentille, une tranche de vie incons&#xe9;quente trait&#xe9;e avec la tendresse qui se doit et dans la mise en sc&#xe8;ne qu&apos;on attend. Un gars est forc&#xe9; d&apos;h&#xe9;berger pendant quelques jours quatre vieilles dames, gentilles mamies un peu capricieuses mais pas trop qui l&apos;emb&#xea;tent mais pas trop. Di Gregorio commence 20 intrigues (vont-elles s&apos;&#xe9;triper ? se d&#xe9;couvrir une soif de libert&#xe9; qui les poussera &#xe0; la fugue ? lui rendre la vie impossible jusqu&apos;&#xe0; l&apos;assassinat ? squatter son int&#xe9;rieur ?), et n&apos;en suit aucune, pr&#xe9;f&#xe9;rant filmer des dialogues incons&#xe9;quents mais si naturels entre les m&#xe9;m&#xe9;s. Ce qui fait que quand le g&#xe9;n&#xe9;rique arrive, on a comme l&apos;impression qu&apos;on en est qu&apos;au hors-d&apos;oeuvre, pour filer la m&#xe9;taphore du d&#xe9;jeuner. Di Gregori est le sc&#xe9;nariste de Gomorra, on s&apos;attendait &#xe0; du lourd ; mais, s&#xfb;rement trop amus&#xe9; par ces actrices amatrices et taquines, il a pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; abandonner toute ambition narrative pour les suivre dans leurs petites humeurs ; or, elles ne sont pas assez int&#xe9;ressantes pour faire un film, et comme actrices et comme personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/24/76/110219/41108204.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;226&quot; alt=&quot;le_dejeuner_du_15_aout_1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/24/76/110219/41108204_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;On soup&#xe7;onne Di Gregori d&apos;avoir tent&#xe9; de nous faire une chronique sociale d&#xe9;sabus&#xe9;e, avec ces portraits d&apos;&#xea;tres d&#xe9;laiss&#xe9;s au milieu d&apos;un immeuble vide (le fant&#xf4;me de Scola et sa &lt;em&gt;Journ&#xe9;e Particuli&#xe8;re&lt;/em&gt; r&#xf4;de dans les coins (mais pleure sa m&#xe8;re)), avec cette petite musique m&#xe9;lancolique et douce-am&#xe8;re, avec ces &#xe9;chapp&#xe9;es dans une Rome vid&#xe9;e de toute vie, avec ce c&#xe9;libataire vieillissant et ces m&#xe8;res sans enfants. Mais il aurait fallu un autre coup de plume pour parvenir ne serait-ce qu&apos;au petit doigt de pied de ses mod&#xe8;les. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le D&#xe9;jeuner du 15 ao&#xfb;t&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; a des arri&#xe8;re-go&#xfb;ts de simple ap&#xe9;ritif aux pistaches p&#xe9;rim&#xe9;es...&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 25 Jun 2009 21:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>Th&#xe9;r&#xe8;se Raquin (1953) de Marcel Carn&#xe9;</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/25/14201955.html</link><category>CARNE Marcel</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/25/14201955.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14201955/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/25/14201955.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/80/06/110219/41088161.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;protectedimage&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/80/06/110219/41088161_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Savourant l&apos;effort de l&apos;ami Gols &#xe0; revoir certaines oeuvres de l&apos;ami Marcel avec un int&#xe9;r&#xea;t relativement mou, je d&#xe9;cidai de mettre la main &#xe0; la p&#xe2;te en me repenchant sur &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Th&#xe9;r&#xe8;se Raquin&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; (cela s&apos;appelle faire preuve de solidarit&#xe9;). Le constat est amer, le film ayant la m&#xea;me dynamique qu&apos;une chaise empaill&#xe9;e remis&#xe9;e dans un sous-sol. De la mise en sc&#xe8;ne plate comme un dessus de lit chez grand-m&#xe8;re (il doit y avoir des croix au sol pour que les acteurs restent plant&#xe9;s et permettent sans trop se prendre la t&#xea;te les champs/contrechamps; deux options : le plan en pied enchain&#xe9; malicieusement avec un plan am&#xe9;ricain ou bien le plan am&#xe9;ricain encha&#xee;n&#xe9; avec esp&#xe8;glierie avec un gros plan - sorti de l&#xe0;, il n&apos;y a gu&#xe8;re de variations, &#xe0; tel point que quand la cam&#xe9;ra se met soudainement &#xe0; tenter une manoeuvre sur 28 cm, on tremble) au jeu des acteurs terriblement fig&#xe9; (Raf Vallone b&#xe2;ti comme un canap&#xe9; en cuir de vachette mais aussi expressif que celle-ci, Jacques Duby en petit mecton ma&#xee;tre-chanteur aussi charismatique qu&apos;un parasol en terrasse de caf&#xe9;, quant &#xe0; la pauvre Simone Signoret - que j&apos;aime beaucoup, sinon - &#xe0; laquelle on demande simplement de tirer une tronche de deux pieds de long, elle le tient super bien sur les 100 minutes), dur de ne pas avoir la terrible impression d&apos;assister &#xe0; une oeuvre cin&#xe9;matographique d&apos;un autre si&#xe8;cle - en voyant ce film (r&#xe9;alis&#xe9; six ans avant &lt;em&gt;A Bout de Souffle&lt;/em&gt; et non soixante), on peut comprendre &#xe0; quel point les cin&#xe9;astes de la Nouvelle Vague avaient des fourmis dans les jambes... Seule v&#xe9;ritable satisfaction, le superbe noir et blanc joliment contrast&#xe9; sign&#xe9; Roger Hubert qui fait la part belle &#xe0; ces noirs profonds comme de l&apos;encre d&apos;un poulpe en col&#xe8;re.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/27/32/110219/41088168.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;e&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/27/32/110219/41088168_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;R&#xe9;cit d&apos;un adult&#xe8;re qui tourne au vinaigre mais qui manque justement diablement de passion. La Th&#xe9;r&#xe8;se vit donc avec ce triste Camille fragile comme un roseau et couv&#xe9; comme un oeuf dur par sa m&#xe8;re. La Th&#xe9;r&#xe8;se croise le regard du canap&#xe9; Laurent (ah, Raf, tes pectoraux saillants) et les deux d&apos;&#xea;tre comme des statues de sel - Carn&#xe9; filme super bien ces statues de sel, on sent bien d&apos;ailleurs son attirance pour tout ce qui reste fixe. Les sc&#xe8;nes de baisers (fi d&apos;une certaine sensualit&#xe9; bien pr&#xe9;sente dans les pages du gars Zola...) b&#xe9;n&#xe9;ficient du m&#xea;me traitement : on se regarde - on a pas grand-chose &#xe0; se dire apparemment - et hop c&apos;est le baiser de cin&#xe9;ma en attendant patiemment le fondu qui, heureusement, ne tarde&amp;nbsp; point &#xe0; venir.&amp;nbsp; Un voyage en train, on pense subrepticement &#xe0; &lt;em&gt;La B&#xea;te Humaine&lt;/em&gt; mais on ne fait justement qu&apos;y penser. Raf, sur un coup de grisou, de balancer comme un sac de patates le Camille hors du train et c&apos;est le drame... Cela dit, on ne s&apos;attendait pas vraiment &#xe0; ce que le Raf r&#xe9;fl&#xe9;chisse vu la finesse psychologique dont il avait fait preuve jusqu&apos;ici (il a tout de m&#xea;me l&apos;art, j&apos;avoue, de se cacher derri&#xe8;re une porte ultra incognito : si je penche la t&#xea;te vers la porte, elle pourra po me voir, malin!). Nos deux amants n&apos;osent plus rien faire - cool, cela &#xe9;vite une autre sc&#xe8;ne d&apos;action - et attendent patiemment leur heure et la fin du film avec nous. Un petit-ma&#xee;tre chanteur, donc, pour la route, histoire de relancer ce couple &#xe0; nouveau uni dans l&apos;adversit&#xe9; avant que le destin s&apos;acharne - une seconde sc&#xe8;ne d&apos;action, bravo! (Raf Vallone portant secours &#xe0; un bless&#xe9;, une s&#xe9;quence &#xe0; montrer dans toutes les &#xe9;coles... de secouristes, pour illustrer ce qu&apos;il ne faut pas faire - comme quoi, il y a toujours quelque chose &#xe0; garder dans un film). Bref, le Marcel me laisse, avec ce film, terriblement dubitatif alors que je reste persuad&#xe9; que, moi aussi, dans le temps, il m&apos;a parfois fait r&#xea;ver. S&#xfb;rement po avec Th&#xe9;r&#xe8;se, cela dit...&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/69/29/110219/41088188.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;protectedimatge&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/69/29/110219/41088188_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 25 Jun 2009 11:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les Beaux Gosses de Riad Sattouf - 2009</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/24/14196055.html</link><category>SATTOUF Riad</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/24/14196055.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14196055/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/24/14196055.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/08/05/110219/41068252.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;147&quot; alt=&quot;les_beaux_gosses_haut2&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/08/05/110219/41068252_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Excellente com&#xe9;die sur &amp;quot;l&apos;&#xe2;ge b&#xea;te&amp;quot;, qui sait capturer &#xe0; merveille les nazeries et grandeurs de nos jeunes glandus, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les Beaux Gosses&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est franchement hilarant, ce qui est assez rare dans le cin&#xe9;ma fran&#xe7;ais pour le remarquer. Sattouf a fait ses armes dans des BD taquines vraiment impeccables (lire le tr&#xe8;s bon &lt;em&gt;Retour au Coll&#xe8;ge&lt;/em&gt;), et il met la barre aussi haut avec ce premier film. On est &#xe0; peu pr&#xe8;s &#xe0; 10000 lieues de &lt;em&gt;La Boum&lt;/em&gt;, avec pourtant les m&#xea;mes ingr&#xe9;dients : un groupe d&apos;ados, leurs histoires d&apos;amour mignonnes, leurs rapports avec les parents, leurs profs barjots... Seulement Sattouf est un vrai satiriste, qui certes adore ces m&#xf4;mes tout de traviole, mais ne leur pardonne rien non plus : ses deux h&#xe9;ros sont tartignoles, lourds, moches et assez cr&#xe9;tins, leurs parents sont immatures et d&#xe9;pressifs, leurs profs apeur&#xe9;s ou m&#xe9;galos. Tout est boutons d&apos;acn&#xe9;e film&#xe9;s au plus pr&#xe8;s, appareils dentaires immondes, dialogues avec cinq &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/04/33/110219/41068006.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;les_beaux_gosses_7&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/04/33/110219/41068006_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;mots de vocabulaire et vannes basses du front.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quiconque a &#xe9;t&#xe9; ado ne peut que jubiler devant ces corps mal &#xe0; l&apos;aise qui tentent de se donner une constance, devant ces interrogations basiques (comment rouler des pelles ? C&apos;est comment &amp;quot;&#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur&amp;quot; ? Est-ce qu&apos;il y a vraiment contr&#xf4;le de SVT ce matin ?), devant ces postures face au grand myst&#xe8;re de l&apos;amour. Par petites vignettes absolument toutes tordantes, Sattouf d&#xe9;livre un portrait caustique du monde de la jeunesse d&apos;aujourd&apos;hui (et d&apos;hier et de demain), et on constate que cette accumulation d&apos;anecdotes finit par toucher &#xe0; une r&#xe9;alit&#xe9; presque objective : le trait est vraiment &#xe0; peine forc&#xe9;, et les personnages sont tellement cr&#xe9;dibles que m&#xea;me leurs exc&#xe8;s sont impeccablement observ&#xe9;s. Gloire aux acteurs, tous parfaits, avec une mention &#xe0; &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/38/110219/41068017.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;les_beaux_gosses_4&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/38/110219/41068017_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;No&#xe9;mie Lvovsky qui joue avec une finesse extraordinaire la m&#xe8;re complice du h&#xe9;ros : elle est insupportable d&apos;impudeur et de lourdeur (&amp;quot;qu&apos;est-ce tu fais ? tu t&apos;masturbes ? hihihi !&amp;quot;), et apporte un contrepoint tr&#xe8;s bienvenu &#xe0; la nonchalance fatigu&#xe9;e de son fils. Ces deux-l&#xe0; forment un couple d&apos;enfer, et leurs sc&#xe8;nes sont criantes de justesse. Sattouf n&apos;est s&#xfb;rement pas encore un ma&#xee;tre de la mise en sc&#xe8;ne (assez fonctionnelle), mais il est excellent dans la construction des situations (la sc&#xe8;ne de magie noire o&#xf9; on convoque le fant&#xf4;me d&apos;Hitler est un &#xe9;norme moment) et dans les d&#xe9;tails : une coiffure horrible, un petit personnage secondaire parfaitement dessin&#xe9;, une ligne de dialogue, tout un ensemble d&apos;&amp;quot;arri&#xe8;re-plans&amp;quot; qui rendent encore plus cr&#xe9;dible l&apos;univers. On est dans la chronique sociale et dans la grosse blague en m&#xea;me temps, un peu comme si Pialat s&apos;&#xe9;tait tap&#xe9; &lt;em&gt;Les Sous-Dou&#xe9;s&lt;/em&gt; : le r&#xe9;sultat est &#xe0; se taper sur les cuisses. Longue vie &#xe0; nos ados boutonneux et balourds.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 24 Jun 2009 18:43:00 GMT</pubDate></item><item><title>Intrigues (A Woman of Affairs) (1928) de Clarence Brown</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/24/14188645.html</link><category>BROWN Clarence</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/24/14188645.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14188645/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/06/24/14188645.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Clarence Brown nous r&#xe9;gale du d&#xe9;but &#xe0; la fin en assurant &#xe0; la fois le spectacle - une bagnole qui fonce &#xe0; toute blinde passant miraculeusement au dessus d&apos;ouvriers dans des tranch&#xe9;es jusqu&apos;&#xe0; cette bagnole, la m&#xea;me,... qui, dans l&apos;utlime s&#xe9;quence, roule beaucoup moins vite - mais surtout en d&#xe9;clinant avec brio toute une grammaire du cinoche &#xe0; grand renfort d&apos;angles originaux de prise de vue (une plong&#xe9;e qui &#xe9;crase notre pauvre Greta domin&#xe9;e par le p&#xe8;re de l&apos;homme qu&apos;elle aime), de jeu avec la profondeur de champ (les retrouvailles entre Garbo et son amant, avec la femme de ce dernier, en arri&#xe8;re-fond, qui p&#xe8;te un peu l&apos;ambiance), ou de multiples mouvements de cam&#xe9;ra (travelling arri&#xe8;re alors que le personnage se dirige, chancelant, vers son destin; travelling lat&#xe9;ral sur les jambes de la Greta qui fait les cent pas alors qu&apos;elle sent que son avenir se joue...), parfois d&apos;une superbe amplitude - cette cam&#xe9;ra qui balaie litt&#xe9;ralement le d&#xe9;cor avant de venir se poser en douceur sur l&apos;un des personnages. Cette diversit&#xe9; dans les approches cr&#xe9;e une vraie dynamique dans le film alors m&#xea;me que la trame d&#xe9;roule inexorablement sa petite m&#xe9;canique destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/46/27/110219/41044842.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;womanofaffairs_03&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/46/27/110219/41044842_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rien de bien nouveau au niveau du sc&#xe9;nar : Greta, petite fille friqu&#xe9;e, et Neville, d&apos;une bonne famille, &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/18/55/110219/41044851.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;Annex___Garbo__Greta__A_Woman_of_Affairs__06&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/18/55/110219/41044851_p.jpg&quot; width=&quot;234&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;monsieur, de celles qui ont le sens de l&apos;honneur depuis 34 g&#xe9;n&#xe9;rations, s&apos;aiment depuis tout petits. Seul probl&#xe8;me : le p&#xe8;re du Neville (Hobart Bosworth, du genre &#xe0; rire quand il se br&#xfb;le)&amp;nbsp; voit d&apos;un mauvais oeil l&apos;union de son fils avec cette gonzesse qui, pour lui, ne vaut pas tripette. Bref, il va tout faire pour que son fils se barre bien loin - en Egypte - pour mettre fin &#xe0; cette romance de jeunesse... Ca va cr&#xe9;er beaucoup de malheur, ma bonne dame. Greta, tout l&#xe9;g&#xe8;re et p&#xe9;tillante au d&#xe9;part, se console du d&#xe9;part du gars Neville dans les bras de son autre pote d&apos;enfance, David; le mariage ne va cependant pas faire long feu, le David se d&#xe9;fenestrant en un geste tr&#xe8;s gracieux qui laisse la Greta baba... Tout le monde pense que ce suicide est d&#xfb; &#xe0; la sale influence d&apos;une Greta volage, alors que pas du tout, vous vous mettez compl&#xe8;tement le doigt dans l&apos;oeil, alors l&#xe0; compl&#xe8;tement... Greta, en fait, sauve la r&#xe9;putation de ce fameux David (la cl&#xe9; de l&apos;&#xe9;nigme en fin de film...) et pr&#xe9;f&#xe8;re passer aux yeux de tous comme une m&#xe9;chante fille plut&#xf4;t que de trahir ce lourd secret. Le Neville va &#xe9;galement finir par se marier avec un chtit bout qui fait pas de bruit mais, forc&#xe9;ment, on voit bien que la Greta et le Neville sont, chacun de leur c&#xf4;t&#xe9;, malheureux comme des pierres et on croise les doigts pour qu&apos;avant la fin du film, la voie de la raison triomphe... Je vous conseille de croiser les doigts bien fort. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/43/69/110219/41044859.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;351&quot; alt=&quot;Annex___Garbo__Greta__A_Woman_of_Affairs__03&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/43/69/110219/41044859_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Greta passe de la lumi&#xe8;re - ses petites mimiques au d&#xe9;part et son grand sourire ravageur - &#xe0; l&apos;ombre d&apos;elle-m&#xea;me, semblant flotter comme un fant&#xf4;me dans son grand manteau. Elle pense que le manque de courage initial du gars Neville, manipul&#xe9; par son p&#xe8;re, finira par n&apos;&#xea;tre, un jour, qu&apos;un mauvais souvenir, seulement il est impossible de rattraper la pass&#xe9; - j&apos;ai essay&#xe9; bien des fois, et je peux vous assurer que c&apos;est peine perdue... Il y a de magnifiques confrontations entre Greta et son fr&#xe8;re starb&#xe9;, Greta et Neville, ou encore Greta et le p&#xe8;re de Neville (magnifique s&#xe9;quence avec la Greta clope au bec) qui sont d&apos;une remarquable tension... alors qu&apos;une multitude d&apos;anges passent (normal vous allez me dire, dans un film muet, vous &#xea;tes b&#xea;tes, ce que je veux dire c&apos;est qu&apos;aucune parole est &#xe9;chang&#xe9;e, ils s&apos;observent, face &#xe0; face, attendant d&#xe9;esp&#xe9;r&#xe9;ment que le courant finisse par passer...). Il y a pleins de petites trouvailles narratives (notamment le journaliste qui nous montre des photos prises dans les archives de ces sept derni&#xe8;res ann&#xe9;es, ce qui nous permet d&apos;avoir un parfait r&#xe9;sum&#xe9; de la vie dissolue de la Greta depuis la mort de son mari), des d&#xe9;cors toujours parfaits (l&apos;h&#xf4;pital o&#xf9; se meurt Greta, l&apos;immense chambre de Neville aussi nue que sa vie d&#xe9;pourvue de sens...) et une v&#xe9;ritable &#xe9;l&#xe9;gance dans la mise en sc&#xe8;ne qui font du film une parfaite r&#xe9;ussite alors m&#xea;me que le muet vit ses derniers jours... Vraiment bien, ma foi - pour faire dans le lyrisme...&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/98/23/110219/41044875.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;338&quot; alt=&quot;womanofaffairs_15&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/98/23/110219/41044875_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 24 Jun 2009 06:03:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>