<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Shangols</title><link>http://shangols.canalblog.com/</link><description>site sino-fran&#xe7;ais de cin&#xe9;ma pointu et n&#xe9;cessaire</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 24 May 2013 02:11:46 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Go Go Tales d&apos;Abel Ferrara - 2012</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/23/27222142.html</link><category>FERRARA Abel</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/23/27222142.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27222142/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/23/27222142.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/84/38/110219/86851155_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/84/38/110219/86851155_p.jpg&quot; alt=&quot;19935241&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;299&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ferrara est en grande forme depuis quelques temps, si on entend par &quot;grande forme&quot; le fait qu&apos;il parvient &#xe0; transformer ses profondes d&#xe9;primes en films profonds et spectaculaires. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Go Go Tales&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; est une promenade glauque et ricanante dans son univers, qui prend la forme d&apos;un huis-clos plein de bruit et de fureur, de paires de fesses, de billets de banque et de violence rentr&#xe9;e. C&apos;est dans une bo&#xee;te de strip-tease sur le d&#xe9;clin qu&apos;on s&apos;enferme pendant 1h40, bo&#xee;te qui deviendra bien&#xf4;t le lieu symbolique du show-business dans tout son &#xe9;clat autant que du monde int&#xe9;rieur et solitaire de Ferrara. Le club est tenu par le minable Ray Ruby (Willem Dafoe, excellentissime), en faillite financi&#xe8;re et morale, contraint de traficoter avec la Loterie Nationale pour arriver &#xe0; sous-payer les filles l&#xe9;g&#xe8;res qui se d&#xe9;sappent pour quelques rares clients chinois. La fermeture menace, la proprio r&#xf4;de, les filles grognent, les maffieux de seconde zone pullulent, et le frangin-associ&#xe9; (un Matthew Modine hilarant) menace de reprendre la main. Bref c&apos;est la chute. En mode &lt;em&gt;Killing of a Chinese Bookie&lt;/em&gt;, Ferrara suit le petit quotidien trivial de cette bande de bras cass&#xe9;s ringards, au rythme de strip d&#xe9;pass&#xe9;s et de disputes surjou&#xe9;es dans les loges.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/78/99/110219/86851165_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/99/110219/86851165_p.jpg&quot; alt=&quot;18766167&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ferrara est LE cin&#xe9;aste de la d&#xe9;ch&#xe9;ance, et s&apos;en donne &#xe0; coeur joie dans le portrait de ce manager charismatique mais nul, enfon&#xe7;ant lentement le clou de sa minable existence (m&#xea;me quand il gagne au loto, il perd le ticket). Tr&#xe8;s vite, on aper&#xe7;oit dans le personnage de Ray un autoportrait gu&#xe8;re complaisant en artiste rat&#xe9;, en producteur incapable de faire face aux obligations concr&#xe8;tes du spectacle, en survivant rempli de coke. Comme Ferrara, qui se place au sein de l&apos;industrie cin&#xe9;matographique &#xe0; une place gu&#xe8;re confortable, celle du gars sans concession mais &#xe0; qui on coupe les vivres, Ray est une sorte de romantique, voulant donner du spectacle, mais n&apos;en poss&#xe9;dant pas le pouvoir, ni artistique ni financier. Le gars nous donne &#xe0; voir un portrait de l&apos;industrie du divertissement compl&#xe8;tement rong&#xe9; par le ringardisme, tout en nous donnant ce qu&apos;on est venu chercher : des fesses. Habile m&#xe9;taphore, &lt;em&gt;Go Go Tales&lt;/em&gt; est un film profond&#xe9;ment d&#xe9;prim&#xe9;, mais qui a la politesse de nous faire bien marrer et de nous en donner quand m&#xea;me pour notre argent de spectateur d&apos;entertainment. Du coup, on en ressort avec l&apos;impression d&apos;un film l&#xe9;ger et dr&#xf4;le, alors qu&apos;on vient d&apos;assister &#xe0; uen sorte de cri de douleur de la part d&apos;un artiste &#xe9;touff&#xe9; sous sa propre panoplie de rebelle &#xe9;rotomane.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/18/70/110219/86851176_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/18/70/110219/86851176_p.jpg&quot; alt=&quot;18766169&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La fluidit&#xe9; de la mise en sc&#xe8;ne ajoute au bonheur de ce film : l&apos;impression d&apos;&#xea;tre absolument immerg&#xe9; dans ce micro-univers aux personnages pourtant nombreux, gr&#xe2;ce &#xe0; des mouvements de cam&#xe9;ra sophistiqu&#xe9;s qui nous emm&#xe8;nent d&apos;un lieu &#xe0; un autre avec une grande lisibilit&#xe9;. Chaque personnage a son importance, et les ambiances sont parfaitement rendues, entre sexe color&#xe9; et kitsch ringard. L&apos;humour, vraiment jaune, est omnipr&#xe9;sent, et le sc&#xe9;nario, sous des dehors de &quot;laisser aller&quot;, est parfaitement ma&#xee;tris&#xe9; pour nous amener l&#xe0; o&#xf9; il veut. Ce film sera s&#xfb;rement oubli&#xe9; &#xe0; l&apos;heure du Jugement Dernier d&apos;Abel Ferrara, mais c&apos;est un tort : &#xe0; voir absolument.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 23 May 2013 08:45:00 GMT</pubDate></item><item><title>LIVRE : Paris-Brest de Tanguy Viel - 2009</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/21/27208961.html</link><category> --- LIVRES </category><category>Viel</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/21/27208961.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27208961/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/21/27208961.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/38/44/110219/86797124_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/38/44/110219/86797124_p.jpg&quot; alt=&quot;paris-brest,M107456&quot; width=&quot;183&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Toujours &#xe0; cheval entre roman noir et Nouveau Roman, Tanguy Viel creuse sa veine toute de personnalit&#xe9; avec cette chronique &#xe2;pre des tares familiales et provinciales. On pense au d&#xe9;part qu&apos;on a seulement affaire &#xe0; un portrait &#xe0; charge des habitudes familiales. Viel d&#xe9;crit avec minutie la terreur d&apos;appartenir &#xe0; une caste, &#xe0; une ville, &#xe0; un clan, alors qu&apos;on aspire &#xe0; en sortir. Sa vision de Brest, envisag&#xe9;e non du c&#xf4;t&#xe9; de l&apos;oc&#xe9;an mais de celui des murs &#xe9;pais de la maison de ses parents, des petites manies minables de ceux-ci, de leur vision &#xe9;triqu&#xe9;e de petits-bourgeois, est gla&#xe7;ante. On sait d&#xe8;s le d&#xe9;part que Paris le sauvera, qu&apos;il envisagera la capitale comme une fuite, comme un refuge o&#xf9; il pourra enfin donner libre cours &#xe0; ses envies (l&apos;&#xe9;criture) et &#xe0; sa haine de sa famille : il y &#xe9;crira un manuscrit-r&#xe8;glement de comptes, qu&apos;il trainera avec lui jusqu&apos;&#xe0; une soir&#xe9;e de No&#xeb;l fatidique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais assez vite, cette chronique plonge dans le roman noir pur jus, gr&#xe2;ce &#xe0; un personnage tr&#xe8;s joliment dessin&#xe9; : le fils de la femme de m&#xe9;nage, lutin mal&#xe9;fique tr&#xe8;s balzacien, qui va agir comme un mauvais esprit sur le narrateur. La lutte des classes prend des airs de drame bourgeois, on se dirige tout droit vers une r&#xe9;solution criminelle de ce conflit, et le livre se perd peut-&#xea;tre un chouille &#xe0; essayer de faire monter un suspense inutile qui efface le venin de la premi&#xe8;re partie. On est alors entre Simenon, dans les moins bons moments, et Mauriac dans les meilleurs. On admire de toute fa&#xe7;on la pr&#xe9;cision d&apos;&#xe9;criture, l&apos;&#xe9;pure compl&#xe8;te du style qui donne des phrases s&#xe8;ches et tranchantes, ce c&#xf4;t&#xe9; d&#xe9;sabus&#xe9; qui donne souvent un humour &#xe0; froid d&#xe9;licieux, le sens du rythme et la construction d&apos;ensemble. Viel est tr&#xe8;s bon pour mettre le doigt sur les choses qui font grincer des dents, pour mettre &#xe0; jour la violence invisible du quotidien, pour fustiger la sacro-sainte institution de la famille en en construisant une effrayante et monstrueuse, et pour &#xe9;voquer ce que c&apos;est que donner naissance &#xe0; un livre : un acte de vengeance, de r&#xe9;silience et de mise &#xe0; distance. Excellent moment.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 21 May 2013 13:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>5 Cam&#xe9;ras bris&#xe9;es (Khamas Kamīrāt Muḥaṭṭamah) de Emad Burnat et Guy Davidi - 2013</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/20/27199824.html</link><category>BURNAT Emad &amp; DAVIDI Guy</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/20/27199824.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27199824/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/20/27199824.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/47/66/110219/86756540_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/47/66/110219/86756540_p.jpg&quot; alt=&quot;20412789&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Documentaire in situ des combats &quot;ordinaires&quot; en Cisjordanie, et r&#xe9;flexion fulgurante sur le pouvoir du cin&#xe9;ma, chronique d&apos;une enfance et cri de r&#xe9;volte, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;5 Cam&#xe9;ras bris&#xe9;es&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est tout cela &#xe0; la fois, ce qui en fait le film le plus bouleversant et le plus intelligent qu&apos;on ait vu depuis longtemps. Dans une construction de r&#xe9;cit absolument impeccable (d&#xfb;e visiblement &#xe0; Guy Davidi, auquel Emad Burnat a amen&#xe9; ses images), le film raconte en parall&#xe8;le trois histoires, qui n&apos;en font qu&apos;une : celle d&apos;un village de paysans palestiniens, Bil&apos;in, qui se voit du jour au lendemain priv&#xe9; d&apos;une grande part de ses terres par la construction d&apos;une ville israelienne, s&#xe9;par&#xe9;e de lui par un mur ; celle de l&apos;enfant du cin&#xe9;aste, n&#xe9; avec ce mur, et dont on va suivre les cinq premi&#xe8;res ann&#xe9;es de vie au rythme des luttes de ses contemporains ; et celle des cinq cam&#xe9;ras de Emad Burnat, cass&#xe9;es une par une dans les combats pour r&#xe9;cup&#xe9;rer les terres spoli&#xe9;es.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/39/82/110219/86756564_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/39/82/110219/86756564_p.jpg&quot; alt=&quot;20412788&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce qui convainc d&apos;abord, c&apos;est les images de la lutte. Jamais on n&apos;avait vu les conflits quotidiens film&#xe9;s d&apos;aussi pr&#xe8;s, dans leur injustice flagrante et leur violence s&#xe8;che. Burnat n&apos;est pas un journaliste de CNN qui passe trois jours sur place : il est, pendant 5 ans, et chaque jour qu&apos;Allah fait, au coeur de l&apos;action, ramassant plus qu&apos;&#xe0; son tour des balles, voyant tomber ses potes et ses fr&#xe8;res, assistant bouche b&#xe9;e aux exactions des militaires israeliens qui grignotent petit &#xe0; petit le territoire, assistant aux petites et grandes d&#xe9;faites de ce combat perdu d&apos;avance. En &#xe9;vitant tout voyeurisme, en tentant de montrer exactement ce qui se passe, en se pla&#xe7;ant du c&#xf4;t&#xe9; de l&apos;humain avant tout (pas de r&#xe9;flexion g&#xe9;opolitique ample, mais des hommes qui se font face, des coups qui partent, des mots, des op&#xe9;rations symboliques d&#xe9;risoires), le film est s&#xfb;rement le plus juste qui soit sur ce qui se passe l&#xe0;-bas. On est transport&#xe9; nous aussi par ce scandale, d&#xe9;couvrant les m&#xe9;thodes des puissants pour s&apos;approprier le bien des faibles. On d&#xe9;couvre la violence inconcevable, physique et morale, que ce conflit repr&#xe9;sente, tous les jours. Sans ang&#xe9;lisme et sans manich&#xe9;isme, Burnat a tout enregistr&#xe9;, des luttes corps &#xe0; corps aux espoirs, des petits commandos absurdes (les gars qui se menottent au mur, d&#xe9;log&#xe9;s en trois secondes &#xe0; coups de crosse) aux grands drames, des morts brutales aux f&#xea;tes de village.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/99/72/110219/86756608_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/72/110219/86756608_p.jpg&quot; alt=&quot;20412792&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Burnat filme aussi son fils, donc, petit m&#xf4;me qui d&#xe9;couvre peu &#xe0; peu le monde &#xe0; l&apos;aune des bombes lacrymog&#xe8;nes et des check-points. L&apos;apprentissage d&#xe9;viant de ce gamin ajoute encore une touche d&apos;&#xe9;motion au film. Les premiers mots qu&apos;il prononce (soldat), les questions na&#xef;ves qu&apos;il pose &#xe0; son p&#xe8;re (&quot;Pourquoi tu ne vas pas tuer les militaires avec un couteau ?&quot;), les moments tout simples (le bambin devant un arc-en-ciel, ou franchissant un barrage de soldats), tout est capt&#xe9; avec une tendresse infinie par son p&#xe8;re, mais aussi avec un d&#xe9;sabusement, une tristesse, qui finissent par nous gagner &#xe0; notre tour. Tristesse d&apos;alleurs transmise par la voix off, &#xe0; la fois neutre et m&#xe9;lancolique, qu&apos;on dirait d&#xe9;j&#xe0; gagn&#xe9;e par le d&#xe9;couragement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/90/95/110219/86756636_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/95/110219/86756636_p.jpg&quot; alt=&quot;20412787&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Enfin, il y a ces cinq cam&#xe9;ras, qui donnet le ton final du film, qui lui font m&#xea;me gagner une certain espoir. Le cin&#xe9;ma, pour Burnat, peut changer la vie. La preuve : une de ses cam&#xe9;ras a sauv&#xe9; sa propre vie en recevant la balle qui lui &#xe9;tait destin&#xe9;e. Quoiqu&apos;il arrive, malgr&#xe9; les remontrances de sa femme, malgr&#xe9; les coups qu&apos;il re&#xe7;oit pour avoir film&#xe9; tel acte qui aurait d&#xfb; rester secret, malgr&#xe9; le danger que &#xe7;a lui fait courir, il filme, consid&#xe9;rant le cin&#xe9;ma non seulement comme un t&#xe9;moin n&#xe9;cessaire de son combat, mais comme un bouclier. Il le dit plusieurs fois : quand il filme, il se sent &#xe0; la fois acteur et t&#xe9;moin, et prot&#xe9;g&#xe9; par sa cam&#xe9;ra. Superbement mont&#xe9;, le film est t&#xe9;moin de &#xe7;a : que le cin&#xe9;ma &lt;em&gt;sert &#xe0; quelque chose&lt;/em&gt;. Le regard tr&#xe8;s direct du cin&#xe9;aste, qui filme frontalement les choses (y compris la violence qui lui arrive directement &#xe0; lui), finit de convaincre qu&apos;on a droit ici &#xe0; un v&#xe9;ritable essai sur la puissance du cin&#xe9;ma, sur sa facult&#xe9; de m&#xe9;moire (enregistrer les choses) autant que sur son c&#xf4;t&#xe9; &quot;pratique&quot; (se prot&#xe9;ger derri&#xe8;re l&apos;appareil), sur son pouvoir de t&#xe9;moin autant que sur son pouvoir d&apos;action, sur sa force politique autant qu&apos;&#xe9;motionnelle (les tr&#xe8;s beaux plans apais&#xe9;s, sur des oiseaux, sur des gens qui rient, que le cin&#xe9;aste sait ins&#xe9;rer &#xe0; bon escient dans son film), sur sa po&#xe9;sie autant que sur son devoir de v&#xe9;rit&#xe9;. Au final, &lt;em&gt;5 Cam&#xe9;ras bris&#xe9;es&lt;/em&gt; est avant tout le t&#xe9;moin de la naissance d&apos;un cin&#xe9;aste, qui d&#xe9;couvre, au contact de la brutalit&#xe9; de l&apos;existence, que la cam&#xe9;ra est une arme de poing. C&apos;est fulgurant.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 20 May 2013 12:22:00 GMT</pubDate></item><item><title>La grande Evasion (High Sierra) (1941) de Raoul Walsh</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/19/27193253.html</link><category>WALSH Raoul</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/19/27193253.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27193253/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/19/27193253.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/71/86/110219/86726631_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/71/86/110219/86726631_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-11h55m16s164&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/59/94/110219/86726664_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/59/94/110219/86726664_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-11h56m17s222&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Classique parmi les classiques, voil&#xe0; un film que je finirai s&#xfb;rement un jour par conna&#xee;tre par cœur. On oublie en un clin d’œil la p&#xe2;le &lt;a href=&quot;http://shangols.canalblog.com/archives/2011/04/23/20957964.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;em&gt;copie coloris&#xe9;e&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et on suit avec un sourire gourmand notre ami Bogart, le chapeau enfonc&#xe9; jusque-l&#xe0;, l’habit noir qui ne pr&#xea;te pas &#xe0; rire (il sort tout juste de t&#xf4;le. Au bout de huit ans, c’est pas rien), les cheveux coup&#xe9;s ras au niveau de tempes grisonnantes… Boggy mon beau Boggy, l’homme auquel on ne la fait pas - surtout quand on est truand, l’homme au cœur chamallow - surtout quand on est une jeunette de vingt ans, l’homme dont on tombe amoureux - quand on s’appelle Ida Lupino et qu’on a bien gal&#xe9;r&#xe9; avant d’en arriver l&#xe0;… &lt;em&gt;High Sierra&lt;/em&gt; est construit comme une suite &#xab;&amp;nbsp;d’&#xe9;vidences&amp;nbsp;&#xbb; qui fonctionnent comme dans tout film miraculeusement magiques&amp;nbsp;: Boggy fait la connaissance impromptue d’une donzelle, c’est le coup de foudre - pour lui…, il croise le regard d’Ida, c’est le coup de foudre - pour elle…, il rencontre les deux barges avec lesquels il doit monter un coup, imm&#xe9;diatement il s’en m&#xe9;fie, il tombe sur l’indicateur qui bosse dans l’h&#xf4;tel o&#xf9; aura lieu le casse, automatiquement il sent le cave… Bref, Bogart est un instinctif&amp;nbsp;: seulement s’il d&#xe9;gage un je-ne-sais-quoi qui attire la confiance des autres (celle d&apos;Ida mais bien s&#xfb;r aussi ce l&#xe9;gendaire chien, Pard (Humphrey&apos;s dog, obviously), qui ressemble &#xe0; rien mais qui nous tire des larmes pour peu qu’on soit humain), il a du mal, lui-m&#xea;me, &#xe0; faire vraiment confiance &#xe0; son premier feeling… &amp;nbsp;Du coup, le pauvre va avoir une certaine tendance &#xe0; se retrouver dans de sales draps… jusqu’&#xe0; ce que ces derniers soient t&#xe2;ch&#xe9;s de sang&amp;nbsp;? Sans doute... On sent d&#xe8;s le d&#xe9;part en tout cas que le destin est en marche - sachant que celui-ci est sans piti&#xe9;, voyez…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/89/47/110219/86726705_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/89/47/110219/86726705_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-11h56m41s231&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a un nombre incroyable de trucs qui fonctionnent dans ce film - de quoi rendre jaloux n’importe quel autre film de m&#xea;me envergure qui fait pschitttt : l’allure de Boggy, nombre de ses r&#xe9;pliques (sa d&#xe9;claration d’amour &#xe0; Velma sous les &#xe9;toiles - avec ce petit moment o&#xf9; il lui prend subrepticement la main alors qu’il parle de V&#xe9;nus&amp;nbsp;: du nanan, les amis), sa complicit&#xe9; - &#xe0; la longue - avec Lupino, ce sacr&#xe9; clebs (sens&#xe9; port&#xe9; malheur aux diff&#xe9;rents ma&#xee;tres qu’il se choisit) qui suit Boggy partout et qui lui arrache &#xe0; chaque fois un petit sourire… &#xe0; la Boggy, ce casse facile comme un jeu d&apos;enfant qui se passe de fa&#xe7;on tellement foireuse qu’il en serait risible, cette &#xe9;chapp&#xe9;e finale dans les High Sierra et ce dernier plan… rahhh, cette fin… ce foutu travelling arri&#xe8;re sur le visage d’Ida… rah, putain Raoul, tu nous cueilles &#xe0; chaque fois…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/66/00/110219/86726741_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/66/00/110219/86726741_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-11h57m08s243&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chaque information semble, mine de rien, donner une indication tragique sur la suite des &#xe9;v&#xe9;nements (du big boss avec sa philosophie sur la mort au black dans le cottage avec sa th&#xe9;orie sur le chien) comme s&apos;il &#xe9;tait vain pour leur h&#xe9;ros d&apos;esp&#xe9;rer quoi que ce soit : notre Boggy qui, apr&#xe8;s 8 ans de prison, pense retrouver la nature l&#xe0; o&#xf9; il l’avait laiss&#xe9;e (l’incroyable visite dans le parc au tout d&#xe9;but), qui pense &#xea;tre constamment en terrain connu, qui pense avoir assez d’exp&#xe9;rience pour se pr&#xe9;parer &#xe0; tous les al&#xe9;as de la vie, va passer son temps &#xe0; &#xab;&amp;nbsp;tomber de haut&amp;nbsp;&#xbb;… Un mariage qui semble tout fait d’avance&amp;nbsp;? Tu r&#xea;ves Alfred&amp;nbsp;! Un vol qui devrait se passer comme sur des roulettes&amp;nbsp;? Tu parles Charles&amp;nbsp;! Un type ind&#xe9;pendant, le Boggy&amp;nbsp;? Attends, you&apos;re joking, qu’une donzelle ou un chien s’int&#xe9;resse &#xe0; lui, et voil&#xe0; notre rocher qui se fissure… A tough guy, with a soft heart, un gagnant destin&#xe9; &#xe0; tout perdre, un type solitaire qui r&#xea;ve de tranquillit&#xe9; et qui va finir le nez dans la poussi&#xe8;re devant une foule de voyeurs. Un monument dans la carri&#xe8;re de Walsh, un duo Boggart-Lupino mythique, et un enfoir&#xe9; de chien craquant… Que demande la populace, bordel&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/55/75/110219/86726791_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/75/110219/86726791_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-11h57m31s220&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/34/49/110219/86726840_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/34/49/110219/86726840_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-11h58m18s170&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;Walsh et gros mythe, &lt;a href=&quot;http://shangols.canalblog.com/archives/2013/02/15/26423126.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;clique&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 19 May 2013 15:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>Oc&#xe9;ans (2009) de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/19/27192751.html</link><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/19/27192751.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27192751/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/19/27192751.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/23/80/110219/86725424_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/23/80/110219/86725424_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-12h05m56s152&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;191&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva;&quot;&gt;Comme la journ&#xe9;e de la tortue approche - oui, bon, peut-&#xea;tre que cela ne vous concerne pas directement, chacun voit midi &#xe0; sa porte -, je me suis dit, tiens, et si je le matais ce film de Perrin sur les oc&#xe9;ans. D&#xe8;s le g&#xe9;n&#xe9;rique, nous voil&#xe0; pr&#xe9;venus, on remercie la fondation Total et le ch&#xe8;que d’un honorable Cheik au nom &#xe0; rallonge (on &#xe9;vitera peut-&#xea;tre de parler p&#xe9;trole, so&amp;nbsp;?), la fondation &amp;nbsp;Liliane Bettencourt (on ne parlera pas de graisse de baleine, hein&amp;nbsp;?) et j’en passe… Pour s’immerger totalement, il faudra donc fermer les yeux sur deux trois principes, mais &#xe9;galement se boucher les oreilles pour &#xe9;viter non seulement le discours plat digne d’un &#xe9;l&#xe8;ve de cinqui&#xe8;me dit sporadiquement par Perrin et cosign&#xe9; Laurent Gaud&#xe9; (!) ainsi que les bruitages ultra-gonfl&#xe9;s qui tenteraient de nous faire croire que lorsqu’un oursin bouge tu peux &#xe9;couter chacune de ses petites piques qui fr&#xe9;tille. Bref, faut faire des concessions. Ensuite bon ben on a droit tout de m&#xea;me &#xe0; deux trois moments qui d&#xe9;chirent&amp;nbsp;: les baleines qui s’&#xe9;brouent - moins magique que de les voir en vrai, certes mais c’est juste pour vous faire bisquer -, les mouettes qui plongent t&#xea;te la premi&#xe8;re au milieu d’un ban de poisson en forme de globe, les requins paisibles qui ne demandent qu’&#xe0; ce qu’on les laisse tranquilles…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/38/98/110219/86725465_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/38/98/110219/86725465_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-12h00m06s236&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;191&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a bien s&#xfb;r toujours dans ce genre de doc, les passages &#xab;&amp;nbsp;dr&#xf4;les et insolites&amp;nbsp;&#xbb;&amp;nbsp;: tiens des poissons qui ont la m&#xea;me t&#xea;te que les fr&#xe8;res Bogdanoff adultes, oh de jolis petits vers noirs et blancs, ouarf un truc qui ne ressemble tellement &#xe0; rien qu’on dirait Christine Boutin d&#xe9;guis&#xe9;e en pierre et ouvrant sa gueule d&#xe8;s qu’un truc sexu&#xe9; passe malencontreusement dans son entourage… Il y a aussi l’instant &#xab;&amp;nbsp;prise de conscience&amp;nbsp;&#xbb; avec Perrin marchant avec un mini Perrin au milieu d’animaux taxidermis&#xe9;s et maintenant disparus (le regard protecteur de l’un croisant le regard tout na&#xef;f de l’autre - c’est tellement mauvais qu’on dirait du Lelouch)&amp;nbsp;: comme il est impossible d’accuser la pollution due au p&#xe9;trole ou l’industrie des produits de beaut&#xe9;, on va s’en prendre &#xe0; ces salopiots de p&#xea;cheurs qui coupent les ailerons de requins avant de remettre la pauvre b&#xea;te &#xe0; l’eau&amp;nbsp;: elle coule du coup comme un tube de dentifrice qui fuit jusqu’au fond de l’oc&#xe9;an et c’est franchement pas humain. L’homme est un requin pour le loup de mer - ou un truc comme &#xe7;a. De bien belles images de fonds marins - la totale, quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/33/36/110219/86726224_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/33/36/110219/86726224_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-19-12h01m52s246&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;191&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 19 May 2013 12:28:00 GMT</pubDate></item><item><title>Magic Mike de Steven Soderbergh - 2012</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/18/27185080.html</link><category>SODERBERGH Steven</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/18/27185080.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27185080/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/18/27185080.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/80/48/110219/86695171_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/80/48/110219/86695171_p.jpg&quot; alt=&quot;magic-mike&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;253&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je vous vois esquisser un ricanement en d&#xe9;couvrant que je viens de me taper un film sur les Chippendales. Eh ben oui, et je dirai m&#xea;me plus : c&apos;est une tr&#xe8;s agr&#xe9;able surprise de d&#xe9;couvrir Soderbergh sur ces chemins-l&#xe0;. Sans hurler au g&#xe9;nie, je serais m&#xea;me &#xe0; deux doigts de classer &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Magic Mike&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; dans les tr&#xe8;s bons Soderbergh, en tout cas dans sa veine la plus commerciale. Derri&#xe8;re l&apos;entertainement pur jus, derri&#xe8;re les dorures et le fun, derri&#xe8;re le sc&#xe9;nario cousu de fil blanc, on entend la petite voix du metteur en sc&#xe8;ne nous crier quelque chose de tr&#xe8;s personnel, si bien qu&apos;on comprend qu&apos;on a affaire l&#xe0; &#xe0; un film &#xe0; tiroirs, qui se cache derri&#xe8;re le commercial pour dire quelque chose de touchant de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/81/25/110219/86695192_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/81/25/110219/86695192_p.jpg&quot; alt=&quot;magic-mike2&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;On regarde donc l&apos;ascension d&apos;un petit mec anonyme qui, au contact d&apos;un pro, va d&#xe9;couvrir le monde interlope et clinquant du strip-tease masculin : fric, drogue, filles, succ&#xe8;s et cocktails sur des plages paradisiaques, bref la vie de Shang mais avec des abdos. Rien de bien novateur dans le sc&#xe9;nario, toutes les &#xe9;tapes y sont, des d&#xe9;buts tatonnants &#xe0; la d&#xe9;ch&#xe9;ance, des coups bas aux moments de gloire, des engueulades avec le producteur aux discussions familiales houleuses. L&apos;essentiel du film, et c&apos;est la premi&#xe8;re qualit&#xe9;, est consacr&#xe9; &#xe0; ces chor&#xe9;graphies improbables o&#xf9; des gars taill&#xe9;s comme des b&#xfb;cherons se livrent &#xe0; de tr&#xe8;s suggestives variantes sur le m&#xe9;tier de policiers, de militaires ou de chefs de chantier. Les danses, hyper bien mont&#xe9;es par un Soderbergh vraiment virtuose du rythme, sont tr&#xe8;s dr&#xf4;les : non seulement les gusses sont excellents (Channing Tatum est vraiment impressionnants), mais en plus les chor&#xe9;graphies elles-m&#xea;mes manient un second degr&#xe9; bon enfant qui fait mouche. Le film renverse les traditionnelles repr&#xe9;sentations de l&apos;&#xe9;rotisme f&#xe9;minin, en nous montrant ces solides gaillards en tant que cibles de donzelles hurlantes. Ca balance de l&apos;hormone par poign&#xe9;es, &#xe7;a pousse du cri hyst&#xe9;rique, &#xe7;a joue du bassin et de l&apos;objet contondant avec un vrai sens du spectacle, et Soderbergh enregistre tout &#xe7;a avec une &#xe9;nergie, un fun, un humour communicatifs. Pour cette fois, les dorures clinquantes de sa mise en sc&#xe8;ne, les d&#xe9;cors lisses et propres, les lumi&#xe8;res dor&#xe9;es et clicheteuses, servent le sujet : il y est question d&apos;apparence et de superficialit&#xe9;, les personnages sont avant tout de la chair &#xe0; spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/78/64/110219/86695212_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/64/110219/86695212_p.jpg&quot; alt=&quot;magic-mike-photo-50505b4b56c24&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;299&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Et c&apos;est l&#xe0; qu&apos;on commence &#xe0; entrevoir la n&#xe9;cessit&#xe9; du film : v&#xe9;ritable autoportrait, le film nous montre l&apos;artiste qu&apos;est Soderbergh condamn&#xe9; &#xe0; la rentabilit&#xe9;, au spectacle, &#xe0; l&apos;entertainment. On voit tr&#xe8;s souvent dans ces personnages de mannequins des &#xea;tres malheureux, convaincu qu&apos;ils sont bons &#xe0; autre chose mais d&#xe9;vou&#xe9;s tout de m&#xea;me au pur divertissement. Pour le r&#xe9;alisateur de films aussi diff&#xe9;rents que &lt;em&gt;Ocean&apos;s Eleven&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Full Frontal&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Solaris&lt;/em&gt;, &#xe7;a fait sens ind&#xe9;niablement : ce film est une sorte de confession intime du gars, qui dit son d&#xe9;sarroi de faire partie du jeu hollywoodien tout en &#xe9;tant attir&#xe9; vers l&apos;exp&#xe9;rimental et le contemporain. Il y a dans cettte foule braillante de filles un portrait assez amer du public de cin&#xe9;ma, dans ce chef de troupe &#xe9;gotiste (excellent Matthew McConaughey) un constat acide sur les exigences des producteurs, et dans la m&#xe9;lancolie &#xe9;trange de Tatum un sentiment touchant de la part de Soderbergh. Le film est dix fois trop long, attendu la plupart du temps, clicheteux &#xe0; plein d&apos;endroits (le personnage de la nana), mais ce petit secret enferm&#xe9; en son sein vaut le d&#xe9;tour.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 18 May 2013 10:02:00 GMT</pubDate></item><item><title>La Peur (Non credo pi&#xf9; all&apos;amore (La paura)) (1954) de Roberto Rossellini</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/17/27182989.html</link><category>ROSSELLINI Roberto</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/17/27182989.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27182989/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/17/27182989.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/53/19/110219/86689934_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/53/19/110219/86689934_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-17-23h33m49s15&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;341&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rossellini adapte Zweig et met en sc&#xe8;ne pendant 70 minutes une pauvre Ingrid Bergman remplie d’effroi. Ah c’est bien joli d’avoir un mari et un amant… Seulement voil&#xe0;, cela devient beaucoup moins dr&#xf4;le quand l’ex de son amant se met martel en t&#xea;te de vous faire chanter. L’Ingrid c&#xe8;de une premi&#xe8;re fois prise de piti&#xe9; pour la pauvrette &#xe0; la rue, puis r&#xe9;siste, un peu, pas longtemps, car l’autre est forte en gueule&amp;nbsp;; elle c&#xe8;de une deuxi&#xe8;me fois mais la chtite semble bien d&#xe9;cid&#xe9;e &#xe0; ne pas l&#xe2;cher prise... La maitresse-chanteuse va plonger notre Ingrid dans la panique quand elle va lui &#xab;&amp;nbsp;emprunter&amp;nbsp;&#xbb; une bague - ce furent en d’autre temps des boucles d’oreille &#xab;&amp;nbsp;disparues&amp;nbsp;&#xbb; qui provoqu&#xe8;rent la d&#xe9;tresse d’une femme… -, d’autant que le mari de la belle Ingrid ne la l&#xe2;che point pour voir r&#xe9;appara&#xee;tre le dit bijou… Ingrid a le m&#xea;me regard perdu que celui d’un lapin dans la lumi&#xe8;re d’un camion, la nuit…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/60/94/110219/86689956_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/60/94/110219/86689956_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-17-23h34m47s84&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;341&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l’aide d’un montage des plus &#xab;&amp;nbsp;dynamiques&amp;nbsp;&#xbb;, Rossellini ne perd point de temps pour nous faire partager la chute tourbillonnante de cette femme prise en flagrant d&#xe9;lit d’adult&#xe8;re. Elle que l’on sent d’habitude si pos&#xe9;e, si responsable, si respect&#xe9;e, se voit soudainement expos&#xe9;e au danger et se doit de multiplier les efforts, quitte parfois &#xe0; en perdre haleine, pour donner satisfaction &#xe0; ce poison f&#xe9;minin qui a pris possession de son existence… Deux &#xe9;pisodes en filigrane sont particuli&#xe8;rement r&#xe9;v&#xe9;lateurs de l’angoisse qui &#xe9;treint Ingrid&amp;nbsp;: lorsque son mari force leur petite fille &#xe0; avouer qu’elle a vol&#xe9; la carabine de son fr&#xe8;re (joli plan avec cette petite fille de dos aux abois, le p&#xe8;re au second plan qui la tance et la pauvre Ingrid, debout, au troisi&#xe8;me plan, effray&#xe9;e de trouver dans cette sc&#xe8;ne un miroir de sa propre vie - le mensonge, la trahison, la punition…) ou encore lorsque son mari et ses coll&#xe8;gues parlent de leurs exp&#xe9;riences en laboratoire sur des anesth&#xe9;siants (depuis que cette femme a p&#xe9;n&#xe9;tr&#xe9; dans &#xab;&amp;nbsp;l’intimit&#xe9;&amp;nbsp;&#xbb; d’Ingrid, celle-ci perd tous ses moyens&amp;nbsp;: elle est comme paralys&#xe9;e, mourant de peur &#xe0; l’id&#xe9;e que son mari puisse apprendre la chose - ces exp&#xe9;riences &#xab;&amp;nbsp;sans douleur&amp;nbsp;&#xbb; r&#xe9;alis&#xe9;es&amp;nbsp; sur des animaux pourraient &#xe9;galement pr&#xe9;sager une fin tragique, si jamais la situation venait &#xe0; &#xe9;chapper totalement &#xe0; notre h&#xe9;ro&#xef;ne…)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/83/84/110219/86689977_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/83/84/110219/86689977_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-17-23h37m38s0&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;341&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ingrid ne sait plus &#xe0; quel saint se vouer en ce bas-monde (joli petit coup de th&#xe9;&#xe2;tre &#xe0; vingt minutes de la fin m&#xea;me si on pouvait s’en douter) et risque de commettre l’irr&#xe9;parable&amp;nbsp;: il y a ce plan lorsqu’elle entre, de nuit, dans la salle de laboratoire et que son ombre fantomatique appara&#xee;t au plafond&amp;nbsp;; l’Ingrid, ayant perdu tout dignit&#xe9;, toute raison de vivre, tout amour touche le fond et quand l’on repense &#xe0; la fin m&#xea;me de Zweig on se dit que ce dernier avait d&#xe9;j&#xe0; pr&#xe9;vu sa propre porte de sortie… Chronique d’une mort annonc&#xe9;e… &#xe0; moins qu’un petit miracle, sous forme de prise de conscience salvatrice, ram&#xe8;ne l’Ingrid de la mort &#xe0; la vie. R&#xe9;cit rondement men&#xe9; d’une femme qui perd pied, avec un Rossellini toujours aussi dou&#xe9; au niveau du rythme, de la construction des plans - le jeu sur les profondeurs de champ notamment - et dans sa direction d’actrice… Haletant - l’adult&#xe8;re, c’est mal, Ingrid, hum, hum…&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/85/43/110219/86689994_o.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://storage.canalblog.com/85/43/110219/86689994_p.png&quot; alt=&quot;vlcsnap-2013-05-17-23h38m18s133&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;341&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 17 May 2013 20:44:00 GMT</pubDate></item><item><title>Oeuvres de Jean Painlev&#xe9; (1929-1978)</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/04/21/13462366.html</link><category>PAINLEV&#xc9; Jean</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2009/04/21/13462366.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13462366/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2009/04/21/13462366.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hyas et st&#xe9;norinques&lt;/strong&gt; (1929)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Petite plong&#xe9;e dans le monde d&#xe9;licieux de ces malins animaux marins qui font d&apos;un camouflage un v&#xe9;ritable art (tu as le choix entre les algues et l&apos;&#xe9;ponge). Alors, la premi&#xe8;re question que vous me posez et vous avez raison d&apos;en profiter, c&apos;est : comment distinguer l&apos;un de l&apos;autre ? Bon, grosso modo les premiers sont des araign&#xe9;es (pour le profane que je suis) plut&#xf4;t &quot;balourdes&quot; et les secondes sont plut&#xf4;t &quot;&#xe9;lanc&#xe9;es&quot;, voyez. Je vous conseille en particulier celui qui prend des poses de bouddha ou encore le magnifique &quot;guerrier japonais&quot; comme l&apos;appelle le commentateur toujours &#xe0; l&apos;aff&#xfb;t. En guest star, il y a quelques apparitions du spirographe (c&apos;est quoi ? Attendez, attendez) un ver qui vit tout enfoui dans sa branche et qui lorsqu&apos;il sort sa t&#xea;te donne une magnifique corolle spiralaire qui t&apos;assoit. Un feu d&apos;artifice final du spirographe qui mange po de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&apos;Hippocampe&lt;/strong&gt; (1933)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/22/06/110219/38541114.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/06/110219/38541114_p.jpg&quot; alt=&quot;painleve_20&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;117&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Toute la dignit&#xe9; et la majest&#xe9; de cet int&#xe9;ressant poisson immangeable et pacifique. Si l&apos;hippocampe peut se caract&#xe9;riser par sa moue d&#xe9;daigneuse et sa queue de cam&#xe9;l&#xe9;on, son regard a l&apos;air constamment inquiet, notamment chez le m&#xe2;le; on comprend vite pourquoi, vu que, le gars, c&apos;est lui qui accouche et ce pendant des heures, en tressautant comme un malade. D&#xe8;s son plus jeune &#xe2;ge, l&apos;hippocampe aime &#xe0; attraper son cong&#xe9;n&#xe8;re par la queue, ce qui nous laisse &#xe0; penser, au vue des images, qu&apos;il est plut&#xf4;t joueur. Vous m&apos;arr&#xea;tez si cela devient franchement inint&#xe9;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Barbe Bleue&lt;/strong&gt; (1936)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/64/90/110219/86672000_o.jpeg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/64/90/110219/86672000_p.jpeg&quot; alt=&quot;film-barbe-bleue-painleve-bertrand1&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;121&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Une petite merveille du cin&#xe9;ma d&apos;animation des d&#xe9;buts, tout en stop-motion, en fil de p&#xea;che tendu et en travail manuel, pour une illustration haute en couleur du fameux conte. Painlev&#xe9; s&apos;en donne &#xe0; coeur joie dans la profusion des effets : couleurs primaires pouss&#xe9;es &#xe0; leur paroxysme, mouvements de cam&#xe9;ra assez prodigieux (des travellings arri&#xe8;re de toute beaut&#xe9;, une plong&#xe9;e vertigineuse depuis la tour de la Soeur Anne &#xe0; la fin), et surtout exploitation dans toutes leurs possibilit&#xe9;s de ses personnages de p&#xe2;te &#xe0; modeler. On est tr&#xe8;s fid&#xe8;le au conte dans cette version presque gore de la chose, o&#xf9; les t&#xea;tes volent mais continuent de parler, o&#xf9; les corps sont d&#xe9;coup&#xe9;s en deux dans le sens de la longueur, o&#xf9; les &#xe9;p&#xe9;es s&apos;enfoncent dans les chairs, etc. Mais Painlev&#xe9; n&apos;est pas non plus avare dans l&apos;inspiration po&#xe9;tique : le brouillard qui se l&#xe8;ve sur le champ de bataille, le magnifique ch&#xe2;teau jaune, les insertions de motifs gothiques, tout est beau, tout est scintillant. Dommage que tout &#xe7;a soit racont&#xe9; en op&#xe9;rette, et la pire qui soit, celle qui vous nique les oreilles et vous vrille les nerfs. Mais &#xe7;a ajoute encore &#xe0; l&apos;aspect humoristique de la chose, d&#xe9;j&#xe0; pas mal fun en elle-m&#xea;me (bien aim&#xe9; l&apos;armure pour prot&#xe9;ger la barbe du h&#xe9;ros). Une vraie d&#xe9;couverte, d&#xfb;e &#xe0; notre camarade de &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://racines.canalblog.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Racines&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, qui ne voit pas que l&apos;herbe qui verdoie mais aussi des bien belles trouvailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Oursins&lt;/strong&gt; (1953)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On pense que l&apos;oursin se r&#xe9;duit &#xe0; ses piquants qui vous font maudire sa race si vous avez malheur de marcher dessus (j&apos;ai fait l&apos;exp&#xe9;rience et le truc est paisiblement dans mon talon droit depuis 4 ans sans s&apos;&#xea;tre jamais plaint). Et bien pas du tout : on d&#xe9;couvre qu&apos;il a aussi des ventouses, le bougre, des organes bizarro&#xef;des en forme de t&#xea;te de serpent et de tr&#xe8;fles &#xe0; trois feuilles et m&#xea;me des cils vibratiles. On regarde, apr&#xe8;s &#xe7;a, l&apos;oursin d&apos;un autre oeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment naissent les M&#xe9;duses&lt;/strong&gt; (1960)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La vie d&apos;une m&#xe9;duse ayant l&apos;air chiante comme la pluie, il semble normal qu&apos;on s&apos;int&#xe9;resse en priorit&#xe9; &#xe0; son mode de reproduction. Painlev&#xe9; nous filme la sortie de la m&#xe9;duse (deux fois par jour, c&apos;est bon &#xe0; savoir si vous avez rendez-vous) en acc&#xe9;l&#xe9;r&#xe9; et c&apos;est gu&#xe8;re plus passionnant. Non franchement, &#xea;tre m&#xe9;duse, je vois po l&apos;int&#xe9;r&#xea;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Histoires de Crevettes&lt;/strong&gt; (1964)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/24/81/110219/38541444.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/24/81/110219/38541444_p.jpg&quot; alt=&quot;painleve_14&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;D&apos;apr&#xe8;s le commentateur apparemment avis&#xe9;, la crevette ferait preuve d&apos;une &quot;ruse sans lendemain&quot;. Et c&apos;est vrai qu&apos;en y r&#xe9;fl&#xe9;chissant bien, la crevette a bien l&apos;air aussi con que la m&#xe9;duse. On assiste au repas d&apos;une crevette qui &#xe0; l&apos;air de se mettre &#xe0; table en d&#xe9;gustant une moule - il la broie avec des &quot;pattes-m&#xe2;choires&quot; dis donc - puis &#xe0; sa toilette aussi minutieuse que celle d&apos;un chat. On apprend aussi que la crevette mue, ce qui la rend toute pataude pendant quelques instants et que ses potes en profitent souvent pour bouffer la crevette en perte de rep&#xe8;re. La crevette est un loup pour la crevette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amours de la Pieuvre&lt;/strong&gt; (1967)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/23/110219/38541465.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/23/110219/38541465_p.jpg&quot; alt=&quot;painleve_01&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Painlev&#xe9; nous sert une musique et un texte ultra angoissants (la voix off est assez croustillante, faut l&apos;admettre) alors que l&apos;on d&#xe9;couvre sous nos yeux &#xe9;bahis un poulpe qui tente de tracer sa route &#xe0; mar&#xe9;e basse : c&apos;est un peu comme une grosse bouse mouvante et cela ne nous rend l&apos;animal encore moins sympathique. Lorsque l&apos;envie prend au m&#xe2;le (reconnaissable &#xe0; ses grosses ventouses, c&apos;est bon &#xe0; savoir) de se reproduire, il se vautre sur la femelle comme un malpropre et la sc&#xe8;ne d&apos;accouplement ressemble franchement &#xe0; du grand n&apos;importe quoi - personne n&apos;a jamais pens&#xe9; &#xe0; &#xe9;crire un kama sutra de la pieuvre? Franchement, il y aurait mati&#xe8;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acera ou le Bal des Sorci&#xe8;res&lt;/strong&gt; (1972)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/23/07/110219/38541535.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/23/07/110219/38541535_p.jpg&quot; alt=&quot;JP1_ph_acera&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;114&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L&apos;acera est un mollusque qui soul&#xe8;ve sa jupe quand il nage et qui pourrait en effet presque faire penser &#xe0; des sorci&#xe8;res s&apos;il y avait des balais dans l&apos;oc&#xe9;an. Alors l&apos;acera, sinon, est un genre de limace marine bisexu&#xe9;e qui ne rebute point &#xe0; la partouze. Cela n&apos;a pas l&apos;air de g&#xea;ner quiconque ce qui tenterait &#xe0; prouver que le monde marin est des plus tol&#xe9;rants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cristaux liquides&lt;/strong&gt; (1978)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/35/34/110219/38541548.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/35/34/110219/38541548_p.jpg&quot; alt=&quot;painleve_03&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;113&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;De bien belles images dont les variations dans les formes et les couleurs font curieusement penser &#xe0; un clip disco. Ca tombe plut&#xf4;t bien, on &#xe9;tait en plein dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(A suivre... eh oui, je vous rappelle qu&apos;on a dit &quot;pointu&quot;, faut assumer jusqu&apos;au bout...)&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 17 May 2013 12:42:00 GMT</pubDate></item><item><title>Apr&#xe8;s Mai d&apos;Olivier Assayas - 2012</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/17/27177569.html</link><category>ASSAYAS Olivier</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/17/27177569.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27177569/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/17/27177569.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/56/97/110219/86665358_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/56/97/110219/86665358_p.jpg&quot; alt=&quot;Apr&#xe8;s-mai&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;235&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le cin&#xe9;aste de la jeunesse enrag&#xe9;e est devenu le cin&#xe9;aste de la jeunesse d&#xe9;sabus&#xe9;e, et on y perd au change. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Apr&#xe8;s Mai &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;est certes ma&#xee;tris&#xe9;, mais il y manque la fi&#xe8;vre, l&apos;urgence, cette &#xe9;nergie &#xe9;lectrique que le gars Assayas avait su trouver avec force dans &lt;em&gt;L&apos;Eau Froide&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;D&#xe9;sordre&lt;/em&gt;. C&#xe9;r&#xe9;bral, vid&#xe9;, sans &#xe9;motion, allangui, presque d&#xe9;prim&#xe9;, ce film-l&#xe0; dresse un constat vraiment trop glacial de la perte des id&#xe9;aux, et &#xe9;choue m&#xea;me &#xe0; la transmettre r&#xe9;ellement. Trop ppr&#xe9;occup&#xe9; par sa reconstitution appliqu&#xe9;e des ann&#xe9;es 70, trop emp&#xea;tr&#xe9; dans sa direction d&apos;acteurs, trop obnubil&#xe9; par la signifiance de son sc&#xe9;nario et la sophistication de ses mouvements de cam&#xe9;ra, Assayas en oublie l&apos;essentiel : le spectateur. Il r&#xe9;alise un film pour lui seul, dirait-on, un film un peu masochiste dans sa fa&#xe7;on de se renvoyer lui-m&#xea;me dans les cordes en s&apos;accusant de n&apos;avoir pas su rester fid&#xe8;le &#xe0; ses id&#xe9;aux politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/69/70/110219/86665378_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/69/70/110219/86665378_p.jpg&quot; alt=&quot;apres-mai-clement-metayer-lola-creton&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;246&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est &#xe7;a, le sujet : comment la radicalit&#xe9; politique des ces ann&#xe9;es-l&#xe0; (l&apos;imm&#xe9;diat apr&#xe8;s 68, les lyc&#xe9;ens trotskystes et mao&#xef;stes qui affrontent les fachos, ce genre de choses qu&apos;on voit aussi &lt;em&gt;in situ&lt;/em&gt; dans les Godard de cette &#xe9;poque) a d&#xfb; baisser les bras devant les aventures sentimentales ou les ambitions artistiques. Autoportrait en jeune homme h&#xe9;sitant, &lt;em&gt;Apr&#xe8;s Mai&lt;/em&gt; nous montre un gars compl&#xe8;tement impliqu&#xe9; dans la r&#xe9;volution c&#xe9;der peu &#xe0; peu le pas devant ses r&#xea;ves : devenir peintre ou cin&#xe9;aste, &#xea;tre aim&#xe9; des gorettes qu&apos;il croise (la garrelienne Carole Combes ou la mutine Lola Cr&#xe9;ton) et construire sa vie. La reconstitution des AG mouvement&#xe9;es de la premi&#xe8;re partie (vraiment rat&#xe9;e) est remplac&#xe9;e peu &#xe0; peu par une errance sentimentale &#xe0; la poursuite de ses ambitions. Bon, il a peut-&#xea;tre raison, apr&#xe8;s tout : l&apos;amour est plus beau que la lutte. Mais du coup, le film se teinte d&apos;une amertume presque cynique qui finit par contaminer l&apos;ensemble de la chose. Pas d&apos;&#xe9;nergie dans ce personnage, pas d&apos;&#xe9;motions dans ses atermoiements amoureux un peu clicheteux, pas de jeunesse finalement dans un film qui lui est pourtant consacr&#xe9;. Juste le regard trop dur d&apos;un adulte revenu de tout. C&apos;est vrai qu&apos;Assayas &#xe9;vite pas mal de pi&#xe8;ges, notamment un esprit hippie qui aurait &#xe9;t&#xe9; trop facile ; c&apos;est vrai aussi que la musique qu&apos;il colle l&#xe0;-dessus est parfaite, succession de tueries (Syd Barrett, Soft Machine, Nick Drake) qui changent des &#xe9;ternels disques &quot;de l&apos;&#xe9;poque&quot;. Mais la direction d&apos;acteurs (tous affreux), l&apos;application de bon &#xe9;l&#xe8;ve dans l&apos;&#xe9;criture, le faux rythme et la sur-sch&#xe9;matisation de l&apos;ensemble font &#xe9;crouler tout &#xe7;a. Inutile et fade : Assayas loupe son film autobiographique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/32/69/110219/86665391_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/32/69/110219/86665391_p.jpg&quot; alt=&quot;apres_mai3&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;261&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 17 May 2013 08:33:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les Amants crucifi&#xe9;s (Chikamatsu monogatari) de Kenji Mizoguchi - 1954</title><dc:creator>Shangols</dc:creator><link>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/16/27172829.html</link><category>MIZOGUCHI Kenji</category><comments>http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/16/27172829.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://shangols.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/27172829/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://shangols.canalblog.com/archives/2013/05/16/27172829.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/99/28/110219/86647691_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/28/110219/86647691_p.jpg&quot; alt=&quot;chikamatsu&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La derni&#xe8;re p&#xe9;riode de Mizoguchi est d&#xe9;cid&#xe9;ment pleine de beaut&#xe9;s, et ces Amants sont vraiment une merveille &#xe0; tous points de vue. Il s&apos;agit moins cette fois de la narration d&apos;une d&#xe9;ch&#xe9;ance f&#xe9;minine que de celle d&apos;un couple. Au XVII&#xe8;me si&#xe8;cle, Mohei, brave employ&#xe9; d&apos;une imprimerie, tente de sortir sa ma&#xee;tresse d&apos;une suite compliqu&#xe9;e de dettes familiales. Mais par une suite de malentendus, de secrets non r&#xe9;v&#xe9;l&#xe9;s, de liens familieux obscurs et de tromperies d&apos;alc&#xf4;ve, Mohei va &#xea;tre soup&#xe7;onn&#xe9; d&apos;entretenir une coupable et adult&#xe9;rine relation avec la femme du patron. Le couple est contraint de fuir, poursuivis par les flics, les cr&#xe9;anciers, les maris outrag&#xe9;s et la vindicte populaire. La punition s&apos;ils ont pris sera la crucifixion, les braves gens n&apos;aimant pas qu&apos;on suive une autre route qu&apos;eux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/36/56/110219/86647724_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/36/56/110219/86647724_p.jpg&quot; alt=&quot;_10&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;254&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;D&apos;abord on est sci&#xe9; par la modernit&#xe9; du sc&#xe9;nario. On sait Mizo tr&#xe8;s moderniste dans sa vision des humains, on le sait tr&#xe8;s en avance sur les moeurs de son &#xe9;poque. Mais voir ainsi LE sujet tabou (l&apos;adult&#xe8;re) trait&#xe9; avec cette frontalit&#xe9; fait vraiment plaisir. Les personnages, complexes, &#xe9;pais, pleins de contradictions et de refoul&#xe9;s, se distinguent tr&#xe8;s nettement du cin&#xe9;ma japonais classique, qui a tendance &#xe0; cantonner (jeu de mot) les &#xea;tres &#xe0; leur statut social. Ici, certes, on sent le poids insoutenable de la hi&#xe9;rarchie, de l&apos;argent, des coutumes, de la famille et du qu&apos;en-dira-t-on, et les &#xea;tres subissent une sorte d&apos;annihilation de leur nature &#xe0; cause du rang social qu&apos;ils sont forc&#xe9;s de repr&#xe9;senter ; mais les personnages sont plus que &#xe7;a, se d&#xe9;battent sous leurs masques, &#xe0; l&apos;image du mutique Mohei, dont les amours ne seront d&#xe9;voil&#xe9;s qu&apos;en ultime recours, et dont le courage sera inattendu, tant le personnage nous est d&apos;abord pr&#xe9;sent&#xe9; comme fal&#xf4;t et discret. Son honn&#xea;tet&#xe9; sans faille (m&#xea;me quand il envisage le temps d&apos;une sc&#xe8;ne de falsifier un document, c&apos;est pour arrondir les choses, pour rendre la paix &#xe0; sa patronne) se heurte au portrait terrible que Mizo dresse de la bourgeoisie et du patronnat : tout est mesquinerie, avarice, impitoyable dans ce minuscule monde de l&apos;imprimerie, o&#xf9; on est pr&#xea;t &#xe0; pi&#xe9;tiner l&apos;autre pour gagner un peu de bl&#xe9; ou acc&#xe9;der &#xe0; un rang sup&#xe9;rieur. L&apos;univers moral est ferm&#xe9; de tous les c&#xf4;t&#xe9;s chez ces gens-l&#xe0;, &#xe0; l&apos;image des d&#xe9;cors de la premi&#xe8;re partie, cloisons rigides qui s&#xe9;parent les &#xea;tres comme des castes, qui servent &#xe0; cacher les complots et les comportements d&#xe9;viants.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/66/60/110219/86647748_o.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/66/60/110219/86647748_p.jpg&quot; alt=&quot;mizoguchikenjichikamatsim7&quot; width=&quot;450&quot; height=&quot;332&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, les gars, l&apos;amour triomphe de tout. A la moiti&#xe9; du film, apr&#xe8;s une sc&#xe8;ne proprement somptueuse au milieu des herbes hautes battues par les vents, nos deux desesp&#xe9;r&#xe9;s quittent les int&#xe9;rieurs scl&#xe9;ros&#xe9;s pour se lancer sur les routes ; et, malgr&#xe9; la peur, malgr&#xe9; le d&#xe9;sespoir, malgr&#xe9; les envies de suicide qui r&#xf4;dent, l&apos;amour m&#xe8;ne ce couple envers et contre tous. D&apos;un romantisme sombre, Mizoguchi filme cet amour au sein d&apos;une nature paradisiaque, eaux endormies des &#xe9;tangs film&#xe9;es plein cadre et qui envahissent l&apos;&#xe9;cran, et petits chemins de montagne &#xe9;d&#xe9;niques. Le film s&apos;ouvre &#xe0; la beaut&#xe9; des choses, un peu comme un haiku : on sait que c&apos;est &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re, que &#xe7;a ne durera que queques sc&#xe8;nes, que nos amants en fuite vont vite &#xea;tre repris par leurs poursuivants, mais ces minutes d&apos;exaltation amoureuse en milieu rural sauvent toutes les tares des comportements de la premi&#xe8;re partie. Le rythme magnifiquement allangui vient adoucir les exc&#xe8;s des sentiments, et on a droit v&#xe9;ritablement &#xe0; une d&#xe9;claration d&apos;amour &#xe0; l&apos;amour en tant qu&apos;&#xe9;motion fulgurante et vou&#xe9;e &#xe0; mourir. On comprend alors la s&#xe9;r&#xe9;nit&#xe9; de notre couple d&apos;amoureux lors de cette derni&#xe8;re sc&#xe8;ne compl&#xe8;tement zen. Un spectacle constant et magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;mise sur Mizo : &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://shangols.canalblog.com/archives/2006/02/12/23856394.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;clique&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 16 May 2013 15:27:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>