02 février 2010

La Légende de Zatoichi (vol. 25): Retour au Pays natal (Shin Zatôichi monogatari: Kasama no chimatsur)(1973) de Kimiyoshi Yasuda

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Avant dernier épisode - pour ne pas dire le dernier "de l'époque", le vingt-sixième opus survenant 16 ans plus tard - d'une assez belle sobriété, tout en retenue et en sagesse à l'image des rouflaquettes grisonnantes de notre héros aveugle, avant un final tonitruant qui a comme un arrière-goût de riz à la sauce tomate... Zatoichi revient donc à la maison-mère et n'a malheureusement d'autres choix que de se recueillir sur la tombe de sa nourrice, morte cinq plus tôt. Il croise dans le village de son enfance une "soeur de lait" toute crémeuse avec laquelle... ben nan, le gars ne sait toujours po conclure, et surtout deux personnages qui vont le faire progressivement bouillir : le gouverneur qui truande les paysans avec sa maxi-dosette de riz (l'impôt local) pipée et un ami d'enfance du Zato, Shindai (Eiji Okada "le gars qui a vu Hiroshima", vivivi...), un type qui a fait fortune en étant complètement pourri jusqu'à la moelle. L'antithèse en quelque sorte de notre Zato, type sans richesse mais aux principes droits comme un sabre.

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Belle séquence de recueillement pour notre homme qui arrose la tombe de sa nourrice avec douze litres de sake - il sait à quel sein il a têté, le bougre - et jolie scène tout autant apaisée dans la semi-pénombre avec Omiya, cette soeur de lait à laquelle il demande l'autorisation de toucher les lèvres : la seconde érotique ? A peine, puisque Zatoichi, en tâtant ses lèvres, tente de retrouver la douceur du sein nourricier. Il ira po plus loin, aussi manche que sa canne d'aveugle. Avant de régler leur compte aux deux hurluberlus qui exploitent le village, Zato va faire la connaissance d'une bande de quatre zazous sortis tout droit d'un clip des Beatles - les cheveux longs jusque là -, quatre gaziers accompagnés d'une Yoko Ono vintage. Ils suivent notre aveugle au départ pour lui faire un sale coup mais, sous l'influence de Yoko qui va sauver la vie à Zato, ils vont devenir de vrais potes. Zato, après une malencontreuse chute dans un marais, va en sortir, avec l'aide de Yoko, couvert de boue telle une créature d'un sale lagoon, et va s'attaquer tel un Golem nippon à tous les types à la soldes des deux enfoirés du village. Cela en fait un paquet et le final nous réserve notre lot de coups de sabre fatal : ça commence caméra à l'épaule dans un grenier à riz et, progressivement, au son produit par l'écoulement des grains de riz qui s'échappent des sacs percés va se substituer celui des gargouillements de sang qui s'écoulent des gorges tranchées. Sans pitié le Zatoichi ? Si le gouverneur ou le gros porc de parrain local se retrouvent rapidement avec un bout de fer dans les os, le masseur aveugle semble vouloir épargner son ami d'enfance comme si le type était la dernière chose qui le rattachait à son enfance : belle séquence dans un brouillard très esthétique où l'on voit Zatoichi, derrière ses yeux mi-clos, tenter de retrouver l'image du passé. Son ami d'enfance tient la chance d'en réchapper à moins de faire un faux pas... Hum.

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Zatoichi va-t-il enfin poser sa valoche Samsonite et couler des jours tranquilles auprès de cette doucereuse soeur de lait qui a bien tourné ?... Penses-tu, ce type de taff, redresseur de tort, c'est un boulot à plein temps où il n'est jamais question d'une quelconque retraite. Un destin tout tracé et inévitable de la même façon que c'est par un étrange coup de sort qu'il a décidé de rester dans ce village : bien décidé à partir après l'hommage rendu à sa nourrice, son vêtement reste coincé dans le montant de la porte et notre homme de s'attarder pour jeter un "ultime coup d'oeil" à la situation. La suite, on la connaît, ce sera hémoglobine and co. Un pénultième opus très maitrisé où l'on retrouve un Zatoichi tour à tour homme de coeur mais aussi capable de piquer de grosses colères face aux injustices... Basique mais toujours aussi solide (l'épisode de la série comme l'homme...). 

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19 janvier 2010

La Légende de Zatoichi (vol. 18): Le Défi (Zatôichi hatashi-jô) (1968) de Kimiyoshi Yasuda

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Pas mauvais du tout, ce volume 18, avec quelques éclairs de violence qui font des ravages et un Zatoichi toujours aussi méfiant qui sait se faire comme toujours le Robin des Bois des pauvres nippons. Se moquer des aveugles, oui, c'est mal, mais c'est surtout ultra dangereux quand on a affaire à Shintarô Katsu, véritable fleuve (il est gros quand même) qui dort. Vif comme un chat, il règle son compte à deux chacals qui ont bêtement jeté de la terre sur sa boulette de riz. Zwing, zwang, ah tiens, deux chacals morts. Comme d'hab, il va se retrouver dans un petit village rongé par le mal : un administrateur, Matsugoro, au visage de petit porcelet, qui s'allie avec une bande de fugitifs qui fait elle-même régner la terreur sur son passage. Zatoichi ne va pas tarder à trouver refuge chez un vieux docteur qui ne compte pas sa peine ni son argent pour soigner les plus démunis et va remettre un peu d'ordre dans le bazar : il aide un vieux à récupérer sa fille malade (elle se fait exploiter par Matsugoro dans une entreprise de tissage) en forçant méchamment la main à l'administrateur sans scrupule, et ne va point tarder à se retrouver avec tous les méchants gaziers sur le dos; grâce à son ouïe plus fine qu'une mouche, il déjoue plusieurs tentatives d'assassinat, mais ne pourra échapper à une méchante balle (belle séquence de nuit "aux flambeaux" sur le fleuve, lorsqu'on le traque). En sang - mais l'hémoglobine semble booster ses ardeurs -, il va faire un véritable massacre pour faire payer à chacun ses basses exactions...

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Sévère mais juste. Zatoichi n'épargne personne si ce n'est une femme parmi la bande des fugitifs : il découpe tout juste les bretelles de son soutif (c'est une image) pour lui faire prendre conscience qu'il serait temps d'arrêter les boulettes. Peu d'effusion de sang en fait (à peine un bras coupé disons, peu de geysers rougeâtres), mais des combats ultra-violents d'une belle efficacité. Bon, oui, la séquence où Zatoichi s'extorque lui même la balle de son corps est tout de même relativement impressionnante. Shintarô Katsu déroule et incarne avec toujours la même finesse (j'aime son petit sourire narquois quand on lui cherche des noises, rongeant intérieurement son frein) ce Zatoichi, véritable bombe à retardement (ouais quand on dépasse les bornes, on se fait raser de près...). On pense qu'un poil de romance (joli repos du "guerrier" qui fait la cueillette dans ces paysages verdoyants) est dans l'air avec la fille du docteur (au niveau érotisme, il faut reconnaître qu'on est un peu frustré), seulement comme le frère de celle-ci fait partie de la bande de fugitifs, Zatoichi ne peut guère marquer de points en le découpant en rondelles... Justicier solitaire, toujours "l'oeil aux aguets" pour protéger les plus faibles, c'est un taff ingrat. Le masseur sachant masser repart vers d'autres horizons poursuivant sa quête infinie contre le Mal... Po grave, c'est toujours un plaisir de le croiser sur sa route.    

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