A World without Thieves (2004) de Xiaogang Feng
Un nanar à la sauce chinoise ou encore comme dirait mon pater lorsqu'il est énormément déçu : "c'est con que ça n'en peut plus!". Avant The Banquet, une autre bouse avait donc déjà été commise par le même Xiaogang Feng dont les images léchées - et jaunes - ont autant de consistance que les discours pré-électoraux de Sarko : ça dégouline de bons sentiments, les acteurs (même le pauvre Andy Lau affublé toute une partie du film d'une moumoute en forme de balai de chiotte ou de Philippe Sollers après un match de rugby) jouent comme ma grand-mère, et la musique est sirupeuse à mourir ("Le jour où je t'ai rencontrée, mon coeur a pris feu / j'ai vu mon destin se retourner comme un pneu" - j'invente rien et je garde les rimes, grand seigneur). Il y a des voleurs, tout plein tout plein, dans un train, un pauvre orphelin avec sa paie de ces 5 dernières années, une pauvre fille en phase terminale, c'est aussi nase qu'un scénar de Luc Besson et vaut mieux que j'arrête là sinon je vais m'énerver... Si je choppe l'étudiante qui m'a parlé de ce film je lui fais manger ses baguettes et le bol avec. Non mais!
The Banquet (Ye Yan) (2006) de Xiaogang Feng
Tout d'abord, entre parenthèses, il faut signaler la nouvelle politique de distribution des films en Chine qui permet de sortir le DVD pratiquement en même temps que le film pour lutter contre les copies pirates - prix d'une copie pirate: 0.7 euro - prix de l'original dans le supermarché en bas de chez toi (de chez moi si vous préférez): 1,4 euro. Alors certes, (comme au ciné cela dit), il y a 10 min de pub avant le début du film. Mais franchement, vous allez pas me dire que les éditeurs de dvd se gavent pas un maximum en France!!!
Voilà, cela dit, The Banquet est donc la dernière méga-production chinoise, adapté de Hamlet même s'il n'est pas sûr que Shakespeare puisse reconnaître son bébé: c'est plein de combat avec des chwink et des zwang, des gens qui volent dans tous les sens, des sabres qui rentrent dans les corps comme dans du beurre malgache - en gros, on va pas se priver d'en mettre plein la vue. Bon malheureusement notre ami Xiaogang Feng n'est pas Zhang Yimou et côté poésie, il ne suffit pas de mettre des gens tout en blanc contre des gens tout en noir au dessus d'arbres verts, pour toucher au lyrisme. Mais bon, il y a tout de même de l'efficacité à foison dans les scènes d'action, on va pas non plus être b
égueule. Là où le bât blesse, c'est dans le choix de l'Hamlet, Daniel Wu, qui peut se targuer d'être sûrement le plus faible de toute l'histoire du cinéma - par chance, il n'a pas de tirade. Zhang Ziyi se retrouve elle au centre du récit et comme disait ma grand-mère, elle a de très jolies toilettes, et son maquillage jaune et rouge est toujours du meilleur effet. Elle est cotoyée par la chtite Xun Zhu (Suzhou River, Balzac et la petite tailleuse chinoise) qui apporte toute sa candeur et son air un peu perdu mais moi j'l'aime bien.
Bon sinon on voit bien que le Feng a bénéficié du plus grand set de tournage jamais conçu en
Chine et on a droit a des plans filmés d'un satellite (au moins). Ca fait son effet, dans le genre "ouah, c'est super grand" d'autant qu'ils ne sont pas rats sur les bougies - vu que la Chine fabrique 80% de la production mondiale des briquets, il y a pas de quoi faire le malin non plus. Plastiquement, on peut pas dire que ce soit complétement raté - des décors de fooooolie et une salle de bains de la taille d'une piscine olympique couverte de pétales de roses- mais je sais pas, il manque constamment un souffle, la mise en scène est théâtrale à mort dans le pire sens du terme, quant à la musique, ils n'y vont vraiment pas de main morte... Mention spéciale tout de même pour le chapeau de l'Empereur (fait dans les rideaux de 37°2) qui fait "giling giling giling" tout le long du film, et ça, ça m'a bien fait marrer.
