12 mars 2012

Gallipoli (1981) de Peter Weir

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Voilà presque vingt ans que mon prof en Histoire de l'Australie du XXème siècle (j'ai étudié des tonnes de choses qui m'ont servi plus tard dans la vraie vie...) nous avait conseillé ce film de Peter Weir (l'ami Gols n'a pas vraiment été tendre avec lui sur ses premiers films - presque comme s'il était anglais, c'est dire) qui revient donc sur cette bataille australienne en Turquie pendant la première Guerre Mondiale - une tuerie... On suit surtout dans un premier temps l'amitié qui se noue entre Mark Lee (blondinet qui se marre tout le temps) et Mel Gibson (déjà plus sombre) : ils viennent du fin fond de l'Australie et sont tous les deux amateurs de course à pied ; ils vont traverser ensemble un territoire totalement désert pour aller s’enrôler - l'Australien a le sens de l'honneur, Monsieur -, vont se retrouver en formation au pied des pyramides puis seront quasiment côte à côte dans les tranchées avant l'attaque de ces chiens de Turcs - qui se marrent comme des tordus devant ces Australiens qui chargent avec leur baïonnettes face à leurs mitraillettes (ils obéissent aux ordres des Anglais et on sent bien que le film remue quelques petits antagonismes entre les deux pays...). Bon mais ce film alors, justement ? Rah, je serai sûrement moins dur que mon poteau et suis prêt à reconnaître que Weir fait le taff en gèrant le petit côté fresque de cette histoire d'amitié ambulante ; l’éclectisme de la musique est, lui, sûrement plus discutable : si la course d'origine entre Lee et Gibson se passe sur une musique de... Jean-Michel Jarre (eh ouais, Oxygène dis donc !... Cela m'a fait repenser Aux Chariots de Feu et à la musique de Vangelis : est-ce que la musique de merde ferait courir plus vite ?, là est la question...), le ralliement en bateaux par les soldats australiens des côtes turques se fait sous... l'Adagio d'Albinoni qui revient d'ailleurs environ toutes les vingt minutes pour les moments po gais gais - un peu tarte à la crème, vi. Le passage finalement le plus réussi est peut-être cette traversée torride de cette partie désertique australienne (même pas un kangourou à se mettre sous la dent...) dont certaines images feraient presque penser à Gerry si on était gentil, mais on ne le sera point, par pure mauvaise foi. Vous allez me dire que cela correspond aux moments où Mel Gibson se tait, mais je ne relèverai point...

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On ne peut pas dire sinon que Weir présente ses compatriotes toujours sous leurs meilleurs aspects - leur passage tapageur et un poil irrespectueux en Égypte - se rattrapant tout de même sur la fin en montrant toute leur cool attitude sur ses côtes turques - bombardé du matin au soir, l'Australien vaque à ses occupations comme si de rien n'était - et surtout leur cœur au combat... en pure perte : une terrible innocence en quelque sorte affreusement sacrifiée... A défaut de vraiment se passionner pour le récit, on suit gentiment les pérégrinations de nos deux jeunes gens qui nous font voir du pays : l'illustration de cette page historique et dramatique de l'Australie passe la barre, ouais, à défaut de nous prendre aux tripes - et ce malgré l'effort - un peu facile - de dramatisation "sur la ligne".

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15 octobre 2008

La Dernière Vague (The last Wave) de Peter Weir - 1977

lastwave122001, a Space Odyssey n'a décidément pas eu que des retombées heureuses, ni le LSD consommé à outrance cela dit. Peter Weir, visiblement en pleine influence de l'un et de l'autre, se targue de produire lui aussi son petit trip expérimental, et nous sert ce gros space-cake indigeste en guise de manifeste hippie. Sa panoplie est un peu rongée au mites, ou en tout cas il l'endosse sans trop y croire, mais il n'a pas l'air de s'en faire pour ça : The last Wave avance avec la crânerie du petit malin qui n'a retenu du film de Kubrick que son côté abscons.

Le recyclage des éléments hippies tourne en plein, avec ce scénario fantastique qui mélange un futurisme apocalyptique avec les traditions ancestrales de l'Australie. En gros, Richard Chamberlain joue un gars lambda qui, à l'occasion d'un meurtre, va découvrir qu'il est un lastwave08bulgudul (ou un mot approchant), c'est-à-dire un esprit visionnaire qui appartient à une autre dimension et qui fait son apparition juste avant l'Apocalypse... Moi aussi, quand j'ai bu, je déconne. Weir y va fort, avec moult pierres sacrées, force chants gutturaux millénaires, et nombre d'aborigènes au regard profond qui se transforment en hibou et font déborder les baignoires. Tout ça peut déclencher un vague rictus si on est bien luné, mais provoque surtout un ennui mortel : le film aurait gagné à être élagué d'une bonne heure et demie (il fait 1h41), c'est un fait, mais surtout à se débarrasser de ces tendances ésotériques genre rayon du fond de Nature et Découverte. Au milieu de ces séquences sentencieuses peuplées de sorciers de Prisunic, il faut se fader des dialogues à rallonges insupportables, des mines pétrifiées de Richard Chamberlain à faire trembler Achille Zavatta, et une mise en scène indigente au possible.

lastwave10Dans la dernière bobine, Weir sort l'artillerie lourde en s'efforçant avec un bel effort de brouiller les pistes : on a droit à un long délire mystique sur l'Apocalypse qui met son point d'honneur à démentir les sur-explications du reste du film (franchement, y a que Chamberlain qui n'a pas encore compris ce qui lui arrive). On sent le petit Peter trépigner : "Moi aussi je peux faire du mystère !" ; en guise de mystère, on n'a qu'une longue thèse soporifique type "Connaissance du Monde" à se mettre sous les yeux. Une nazerie lourdissime.

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21 septembre 2008

Les Voitures qui ont mangé Paris (The Cars that ate Paris) de Peter Weir - 1974

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Le premier long-métrage de Peter Weir a tous les défauts d'un premier long-métrage, et j'irai même jusqu'à dire qu'on frôle l'indigence avec ce film maladroit, bancal et relativement incompréhensible. Pas faute d'ambition pourtant : le gars essaye plein de trucs tarabiscotés, et choisit franchement une voie très originale pour raconter son histoire. On a droit à une sorte de mix entre Mad Max (pour le côté futuriste) et les expérimentations psychédéliques de l'époque (pour la mise en scène sous LSD). Mais Weir n'arrive jamais à choisir entre ses deux tendances, le film d'action spectaculaire et le film-labo, et du coup The Cars that ate Paris est assez inregardable.

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De ce que j'ai compris, il est question d'une petite ville rurale qui provoque des accidents de bagnole pour conserver sa tranquillité et son isolement (tout en récupérant au passage les pièces détachées). Un des accidentés est adopté (de force) par la ville, avec interdiction d'en sortir, pendant qu'une bande de gringos provoque la terreur au volant de bolides bruyants qui sillonnent les rues à la manière du motard de Amarcord. Bon, pourquoi pas : un tel sujet peut déployer des tas de sous-sujets plutôt intéressants, et y réussit parfois : traditions arriérées, petite vie minable (une scène de bal assez poilante), une vision passéiste de la société sur fond de violence pure. La photo du film, et la galerie de personnages effrayants dressée par Weir, emportent le morceau : on est dans la beauté tranquille de la ruralité, mais l'aspect lisse de chaque chose cache des travers horribles. L'arrivée au bal d'un tas de fous grotesques (rescapés des accidents, mais trépannés par le médecin du village) fait son effet, et souligne le fond brutal du film. Weir multiplie les références au western (les voyous habillés en cow-boys, la charge des voitures dans la séquence finale, la communauté qui s'organise pour faire front, le "sheriff" paternaliste), tout en amenant une esthétique très contemporaine et très barrée (les petits vieux qui dépiautent les voitures, les emprunts à l'image publicitaire dans la première scène).

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Mais trop brouillon, le film ne parvient jamais à être à la hauteur de ses ambitions. Trop c'est trop, et tout ça vire très vite à la foire totale. Monté en dépit du bon sens, réalisé sûrement trop vite et sans intelligence, ça tombe dans une laideur jamais justifiée. La musique est parfaitement immonde, les acteurs souvent en roue libre, et le scénario se délite sous les fausses idées de réalisation. On ne comprend bientôt plus grand-chose à ce qui nous est montré, alors que visiblement Weir voudrait bien réaliser un film populaire et choc. Je préfère les délires d'un Barbet Schroeder, à la même époque, que ce film le cul entre deux chaises. Débutant, on va dire.

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17 juillet 2007

Pique-nique à Hanging Rock (Picnic at Hanging Rock) (1975) de Peter Weir

picnic5On peut pas dire que je me sois vraiment laissé emporter par le charme désuet et le mystère de ces disparitions de jeunes filles diaphanes dans la montagne d'Hanging Rock: on est en 1900, en Australie et lors d'un ... pique-nique (bravo!) entre demoiselles bien comme il faut, trois "aventurières" vont disparaître ainsi qu'une des vieilles profs parties à leur recherche. Je ne sais si c'est la flûte de pan de zamfir (entendu 40 fois en concert dans ma jeunesse au théâtre de Moulins - c'était ça ou rien...) ou les images et les ralentis à la David Hamilton mais cette version pré-Blair Witch Project jouée par les actrices de Virgin Suicides (ouais c'est dur là quand même) m'a plongé dans une léthargie totale. On a beau retrouver plus d'une semaine plus tard l'une des filles dans une grotte (elle se souvient de rien, m'est avis que cela devrait intéresser Jean-Claude Bourret), le mystère reste entier et le spectateur les bras ballants. On pourrait bien voir ici ou là en filigrane un portrait du puritanisme de la société Victorienne (à l'image de la dure Mrs Appleyard à la tête du College) ainsi qu'une analyse en creux d'une sexualité contrariée (les désirs sapphiques entre les personnages sont à peine voilés - joli plan lors du générique de début de ces quatre filles quimiranda2 s'attachent l'une l'autre leur corset) mais l'ambiance générale est trop plombée pour qu'on se passionne réellement de bout en bout à ces mésaventures -après 30 minutes de film d'ailleurs, tout semble déjà plié. S'il s'agit du chef-d'oeuvre de Peter Weir, je crois qu'il vaut mieux pour moi en rester là... (me ferai peut-être Gallipoli un de ces jours en souvenir d'un cour de fac sur l'histoire d'Australie, mais c'est bien parce que je suis gentil)

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