26 octobre 2010

La Tisseuse (Fang zhi gu niang) (2009) de Wang Quanan

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En recherche d'un ptit film chinois pour donner la patate ? Bon ben laissez filer La Tisseuse qui foutrait le bourdon à un panda. Wang Quanan fait dans le film social : après une intro où l'on pense qu'il a bien retenu la leçon d'une Rosetta des Dardenne (caméra portée qui colle aux basques de son héroïne entrant comme un chtite furie dans l'usine), il nous faut malheureusement constater que sa caméra, bien vite, va regagner son pied. Ce dynamisme initial est comme coupé à la racine et on assiste tout penaud et froidement à la chute aux enfers de notre pauvre héroïne Lili (Yu Nan, du chien dans un rôle bien déprimant): elle saigne du nez, on ne le lui dit pas directement mais elle a un sale cancer, il y aurait bien éventuellement un traitement ultra couteux si jamais y avait des assurances en Chine, mais ah aha ah c'est po le cas, adieu donc monde cruel semble se dire la chtite Lili qui allume le gaz (à la Rosetta) abandonnant un mari (triste comme un calvaire) et un gamin en bas âge : on est qu'au début du film et on croit qu'il va s'agir d'un court métrage en fait... oups, non, elle est sauvée in extremis. Elle se sait de toute façon condamnée et va tenter durant le temps qui lui reste de régler quelques comptes avec son passé : un ptit voyage au bord de la mer (gelée... sale climat en Chine décidément) avec son ex petit ami, une histoire, se rend-elle compte effarée, tristement avortée comme si le destin s'acharnait depuis le début contre elle. On glisse peu à peu vers la conclusion en se doutant bien que le miracle chinois, s'il est économique, ne sera jamais humain, et on compatit pour cette tristoune Lili qui n'a apparemment aucune échappatoire... Dommage qu'au niveau de la mise en scène Wang Quanan film autant "à plat", son récit, finissant par manquer terriblement de relief ; pour une ou deux scènes assez prenantes - le gâteau au gaz, la seconde tentative de suicide sur les rails avant une course poursuite où Lili retrouve quelques instants d'allégresse - le reste du film - surtout les séquences dialoguées - demeure un peu terne. Certes, c'est loin d'être, dans le fond, la fête du slip mais Wang Quanan semble se contenter du minimum syndical pour donner un soupçon de vie à son récit. Un peu trop sagement tricoté...   

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17 septembre 2008

Le Mariage de Tuya (Tuya de hun shi) (2006) de Quanan Wang

Ours d'Or à Berlin, ce film chinois tourné en Mongolie intérieure a au moins le mérite de traiter, comme le rappelle son auteur, des "conditions réelles de la vie" dans la Chine d'aujourd'hui. Même s'il y a forcément un petit côté carte postale - ah ben ce sont de grands espaces - Wang Quanan a le grand mérite de ne jamais tomber dans le genre "film du monde" et évite surtout la mièvrerie. Tout le film repose sur les épaules de son excellente actrice, Nan Yu, femme volontaire, combative et entêtée, qui finirait presque par faire penser au personnage de Gong Li dans Vivre - avec moins de brio dans la réalisation, certes. Autre époque, autre lieu (chinois) mais même combat pour cette femme qui cherche avant tout à survivre.

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Mariée à un homme plus âgé qu'elle, la pauvre Tuya, en charge déjà de deux enfants, se tape tout le taff depuis que son mari s'est accidenté en voulant creuser un puits dans ces terres arides, arides, arides. La tâche se complique lorsqu'elle se tasse les vertèbres en dégageant son voisin Shenge coincé sous son camion. Si elle veut s'en sortir, elle a po vraiment choix, sinon de se marier à nouveau. Le mari consent - c'est un peu l'impasse, faut dire - et elle commence de recevoir une foule de prétendants qui finissent systématiquement par lui tourner le dos : ils ne sont pas très chauds, lorsqu'elle insiste pour que son "ex"-mari reste ses côtés. Elle finit par rencontrer un ancien camarade de classe qui a fait fortune dans le pétrole mais qui décide de mettre l'ex dans un foyer. Le type est sans foi ni loi et ne l'informe même pas de la tentative de suicide de l'ex. Le mari initial s'en sort et elle repart à zéro, uniquement soutenue par son jeune voisin qui se dévoue de plus en plus pour elle... Y'a forcément anguille sous roche...

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Alors oui, on sympathise avec les dromadaires, les troupeaux de moutons, le climat ardu et les coutumes qui se perdent - picole sec, voire dru, le Mongol intérieur. La parabole sur la société moderne (le gars dans le pétrole) qui respecte plus rien est un peu voyante, même si, au final, la critique sur l'évolution de la société dans ce coin de Chine demeure tout de même bien sage (à l'hôpital, on soigne le mari qui a fait une tentative de suicide avant qu'il paye, c'est loin de se passer toujours comme ça (en connaissance de cause)...); la fin, elle, est tout de même d'une vraie noirceur (la violence qui fait rage autour de Tuya, véritable foire d'empoigne générale - chez les jeunes et les moins jeunes...) laissant la pauvre Tuya toute tristoune et peu optimiste sur son sort. Sa témérité et son côté tête de lard attirent, au cours du film, toute la sympathie, sa lutte permanente pour s'en sortir et surtout pour aider ses proches étant teintée d'un bien bel humanisme. Le film est à découvrir en premier lieu pour ce magnifique portrait de femme qui porte la culotte (et 38 tee-shirts, mais le climat est vraiment rude, rude, rude...)

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