29 avril 2012

La Blonde framboise (The Strawberry Blonde) (1941) de Raoul Walsh

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James Cagney est bien entouré dans cette comédie relativement légère puisqu'il se retrouve avec Olivia de Haviland comme femme et Rita Hayworth comme flirt de jeunesse. Au son d'une petite musique (qui donne son titre au film), Cagney se rappelle sa "jeunesse" (dix ans plus tôt), ses coups de cœur et ses déboires : il en pinçait alors pour la belle Virginia (Rita que j'ai eu du mal à reconnaître, temps que je change de lunettes peut-être) et avait pour pote un certain Hugo (Jack Carson) ; ce dernier, avec qui il organisait des sorties à quatre, s'est fait un plaisir de le griller en lui piquant la vénale Virginia et en le mouillant dans un sale business - qui vaudra au pauvre Cagney de faire cinq années de prison... Il a tout de même eu de la chance dans son malheur en se rapprochant d'Amy (Olivia) avec laquelle il s'est marié juste avant de se retrouver derrière les barreaux ; dix ans plus tard, il a l'occasion de recroiser Hugo, une opportunité pour Cagney de se venger physiquement (il est dentiste) et sentimentalement (l'argent ne fait po le bonheur, ben nan, le couple Hugo-Virginia semblant au plus mal...).

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Le film est un peu long à partir et même si cela permet à Walsh de mettre en scène des personnages truculents (le pote grec de Cagney, le père d'icelui...), des petites situations gentillettes de baisers volés avec les deux donzelles ou encore de montrer l'énergie indéniable du James (ce dernier passe son temps à provoquer des bastons dont il ressort infailliblement avec un coquard), on a du mal à vraiment s'emballer pour cette intrigue... La séquence des spaghettis entre les quatre personnages principaux apporte tout de même son lot de petits gags croquignolets, la mort du père de Cagney sa dose de pathos, mais j'avoue n'avoir malgré tout guère "vibré" tout du long. On est content sur la fin que Cagney tienne sa revanche, une revanche en forme de petite "morale" sympathoche, mais ce n'est pas non plus l’œuvre de Walsh qu'on apporterait forcément sur une île déserte... Léger, quoi.

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24 avril 2012

L'Esclave libre (Band of Angels) (1957) de Raoul Walsh

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Eh bien je me suis encore régalé avec cette bonne petite fresque walshienne en warnercolor qui nous transporte du Kentucky à la Nouvelle Orléans. Tout commence pourtant de façon un peu classique pour ne pas dire gnan-gnan avec cette petite fille dont le père est un riche propriétaire (on est quelques années avant la Guerre de Sécession) et ayant perdu sa mère... La chtite part en pensionnat, devient Yvonne de Carlo (belle plante d'une indéniable sensualité) et argh première tragédie perd son vieux papa. C'est là que survient le premier véritable coup de théâtre qui nous cueille à froid : la pauvre Yvonne hérite non seulement de rien - son père a dilapidé la fortune auprès d'une "dame" vénale -, elle apprend que sa mère était une esclave et se retrouve aux mains du nouveau proprio qui veut la vendre un bon prix... Ambiance Angélique, Marquise des Anges (ohoh) avec ce marché aux esclaves dans laquelle la chtite Yvonne se retrouve les bras ballants. La mise à prix a à peine commencé que survient du fin fond de la salle notre bon vieux Clark Gable qui met le paquet sur la table. Sauveur ou profiteur, le vieux Clark ?

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L'histoire va partir dans de multiples directions en se concentrant sur trois personnages alors même que les Yankees envahissent les Etats du Sud : la chtite Yvonne qui après moult résistance tombera dans les bras du Clark, s'en échappera puis se retrouvera entourée par de nombreux prétendants, le gars Clark qui derrière ses allures de propriétaire bienveillant envers ses employés black cache un lourd passé et le gars Sidney Poitier (grande classe !), élevé comme son fils par le Clarke mais qui nourrit malgré tout une haine profonde envers ce propriétaire blanc... Sans vouloir plonger plus en avant dans les racines de l'intrigue disons qu'il sera question pour chacun de se "libérer", pour l'une de ses antécédents (sa mère black), pour l'autre de son passé (Gable n'est pas tout blanc non plus dans l'histoire... eheh), ou encore pour le dernier de son "évolution sociale" (Poitier est tiraillé entre ce qu'il pourrait devoir à Gable - son éducation, son statut - et sa fierté d'appartenir à cette "communauté" traitée en esclaves). Chacun devra se battre contre ses propres démons pour trouver, éventuellement, une certaine quiétude... Po gagné d'avance.

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Walsh réussit une nouvelle fois à traiter histoires intimes et contextes historico-géographiques (quelques grandes séquences pleines de souffle comme ces chants d'esclaves à l'arrivée de Gable sur ses terres, ces champs brûlés par les propriétaires à l'arrivée des Yankees, ces chasses à l'homme dans les marécages...). Il embrasse en à peine plus deux heures toute une époque sans jamais perdre de vue ses trois personnages principaux et une belle poignée de seconds rôles (des propriétaires terriens, des soldats, un capitaine de navire...). Pour la petite histoire, en passant, on sourit quand Gable apprend le nom du chef impitoyable des Yankees (Butler ?... remember another movie gone with the wind...?) et de mater enfin le film où se trouve Julien Lepers black. Le personnage d'Yvonne de Carlo est pour sa part très joliment dessinée (cette aptitude constante à vouloir cacher ses origines et à échapper aux multiples hommes qui la "convoitent" ; magnifique face à face avec elle dans la lumière - sa volonté d'être considérée comme "blanche" et Poitier dans l'ombre - son attachement envers les "siens"), le spectateur ne sachant point jusqu'au bout si la chtite parviendra à enfin trouver sa voie... Belle réussite, once again, du gars Raoul.  

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22 avril 2012

Bungalow pour Femmes (The Revolt of Mamie Stover) (1956) de Raoul Walsh

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Pourquoi pas allez faire un petit tour à Honolulu en pleine soirée électorale ? Ce fut chose faite avec cette petite gâterie haute en couleurs du gars Walsh : en haut de l'affiche, la "flamboyante" Jane Russell roussissime et le vieux beau Richard Egan ; ils se rencontrent sur un bateau, aucun tombe à l'eau mais dans les bras l'un de l'autre, seulement voilà, il est un peu pouet-pouet, elle est un peu trop easy et arrivés à bon port, ils se séparent. Il continue d'écrire dans sa belle baraque qui domine l'île - accompagnée de temps en temps d'une "bonne amie" de la haute (Joan Leslie) -, elle taffe dans un bar à hôtesses où le champagne a le goût du Canada Dry... Ouais, seulement, on a beau jouer les fiers, il est bien difficile d'oublier la Jane une fois qu'on y a goûté...

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Une histoire d'amour qui peine à vouloir dire son nom selon l'expression d'usage entre un type qui roule des mécaniques mais qui ne peut résister au charme dévastateur de cette bombe et notre Jane, qui malgré le rôle un peu tape-à-l'oeil qu'elle endosse, joue les gentilles et fidèles fifilles. Cette drôle d'histoire entre ce (vieux) prince charmant qui fait les coquettes et cette Cendrillon qui a la tête sur les épaules (Jane Russell est auvergnate et économise chaque sou pour tenter de se sortir de sa condition) va prendre une autre dimension avec l'attaque de ces fourbes de Japs (eh ouais, on est en 39, je ne vous l'avais po dit) : Richard s'engage dans l'Armée et la Jane en profite pour racheter de façon ultra-opportuniste des bâtiments délaissés par leur proprio ; quand Richard doit partir pour le front, vas-y que je te fais des promesses : oui, on se mariera, oui, en attendant son retour, la Jane restera tranquillement dans la baraque du Richard... Si la Jane n'a d'yeux que pour son homme, elle est aussi indépendante et va continuer malgré tout à taffer dans un contexte des plus favorables (des hordes de militaires envahissent chaque soir la boîte). Une histoire d'amour qui avait démarrer sur les chapeau de roue avant de se ramasser, était repartie à deux cents à l'heure dans un contxte tragique... Tout est bien qui finira bien - youplaboum ?... A moins que le gars Walsh se fasse le champion de la désillusion...

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Walsh sait jouer avec nos nerfs, variant finement les ambiances (petit côté bon enfant de cette boîte d'hôtesse et montée de violence (le type qui surveille les filles n'est po un doux) ; petits passages romantiques (Jane et Richard, seuls, sur la plage...) et séquences soudainement apocalyptiques (les avions japs sèment la panique parmi la population qui s'enfuie en nombre sur les hauteurs de la ville) ; petits mots d'amour tendrement susurrés et franche engueulade (le Richard qui a bien du mal à comprendre l'obsession de la Jane pour la thune...). C'est ce qui fait tout le charme finalement de ce film, où l'on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser, Walsh jouant aussi bien avec les "clichés" du genre (un véritable "conte de fée" se déroulant dans la douceur d'Hawaï...) et la triste réalité (le contexte historique, certes, mais surtout la difficulté pour ces deux êtres à vraiment "se comprendre", au delà de leur attirance évidente). Bref, hier soir j'ai voté Walsh.  

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04 avril 2012

Regeneration (1915) de Raoul Walsh

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Walsh, dans l'un de ses premiers films miraculeusement préservés, s'intéresse au destin d'Owen : orphelin à dix ans, il est récupéré par ses voisins qui feraient passer les Thénardier pour un couple BCBG, à dix sept ans il commence de faire parler ses poings, la vingtaine bien sonné il va devenir chef de bande puis croisera Mamie Rose (Anna Q. Nilson), une chtite de la haute qui s'occupe des plus démunis et qui va le remettre dans le droit chemin. Le film qui fait la part belle aux scènes d'action (couples de petites gens qui se mettent sur la tronche, Owen se bastonnant, la scène de résistance avec un bateau rempli à ras bord qui prend feu, les flics tombant sur le râle des bandits...) bénéficie d'un montage absolument tonitruant, Walsh ayant apparemment déjà une parfaite maîtrise technique et un sens indéniable de l'efficacité. Parcours rédempteur donc pour notre ami Owen qui va craquer pour les beaux yeux de la bienveillante Anna.

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On croise également une belle galerie de tronches tout au long du film (son acolyte incendiaire avec un bandeau sur l’œil - un auto-clin d’œil à Walsh (ohoh) -, des poivrots qui jouent les gros bras, des "spectateurs" en insert triés sur le volet (le gars avec le pif énorme, le type obèse ou le type au café qui voit dans sa bière un poisson rouge - ça va, je n'en suis pas encore là...) et on ne s'ennuie pas une minute dans cette mise en scène du parcours salvateur d'Owen. Ce dernier sait faire preuve d'empathie (le gamin bossu qu'il défend tout jeune, le bébé qu'il va chercher chez le pater violent, les enfants qu'ils sauvent sur le bateau...) et va finir dans le giron de la belle Anna. Si celle-ci est, hélas, mortellement blessée par son acolyte borgne, elle aura permis au gars de contribuer à l'élévation de son "âme" - rien de moins - alors que le dit acolyte va connaître lui une sacré chute... mortelle - il fait le mariole à la Bébel sur des fils à linge tendus entre deux maisons (magnifique cascade, faut admettre) et sera abattu par le gamin bossu vengeant Owen. Une belle première pierre pour une odyssée ?... Ouh là, doucement, c'est que le Walsh a été sacrément productif... On verra, on verra...

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10 mars 2012

Du Sang sur la Neige (Northern Pursuit) (1943) de Raoul Walsh

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Je restais sur une grosse série du gars Raoul dont je suis un fidèle admirateur, quel que soit le genre auquel il s'attelle d'ailleurs, mais ce film de guerre (Errol Flynn tentant d'infiltrer un réseau allemand) sur fond de neige (Ça se passe au Cânâdâ avec, entre autre, un petit passage dans cette bonne ville de Winnipeg chère à Maddin) a bien eu du mal à me tirer de ma léthargie. La faute peut-être à un scénario par trop prévisible (Flynn, agent de l'état dans le grand nord canadien tombe lors d'une patrouille sur un Nazi tout gelé ; il lui raconte que lui-même est de descendance allemande pour gagner sa confiance ; c'est tellement cousu de fil blanc - ou neigeux - que même l'Allemand n'est po dupe) qui patine, qui plus est, un peu sur le verglas avant de se mettre en place : il faut bien une bonne moitié du film avant que Flynn retrouve ce Boche au visage anguleux et forcément guère avenant (Helmut Dantine, po un troubadour) et que l'action démarre vraiment. Au cours de sa mission en ces territoires d'or blanc, Flynn va devoir se coltiner la présence inattendue de sa fiancée (prise en otage) et devra tenter de faire ami-ami avec ses différents compagnons de route pour qu'ils se révoltent contre cet Helmut sanguinaire (fait po de détails, l'Helmut, dès qu'un type est trop encombrant, craaaaac). Le Flynn se retrouvera au final seul contre tous mais on sent bien que notre cabri bondissant qui sait magner la boussole et les chiens de traîneau avec hardiesse devrait s'en sortir...

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Cela n'a rien de piteux en soi, attention (très jolies petites maquettes de sous-marin en milieu glacé ou d'avion, superbes séquences d'avalanche et de course poursuite dans la neige filmée genre descente olympique (les différents autres effets spéciaux - lors du saut à ski notamment - sont également plutôt réussis), belle attitude des chiens de traîneau (avé la caméra embarquée dessus) qui démarrent au quart de tour dès qu'on leur dit "Mush" - c'est pas vraiment difficile à apprendre la langue de chiens de traîneau en fait mais l'Allemand est trop obtus pour y parvenir), c'est juste qu'on a l'impression de voir se dérouler sous nos yeux un scénario sans surprise (si ce n'est la construction d'un gigantesque avion qui était en kit dans des caisses : tu mets quatre Allemands à -12 degrés et en trois jours ils te font un Airbus - trop compétitifs, les gars). La petite histoire romantique entre Flynn et Julie Bishop est également bien pâlichonne même si elle donne lieu au baiser de cinéma le plus "poilu" qu'il m'ait jamais été donné l'occasion de voir. Un Walsh un peu plan-plan scénaristiquement parlant tourné malgré tout dans des décors grandioses qui donnent lieu à quelques jolies scènes dans la poudreuse. Peut mieux faire, oui, forcément. 

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20 février 2012

La Vallée de la Peur (Pursued) (1947) de Raoul Walsh

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Deux ans avant le magnifique Colorado Territory, Walsh nous livrait cette petite perle de Pursued  ; l'affiche était alléchante, le résultat est meuh-meuh : Robert Mitchum, fidèle à lui-même, absolument extraordinaire dans le rôle de ce type à la coule victime d'une malédiction familiale, James Wong Howe signe là peut-être un des plus beaux noir-et-blanc de western (je pèse mes mots), jouant avec les noirs de façon transcendentalissime, la partition de Max Steiner est particulièrement au taquet lors de ces grandes envolées à cheval sous des cieux tourmentés, Dean Jagger campe un "méchant" tout en sobriété en restant du début à la fin solidement campé dans ses bottes et dans ses convictions,... Enfin bref, po grand-chose à jeter, quoi. On affectionne ces histoires qui commencent dès l'âge tendre des personnages : le chtit Jeb est récupéré par une femme qui a décidé de l'élever avec ses deux enfants, Thor, la gonze, et Adam, le boy. Toute sa vie le gars Jeb garde en tête une seule image, sorte d'image "fondatrice" qui hante ses nuits : celle d'éperons de bottes de cow-boy qui dansent sous ses yeux alors que de violents flashs surviennent. Tant que Jeb (Mitchum, of course) n'aura pas réussi à mettre le doigt sur le sens de ses images, il semble n'avoir aucune chance d'échapper à une existence maudite (il n'a po plus de chance en amour qu'au jeu...), à un destin funeste : il va passer sa vie à subir ce passé, devant se défendre pour assurer sa survie ; les cadavres commencent à s'amonceler autour de lui et on sent que le Mitch, à chaque fois qu'il flingue, n'arrange guère son cas...  

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Mitchum joue à la perfection cet homme débonnaire qui passe son temps sur le qui vive ; le garçon est gentil mais si on vient le chatouiller de trop près, il se chauffe rapidement. Jeb va passer sa vie à éviter les balles, celles, dès son plus jeune âge, d'un Grant Callum qui a décidé d'éradiquer de la terre tous les descendants de son pater (on se doute que le vieux a dû déconner grave...), celles de son demi-frère qui va nourrir une véritable haine à l'égard du Mitch lorsqu'il en saura plus sur le passé de... leur père respectif, celles d'un prétendant de la chtite Thor qui se fait monter la tête par le chafouin Grant, ou encore celles... du propre amour de sa vie, sa femme ouais (Teresa Wright is Thor) qui est bien décidée à lui faire passer une nuit de noces carabinée... Mitch devient progressivement l'ombre de lui-même (son apparition dans la chambre nuptiale, je vais en rêver cette nuit après avoir fait brûler des cierges en hommage à Howe), prêt à subir cette saloperie de malédiction : tout le monde veut le tuer, ok, servez-vous, mais n'est-ce po un peu bêta alors qu'il n'est apparemment responsable de rien... Le plus ballot, c'est qu'il sait pertinemment que la réponse est en lui, qu'elle fait partie de son être, seulement tant qu'il est incapable d'y voir plus clair, son destin semble vouer à s'assombrir progressivement...

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Le film fait la part belle aux séquences nocturnes - en intérieur (la nuit de noces...) comme en extérieur (le jeune prétendant qui veut descendre mon Mitch, le fight terrible entre Mitch et Adam...) mais sait également nous servir quelques fabuleuses scènes diurne en plein milieu de ce paysage grandiose et cosmique : Mitch n'est qu'un petit point dans cette vaste immensité (lorsqu'Adam cherche à l'abattre ou lorsqu'il se retrouve pourchassé par tout le clan Callum) incapable de pouvoir contrôler cette existence qui le dépasse. Il semble destiné à devoir fuir (quand le hasard est convoqué (il tire au sort avec Adam pour savoir qui va aller à la guerre ou qui va devenir propriétaire du ranch), celui-ci se montre toujours néfaste envers lui), ce qui est en soi un fameux coup du sort quand on posséde en soi toutes les réponses à ses questions, à ses troubles. Pursued... par la malchance et par une image originelle qui contient toute la clé de sa vie. Il va devoir forcément aller jusqu'au bout de l'épreuve pour trouver la sérénité... Dead or alive ? Du grand grand Walsh, du Mitchum à nos souhaits, une image à se damner... Ah nan, j'aime bien.

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12 février 2012

La Fille du Désert (Colorado Territory) (1949) de Raoul Walsh

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C'est vrai qu'on commence un peu d'attaquer les fonds de tiroir en ce qui concerne les films noirs, mais il y a toujours une petite perle à découvrir, cachée sous un vieux mouchoir en soie... Cela dit, quoi de mieux après quelques poignées de vieilles série B, qu'un western de série A ? On s'attaque à du Walsh, c'est po de la ptite laine et disons-le franchement, ce Colorado Territory n'est franchement que du bonheur. Un héros (Joel McCrea) qui pourrait peut-être entrevoir la voie de rédemption (on peut toujours prier dans le désert... ou sur un sol lunaire), une beauté blonde (Virginia Mayo) peut-être un tantinet vulgaire (où trouve-t-elle son rouge à lèvres dans le sable ?) à se damner, de l'action en veux-tu en voilà (attaque de diligence aux petits oignons, braquage de train à tomber...), des paysages qui font froid dans le dos (La Vallée de la Mort et cette Cité de la Lune qui portent bien leur nom), de la trahison qui se paie haut et court... Cette version westernienne de High Sierra (cela fait forcément tilt dans la dernière partie... On est finalement pas si loin du noir...) est une réussite indiscutable - et indiscutée, nan ?

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Quand Wes McQueen (McCrea) parvient à s'échapper de prison grâce à une chaussette en laine filée par sa grand-mère ("Ah, il est bien gentil, mon petit, peut-être un peu espiègle... - Oui enfin, il a quand même braqué une poignée de banques, mère-grand"), on sent qu'on est déjà dans de l'amour (filiale). McCrea dans sa cavale aura d'ailleurs l'occasion de passer par toutes sortes d'émotions et de relations : la bonne amitié franche, l'amour trahi, la tentative de coup de poignard dans le dos par ses associés, le grand amour... Il y a de quoi vibrer, mes amis. On vibre d'ailleurs tout autant et avec le même petit filet de salive au coin des lèvres (non point que je devienne gaga - quoique... - juste par plaisir gourmand cinéphilique) lorsque l'on enclenche la quatrième vitesse : rarement vu des chevaux aussi bien filmés - ces plans légèrement de traviole sur des bourrins lancés à fond les bidons lors d'une course poursuite de folie (les chevaux de la diligence te prennent de ces virages au cordeau !...) - et une attaque de train aussi maline : McQueen sait qu'il se rend directement dans la gueule du loup (se sachant attendu au tournant par ses "associés" et par les hommes du shérif alertés) mais c'est un rusé renard qui sait se méfier des corbeaux... Petite balade sur le toit du train en toute décontraction et petite leçon de survie donnée à chacun. On applaudit à deux mains.

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Mais Colorado Territory narre aussi la rencontre avec la sauvage (cachez ces seins que je ne saurais voir - par pitié) Colorado Carson. McQueen a beau lui jeter à peine un regard lors de leur première rencontre - la blonde est chafouine, certes -, jeter son dévolu sur une jeune femme bien sous tout rapport (Dorothy Malone qui lui rappelle son amour de jeunesse... C'est jamais bon les transferts, mon ami...), il finira bien par se jeter à ses pieds. Il y a la séquence incontournable dans une église désaffectée qui le fait bien et on sent que notre couple de tourtereaux n'est finalement pas si loin du ciel sur terre... sauf que, sauf que, quand tu as trois mille hommes à tes trousses dont des indiens à l’œil perçant et 20.000 $ de récompense sur ta tronche, ça sent la tragédie. Sitôt que l'intrépide McQueen avec quelques impacts de balles dans le corps se réfugie dans une ville fantôme, tu te mets à penser maladivement à High Sierra et tu sais qu'il faudrait plus qu'un miracle pour que notre couple s'en sorte indemne... ; coup de bol, il n'y a po de chien dans le désert : on pourra au moins épargner une larme si le pire survient... Le final est absolument grandiose, je ne vous dis que ça ; bref, un indéniable incontournable du gars Walsh ("Et mes jambes, tu les aimes, mes jambes ? Poreil...")

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08 septembre 2011

Celui que j’aime (The Man I love) (1947) de Raoul Walsh

"I hate fog... So lonely."

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Voilà un film du gars Walsh estampillé "noir" (d'après notre petite liste) assez surprenant en soi, non seulement parce qu'il n'a avec le genre qu'un vague "cousinage" (aucun meurtre - juste un chtit accident sur la fin, une ambiance jazzy avec une Ida Lupino poussant la chansonnette avec son éternelle cigarette "roadhousienne" à la main, une séquence dans le brouillard qui annonce un dernier quart d'heure chaud bouillant mais qui ne tarde point à se refroidir, des personnages qui semblent plus avoir des comptes à régler avec leurs propres sentiments qu'avec autrui...) mais surtout parce que pendant une grande partie du film on se demande, à chaque séquence, quelle direction le film va prendre : même si l'on suit surtout les aventures de la grande Ida (de passage après une longue absence dans sa famille - deux soeurs (la plantureuse Andrea King (1m66.. c'est tout... - faisait beaucoup plus grande vue de mon canap) et la chtite Martha Vickers) et un chtit frère -, petit monde sur lequel elle va se faire un devoir de veiller) femme forte et solitaire qui ne pourra empêcher son petit cœur de battre la chamade quand elle croisera celui qui pourrait être l'homme de sa vie (excellent Bruce Bennett en San Thomas (!), personnage dont une ombre permanente plane sur le visage)... Walsh sait prendre tout son temps pour planter sa dizaine de personnages principaux (de la famille d'Ida au beau gosse richard et dragouilleur pas toujours très clair aux entournures (Robert Alda is Nicky Toresca) en passant par l'éternelle blondasse de service (Dolores Moran) qui devrait peiner à compter tous ses neurones sur les deux doigts de la main), des personnages qui vont se retrouver bien souvent lors de longs tête-à-tête où souvent les sentiments semblent n'aller que dans un sens, se permet de bien jolies parenthèses musicales pianissimesques (Gershwin qu'on reconnaît dès la seconde note du générique) et à défaut d'assister ébahi à moult péripéties ou à une construction narrative alambiquée (juste un chtit flash back, vraiment pour la forme pour montrer un militaire - le mari d'Andrea King - qui tout juste de retour de la guerre (là aussi, petite touche noire incontournable) doit se coltiner des petites crises nerveuses... Elle ne croit d'ailleurs plus à la rédemption mais... rahhh psssstttt), on admire le montage au millimètre de l'artisan Walsh - de micro transitions pour se rapprocher des personnages au sein d'une même séquence qui sont toujours magnifiquement amenées - notamment par un geste esquissé (plan 1) que l'on retrouve tel quel dans le plan 2 - voir Ida fumer sa clope au début du film et allumer celle du pianiste (je vous rassure la phrase est finie).

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On peut certes se sentir un peu perdu dans un premier temps dans ce "pseudo" film noir qu'animent avant tout des romances contrariées. Une Ida en particulier prête à tomber dans les rets du rouleur Toresca uniquement pour pouvoir jeter un coup d’œil dans la boîte qu'il tient (l'une des soeurs et le chtit frère y bossant) et qui va rapidement craquer pour le ténébreux Bennett - ce dernier doit gérer lui-même un ancien amour qui s'est fini en queue de poisson et il a bien du mal à se laisser totalement séduire par le sourire de la belle ; il y a également en arrière-plan les déboires sentimentaux de la blondasse prête à délaisser son Johnny pour roucouler auprès de Toresca ou encore la sage Andrea King qui malgré le peu d'espoir qu'elle place dans le rétablissement de son mari se fait un point d'honneur à lui rester fidèle... Toutes ces intrigues s’enchevêtrent dans une sorte de ballet assez... curieux (mais c'est sûrement là que réside tout le charme de ce film "transgenre") et lorsque au début du dernier quart d'heure le ton monte subitement, à l'image du brouillard au sein de cette nuit cruciale (on sent bien venir le coup du mari jaloux qui va finir par se venger et provoquer un carnage), on se remet droit dans son fauteuil pour ne rien rater de ce qui s'annonce comme une accélération fatidique (et vas-y que je te mange des morceaux de melon et d'ananas à un rythme soutenu pour ne rien rater sur l'écran) ; là encore le gars Walsh parvient à nous prendre à contre-pied (et maintenant j'ai mal au ventre, ballotement) en nous servant dans la foulée une séquence où un gars énervé avec un gun se prend une branlée par... l'Ida (tu va arrêter tes conneries, dis !), un événement inattendu qui pourrait faire figure de happy end, puis un ultime passage de romance "douce-amère" pour clore les débats. Déstabilisant - d'une certaine façon - et énigmatique comme le sourire de l'Ida en louve solitaire, mais un Walsh qui au final parvient à nous convaincre "aux points", dans ce combat en dix rounds entre le noir clair et le rose foncé (rose gris, on s'entend, le noir est blanc valant d'ailleurs en lui-même le détour). Bien vu Raoul.

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18 mai 2011

Sadie Thompson de Raoul Walsh - 1928

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Un petit muet qui ne révolutionnera peut-être pas le cinéma, mais qui reste ma foi bien agréable, surtout grâce à la présence plus que charismatique de Gloria Swanson. Le pari du film, et qui n’est qu’en partie réussi, c’est d’adapter un roman de Somerset Maugham, réputé pour ses dialogues et ses finesses de caractère plus que pour ses scènes d’action. Comment traduire visuellement ce style sur-littéraire, c’est le challenge, et Walsh se heurte très souvent aux « limites » du muet : trop d’intertitres, trop de scènes de champ/contre-champ sans intérêt, et un final complètement improbable (certes, il manque les dernières bobines, mais ce qui apparaît du scénario d’origine est incompréhensible psychologiquement). C’est une histoire de rédemption… ou pas, qui s’opère à travers le personnage de Sadie Thompson (Swanson), fêtarde invétérée, croqueuse d’hommes, qui vient traîner son sourire carnassier à Pago-Pago, fuyant un passé louche ; elle y rencontre à la fois l’Homme dans toute sa splendeur, viril, militaire et bégueule (Walsh lui-même, dans une composition vraiment amusante), et son opposé, un intégriste catholique qui la prend immédiatement pour Satan réincarné (le très grand Lionel Barrymore, tout en poses offusquées et en anathèmes tonitruants). Elle s’éprend du premier, mais va subir la pression du second, qui va peu à peu la transformer en brebis mortifiée priant jour et nuit pour son salut. Ca se complique, bien sûr, quand le bigot va peu à peu subir le charme vénéneux de la belle. Pas de douche ni de portable oublié dans les hôtels à l’époque, mais sinon c’est un peu pareil.

 

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Walsh n’est pas encore très en place dans la mise en scène. A part quelques discrètes idées (comme cette ellipse lors de la nuit de la Faute, représentée simplement par la pluie qui bat le toit de la chambre de Sadie), on est dans le fonctionnel pur. On peut noter quand même que la caméra n’est pas malhabile pour donner de l’énergie aux scènes du début : les fêtes organisées par Sadie, avec ce capitaine qui ne parvient pas à quitter la maison à cause d’une porte à tourniquet, ou les disputes entre Swanson et Barrymore, sont finement montées pour en décupler la drôlerie ou la tension. Le film passe avec mesure des scènes lumineuses du début au mélodrame pur, et si Walsh ne fait pas montre d’une quelconque virtuosité, il n’est pas absent non plus dans la construction d’ensemble de son film. De toute façon, il compense le manque d’idées visuelles et l’enfermement de son scénario par une direction d’acteurs épatante. Gloria Swanson éclate littéralement à l’écran, avec son jeu très moderne qui ne ressemble en rien à celui de ses consoeurs de l’époque : son personnage est crédible, et ses mimiques sans cesse surprenantes rajoutent encore à la véracité de cette Sadie. Elle est capable de changer d’expression en quelques fractions de secondes, passant d’une posture un peu garçonne à une féminité exacerbée, de la beauté pure au comique, n’hésitant jamais à se « moquer d’elle-même » avec son jeu alliant élégance et anti-glamour. Elle est sublime, et Walsh la regarde amoureusement, que ce soit comme acteur ou comme metteur en scène. Barrymore, quant à lui, est son exact pendant, sombre, tourmenté, terrifiant ; le couple, du coup, fonctionne presque comme dans le cinéma expressionniste allemand (qui est aussi convoqué dans certains plans tout en contrastes lors des scènes de confrontation), dans un aller-retour constant entre les contraires, qui s’attirent et se heurtent sans arrêt. Pas si loin, finalement, des grandes scènes de Nosferatu de Murnau, ou sexe et culpabilité jouent côte à côte. Walsh manque encore de l’assurance qui lui permettrait de vraiment doper ces débuts d’idées, mais son film comporte sa dose d’intérêt, et on est plutôt satisfait de la chose.

 

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01 mars 2010

Aventures en Birmanie (Objective, Burma!) (1945) de Raoul Walsh

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Suivant à la lettre les instructions du père Bast*en, j'ai rempli ma mission en secondant le gars Errol Flynn dans ses aventures birmanes. Un film d'hommes entre eux, selon la formule consacrée, même si nos hommes de troupe enfouis dans la jongle rêvent de danseuses et de ptites pépètes... et de hamburger, aussi. Walsh investit le jardin botanique de Los Angeles pour y faire suer ses hommes sang et eau, et arrive malicieusement, en insérant des images d'archives toutes rayées, à nous faire croire que nos hommes sont totalement perdus dans cette végétation tropicale avec, à leurs trousses, la moitié du Japon. Un récit linéaire aussi dense que la végétation du coin, un soin particulier apporté à la mise en valeur des seconds rôles - chaque homme avec ses propres tics et ses obsessions - et quelques morceaux de bravoure incontournables dans le genre. Errol Flynn, en meneur d'hommes efficace et toujours à l'affût pour soigner le moral de sa troupe, porte le film et la mission sur ses épaules avec un héroïsme forcené.

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Les Japs ont botté le cul deux ans auparavant aux troupes américaines, la revanche s'annonce farouche. Postée à la frontière Indo-Birmane, une troupe de 36 hommes s'apprête à partir en éclaireur avec pour mission la destruction d'une base-radar jap. Errol Flynn, en plus de ses hommes de troupe, a pour compagnon deux guides qui connaissent la région comme leur poche, un gradé chinois et un journaliste - qui n'est plus de première jeunesse - souhaitant faire un reportage sur l'armée américaine - une décision courageuse même si l'on sent que le type a po l'étoffe. Mais Errol Flynn veille et ne laissera personne derrière... enfin, sauf s'ils sont morts. La mission s'effectue dans un premier temps comme sur des roulettes, avec des Japs qui vont à l'abattoir comme des brebis qui tombent d'une falaise en suivant bêtement leur chef, mais la situation se corse quand il s'agit d'évacuer nos hommes : les Japs leur collent aux basques, impossible de faire atterrir les avions dans ces circonstances, et Flynn d'entreprendre un marathon avec ses hommes dans la jungle jusqu'à la prochaine opportunité. La sueur et les moustiques sont impitoyables, les hommes avalent leur ration de quinine et leurs pastilles de sel, et tentent de progresser entre deux embuscades... Nos engagés tombent progressivement mais on serre des dents avec eux, tout en mangeant des gaufres à la confiture avec un fond de chantilly, en espérant qu'une poignée parviendra à survivre...

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Dès la séquence dans l'avion, avant que les hommes soient largués en parachute, on apprécie tout le soin que le cinéaste met à filmer, individuellement, chacun de ces hommes : ceux dont chaque geste traduit toute la nervosité, un autre qui pionce, celui blanc comme un linge, notre journaliste dont la moustache tombe en miette à vue d'oeil, et Errol Flynn avec toujours la ptite anecdote ou la ptite blagouille pour rassurer les plus fébriles. Une fois sur le terrain, tout repose sur l'organisation et le respect des ordres à la lettre, et Errol de toujours être au taquet question tactique. Mais, dans leur fuite en avant, à mesure que l'étau se resserre, le moral des hommes qui n'ont po bouffé pendant au moins quatre jours commence à flancher... Notre petite troupe jouera, en route, les sauveurs dans un village indigène avec une séquence très forte, lorsque Errol découvre une partie de ses hommes qui se s'est faite massacrer et torturer. Le visage de l'un des survivants en train d'agoniser est laissé subtilement hors-champ : on devine au visage d'Errol et à la petite phrase que celui-ci finit par lâcher quand l'autre succombe ("Je ne pensais pas être content qu'il meurt") que les sévices ont dû êtres horribles; notre journaliste, lui, de péter carrément un plomb dans la foulée en souhaitant vouloir rayer de la carte le Japon - rude, mais à l'époque du tournage et de la sortie du film le Japon n'avait encore point capitulé, et ouais, le sujet est sensible... Un récit poisseux, tendu comme un fil entre deux grenades et un baroud d'honneur nocturne de nos hommes absolument trépidant. Une aventure humaine solidement contée, une oeuvre du Walsh parfaitement accomplie.         

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