07 février 2012

L'Ange bleu (Der Blaue Engel) (1930) de Josef von Sternberg

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De professeur autoritaire à clown triste, il n'y a qu'un pas surtout quand l'amour (benêt) et la trahison passe par là. L'Ange bleu apparaît plus comme l'histoire d'une déchéance, d'une chute, oui, plutôt qu'une œuvre entièrement dédiée aux charmes de la Dietrich - des chansons en boucle où la Belle expose ses gambettes, bon... Le petit canari (intérieur) de l'énorme Emil Jannings est mort, il recommencera à chanter quand l'Emil se réveillera dans la chambre de Dietrich. Emil se fait coq (terrible scène comico-pathétique du mariage avec notre Emil tout sourire auprès de sa jeune mariée tenant dans sa main deux œufs) puis coq en pâte rapidement asservi (il suit les numéros de sa dulcinée après avoir été renvoyé de son taff : sublime travelling arrière, rendant parfaitement son isolement dans cette salle de classe, qui trouvera un écho dans la scène final), puis coq cocu et enfin coq humilié (les deux œufs que le présentateur-magicien lui écrase sur le crâne lors du spectacle - j'y verrai bien une métaphore...) : l'Emil lancera un dernier cocorico entre rage et folie douce avant de retourner dans la salle de classe et de s'effondrer sur son ancien bureau - mort. Jannings est absolument fabuleux de bout en bout, qu'il s'agisse de jouer les pères fouettards auprès de ses étudiants, de violemment tancer les admirateurs de sa Lola-Lola, de roucouler auprès de celle-ci ou encore de faire une tronche de misérable dans le pire déguisement d'Auguste de tous les temps...

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C'est par des ruelles sombres où les maisons ont des toits tout biscornus et ou traîne forcément un chat noir que Jannings accède à ce cabaret de troisième zone : de grosses dodons buvant moult bières sur scène pendant que les clients commandent en salle du pâté - so raffiné ! - font entendre poussivement leurs chansonnettes pendant que le décor se barre en quenelle. On est dans la grande classe et le Jannings à la recherche de ses étudiants de se sentir aussi à l'étroit dans ce bouge qu'un éléphant dans la Forêt Noir... Mais les sourires et la tenue légère de la Marlène ne vont pas tarder à le scotcher et notre champion de la maladresse se déridera. Il y a comme un ptit goût de reviens-y chez cette femme de petite vertu qui n'aura po grand chose à faire pour prendre le dessus sur notre intellectuel empoté (la scène où Marlène lui demande un baiser alors qu'il n'y a plus que la tête de l'Emil qui émerge des escaliers...). Il y a en ce triste destin comme les signes avant-coureurs (je mets ma main au feu que l'Allemagne va mal à cette époque... Quoi ?) de la décadence de tout un pays (je prend po de risque, certes)... La lumière de la lampe de poche du gardien de l'école permettra de faire une dernière "poursuite" sur notre professeur déchu qui tentera de retrouver un semblant de dignité lors de son dernier "numéro" - rigor mortis, l'Emil ne faisant plus qu'un avec son bureau. Angel's blues... Un classique du grand Josef.

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04 janvier 2012

Au Service de la Loi (Sergeant Madden) (1939) de Josef von Sternberg

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Sergeant Madden n'est pas la connue des œuvres de Von Sternberg et mérite franchement de le rester. Aucun doute qu'il traversait alors une mauvaise passe que l'excellent The Shanghai Gesture fera bienheureusement vite oublié. Dès le départ avec cet "hommage aux flics de nos rues", on ne peut s'empêcher de grincer des dents. Merde, un film pour Claude Guéant. Cela ne s'arrange pas vraiment lorsqu'on découvre le fameux Sergent Shaun Madden interprété par Wallace Beery ; le type dégouline tellement de bonhomie qu'on se croirait devant une vieille série ricaine à deux boules. Quand le sergent commence d'adopter des gamins à tour de bras (son collègue est mort, allez hop, viens fiston à la maison ; il fait une tournée de nuit : ohhh une chtit machin tout mignon qui pleure dans un panier - zoouuh, à la maison), on se dit qu'on n'est pas vraiment parti pour voir le film le plus subtile du Josef... Comme le sujet n'est tout de même l'élevage de nourrisson, on se tape une ellipse d'une bonne vingtaine d'années et retour chez les Madden : la femme est morte, ah, Shaun est toujours flic, son fils légitime, Dennis, marche sur les traces de son pôpa, le gamin adopté, Albert, a pas l'air bien fufute mais semble tout de même bien brave, quant à la fille du panier (Laraine Day, bien gentille fifille) (récupérée en fait par sa mère quand elle était bébé), elle revient d'Europe pour vivre chez les Madden... On sent les deux garçons tout excités par cette chair fraîche peu farouche qui vient squatter chez eux (elle embrasse tout ce qui ressemble à un Madden) et on sent venir l'histoire de jalousie à la con. En fait pas vraiment, on va surtout suivre la carrière de Dennis, un flic aux dents longues, qui ne va pas tarder à se révéler un gros fumier : un jeune gamin chipe une connerie dans un magasin, Dennis part à ses trousses,  pan ! il l'abat dans le dos et s'en félicite comme un gros chacal... Sympa comme hommage aux flics...

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Le vieux Wallace Beery est dans tous ses états - con de fils alors que les deux autres enfants sont des crèmes - et n'a pas encore vu le pire. Dennis, après que le malfrat du coin lui a tendu un piège pour l'impliquer dans une sale histoire de vol, va totalement partir en vrille et devenir un maxi gros con en cavale : tueur de flics et de voyous, braqueur de banques, il file un super mauvais coton... Son père le renie forcément et va tenter de le coincer - le suspense est torride (je dormais, je crois) : qui du père ou du fils va oser tirer sur l'autre ? (on s'en fout complètement, mais faut bien que je fasse genre...). Une histoire dessinée à gros gros traits que Von Sternberg semble avoir pris plaisir à filmer... platement... A peine un ou deux plans sur son héroïne (qui n'a guère d'aspérité, la pauvresse), deux ou trois courses-poursuites toutes molles, bref pas de quoi sauter au plafond - ce qui tombe assez bien en ce mercredi aprème vu que je me demande si hier soir on a po un peu abusé du rhum (ça m'étonnerait quand même que ce soit l'un des deux chats qui ait mis une telle claque à la bouteille, marcherait pas droit...). Pas un pic dans la filmo de von Sternberg, c'est clair.       

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La partie cachée de Sternberg est

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27 décembre 2011

The Shanghai Gesture (1941) de Josef von Sternberg

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Comment se peut-il qu'une ville puisse pervertir une femme comme Gene Tierney ? Bon, ok, cette ville est Shanghai mais tout de même... Quelle chute !... Le jeu, l'alcool, le manque de respect envers son père, où va-t-on ? Faut reconnaître que le gars Josef sort l'artillerie lourde pour nous faire comprendre, dès cette première plongée vertigineuse dans ce cercle (de jeu) de l'enfer, que Shanghai est the lieu de la perversion... un lieu forcément cosmopolite. Toutes les nationalités se retrouvent autour de cette roulette où même lorsqu'on perd et qu'on tente de se suicider (ce pauvre allemand prénommé Boris), on ne parvient point à y parvenir... Il reçoit, en gage, une poignée de jetons pour que son vice puisse repartir pour un tour... de roue. L'ange Tierney, elle, gagne d'abord un petit pactole, s'acoquine avec ce vautour de Victor Mature (c'est un anagramme, ne cherchez même pas) et en route pour la chute...

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Sternberg nous livre une galerie de portraits de diablotins de première main : Mother Gin Sling (Ona Munson, rien que son prénom est une tentation...) règne en maîtresse des Enfers - véritable cocktail Molotov - avec sa coiffure bizarrement cornue. Sir Guy Charteris (Walter Huston), investisseur du siècle (aujourd'hui, il serait trader), ne peut-être finalement que son mari même si ce pauvre Diable ose à peine mettre le pied dans ce casino trop humain, trop pourri. Victor Mature est un poète qui a vendu son âme au diable et se dit désormais Docteur, un docteur incapable de panser les plaies et qui passe plutôt son temps à tenter d'y mettre du soufre. Si Phyllis (c'était tentant) Brooks (Miss Dixie Pomeroy) était une fille de joie dans un autre temps, en d'autres lieux, normale que dans ce casino, elle se retrouve comme un poisson dans l'eau. Elle ne tarde point à faire son trou et la bougresse de se retrouver princesse dans ce monde de vice. Tout s'achète (elle a vendu son âme dès le départ à ce curieux chinois au nom de conquérant - Percival Montgomery Hower ! (Clyde Fillmore)) dans cet univers où l'argent est le seul maître... à tel point que cet endroit en finirait par devenir curieusement familier... Heureusement, soixante-dix ans plus tard, Shanghai s'est refait une santé (ah ouais ?).

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Tout ce petit monde se retrouve pour un dîner final où sont exposées toutes les tares de chacun. Le hors-d'oeuvre se compose de jeunes femmes que l'on vend aux plus offrants et chacun des participants verra ensuite son compte réglé en moins de deux par la maîtresse des lieux : lorsque l'un des invités, offusqué, veut quitter la table, il est rapidement sommé de se rasseoir ; il n'y a point de toute façon de porte de sortie en enfe... Et si jamais, par hasard, on parvient à la retrouver, c'est pour se retrouver au milieu des bruits infernaux des pétards célébrant le nouvel an chinois (vous n'auriez qu'à voir la tronche de mes chats dans quinze jours pour comprendre que, dans ces cas-là, personne n'a vraiment envie de mettre les moustaches dehors...). The Shanghai Gesture tient son rang au niveau des films noirs car même si ce monde étincelle, la noirceur des personnages est telle qu'il a tôt fait d'ombrager l'éclat des pierres précieuses. Le film se termine par le plus abominable des crimes (si jamais il y avait une hiérarchie...), un infanticide (ou pour être plus précis un filicide, eh ouais, on se la pète sur Shangols), comme si Dieu avait abandonné en ce lieu, en ce temps, ses propres enfants... Ah, et on me dit que c'est po fini, ciel ! Vraiment de quoi devenir fou, Gene... 

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La partie cachée de Sternberg est

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17 octobre 2011

The Town (1944) de Josef von Sternberg

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Et pour la route, un court de propagande vintage signé de l'ami von Sternberg. Le principe est simple : montrer comme il fait bon vivre aux states dans une petite ville qui pourrait être n'importe quelle petite ville ; les Etats-Unis, un véritable pays de Cocagne où tout est fait pour favoriser l'éducation de nos jeunes (et Sarko dans ta gueule... bah, c'est gratuit), un pays dévoué à la liberté où la seule chose secrète reste... le vote. C'est joliment construit avec une intro sur les bâtiments de la ville aux styles disparates - église anglaise, tour et fontaine italiennes, colonnes grecques et cour de justice romaine... - et sur sa population aux multiples origines (po de noirs, tout de même, je note...). Où sommes-nous demande une voix off taquine ? En Tchécoslovaquie, naaaaaaan, en Russie, naaaaannn... Bon brisons-là, il s'agit bien de Madison, oui, aux States Monsieur, une ville du nom de l'un des pères fondateurs des USA. Alors bien sûr qu'il y fait bon vivre : regardez moi ce marché sympathique et cette vie rurale ébouriffante, admirez ces loisirs infinis auxquels on s'adonne (piscine, jeu de dames, batifolage avec un chaton... ouah), matez moi cette école (où on apprend le français, diable !) et cette bibliothèque de folaille, craquez devant le visage innocent de ces bambinettes ricaines qui respirent la fraîcheur (bel hommage anachronique au Kiarostami que je viens de mater... sauf qu'ici personne ne dit non mais sourit bêtement - get the difference, hmm, hmm...). Franchement, cela ne vous dirait pas de vivre ici : toutes les caractéristiques de l'ancien monde dans un pays nouveau ! - je cite mal. Eh ouais, mais pour préserver ce petit coin de paradis, il faut que la liberté triomphe et que nos gars aillent se battre contre ces salopiots de Boches (je vais rester jouer aux dames, moi, finalement... rah petit kiki). Bon, c'est de la propagande quoi... Mouais, boarf, le village est gentil quand même... Franchement, ça sent à plein nez l'odyssée von Sternberg ce bazar. On ne peut décidément rien vous cacher.

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09 octobre 2011

Les Espions s'amusent (Jet Pilot) (1957) de Josef von Sternberg

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Autant je peux être fan des films de trains, autant les films d'avions m'ont toujours passablement ennuyé... Ce n'est pas ce Jet Pilot absolument navrant et aussi réaliste que les prétentions de S. Royal au premier tour des primaires qui va relever le niveau. On se demande bien d'ailleurs ce qui a pu séduire Von Sternberg dans cette histoire, si ce n'est la présence de la divine Janet Leigh qui a définitivement de très beaux atours - on s'accroche à ce qu'on peut et Dieu sait que John Wayne fait la même chose en multipliant les allusions ultra fines à la plastique de la belle (Dans un magasin de soutifs : "Nous avons un point commun avec les Russes : nous aimons lever les masses..." - la très grande classe). Donc voilà à ce à quoi on assiste pendant une bonne partie du film : des avions qui font des cabrioles dans le ciel pendant que Wayne et Leigh nous balancent en voix off des dialogues indigents ; un bien jouli métrage en technicolor qui, en fait, nous amuse peu de temps... Wayne, pilote ricain et la Janet, transfuge russe, ne vont, eux, pas perdre de temps pour tomber dans les bras l'un de l'autre - leurs scènes dialoguées est d'une mollesse lénifiante (ce besoin de laisser cinq secondes entre chaque réplique comme s'il fallait remplir au max de la pellicule) - et le Wayne de se marier avec son héroïne juste avant de se rendre compte qu'elle est - oh attention big surprise ! - une espionne (Janet Leigh, fifille bien jeune et naïve est aussi crédible en Mata Hari que moi en jockey)... Le scénar devient totalement abracadabrant lorsque le Wayne se rend à son tour en Russie en faisant croire qu'il a choisi, de son propre chef, de quitter les U.S....

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On a forcément droit en prime, à la moindre occase, à un petit discours propagandiste qui fleure bon ces débuts de la guerre froide : la Janet est émerveillée par tout ce qu'elle voit dans ce paradis capitaliste (des steaks hénaurmes aux chambres d'hôtel trop spacieuses - "on gâche de la place, on pourrait facilement faire tenir ici quatre familles !" - et un dromadaire et un troupeau de pingouins aussi...) alors que chez elle ben y a rien qui marche (Madagascar à côté c'est du pipeau), tout est gris, terne, moche... Janet Leigh ne cesse de nous livrer de petits laïus sur "l'esprit communiste" - l'individu n'existe po, il doit se sacrifier entièrement pour l'Etat, qui a bien raison de plus investir dans des bombes que dans des logements... Tout à l'avenant. Heureusement que cette pimprenelle est suffisamment glamour (elle porte très bien le mini short, vous comprenez ce qui m'a le plus passionné dans cette œuvre...) sinon on lâcherait le film au bout de dix minutes (si cela avait été un transfuge appelé, disons, Boris, déjà John Wayne aurait beaucoup moins fait le beau ("Je dois coucher avec Boris pour le faire parler ?... Ah ouais, challenge...") et le film aurait indéniablement perdu tout son - minimum de - charme.) Bref, si ces espions s'amusent, le spectateur reste lui terriblement en carafe, tout déçu de voir un film de Sternberg aussi paresseux et peu inventif...

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08 septembre 2011

L'Assommeur (Thunderbolt) (1929) de Josef von Sternberg

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Il s'agit donc du premier film parlant du gars Josef (j'ai des petites fiches sur tout, 'tention) ce qui explique sûrement cette curieuse impression ressentie dès le début du film (je n'avais pourtant point encore consulté ma fiche) que les acteurs semblent tout surpris de s'entendre parler... Plus grave, le côté terriblement statique de l'ensemble du film (la toute nouvelle technique d'enregistrement des sons devait po permettre de se barrer bien loin avec son micro-cravate... je vous vois acquiescer), Sternberg, après une première demi-heure plutôt poussive, décidant qui plus est d'enfermer ces deux personnages masculins principaux dans le couloir de la mort - comme si on allait pas voir la supercherie, ben tiens... Cerise sur le gâteau en cette période de transition cinématographique, les regards de cette pauvre Fay Wray qui joue l'effarement ou la surprise avec la même finesse que moi du xylophone ou encore les déhanchements gaguesques et assez pathétiques de ce pauvre George Bancroft (Mr Thunderbolt, laisse moi rire) qui tente d'imiter son chien (m'a tellement fait marrer que j'ai encore de la sciure sur mon short - genre). Bon voilà une intro, vous allez me dire, guère tendre avec ce bon Josef. Ben ouais, mais franchement il faut bien reconnaître que je n'ai pas passé les 90 minutes les plus palpitantes cinématographiquement parlant de mon existence.

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En deux lignes, le pitch, allez tiens : Fay Wray tombe amoureuse d'un beau et séduisant banquier (Richard Arlen, le beau gosse - sauf bien sûr comparé à moi) mais il y a  un gros problème à l'horizon pour la chtite Fay : elle est l'ex de Mr Thunderbolt, un sale bandit (George Bancroft donc) qui fait une sale trogne tout du long ; il veut forcément récupérer la chtite mais, malheureusement pour lui, le bougre se fait pincer par la police de façon assez ballote en allant lui rendre visite dans l'appart de son nouveau petit ami (qui vit encore chez sa mère, putain, la honte Richard !) - elle le dénonce d'ailleurs elle-même à la police, histoire de po avoir d'embrouilles. George is revenchard et monte de sa propre cellule (va comprendre comment) une entourloupe à deux balles (un hold-up dans une banque où le Richard est pris en otage puis laissé tout seul dans la rue avec un flingue...) pour que le Richard soit à son tour condamné à mort (la justice américaine se tape la méga honte sur le coup, moi je dis)... Fay pleure toutes les larmes de son corps, se marie en prison avec son cher et tendre sous les yeux de son ex qui, qui,... va être méchant jusqu'au bout en tuant de ses propres mains le Richard ou qui va prouver qu'il a le cœur sur la main en le disculpant ? (ah ben je vais pas tout vous dire, vous aussi vous pouvez vous taper le film quand même)... Bon, c'est méchamment tiré par les cheveux comme histoire, et je vous parle même pas du bordel qui se passe tout du long dans ce couloir de la mort qui prend l'air parfois d'un vrai moulin (un orchestre qui passe, un condamné qui réussit à se procurer un flingue - si -, George qui raboule son chien dans la geôle - ah ouais t'y crois pas que c'est grave)...  Comme je ne suis pas non plus un gars qui tire sur tout ce qui bouge pour le plaisir, j'ai bien aimé en revanche l'idée mignonnette du chat noir en début de film qui vient se frotter sur le couple de tourtereaux (Richard et Fay) puis celle du chien tout pouilloux qui accompagne le George en virée pour aller surprendre la Fay dans son nouveau repère : c'est sûrement les deux instants les plus fluides (une bête ça parle po, vous voyez comment je retombe sur mes pieds ?!) et les deux micro-idées de mise en scène les plus sympathoches du film (il m'en faut peu, reconnaissez au moins ma bonne foi). Pour le reste, ce n'est pas le poing de fer du George ni sa gouaille qui parviennent à nous tirer de notre gentille léthargie. Pas "assommant" parce que c'est Josef et que je veux po lui manquer de respect, mais pas l’œuvre non plus (de loin) la plus incontournable de son début de filmo (je ne saurais que trop vous (re)conseiller la trilogie muette ressortie il y a peu chez Criterion (Underworld, the Last Command, The Docks of New York) qui est un bonheur en soi. Ca c'est dit.

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22 mai 2011

Fièvre sur Anatahan (The Saga of Anatahan) (1953) de Josef von Sternberg

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Une grande claque sur le fond et dans la forme que cet ultime film de Von Sternberg. Des Japs échoués sur une île à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et une robinsonnade qui prend rapidement des allures tragiques avec la présence sur le rocher... d'une femme (nos militaires découvrant un village abandonné où elle s'y trouve avec son mari). Une situation qui commence comme Le Désert des Tartares - nos militaires attendant l'arrivée de l'ennemi avec leur pauvre mitraillette - et qui va prendre la tournure d'un concentré de l'histoire contemporaine du Japon (joli parallèle, sur la fin, entre le Mont Fuji et le volcan qui domine cette île d'Anatahan) avec son lot d'auto-destruction, pour ne pas dire (allez, n'ayons point peur des mots) de l'histoire de l'humanité en raccourci avec son flot de convoitise, de jalousie, de désir, de trahison, de mort...

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Faut dire que la donzelle (sublime Akemi Negishi) envoie du lourd et fait, dès sa première apparition, monter dangereusement la fièvre dans cette jongle asiatique. Si nos amis avaient jusque-là réussi à survivre pacifiquement en vivant tels des hommes préhistoriques (chasse, pêche, feu et tradition - le Jap n'est pas le dernier pour pousser la chansonnette gaillarde), la découverte dans la carlingue d'un avion de deux pistolets va quelque peu changer la donne. Bon et puis c'est vrai que cette boisson alcoolisée artisanale (le Jap peut distiller n'importe quoi) n'arrange rien pour faire monter la pression... Véritable reine de la ruche ou reine de Saba, la chtite Keiko va faire tourner la tête de nos hommes... Un ménage à deux qui devient ménage à quatre avant que nos hommes entre-tuent pour posséder la Belle. Elle finira par leur échapper, le père Josef, qui joue au narrateur, lâchant cette phrase qui en dit long : "Keiko had gone : there was no more trouble... there was also no more life". Rah les femmes quand même !

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La caméra de Von Sternberg colle à ses personnages coincés dans une jungle de studio, nous narrant tout du long cette histoire (les acteurs japs ne sont point sous-titrés) tel un entomologiste spécialisé dans les insectes humains. Des insectes dont il nous conte les rites qui rythment leur vie loin de leur terre d'origine (grosse séquence de bamboche alcoolisée où Kaiko danse sur une table en bois - et Dieu créa l'ange asiatique - suivie de celles tout en recueillement lors des multiples enterrements). Il n'en oublie point pour autant l'aspect charnel de ces êtres - Kaiko reposant dans les bras d'un guerrier -, une sensualité qui finit toujours par côtoyer la mort - le dit guerrier, caressant sa créature, ne tardant point à être assassiné d'un coup de couteau vicieusement donné à travers les minces cloisons de leur refuge. Magnifique scène également que cette chasse à l'homme dans la jungle avec cette caméra glissant sobrement sur cette nature sauvage : la mise à mort est alors traitée de façon elliptique comme pour mieux souligner cette fatalité destructrice à laquelle ces hommes amoureux ne peuvent échapper - on devine l'issue tragique sans qu'il soit besoin d'en rajouter, tout comme ces coups de feu qui résonnent dans la jungle à chaque règlement de compte.

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On passe en un clin d'oeil de la luminosité à l'ombre, de la joie à la mort, Von Sternberg dans une ultime séquence absolument magnifique (les morts surgissant de la nuit pour apparaître en pleine lumière alors que Keiko se remémore ces amants sacrifiés) inversant en quelque sorte le processus comme pour mieux souligner la mince frontière entre les deux mondes. Un récit fiévreux magnifiquement mis en scène... Que dire de plus ? Je fus peut-être le seul à me faire "un petit Sternberg en ce dimanche aprèm" pour reprendre une chtite conversation skypée avec l'ami Gols il y a peu, mais Dieu sait que cela fut une riche idée. Josef est grand.

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24 mars 2011

Crime et Châtiment (Crime and Punishment) (1935) de Josef von Sternberg

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Est-ce parce qu'il venait de se faire lourder par la Marlène ? Est-ce par ce qu'il s'agissait d'une simple commande des studios qui ne lui disait rien ? Est-ce parce qu'il avait un budget de deux dollars et demi pour faire les décors ? Est-ce tout simplement parce que le scénar d'après le chef-d'oeuvre de Dostoïevski était naze ? Toujours est-il que l'on s'ennuie de bout en bout, que les acteurs semblent totalement en free-lance (incarnant, qui plus est, des personnages qui d'une scène à l'autre changent totalement de caractère - la soeur, en particulier, qui adore son frère, puis le lâche salement puis se remet à l'adorer...) et que l'ensemble semble bien constituer l'un des premiers gros ratages dans la carrière de l'ami Josef. On se dit pourtant qu'au départ, confier le rôle de Raskolnikov à Peter Lorre n'est pas une mauvaise idée en soi - un meurtrier, vous allez me dire, c'est son rayon, oui mais bon, ce n'est tout de même plus ici les petites filles mais une seule dame âgée... et chieuse... - et l'on découvre (joli premier plan quand il sort de l'ombre... c'est presque le seul qu'on aurait envie de garder sans être méchant) un chtit Peter les cheveux presque tondus comme s'il sortait du service militaire, tout frêle, avec ce timbre de voix doucereux si particulier. Le gros problème c'est qu'on ne peut point dire qu'au niveau du jeu, d'une séquence à l'autre, on fasse vraiment dans la dentelle au niveau de l'évolution de ses réactions : la gentillesse, puis la sauvagerie du meurtre, jusque là ok, puis la panique, puis tiens, la nonchalance, puis re la panique, puis à nouveau le détachement, puis l'effroi... Ouh là, on commencerait presque à croire que c'est monté tout de traviole...

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Sternberg n'y va en plus pas de main de morte pour montrer que le Peter sue sang et eau : on se coltine de soudains gros plans assez ingrats sur la pauvre tronche d'un Raskolnikov qui semble avoir tout juste terminé un marathon (aussi finaud qu'un De Funès en sueur). On connaît pourtant le talent du gars mais il est clair que rien n'est vraiment fait pour donner une quelconque ombre de mystère à son personnage torturé... Dans le rôle de sa conscience (même si cela n'est pas forcément ultra cinégénique, une conscience, il y avait d'autres moyens moins lourdingues pour montrer la tourmente de son âme), il y a donc un inspecteur qu'il ne cesse d'avoir sur le dos pour le titiller : toute la subtilité de l'oeuvre de Dostoïevski, l'affreuse et insidieuse torture mentale du personnage, se retrouve ainsi "grossièrement" traitée. Sternberg ne fait guère plus d'effort pour mettre en scène les séquences avec plus de deux personnages - ils sont cinq, ben mettons-les tous face caméra : ça tient dans le cadre et en plus on a po besoin de la déplacer - autant d'effets théâtraux de base que vient renforcer, notamment sur la toute fin, une dramatisation excessive dans le jeu (la fille et la mère totalement hystériques, le Peter les yeux ronds comme des boules comme si on était toujours à l'ère du muet...): on a presque l'impression que Sternberg, arrivé en fin de tournage, se fait un malin plaisir à saborder totalement le bazar. Un assassinat en bonne et due forme de ce grand classique, un véritable châtiment... pour le spectateur. Oublions vite.

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03 février 2011

Le Paradis des mauvais Garçons (Macao) (1952) de Josef von Sternberg

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On se frotte les paluches d'avance quand on découvre au générique de la RKO les noms de Robert Mitchum, Jane Russell, William Bendix et autre Gloria Grahame, et on se dit que l'ambiance humide et malsaine de Macao va donner lieu à une petite oeuvre noire, dans les mains de Sternberg, de la plus belle eau. On restera tout de même un peu sur sa faim... La faute à qui ? Difficile à dire : à une certaine nonchalance des acteurs qui semblent plus dérouler que se donner à fond dans leur rôle - Mitchum en "beau gosse" pas bien malin, Russel en femme fatale pleine de classe mais beaucoup trop froide pour faire passer un vrai frisson, Grahame qui se contente de séduire en jouant des sourcils, ou Bendix en traditionnel moulin à paroles pas très fufute au premier abord -, au scénar dont on comprend au bout de trois secondes la seule feinte (Mitchum est-il un policier venu pour résoudre un meurtre, hum hum ?) et qui ensuite ne laisse guère de place à la surprise (Mitchum tombe les femmes par son charme naturel, c'est comme ça, et à la fin, après un vrai combat de mâles aux poings, il triomphe), au rythme un poil mollasson (pauvrettes scènes d'action si ce n'est celle, d'anthologie faut reconnaître, où Russel attaque Mitchum avec un ventilo - bilan : un oreiller de foutu) ou encore à l'ambiance, malgré un certain effort dans les décors pseudo orientaux, jamais vraiment poisseuse...? Bon attention, c'est pas non plus raté, loin de là, juste un peu décevant dans l'ensemble.

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Russell marque des points d'entrée de jeu en tentant de frapper un type avec ses chaussures à talon (bizarre ce réflexe féminin... me vois mal mettre personnellement un gros coup de basket dans la tronche d'un assaillant), en roulant un gadin à Mitchum qui joue les sauveurs (lui piquant au passage son porte-feuille, bien joué) et en acceptant d'un petit vendeur de commerce rencontré sur le bateau (Bendix) une paire de bas de soie qu'elle met illico, là, sur le pont, sans vraiment faire de vlcsnap_1508387manière. Si son anatomie a des avantages qui ne prêtent pas à discussion, Sternberg n'essaie pas d'en "jouer" outre mesure (sage décolleté, robe ne cherchant point trop à mettre ses gambettes en valeur - son petit top moulant à la fin du film, tout du même, mmmmh... pardon) : il semblerait qu'il cherche à faire de Russell la parfaite séductrice ultra classieuse dont les simples chansons envoutent les hommes, mais n'est malheureusement point Dietrich qui veut (c'est peut-être là le gros problème). Même si Russell balance quelques répliques désabusées pour montrer à quel point elle a déjà "navigué" ("Everybody is lonely and worried and sorry. Everybody is looking for something"... Ben ouais Robert, t'es comme nous, attends...) et qu'elle n'est point le genre de gonzesse à qui on peut facilement raconter des sornettes, son "fatalisme" peine à réellement nous convaincre... On ne croit pas une seconde à sa petite scène de jalousie contre Mitchum (il sait qu'il peut l'emballer en un clin d'oeil, le Robert) tant l'on a deviné depuis le début qu'ils vont finir ensemble (comme eux aussi en sont persuadés, ils ne font pas vraiment d'effort pour nous y faire croire...).

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Gloria Grahame est pour sa part terriblement sous employée - deux-trois séquences en tout et pour tout où elle doit jouer à la potiche dont les yeux brillent pour les diamants, obligée de se coltiner son falot de mari parce qu'il a la thunasse... pas très original, tout ça - et n'aura même pas l'occase de rouler un palot à Mitchum qui pourtant lui devait bien ça. Même le final a du mal à nous tirer de notre sommeil - une course-poursuite sur le port où chacun rame pour trouver son chemin entre ces maudits filets, une pauvre baston pour la forme pour que Mitchum prouve que "he is the man and that he desserves the girl" - et tout est bien qui finit bien : nos deux héros n'ont même pas perdu un slip dans cet enfer du jeu... Trop de potentiel tue le résultat, cela arrive parfois. Un simple 7 sur 12 au lancer de dés.   

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31 janvier 2011

The Salvation Hunters (1925) de Josef von Sternberg

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Sous le charme de cette première oeuvre de Sternberg qui traite avec une grande pudeur des laissés-pour-compte avec une finesse chaplinesque. L'introduction nous prévient qu'il s'agit plus de mettre en image une "pensée" que des personnages... On suivra malgré tout trois individus - un homme, une jeune femme, un gamin qui se retrouvent ensemble "par la force des choses" - qui errent des docks d'un port à un appart pourrave en ville. Y'a pas de boulot, la seule sortie de secours, pour la femme tout du moins, semble la prostitution : en un mot, c'est le marasme... Le plus important semble pourtant aux yeux du cinéaste de garder un état d'esprit positif pour ne pas dire la foi ou un sens de la combattivité. Dans la première partie la femme titille l'homme pour qu'il prenne la défense du bambin en train de se ramasser une grosse correction par un type sur les quais : il y va guère rassuré, parvient à tirer le bambin des griffes du bourreau et capte l'attention de la jeune femme, gagne sa confiance ; dans la seconde, il distribuera 342 coups de poing à un petit maquereau qui fait du gringue à la donzelle (pour bien appuyer son effet, le pugilat se passe devant une pancarte annonçant "American dream is here" : en un mot, faut "se battre" (avoir le courage de ses opinions, surtout) pour espérer s'en sortir...) et reçoit un baiser. Cool. La fin (long travelling arrière sur ce trio qui va la main dans la main, prêt à conquérir le monde puis filmé de dos, en ombre chinoise, avec le soleil qui se lève à l'horizon) semble également très influencée par Chaplin (The Tramp, of course) qui fut d'ailleurs un des premiers à louer le travail de Sternberg.

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En dehors de cette trame qui finalement demeure assez simple, la grande qualité de Salvation Hunters réside dans la sobriété de son montage et la juste "mesure" de ses cadres ; en quelques plans von Sternberg parvient à rendre compte de l'atmosphère miséreuse de ce port et du vague à l'âme de ces personnages totalement figés dans ce décor décati. L'image de la machine qui extrait la boue du fond de la mer illustre, elle, joliment les aspirations du jeune homme : sans le sou, incapable de trouver du taff, cela ne l'empêche pas de croire qu'un jour il verra lui aussi le bout du tunnel... Mais la route est longue. Sternberg excelle à filmer ce trio qui, le cul sur une chaise ou sur un banc, prend son mal en patience - joli plan entre autres sur nos trois personnages mâchant un chewing-gum qu'ils viennent de se partager alors qu'au-dessus d'eux la petite phrase "God bless our home" sonne de façon diablement ironique.

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Le réalisateur multiplie les plans fixes sur les personnages principaux, eux-mêmes rarement en mouvement, mais il parvient à capter des postures, des attitudes avec un grand sens du "naturel" - on sent d'ailleurs depuis le début dans cette oeuvre comme une volonté de mélanger la fiction avec un aspect quasi-documentaire (les clochards et les mendiants filmés en ville, notamment); une des séquences dans laquelle on perçoit le plus toute la spontanéité des personnages est celle où le gamin ouvre à la main une bouteille de lait qui lui explose au visage : les deux jeunes gens s'esclaffent pendant que le gamin jette un coup d'oeil mi-inquiet mi coquin à la caméra ; il y a également un réel aspect comique dans ce plan où le petit maquereau s'adosse au mur où se trouvent des cornes de trois mètres de long - son côté "Belzébuth", l'air de rien, est ainsi joliment rendu... Même les petites scènes champêtres de la fin du film (à part la baston qui part dans tous les sens) respire un réel sens du naturalisme et on ressort de la vision de cette première tentative cinématographique sternbergienne qui a dû couter deux dollars soixante tout chafouin : plein de vie, touchant et d'une étonnante rigueur dans le choix de chaque cadre.    

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