26 avril 2011

Detective Dee : Le Mystère de la Flamme fantôme (Di Renjie) (2011) de Tsui Hark

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Le plus mystérieux dans le dernier film de Tsui Hark réside peut-être dans l'accueil critique triomphal qui lui est fait en France ("Virtuose", "Flamboyant", "Époustouflant", "Ébouriffant" (bien fait d'aller juste avant chez le coiffeur...)) alors qu'il ne s'agit que d'un film qui se complaît dans la surenchère d'effets numériques (toujours aussi laids à mes yeux, dénués d'une quelconque poésie) et au contenu étonnamment creux (de l'intrigue - à la recherche de la sale bestiole inflammable... - en passant par l'indigence des dialogues). On ne peut trouver dans ce Detective Dee qu'une resucée des derniers films d'aventures des ces dernières années, d'Indiana Jones (diantre ! : de la boule qui roule à l'usage du fouet par l'héroïne) aux films de Zhang Yimou - Hero, Les Poignards Volants - (des trucs qui volent justement dans tous les sens et que l'individu traqué évite soigneusement) en passant par Tigre et Dragon d'Ang Lee (un petit tour au sommet d'un forêt), Face/Off de John Woo (un petit coup de masque avec des effets de morphisme dignes d'un clip de Michael Jackson), et j'en passe... Ce qui "distinguerait" Tsui Hark serait son sens de l'humour impayable ? Ben là encore, désolé, mais on n'a pas dû voir le même film : en dehors de la séquence assez poilante du Prince qui montre son front du doigt en déclarant qu'il vaut mieux se servir de son intelligence que de la violence... juste avant de recevoir une flèche ça comme pile-poil à l'endroit pointé - la violence, ça le fait aussi quand même... -, nos personnages principaux se prennent diablement au sérieux tout au long de leur quête terriblement lassante. A l'image de l'immense statue de Bouddha côtoyant le palais, Tsui Hark tente de faire dans le gigantisme, dans le too much (on passe d'une séquence à l'autre en un clin d'oeil comme si on était pressés de passer à autre chose pour nous faire rapidement oublier ce qu'on venait de voir...) mais comme celle-ci, la statue, le contenu de son film est d'un vide sidéral : une intrigue politique ultra complexe ? Tu parles, en dehors de Dee qui "flaire" le bon coup en changeant de bord, le reste demeure ultra manichéen (les pro et les anti-impératrices) ; de la romance ? Deux pauvres scènes d'amour vite avortées et des dialogues lors de ces "pseudo-échanges amoureux" d'une platitude terrible. Des combats hallucinants ? Mouais des types qui volent et font des triples salto en l'air, mais rien de bien nouveau sous le soleil d'autant que dès que les mouvements aériens deviennent moins fluides (qu'on sort du tout numérique) on voit presque les câbles qui retiennent les acteurs... De nombreux personnages dans Detective Dee se consument de l'intérieur et ces effets spéciaux vraiment pompiers (on ne peut guère me contredire sur ce point) sont finalement un bon résumé de cette oeuvre - à force de vouloir bourrer au maximum son film d'effets tape-à-l'oeil (po beaucoup de magie dans ces décors, si je peux me permettre) - marchant ainsi d'ailleurs sur les traces de ses confrères chinois, Chen Kaige ou Zhang Yimou -, Tsui Hark en oublie l'essentiel : l'émotion, la poésie, la beauté, la finesse, l'originalité... Un film fantôme.

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27 août 2009

Green Snake (Ching Se) (1993) de Hark Tsui

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Green Snake est d'un kitschissime qui ferait passer un film de Beineix pour une pub pour le jambon Herta. On pourrait passer trois heures à faire la liste des effets spéciaux (les différents monstres - le serpent, la cigogne, le dragon.... - ou le bébé en plastique avec des piles Duracell), de l'esthétisme (oh la belle bleue, oh les beaux rouges, oh ma belle cellophane violette...) ou des idées ringardes (et le sorcier de jeter des miniclochettes animées sur le monstre-serpent pour le faire fuir et celui-ci de se mettre en colère parce que cela fait trop de bruit). Bref si vous voulez vous lâcher, franchement, j'aurais dû mal à vous contredire.

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Malgré tout, le plaisir à revoir cette oeuvre du fou furieux Tsui Hark est toujours là. Le couple saphique formé par Maggie Cheung et Joey Wong, leur synergie, leur charme, leur séduction toujours à la limite du too much y sont pour beaucoup.  D'autant que derrière leur dandinement des fesses pour mettre en émoi un prof (bah facile) et un moine aux super-pouvoirs (vachement plus dur, mais jouable), leurs minauderies, leur voix pétillante et leur sensualité de feu - et d'eau -, se dessinent en creux de beaux portraits de femmes-démons qui ne cherchent jamais qu'à devenir plus humaines; derrière cet érotisme parfois à deux balles, c'est elles qui sont le véritable creuset d'émotion : il faut voir cette séquence avec Joey Wong heureuse de pouvoir pleurer pour la première fois avec une Maggie Cheung grimaçante pour essayer de l'imiter, pour comprendre que derrière ces faux-semblants de séduction se dissimulent des personnages émouvants dans ce monde d'hommes monolithiques. Le film conserve un charme désuet très années 70, un esthétisme désuet très années 80 et pour peu qu'on ferme les yeux sur les fils qui font voler les personnages, demeure un des meilleurs films ovni du Tsui - il est bon parfois d'avouer ses faiblesses, faiblesses que je ressens également pour La fiancée aux cheveux blancs de Ronny Yu, réalisé étrangement la même année.

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On retrouve comme un condensé du meilleur et du pire de ces films de genre hongkongais qui, derrière un délire visuel et l'improbabilité de ces décors de studio en carton-pâte, proposent une virtuosité dans la mise en scène et le montage - le plan-séquence, connaît po. Il faut certes garder l'esprit un peu "à la cool" pour apprécier - m'imagine point avec Rivette à mes côtés dans la même salle - mais il y a suffisamment de répliques qui frôlent le n'importe quoi, de comédie - la Maggie surtout ne se prend pas au sérieux et semble prendre un plaisir immense à se laisser aller - pour y trouver son bonheur. Collector.   (Shang - 31/07/07) 

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Mon camarade a bien fait le tour. C'est clair qu'il faut une certaine dose de second degré pour apprécier cette esthétique quand même plus proche du sachet de Haribo fondu que, mettons, des frères Dardenne. On ne sait pas vraiment si on assiste à un infâme navet ou à un objet tellement "asiatique" qu'il ne peut que nous demeurer opaque : autre culture, autre façon de raconter, et du coup peut-être impossibilité de vraiment apprécier. Ce qui en ressort de ce côté-ci du Pacifique ressemble plus à une comédie qu'à un mélodrame, mais allez savoir quelles sont les vraies intentions de Tsui-Hark... Le bougre, lui, a l'air d'y croire, et nous donne il est vrai quelques jolis moments (la scène des larmes mentionnée par mon compère, le final constitué d'un combat dans le ciel très manga), mais aussi pas mal de scènes ridicules. Un peu l'impression de regarder un "film du monde", quand même, intéressant juste parce que dépaysant.

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Ceci dit, Maggie Cheung joue bien le serpent, et la séquence où elle doit troubler le moine pour lui faire perdre sa concentration vaut des points : moi, elle me regarde, je suis déconcentré (le moine résiste bien 2 minutes, c'est à ça qu'on reconnaît les moines, damned taoïstes) ; et puis il y a effectivement cet érotisme larvé entre les deux soeurs qui peut déclencher quelques frissons. A force de couleurs primaires, on est quand même au bout du compte au bord de l'écoeurement. A regarder l'estomac solide.   (Gols - 27/08/09)

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03 février 2008

Time and Tide (Seunlau ngaklau) de Tsui Hark - 2000

time_and_tideAprès le film des Straub, je peux dire que j'ai exploré dans la journée des types différents de cinéma. Le seul point commun que je vois entre les deux films est qu'ils se terminent tous les deux par un générique, sauf celui des Straub. Time and Tide est à la finesse ce que le luth est à la compétition sportive, si vous voyez. C'est une sorte de chaos infernal, mais bien sûr très bien orchestré, où chacun se tire dessus en pratiquant des doubles saltos inversés avec kick-balayette latéral, tout en téléphonant à son pote et en faisant des clins d'oeil à la jeune première. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça lésine pas sur la frime, et que ça met son point d'honneur à vous mettre les nerfs en pelote à force de surenchère visuelle et de vidage de cerveau.

On ne comprend strictement rien au scénario (comme les Straub, tiens), mais on n'en a rien à foutre : on est 523_2là pour mettre ses neurones en veille en regardant comment le héros va bien pouvoir se sortir de la bagarre avec le gorille armé d'un M-3012 et d'un extincteur, suspendu à un cable au-dessus du vide et épaulé par 234 gardes du corps peu au fait de l'écriture de Proust. Le top du top pour Tsui Hark, c'est de montrer un accouchement au milieu d'une fusillade infernale, la future maman étant chargée de vider le chargeur pendant que le héros coupe le cordon avec ses dents puis entame une partie de rugby avec le couffin. C'est vrai que c'est drôle, mais c'est aussi trop creux pour qu'on ne pique pas du nez à un moment ou à un autre. La maestria du mec n'est pas à prouver, c'est plus que parfait au niveau des idées visuelles et de l'ambition formelle : le film semble se dérouler en un seul art11_4_400x268mouvement épileptique sur 1h50, sans aucune pause. Même si on sert un glaçon au bar, c'est avec force wwwoooufff et moult grimaces de mannequin couillu, et on se marre bien devant l'inanité de ce film absolument creux et résolument jouissif. Maintenant, personne n'interdira à Tsui Hark, je pense, d'utiliser aussi la partie gauche de son cerveau. Abyssalement vide, mais idéal si comme moi vous avez un voisin en train de se taper le match OM-je ne sais qui, en hurlant des "bbbbbbooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuueuuuuuh !" caverneux. Ca mérite pas plus.

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04 octobre 2006

The Lovers (Leung Juk) (1994) de Tsui Hark

post_330646_1147108698_1_Tsui Hark est capable du pire comme du meilleur et là on tombe vraiment dans la catastrophe. Cette bluette adaptée d'une vieille vieille légende chinoise est aussi cul-cul que La Boum jouée par les Télétubies - je suis effaré d'ailleurs par certains commentaires ici ou là. Ouais la photo est soignée comme d'hab, le Tsui n'est pas un manchot pour faire des plans mais tout tombe à plat - l'étudiant qui met une heure pour se rendre compte que son camarade est une fille a pas inventé la lessive en poudre... Les pseudo séquences de comédie (Ils font des grimaces pour imiter Belmondo et Seberg, je rêve, non?) sont ridicules à mourir... C'est béta, mon dieu (Et je passe sur ces moments de malaise, où, pensant être attiré par les garçons, il se juge "douteux". Réflexion d'un goût douteux en effet.) Quant à la fin plus tragique qu'une élection interne du P.S. avec ces monceaux de terre qui ne cessent de tomber du ciel avant  d'aspirer la pauve chtite qui va rejoindre dans sa tombe son amant mort de tristesse... Quelle massacre! Ca donne envie de revoir tout Mizoguchi pour la délicatesse et la véritable émotion qui se dégagent de chaque plan. Heureusement ce n'est que le 499ème article...

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29 août 2006

Seven Swords (Chat gim) (2005) de Tsui Hark

swords10_1_Il y a une certaine tendance du cinéma asitiatique ces derniers temps qui me fait froid dans le dos: plus le film se veut pan-asiatique (mélange d'acteurs Coréens, Chinois, Hong-Kongais (Chinois donc me diraient mes étudiants, oui c'est juste pour le mauvais esprit), Japonais...), moins les personnages sont travaillés: de l'horrible Promise de Chen Kaige à ce Tsui Hark (en passant par Wong Kar Wei, qui, lui, s'en sort dans 2046 mais on lui pardonne tout), on a droit à un patchwork d'acteurs, une grande famille de cinéma... virtuel. Le plus grave d'ailleurs dans tout ça  étant qu'ils semblent plus avoir été choisis pour faire partie d'un boys' band que pour faire un film. Rarement vu une distribution aussi molle de la guibole! Du même coup, on ne s'intéresse jamais vraiment à l'un4_large_1_ des quelconques 7 mercenaires (juste une petite anecdote à deux Kwais avant le combat final pour les passer en revue), comme si Tsui Hark au final n'en avait pas grand chose à battre - il a d'autres têtes à sabrer. Certes, il reste l'un des maîtres (peut-être même LE maître) pour filmer des combats, toujours parfaitement lisibles, sans avoir à démultiplier les angles et les cadres au montage tant il a le sens des chorégraphies et de la mise en scène - le combat final où le gentil aux cheveux longs et le méchant chauve (ça leur apprendra) se donne des coups de sabres de furieux, coincés en hauteur entre deux murs espacés d'à peine un mètre est un vrai bonheur.

Mais alors entre la deuxième bataille et la dernière il y a bien une heure et quart où il ne se passe vraiment que dalle: des dialogues roploplo ("Bois le sang de ton ennemi, ainsi tu n'auras plus peur de lui" - mouais, po sûr que ça marche en plus), des histoires d'amour aussi niaises que des clips MTV Asie (pire que MTV reste du monde) et surtout aucune volonté de vraiment chercher à fouiller en profondeur les motivations, les swords17_1_personnalités, les faiblesses de chacun des protagonistes... Leurs sabres, sur lesquels on s'attarde deux minutes, paraissent avoir plus de caractère que les personnages, c'est un peu le comble (d'où le titre me direz-vous.) La fin quant à elle sent la suite à 3 km à la ronde comme si Tsui Hark était d'ores et déjà confiant en le succés d'une saga (pas de nouvelles depuis...). 2h20 emmenées sur une musique tonitruante du Japonais (chacun a son bout de gras) Kenji Kawai, aussi efficace que ronflante. On est pas loin de l'ère des films à côté desquels les jeux vidéo sembleront avoir plus de profondeur. Cinéma spectacle, c'est bien beau, mais un peu d'humanité, cela ne peut pas faire de mal; ce n'est pas en proclamant "on est tous frères" et en gommant les particularismes de chaque culture, que l'on fait avancer les choses en profondeur. Ou alors c'est aussi con et superficiel qu'une chanson de Francis Lalanne.

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31 juillet 2006

The Blade (Dao) (1995) de Tsui Hark

qt7_blade_1_Gros gros film de bastons - 4576, j'ai compté - à tel point qu'on prie parfois pour qu'elle s'arrête... mais c'est comme espérer qu'un héros d'un film de Rohmer va finir par se taire.

C'est The film de Sabres des Années 90 et si rien ne m'enlèvera dans l'idée que Tsui Hark est meilleur producteur que réalisateur, le type a quand même du brio dans les scènes d'action, même si l'on tombe aussi parfois dans le brouillon. Si les scènes d'entrainement et le combat final sont relativement brillants, j'avoue avoir parfois détourné un oeil de la télé, sûr de ne pas manquer grand-chose, pour surveiller les moustiques qui pullulent à cette saison à Shanghai. Bref, une femme aime deux hommes (déjà vu quelque part ça mais où?), Tête d'acier et Ding on (ben ouais, il est pas traduit l'autre)... On les retrouvera réunis pour le final après donc 4575 combats. Entre-temps Ding on est devenu manchot mais a gardé la tête froide, apprenant dans04_1_ un livre à moitié brûlé (s'en fout il est manchot, j'ai dit) les finesses de l'art du combat: attaché à une corde, il se gauffre sévèrement au début mais ensuite avec son sabre brisé hérité de son père (...) il coupe le bambou à la vitesse de l'éclair. Il fait la connaissance aussi d'une sauvageonne qui a bien fait d'arrêter le cinéma depuis. Tête d'acier, parti à sa recherche, fera la connaissance de la sublimissime Valérie Chow, prostituée chaffouine (l'hôtesse de l'air de Chunking Express, seconde Miss Hong-Kong 1991 (Gols fronce le sourcil) et franchement je veux jamais croiser la gagnante...): il a deux bras, c'est normal, il a le chocolat. L'héroîne devra se consoler en fumant la pipe, c'est la morale de l'histoire, comme dans un Rohmer en fait.

C'est certes efficace en diable - ben oui c'est édité en France par Christopher Gans... - mais à force de faire le malin, Tsui Hark finit souvent, comme son héros Ding on, par tomber dans le ravin... Vain, c'est ça aussi... Sublimes chorégraphies avec tourneboulé de caméra à terre (je vous jure, faudrait l'engager pour filmer le patinage artistique ce type), mouvements de grue par-dessus les toits et par dessus la jambe 10_1_aussi parfois,  plan-séquences dont le plus long doit durer 12 secondes, des couleurs oh la belle rouge, oh la belle bleue... mais comme dirait Lanvin dans Mes Meilleurs Copains, l'émotion et le feeling, il les a laissés au vestiaire: personnage féminin sans âme, plan sur un chaton pour parler du bon temps de la paix (...), des dialogues Bessonien ("Je ne te dirai pas le nom de celui qui a tué ton père tant que je serai vivant!" - putain quand alors?, ou encore, cet énorme "Pourquoi existons-nous?" susurré par l'héroîne à la fin du film qui nous fait tomber le deuxième bras) et j'en passe...

Pour amateurs - enfin surtout pour ceux qui n'ont pas envie non plus de trop se casser la tête.

Posté par Shangols à 17:11 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


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