Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour... (2010) de Pascal Thomas
Pascal Thomas file un très, très mauvais coton... Franchement, on ne peut pas dire qu'on n'essaie pas de s'accrocher avec mon comparse lors de ces dernières années. Mais là, je crois bien qu'on est arrivés au bout de la bobine. Le pire c'est qu'on ne peut même pas vraiment en vouloir aux acteurs, Julien Doré et son putaing d'accent et Marina Hands dans le rôle de la brave potiche. C'est tout simplement ridicule de bout en bout. Au départ, avec cette rencontre sur fond de festival folklorique, on pense que Thomas va nous la jouer ultra romantique avec un soupçon de décalage pince sans rire. On se pincera souvent (je rêve, là...) et on ne rira point. Deux références pourtant très pointues (...) au Docteur Jivago - rien que le thème m'avait mis le coeur en fête - et au Père Noël est une Ordure, mais il faudra vite déchanter tant les pseudo-parodies tombent totalement à plat. J'aurais mieux fait de m'endormir entre les deux génériques (celui du début, où on tente pourtant d'y croire, celui de la fin, où on respire de soulagement) pour être frais comme un gardon à la vision d'un autre film. Bon, demain j'arrête définitivement Pascal Thomas, foi de spectateur aguerri.
Le Crime est notre Affaire (2008) de Pascal Thomas
Après L'Heure Zéro qui avait malheureusement un peu tendance à y tendre, Pascal Thomas revient avec une nouvelle adaptation d'Agatha Christie - s'il choppe le filon, il est tranquille pour trois générations; il faut reconnaître cette fois-ci que grâce à l'association Dussolier/Frot, il y a un peu plus de vivacité et d'allant à l'ensemble. On sent que les deux acteurs s'amusent comme des petits fous à jouer ce couple de "vieux" - dixit Frot - en recherche d'aventures, prêts même à espérer un crime pour avoir à enquêter et s'occuper. Et crime il y aura, ou, tout du moins dans un premier temps, suspicion d'un crime lorsque une vieille tante - Annie Cordy qui récupère son accent belge (cela dit, ça fait bien quarante ans qu'on était sans nouvelles) - débarque chez eux, persuadée d'avoir aperçu une femme se faire étrangler dans un train. Frot se rend dans une mystérieuse demeure pour enquêter en se faisant employer comme cuisinière. On y croisera moult personnages (Claude Rich qui en fait des tonnes mais demeure imbattable pour rabâcher un "Elle est bonne la soupe" hilarant (on se raccroche à ce qu'on a), Hyppolite Girardot en médecin de famille qui reprend peu à peu du galon - et retrouve des rôles -, trois frères (Melvil Poupaud, Christian Vadim et Alexandre Lafaurie) presque transparents - petite forme le Melvil - et Chiara Mastroianni, hum, mais je ne veux point m'acharner) dans une demeure hantée par des loups et des sarcophages... L'enquête est assez poussive, j'avais trouvé le meurtrier au bout de cinq minutes (celui que tu soupçonnes le moins, c'est la règle facile de l'Agatha), et le dénouement est balancé en 2 minutes chrono comme si tout le monde s'en foutait. Oui, certes, c'est pas encore vraiment l'extase, vous allez me dire, mais les mimiques et les réparties de Dussolier/Frot sauvent tout de même l'essentiel du marasme. Soyons bon et restons sur cette légère note positive.
L'Heure zéro (2007) de Pascal Thomas
Même impression d'ennui et d'une mise en scène très laborieuse qu'à la vision du dernier opus de Bruno Podalydès, Le Parfum de la Dame en Noir. Un peu le syndrôme Cluedo où on comble le peu d'intérêt de la partie par l'excitation de la découverte de l'assassin. Adapté d'un roman d'Agatha Christie, on se doute que le final du film sera forcément surprenant mais lorsqu'il arrive, on attend presque 28 rebondissements supplémentaires tant le film a été poussif dans son déroulement... Et ben même pas, non. Les acteurs sont engoncés dans des rôles monochromes : Poupaud en petit bourgeois coincé, Chiara Mastroianni (avec laquelle j'ai décidément beaucoup beaucoup de mal) en (quasi) veuve éplorée tout du long, Laura Smet en fille dévergondée et ultra vulgaire (j'espère qu'elle se force), Danielle Darrieux qui reprend son fauteuil roulant de Huit Femmes, Morel en policier qui cligne nerveusement de l'oeil...; le peu de "fantaisie" vient du petit personnel qui se permet entre deux séquences plombantes quelques facéties. Alors oui, les décors intérieurs et extérieurs sont soignés, mais ils ont une fâcheuse tendance à engloutir tout l'intérêt de l'intrigue dont on ne tarde point à se désintéresser, espérant enfin une scène qui fera exploser ce carcan. Elle ne viendra jamais, comme si la stylisation forcenée, très british -alors que le film se passe en Bretagne...-, devait forcément figer la sauce. Comme s'il manquait un souffle d'air, pour ne pas dire un souffle de vie...
Mon petit Doigt m'a dit de Pascal Thomas - 2005
Je dois être bien luné ce soir, car j'ai trouvé charmant ce petit film, qui ne s'élève pas beaucoup plus haut qu'un téléfilm au niveau de la mise en scène, mais qui contient assez de fantaisie pour agrémenter joliment ce dimanche soir glacial. Mon petit Doigt m'a dit est un bien curieux mélange de comédie d'acteurs, de polar british, de BD à la Spirou, avec même une réjouissante pointe de fantastique gothique, voire de décalage surréaliste. Longtemps que je ne m'intéresse plus à Catherine Frot, et j'ai peut-être tort, tant elle convainc dans son personnage d'enquêtrice à la Rouletabille, et tant elle insuffle à l'ensemble une originalité de ton très rigolote. Son duo avec Dussollier fonctionne très bien, et son personnage touche parfois franchement à la poésie pure, notamment dans ses attirances pour le mystère et le morbide, et dans sa haine
assumée pour sa famille (elle fuit la maison dès que sa fille vient lui rendre visite, et oublie le nom de ses petits-enfants). Des pointes de poésie, il y en a d'ailleurs à la pelle, Thomas s'amusant à truffer son enquête de digressions au huitième degré (toute la partie "militaire" endossée par Dussollier, et les portraits chabroliens des villageois). Le film prend doucement une tournure inquiétante grâce à une Genviève Bujold impressionnante, et on suit le déroulement de cette complexe histoire de meurtres d'enfants avec intérêt. Bon, on ne hurlera pas au génie, Thomas n'est pas toujours convaincant quand il se pique de faire dans l'humour de jeu de mots, et sa mise en scène est un
peu plate. Mais il y a là-dedans un charme surranné, qui pourrait bien être celui que cherche désespérément Podalydès, et que Thomas trouve ici avec une certaine grâce : décors, photos, musique, acteurs, trame, fantaisie, tout est là pour rehausser un peu le niveau de la comédie française, et on ne s'en plaindra pas. Il y a même des seconds rôles inattendus : Kaprisky, Maurice Risch, Terzieff, Lescure (!), toutes personnes que je croyais mortes depuis longtemps. En-dehors de toute mode, entraînant et joyeux, Mon petit Doigt m'a dit ressemble à un de ces films de Noël qu'on regarde avec bienveillance.





