11 février 2007

Rocky Balboa de Sylvester Stallone - 2007

Ah ce bon vieux Rocky qui marquât nos adolescences de son œil bovin et de ses cris gutturaux… On se18708483 souvient que les premiers opus (opi ?) se disputaient entre affliction totale devant la forme et le fond de ces nanars improbables et la tendresse qu’il y avait à chaque fois devant cette naïveté teintée de puissance.

Eh bien en 2007, rien n’a changé : Rocky Balboa est un navet navrant d’un côté, et un objet assez touchant de l’autre. Quoiqu’en disent les critiques, Stallone n’a pas l’air d’avoir bougé durant toutes ses années : son inspiration de metteur en scène est toujours proche du zéro. Des champs/contre-champs absolument sidérants de maladresse scolaire, franchement dignes d’un débutant ; une image crasseuse et laide qui rend ternes mêmes les images des lumières de Las Vegas ; un montage au petit bonheur la chance, qui traite les raccords par-dessus la jambe… Seule la musique arrive à trouver sa voie, avec des allusions taquines au fameux thème initial, qui s’insinuent dans des ballades au piano, dans des orchestrations faussement innocentes, pour culminer lors 18708477de l’entraînement dans la reprise telle quelle de la célèbre musique. Au niveau du fond, c’est pas beaucoup mieux : Rocky (et Stallone) a toujours cette morale à la con, mélange d’inspiration sarkozyste (ou plutôt schwarzennegerienne) et de rêve américain 70’s. De mémoire, " l’important n’est pas de tomber à genoux ou non, mais de te relever et de continuer ", mouais… On comprend qu’un tel discours fonctionnait très bien dans le Rocky 1, qui était justement un portrait de cette Amérique qui donne sa chance à chacun pour peu qu’on sache la saisir. Mais aujourd’hui, un tel conservatisme laisse pantois. On ricane plus d’une fois devant les maximes de Stallone, qui prononce avec un sérieux convaincu les pires clichés yankees.

Le seul talent du film, c’est de prendre note du temps qui passe dans la jolie façon qu’a le pépère de filmer la ville. Le quartier de Rocky est devenu une ruine (très beau bâtiment à moitié effondré devant lequel18708480 notre héros fait revenir la lumière), à l’image de son moi profond et de son beau-frère bedonnant, seul personnage qui a résisté aux 7 épisodes. L’errance du début du film dans ces rues délabrées où ne reste rien de ce qui fit la gloire de Rocky est assez émouvante. Face à ce monde perdu, Stallone filme (mal) un monde moderne, high-tech, où le nouveau champion du monde évolue, entre images virtuelles et coachs aux dents longues (beaucoup trop caricaturaux pour être crédibles). Il y a beaucoup de nostalgie dans Rocky Balboa, et le gars joue son personnage très doucement, avec bien sûr des allusions évidentes au propre statut d’acteur en perte de vitesse de Stallone lui-même. C’est la partie la plus touchante du film, qui trouve son apogée dans les 20 dernières minutes (entraînement+match). En recopiant trait pour trait les images cultes des précédents épisodes, rides et kilos en plus, Stallone touche du doigt quelque chose d’humain, et on assiste à la recherche d’un acteur sur les traces du personnage de ses débuts. Rocky est un ringard, Stallone aussi, et c’est assez troublant de 18708478saisir l’honnêteté de celui-là par rapport à celui-ci.

Le combat final, passage obligé, est curieusement ficelé. Très lisible dans un premier temps, il se déconstruit dans un noir et blanc mêlant passé et présent assez laborieusement, puis se termine très simplement. Bien sûr, on est très loin d’un vrai match de boxe, comme dans tous les Rocky. Mais la toute fin du film, artisanale et modeste, est un émouvant adieu de Stallone à son personnage.

Bref : très partagé.

Posté par Shangols à 11:23 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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