Fried Dragon Fish (1993) de Shunji Iwai
Une image ultra-filtrée et d'une laideur terrible -Oh la belle mer rouge!, oh la belle lumière Orangina-, des acteurs qui jouent moins bien que moi, une histoire de traffic de poissons rouges qui ferait passer un bouquin de Grangé pour un chef-d'oeuvre, rien à garder si ce n'est deux trois plans sur des bouteilles de Suntory. C'est maigre jeune homme. Heureusement c'est court.
April Story (1998) de Shunji Iwai
Bon j'ai compris pourquoi les Japonais étaient fans de Sophie Marceau: c'est aussi le pays de la niaiserie adolescente (Candolero) et de la placidité (Candoléro). Faire un film en 1998 plus tarte que la Boum, faut réussir quand même le tour de force, surtout pour évoquer l'entrée en Université d'une étudiante... Je sais bien qu'à 19 ans on est un peu pataud, mais de là à avoir 3 pieds dans le même sabot... Autant Conte d'été est un bonheur de justesse (oui le cinéma de Rohmer est un peu bavard mais ce film là est tout simplement parfait... et je dis pas ça parce que je fais la doublure plage (le dos) de Mevil), autant là on est dans un monde si éthéré et bébête qu'on en souhaiterait un massacre à grand coup de patins à glace... la présentation de l'héroïne le premier jour de fac à Tokyo (elle vient d'Hokkaido, elle est en pull ("t'as pas chaud?"), tout le monde rit... mon Dieu que c'est con), le club de pêche à la ligne où ils s'entrainent sur l'herbe (sont mûrs ces Japs), sa voisine aussi niaisasse qu'elle (tu dis "cunnilingus" tu vas en prison dans cet autre monde...). J'arrête. Iwai, faut pas waier. Ou si tu as moins de 12 ans.
All about Lily Chou-Chou (2001) de Shunji Iwai
Bon soyons franc, ce film sur les difficultés de l'adolescence est vraiment plan-plan. Ca ressemble plus à un film d'ados version fans de Patrick Bruel (Mais qui a le droit, qui a le droit... Désolé) qu'à une version nippone de Mes petites amoureuses. Grosso Modo, si on enlève le côté "fan de" et les messages e-mail, ce sont bien les mêmes tourments: les premières amours contrariées, les bagarres à l'école, les grands moments de solitude... Mais bon, on ne peut pas dire que Shunji Iwai fasse dans la dentelle; il a plutôt tendance à nous entrainer sur une pente fleur bleue très édulcorée, malgré une scène de viol, un suicide et un meurtre tout ça dans le milieu ado... Ah oui tout de même vous allez me dire! Mouais, bon, tout cela est fait avec si peu de profondeur qu'on a du mal à vraiment accrocher à l'histoire et aux personnages. Je dis pas, si vous venez de redoubler votre 5ème, qu'une fille de 14 ans super belle vous tire la langue et que vos parents sont super lourds, alors oui, vous avez peut-être des chances psychologiquement de vous laisser emporter... si vous êtes japonais aussi en plus... Sinon pfffft, cela ne pèse pas lourd dans la balance. Pas monté dans le train, moi... (chou-chou, train? oui bof....) [3ème film où je mets pratiquement la même photo cette semaine... je dois avoir besoin de vert... ça tombe bien, je pars à Hong-Kong...]
Swallowtail Butterfly (1996) de Shunji Iwai
Drôle de monde que celui de Shunji Iwai où le côté un peu foutraque et maladroit cotoie des moments plus attachants, faisant de ce film-ovni une oeuvre plutôt originale.
A la mort de sa mère, une jeune fille chinoise vivant dans un quartier très pauvre (Yentown, eheh) en banlieue urbaine japonaise
est recueilli par une prostituée. On suivra en partie sa trajectoire dans ce Nippon chinoïsé et américanisé, en compagnie d'une faune des plus colorées. Iwai tergiverse pour trouver le ton de son film, entre quête ado, violence tarentinienne, comédie (trop légère), Bagdad Café (si, si, ils vivent tous dans un no man's land coincé entre une décharge et une guinguette bladerunnerisé) et le film musical dominé par My way de Sinatra... (vous suivez plus, là? normal.)
Porté par la musique de Kobayashi (Kill Bill), une caméra en perpétuelle mouvement (C'est pas Cassavetes quand même...) des colorisations clipesques plus ou moins réussies, on se demande un peu où Iwai veut nous amener au bout de 2h30... Si sa volonté de s'attacher à tous les laissés pour compte de la société est plutôt louable, la pseudo intrigue policière entre scène de flinguage à la Woo (au mieux, photo) et explosion à la Besson (c'est traître mais bon... dès qu'il y a un bazooka, Besson est devenu LA référence... ah si) n'a elle que peu d'intérêt: des faux billets réalisés à partir d'une cassette (?) retrouvée dans le corps d'un mafieux (??))... On ne peut pas non plus reprocher à Iwai de sortir des sentiers battus et de vouloir tenter un énorme patchwork... Certains y verront peut-être une tentative assez vaine, d'autres chercheront à s'intéresser au style pas tout à fait maîtrisé de l'auteur. Pour ma part, et pour peu qu'il ne s'agisse pas d'un film d'horreur de bas étage (j'enfonce le clou?), c'est toujours agréable d'être un tantinet surpris.
