13 octobre 2006

Au Carrefour (Shizi Jietou) (1937) de Xiling Shen

sizism_1_On reste en 1937, on retrouve l'acteur des Anges du Boulevard, Zhao Dan, et le réalisateur de Chuan Jia nu (35) Xiling Shen, pour une comédie romantique sur fond de crise sociale bien avancée: la plupart des étudiants du récit sont au chômage, l'un décide d'aller combattre sur le front du Nord contre l'envahisseur japonais, un autre se suicide en rentrant dans son village natal les mains vides. Le cinéma de Shanghai vit ses dernières heures avant l'occupation, le climat est lourd, fusil.

Mais si le contexte historique fait partie intégrante de l'histoire, le film se concentre surtout sur le chassé-croisé  amoureux (c'est vraiment le cas de le dire ici) entre Zhao et Miss Yang - ils sont voisins, dans le même baraquement, sans jamais se rencontrer (lui, travaille la nuit comme journaliste, elle, travaille comme cadre dans une usine de vêtements), communiquant à l'aide de petits mots à chaque fois que les affaires de l'un gênent celles de l'autre (il suspend son linge qui déborde dans sa chambre, elle balance le tout qui tombe dans l'encre..., ça vole pas haut mais c'est ça le bonheur de la promiscuité). Tous les petits matins ils se croisent dans le bus - quand lui descend, elle monte - et ils finissent par se rencontrer vraiment quand il fait un reportage sur les problèmes de son usine à elle. Ouais etcross_roads_1_ alors??? Ben en fait, malgré tous les petits côtés miséreux, le film reste très enjoué, se veut plein d'espoir, à l'image de la fin du film où le couple et 2 de leurs comparses, alors tous les quatre au chômage, se retrouvent sur le Bund et partent la main dans la main en traversant la rue prêts à relever les défis du lendemain... Bon pas de bol les Japonais débarqueront et vont vite les calmer. Malgré tout, reste ce côté très fleur bleue du film, avec une parenthèse au milieu lorsque Miss Yan imagine son prince charmant: les décors sont ultra kitsch, les deux héros sont habillés comme des Polichinelles, elle fait de la balançoire dans une robe dans laquelle on pourrait habiller 42 Chinoises , il a la même cravate que Dracula - on comprend pourquoi Sophie Marceau fera un malheur plus tard... l'image d'Epinal du flirt a peu évolué depuis, la ville de Shanghai beaucoup plus (qu'il était beau le Bund avant de construire ces quais surrélevés, ah misère). Un des derniers bons films chinois avant une longue parenthèse.

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10 mai 2006

The Boatman's daughter (Chuan Jia nu) (1935) de Shen Xiling

chuanjianu_1_Bon cela démarre un peu plan-plan avec une histoire d'amour à l'eau de lac (rires) puis on dérive dans la critique sociale parce que les pauvres, ils leur restent que l'amour mais même pas, et les riches, ce sont des enflures... et on n'est qu'en 1935, ça c'est ce qu'on appelle une prise de conscience sociale!

A'ling est donc la fille du vieux pêcheur. Ils s'occupent ensemble du transport de passager en bateau sur le lac de Hangzhou. L'un de leur fidèle client, Gao, remplace parfois le père à la pagaie qui est en bout de course. Quand A'ling et Gao pagaient ensemble, on sent bien qu'il y a anguille sous roche... Faut pas croire que c'est gagné non plus, on est en Asie et pour obtenir un premier baiser, suffit pas d'offrir un panda en peluche... A'ling va d'abord s'immiscer la nuit chez Gao pour lui repriser ses vêtements, lui préparer à manger, faire brûler des batons d'encens... Lui, il pense que c'est un fantôme, quel boulet... et un jour il la surprend chez lui devant une chaussette trouée!!!! Suspense totale! Ils passent deux minutes chrono à rire sans rien se dire (c'est culturel). Le vieux finit tout de même par inviter Gao à manger; quand il rentre chez lui suivi de A'ling... il se met à pleurer devant la photo de sa mère morte et, elle, elle fournit des trombes d'eau en le suppliant de bien s'occuper de son père (c'est re-culturel). On se dit quand même au bout d'une heure que c'est bien parti, ils vont coucher ensemble bon sang!, mais non parce que les forces du Mal veillent!

Tout d'abord de riches petits bourges shanghaiens, des artistes à deux balles qui se la pètent, ont remarqué la jeune fille et veulent que celle-ci pose pour eux... Pendant que celle-ci canote avec son amoureux, son père est presque battu à mort, refusant d'accepter de livrer sa fille à ces gaziers. A son retour, elle est effondrée -son père est transporté à l'hôpital- et comble du malheur, le Gao qui protestait contre la fermeture de l'usine est arrêté... 3 mois de prison... Elle se fera ensuite abuser et on la retrouve dans un bordel. Elle est toute triste et pleure mais on commence à avoir l'habitude... Dès sa sortie de prison, le Gao tabasse un riche, trouve le bordel, vient la secourir - elle, elle pleure - et suite à une rixe générale qu'il provoque, il est encore arrêté... S'en suit un montage de salles de jeux et de bordel qui montre le Shanghai décadent (hum) et un vieux qui lit l'arrestation du pauvre Gao qui s'est rebellé contre les méchants se demande comment tout cela va finir... Ben par 50 ans de communisme 15 ans plus tard, mon gars.

Pauvrement interprété -on se croit encore à l'époque du muet-, une mise en scène trés plate, The boatman's daughter vaut pour se coté social "précurseur" mais c'est bien à peu près tout.

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