De vrais Mensonges (2010) de Pierre Salvadori
Hasard de la programmation shangolienne, on passe du bon vieux polar noir mâtiné de romance à la comédie française récente bien nase. Si Hors de Prix était une comédie passable, De vrais Mensonges demeure pendant quatre-vingt-dix minutes d'une platitude terrible. Rarement vu Nathalie Baye ou Sami Bouajila aussi mal à l'aise (Audrey Tautou, si) : non point que les deux comédiens n'aient aucun ressort comique, c'est tout simplement qu'ils n'ont absolument rien de drôle à jouer... Je n'ai rien a priori contre l'usage du champ / contre-champ dans une comédie, le seul problème de celle-ci c'est qu'il y a toujours deux-trois secondes de blanc (j'exagère à peine) entre chaque réplique, et qu'au bout du compte il y a bien dans le film quarante-cinq minutes où il ne se passe absolument rien... Des dialogues plan-plan, ennuyeux à mourir (j'ai compté au moins trente-huit "Je suis désolé", un leitmotiv qui n'est pas sans rappeler les dialogues... de son précédent film où le héros s'appelait également Jean (le Jean s'excuse souvent, c'est un fait connu)), doublé d'un scénario aussi crédible que moi en Faust. Salvadori s'accroche une nouvelle fois à l'idée que l'amour est toujours possible avec un peu de thune à la clé (Tautou filant 600 euros à Bouajila pour qu'il passe une soirée avec Nathalie Baye, c'est quand même limite insultant - le contraire moins, surtout si Tautou fait la discussion (coup bas, j'avoue c'est rude, d'autant que la chtite est une voisine...)) même si forcément, au final, (attention, morale gentille, tintintin !) tout est bien qui finit bien : eh ouais l'amour triomphe (c'était bien la peine d'inventer trente-deux quiproquo si dès le départ nos deux héros se plaisaient... passons...). On se marre jamais, les acteurs semblent obligés de faire la grimace pour meubler leur contre-champ quand ils n'ont pas de dialogues (le pire c'est que c'est vrai), bref De vrais Mensonges s'avère franchement pitoyable et mou - prochaine comédie française, pas avant deux mois, par pitié, j'en peux plus.
Hors de Prix (2006) de Pierre Salvadori
Ce qui est bien dans l'avion, c'est qu'il y a des écrans minuscules qui conviennent assez bien à l'ambition des films français que l'on peut y visionner; voilà po moins de 4 exemples -ah oui long voyage...- qui laissent reveur sur l'état actuel du cinéma de l'hexagone...
J'aime beaucoup Salvadori dont Les Apprentis ou meme Comme elle respire faisaient figures de petites bouffées d'air pur. Mais là... Autant Quatre Etoiles méritait un arrêt, autant ici ça sent le naufrage. Certes je ne suis pas un grand fan de l'acteur de ciné Gad Elmaleh (à part son imitation permanente du regard de chien mouillé de Pierre Richard dans Les Compères (la séquence dans le garage, soyons précis), que nous propose-t-il?) et encore moins de la Tautou qui en plus ici ment - elle n'est pas originaire de Saint-Brieuc mais de Montluçon bon Dieu -... Ce "comment devenir gigolo en trois leçons" vire très rapidement à la mauvaise pochade et les clichés s'enfilent comme des perles po droles... Progression dramatique ultra convenue, amourette impossible que l'on devine réalisable dès le début, une philosophie du matérialisme implacable qui malgré la fin et le fait de le traiter sur le ton de la comédie laisse pantois. Au suivant...

