20 février 2009

Bonjour l'Angoisse (Der Alte Affe Angst) (2003) d'Oskar Roehler

Si nos trois-quatre amis lecteurs commencent en plus à nous envoyer des films (merci aux gars Patience), c'est clair qu'on va plus s'en sortir - parce qu'en plus on est assez malades pour les regarder TOUS!!! Bon, refermons cette rapide intro. Le titre français est en effet pas franchement du meilleur effet, le film valant tout de même mieux que la panouille de Pierre Tchernia. On retrouve bizarrement cette même image un peu froide des films allemands récents, un peu grisée et sans guère de relief qui semble enfoncer encore et toujours le stéréotype d'une certaine froideur nordique (je voulais dire "ça teutonise un peu" au lieu de "ça tétanise" mais je me rends bien compte que cela peut être jugé de très mauvais goût, donc j'efface); au niveau des acteurs, on se donne corps et âme : on pleure, on crie, on babille, on éructe, on casse mes bibelots, l'homme étant joué par un type musculeux au visage angulaire qu'on voudrait pas croiser en sortant de boîte au coin d'un bois (heureusement les discothèques dans les forêts sont rares), la femme ayant, quant à elle, des faux airs de Romy Schneider (enfin surtout faux) et je ne dis pas cela parce que son rimmel coule souvent. Il s'agit donc d'une histoire d'amour moderne avec ces multiples crises (bah finalement avec ma femme on s'entend bien en fait - pardon) mais aussi cette force qui fait que... Du bist mein Mann/ meine Frau de ma vie (mon allemand s'épuise vite). 

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On fait donc connaissance avec ce couple qui a tout de même quelques problèmes de fonctionnement... Lui c'est surtout au niveau des organes (ceux du centre, oui, génitaux si vous voulez) parce qu'il peine ces derniers temps à... Alors que quand il va voir des putes, ben ça marche du feu du Dieu (c'est bizarrement fait quand même, un homme). Sa compagne fait tout ce qu'elle peut, elle se déguise même (je ne peux m'empêcher à chaque fois de penser à Hippo dans Un Monde sans Pitié... "Tu veux que je me déguise!" - passons) avec une jolie perruque rose et des bas super fins de première qualité... Mais notre type rame. Pour sa défense, son père est atteint d'un cancer en phase terminale et ça aide po. En plus, c'est déjà en temps normal un metteur en scène super angoissé qui monte des spectacles un peu zarbi  - avec des gens complètement à poil - dans une lumière bleue (finalement, c'est bien ce que tu fais Gols - pardon). Toutefois, elle non plus elle n'est pas aidée, parce que aide soignante dans un hôpital où les gamins vous claquent dans les doigts, c'est pas rose non plus. On se dit tout de même que Roehler fait dans du lourd au niveau du drame... Ajoutez, par dessus cela, l'épisode de la femme qui perd son enfant et veut se suicider ou celui du mari qui trompe sa femme avec une prostituée séropositive qui a ses règles (on nous épargne rien) et vous serez d'accord avec moi, c'est peut-être un peu too much - surtout pour un vendredi matin, plutôt pacifique au départ, où j'avais décidé d'arrêter de fumer pour la 324ème fois. Mais je noircis peut-être un peu le tableau, car il s'agit aussi de deux êtres qui se cognent l'un contre l'autre mais qui ne cessent de vouloir y croire; quand il sont à la coule, ils font quelques enfantillages (l'amour rend un peu con, on le sait) et on sent qu'ils veulent s'accrocher l'un à l'autre, plus qu'à un mur d'escalade - juste pour prendre un exemple imagé. Alors oui, comme nous disait le type de la DGST pour nous briefer avant de partir en coopération en Afrique, c'est toujours calme entre deux crises et ça pète quand même souvent; notre homme doit gérer un vrai problème sexuel qui lui fait faire de grosses conneries mais il lutte, notre homme, pour dire adieu à son angoisse...

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La mise en scène est souvent frontale, mais au final même les scènes les plus hot sont finalement relativement froides, glaçantes presque, un peu à l'image de cet immense appart sans âme. On comprend rapidement que ces deux petites particules élémentaires sont un peu perdues dans ce monde terrible (gasp) mais qu'elles sont aussi complémentaires... Les acteurs se mettent littéralement à nu pour exposer leur petits problèmes existentiels et donnent une vraie énergie à cette histoire qui fait tout de même un peu dans la surenchère au niveau des incidents tragiques... Un peu mitigé donc, même si je dois reconnaître une certaine audace dans la direction des acteurs. A mon avis le Roehler doit être le genre de gars un peu tourmenté.   

aaa

Posté par Shangols à 06:36 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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