21 septembre 2010

Du Boulier à l'Ordinateur (1997) de Gérard Valet

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Plus de vingt-cinq ans plus tard, Gérard Valet revient sur les lieux de tournage de son précédent documentaire sur la Chine. Forcément, la tentation de mettre en parallèle les deux époques est grande et le réalisateur ne se gène point. Pour Gérard Valet, force et de constater que les deux mots clés sont "tradition et nouveauté" : les bouliers n'ont pas encore complètement disparu (en 2010, ils deviennent terriblement rares, il faut bien le reconnaître, il n'y a bien que chez un "apothicaire" (je devais être super malade...) que j'ai vu une fois la vendeuse s'en servir sous mes petits yeux ébahis), on continue de balayer les rues avec le même vieux balai et les spectacles de danse sont toujours aussi cucul la praline... Petits détails tout de même pour les deux derniers points, les voitures ont entre temps envahi les rues de la capitale (trois périphs en 95, au moins cinq aujourd'hui si je ne m'abuse...) et les slogans politiques à la fin des spectacles ont totalement disparu. L'évolution la plus spectaculaire, visuellement parlant, demeure peut-être le développement de Pudong à Shanghai et la disparition des jonques sur le Huang Pu le long du Bund - on a beau le savoir et passer devant tous les jours en notant à chaque fois une nouvelle tour de 50 étages (j'exagère un poil), l'évolution demeure sidérante. D'autres changements bien sûr sont flagrants : les endroits de culte réouverts progressivement, le développement du tourisme intérieur, l'éducation des bambins (finis les mini entraînements militaires, les jeux éducatifs anti-impérialistes - Donald et les ordinateurs ont plus de succès désormais...). Certains lieux ne font plus vraiment recette - la ville de Yenan où Mao avait trouvé refuge après sa longue marche est quasiment désertée -, quant aux coopératives agricoles voilà un bail qu'elles semblent avoir disparu... La voix off demeure omniprésente et ne laisse toujours pas plus de place à la parole des autochtones, Valet semblant se contenter - avec une évidente humilité - de laisser le plus souvent les images parler d'elles-mêmes. On reste sûrement un peu trop "en surface" des choses (timide volonté de savoir ce que vont devenir certains de ces individus qui ont perdu leur travail en cours de route...) mais ces deux docs qui "font date" et qui s'efforcent le plus souvent de ne pas se laisser piéger par les éternels préjugés ou les idées toutes faites demeurent un intéressant témoignage (avec leurs limites, ce dont les auteurs sont conscients) sur la Chine contemporaine. Pour un regard plus acerbe et critique sur la Chine des années 70, on pourra forcément "préférer" le doc d'Antonioni beaucoup moins bien perçu à l'époque en Chine... A chacun d'y trouver son compte et de juger de la "partialité" (bien grand mot, certes) de ces deux auteurs européens sur ce vaste pays oriental... Je ne me mouille po vraiment, j'avoue, mais je n'y étais point à l'époque...          

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Posté par Shangols à 11:25 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


Chine (1971) de Gérard Valet et Henri Roanne

affiche1_Première équipe de télé européenne (from Belgium) à avoir eu l'autorisation de pénétrer dans l'Empire du Milieu après la Révolution Culturelle, on sent chez les deux réalisateurs le souci constant de faire un compte rendu lucide, de Pékin à Shanghai, de ce petit monde chinois qu'ils croisent. Comme le souligne la voix off, si partout dans les vitrines, dans les représentations "artistiques" (sculptures, tableaux...), dans les spectacles - comiques (oh oh oh the ricain is a real guignol), il est question de vaincre la pourriture impérialiste américaine, lorsqu'un Chinois croise un étranger (et po facile de faire la différence a priori entre un Belge et un Ricain), il est le plus souvent tout sourire, quand il ne l'applaudit pas de ses deux mains toutes frétillantes. Point question ici de mise en scène pour faire bonne figure, simple "gentillesse naturelle" qui s'exprime spontanément et on veut bien le croire. De même, si les deux auteurs ne cachent pas un certain effroi à voir ces petites nenfants pratiquer de mini-parcours du combattant ou d'assister à ces nombreux spectacles de bambins qui, arme à la ceinture, sautillent dans tous les coins, ils analysent plus ces gestes mécaniques de bons petits soldats comme un entraînement pour se défendre contre l'envahisseur (il y a de quoi se méfier vu le passé, certes), que comme la volonté d'exacerber dès le plus jeune âge un comportement belliqueux - les Chinois n'ayant point depuis attaqué l'occident arme à la main, on ne peut que donner raison à nos deux auteurs belges. Ceux-ci s'extasient volontiers devant la propreté impeccable des (grandes) rues - les axes principaux bénéficient d'ailleurs toujours en 2010 du même soin (pour les petites rues dérobées, il faut reconnaître que c'est parfois, encore aujourd'hui, un autre combat), l'étalement de bouffe dans les supermarchés ou les petits magasins locaux (sans qu'ils soient conduits expressément dans les endroits "pour touristes"), mais restent volontiers plus sceptiques devant les oeuvres d'art chinoises (forcément) ou sur le bon goût des petits souvenirs made in China - finalement  quarante ans plus tard, ils ont gardé tout de même certains réflexes mais ne soyons point caustique outre mesure. On sent que cette équipe belge, sans vouloir être pour autant dupe, demeure sous le charme de cette population chinoise qui commence à s'éveiller, s'intéressant plus à capter le regard d'un vieux dans une file d'attente ou à filmer, dans la rue, un type surchargé à vélo qu'à chercher à démonter pierre par pierre ce régime qui, après les terribles famine et les violences de la Révolution culturelle, commence à partir sur de meilleures bases - au moins économiquement parlant. Si le petit livre rouge fleurit alors comme les coquelicots en Hollande, il ne semble finalement, aujourd'hui, qu'un élément annonciateur de la future production de masse... Plus vraiment de la littérature, on est d'accord... Un document quoiqu'il en soit qui tend à briser dès 1971 quelques idées fausses sur la Chine, à revoir à Shanghai le 13 Octobre 2010 en présence de l'octogénaire Roanne himself - be my guests, amis shangoliens...         

Posté par Shangols à 05:53 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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