03 février 2010

Sherlock Holmes (2010) de Guy Ritchie

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Sherlock Holmes fait partie de ces blockbusters qui restent assez plaisants grâce notamment à des décors londoniens vintage assez cradingues (oui, bon, tout est fait sur l'ordinateur, mais c'est l'intention qui compte) et à un trio d'acteurs qui se défend (Robert Downey Jr avec ses airs de chien mouillé qui envoie du bois quand il le faut, Jude Law relativement sobre en Watson, "élementairement", et la chtite Rachel McAdams, en petite amie chafouine du Sherlock, qui a diablement du chien). On a un peu peur au départ que le Ritchie, en grand amateur d'effets spéciaux publicitaires à deux boules, "matrixe son filme" en abusant de ralentis et des images "accélérées" - qui n'apportent franchement po grand-chose - mais il a la bonne idée de se recentrer rapidement sur ses personnages. Robert Downey Jr interprète un Sherlock capable de déductions logiques ultra finaudes (ça vient souvent un peu de nulle part, mais on ferme les yeux de façon bienveillante) et toujours prêt à se lancer dans la baston : Robert (petit mais costaud) s'attaque notamment à une véritable montagne - un catcheur ?-, une véritable force de la nature qui parle étrangement... français, et cela nous donne quelques moments comico-agressifs assez relevés. Sherlock combat un type adepte de la magie noire (mais ça existe po la magie noire ? Nan, mais c'est justement le taff de Sherlock de dénouer les fils, attendez) qu'il va finir par rendre minable, mais tout cela n'est jamais qu'une première étape, le tome 2 étant d'ores et déjà annoncé alors qu'il reste au moins dix minutes de film. Bon allez, disons que c'est tout à fait regardable (pas trop d'excès dans les images de synthèse qui nous gratifient d'ailleurs de "jolis" plans sur la construction du Pont de Londres), surtout... pour du Ritchie, se sentirait-on presque forcé d'ajouter...

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09 juin 2008

Arnaques, Crimes et Botanique (Lock, Stock and Two smoking Barrels) de Guy Ritchie - 1998

small_117839Je suis bien luné ce soir, et je suis prêt à fermer les yeux sur la mise en scène affreuse de ce film. Je suis même prêt à admettre que, pour la première fois depuis 1939 (date du dernier film anglais d'Hitchcock), une production britannique m'a amusé. C'est dire. Lock, Stock and Two Smoking Barrels est une minuscule chose assez fun, dynamique et rigolote, le truc typique d'un samedi soir de printemps, et je dis ça en ayant pleinement conscience qu'on est lundi.

C'est uniquement grâce à son scénario et à ses acteurs que le film tient. On assiste à un imbroglio entre bandes de tueurs autur d'un magot caché, de fusils de collection et de dettes impayées. Très compliquée, l'histoire se resserre avec beaucoup d'esprit autour d'un quatuor de bras cassés, qui deviennent la cible de tout ce qui se fait en matière de tueurs au coeur de Londres. C'est très astucieux, joliment enlevé, et c'est un vrai plaisir de voir comment les gusses vont sesmall_117840 tirer des situations inextricables dans lesquelles ils s'enferment. La galerie de personnages, même très caricaturée par des acteurs "à tronche", fait son effet, et on a là toute la palette des incontournables figures de petites frappes, du tueur élégant au débile léger, du psychopate effrayant au big boss sans pitié. C'est clairement l'école Tarantino, Guy Ritchie s'amusant sur les traces du maître à tirer les passages obligés jusqu'au délire, construisant de petits dialogues décalés, brouillant les pistes de la chronologie. Ca arrive bien entendu à peine à la cheville de Pulp Fiction, mais c'est suffisamment inventif pour tenir le suspense jusqu'au bout, et franchement on ne demande pas beaucoup plus. Malgré quelques maladresses d'écriture (notamment le personnage de Sting, qu'on dirait inséré là-dedans à la dernière minute, complètement dans un autre film), on passe un moment poilant et tonique.

Heureusement, parce que côté mise en scène, c'est beaucoup moins inventif. Ritchie balance l'intégralité des small_117838effets trop class de ce genre de productions fauchées, arrêts sur image, photo cradouille, visages distordus sous l'effet des focales courtes, musique décalée, voire subitement un unique split-screen qui va à ce film comme une bicyclette à un poisson. C'est moche, très voyant, très crâneur, et c'est à la limite du plagiat, de Tarantino encore, de Danny Boyle et aussi de Robert Rodriguez. On fermera les yeux avec miséricorde sur ce manque de talent de metteur en scène, et on apréciera à sa juste valeur ce petit film que j'aurai oublié demain. Tant mieux : comme ça, je pourrai le revoir.

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