19 septembre 2011
Le Monde d'Apu (Opur Shôngshar) de Satyajit Ray - 1959
Dernier volet de la "trilogie d'Apu" qui nous a donné de bien jolies émotions, ce film est à la hauteur des précédents : c'est hyper-class esthétiquement, pas forcément passionnant au niveau du scénario, mais on en ressort tout chafouiné, tant Ray excelle à nous tortiller le coeur avec ses petites situations douces-amères. Cette fois, Apu a grandi, est devenu un aspirant-écrivain vivant de petits expédients : c'est la bohème à Calcutta, nous ne mangions qu'un jourrrr sur deux, et notre gars se fiche bien de ne pas avoir de quoi... [Lire la suite]28 mars 2010
Les Joueurs d'Echecs (Shatranj ke khilari) (1977) de Satyajit Ray
Comme dans Le Salon de Musique, on assiste une nouvelle fois à la fin d'un monde (la Compagnie des Indes montrant le désir d'annexer ce territoire musulman jusque là indépendant), un monde où le roi, poète et amateur de musique à ses heures, semble avoir négligé ses fonctions politiques, un monde où, parallèlement, deux seigneurs se passionnent pour les échecs, totalement indifférents aussi bien à leurs femmes qu'à la page d'Histoire qui se joue autour d'eux. Ultimes feux artistiques (les poèmes récités par le roi, une séquence de... [Lire la suite]02 novembre 2009
L'Invaincu (Aparajito) de Satyajit Ray - 1957
2ème volet de la trilogie d'Apu, et ma foi on reste tout à fait dans le ton de Pather Panchali : chronique douce-amère du temps qui passe pour notre petit Apu, qui dans cet épisode, va faire d'un peu plus près connaissance avec la mort et la difficulté de grandir. Ce qui est assez étonnant dans la première demi-heure, c'est que Ray semble mettre son point d'honneur à éviter le drame : tous ses personnages sont sympas, toutes ses situations tournées vers le bonheur. Un papa gentil et relativement aisé, une maman gentille et attentive,... [Lire la suite]17 avril 2009
Le Dieu Eléphant (Joi Baba Felunath) (1978) de Satyajit Ray
Sympathique comédie policière qui ne mange pas de naan du père Ray. Malgré une image couleur vintage parfois un peu délavée ou capricieuse - tiens, c'est tout fuchsia là - j'exagère un poil -, on prend un certain plaisir à suivre les traces de l'inspecteur Feluda qui enquête sur la mystérieuse disparition d'une statue de Ganesh. Alors en vacances dans la cité de Varanasi (Bénarès, pour les cinéphiles voyageurs), il décide de résoudre cette énigme pour le plaisir avec ses deux acolytes de voyage (un écrivain de roman policier... [Lire la suite]15 décembre 2008
Tonnerres lointains (Ashani Sanket) (1973) de Satyajit Ray
Satyajit Ray nous présente avec tact et horreur la famine de 1943 qui causa 5 millions de morts au Bengale. Pas forcément le sujet le plus olé-olé, j'en conviens. Un jeune couple s'installe dans un village; si la femme prend plaisir à goûter enfin à de longs bains dans la rivière, son mari est plein de projets : docteur, il veut également s'occuper de l'école ainsi que des célébrations religieuses. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais des avions sillonnent le ciel, seule preuve de cette guerre inconnue qui gronde au loin, et la... [Lire la suite]12 décembre 2008
Le Héros (Nayak) de Satyajit Ray
Décidément, toujours un grand plaisir que de découvrir l'oeuvre de Ray. Il dresse cette fois-ci le portrait d'un acteur dont la célébrité est montée à la tête. Réalisant ce film, presque essentiellement, dans un train, Ray n'a pas besoin d'énormément d'espace pour rendre ce récit passionnant, porté par deux acteurs de grand talent, notre "héros" Aridam (Uttam Kumar) et une journaliste qui ne s'en laisse point "conter" (la sublime Sharmila Tagore, femme à lunettes, femme honnête comme dit le proverbe bengali). A... [Lire la suite]05 décembre 2008
Le Salon de Musique (Jalsaghar) (1958) de Satyajit Ray
Même si la version non restaurée que je viens de voir est loin d'être digne de l'oeuvre de Ray - on fait parfois avec ce qu'on a - Le Salon de Musique demeure une bien belle expérience. Grandeur et décadence d'un grand propriétaire terrien (un "zaminbar" qu'on dit en Inde, bon) face à la montée d'un bourgeois : résumé comme cela, le film ne semble pas franchement olé-olé. Il y a toutefois en toile de fond un rapport à l'art - la musique - qui donne au film toute sa sève et une certaine ambiguïté... Si avec la décrépitude de... [Lire la suite]01 décembre 2008
La grande Ville (Mahanagar) (1963) de Satyajit Ray
Vrai coup de coeur pour ce film de Ray qui n'en finit jamais de m'émerveiller. Une histoire pourtant d'une belle simplicité : une femme indienne qui, traditionnellement, n'est pas censée travailler mais doit rester au foyer, décide d'arrondir les fins de mois difficiles en allant bosser. En prime, elle a le courage de s'interposer contre les injustices, quitte à en payer elle-même le prix. Son combat personnel et professionnel est une telle leçon qu'on en reste, d'une part, baba et, d'autre part, on finit presque par se demander si,... [Lire la suite]24 novembre 2008
Le Lâche (Kapurush) (1965) de Satyajit Ray
Bien sympathique historiette que cette relation triangulaire indienne. On retrouve la sublime Madhabi Mukherjee, déjà vu dans Charulata, dans le rôle de Karuna : jeune femme mariée avec un planteur alcoolo et bon vivant, elle retrouve plusieurs années plus tard, par hasard, son amour de jeunesse; ce dernier, écrivain de scénar, s'est retrouvé en carafe dans une station service - panne de bagnole - et a accepté l'aimable invitation de ce planteur en manque de compagnie. Dès le premier regard qu'il pose, en entrant dans la demeure... [Lire la suite]16 avril 2008
La Complainte du Sentier (Pather Panchali) de Satyajit Ray - 1955
Ce premier volet de la "trilogie d'Apu" a à priori tout pour me révulser : une vision de l'enfance tournée vers l'innocence et la pureté, un scénario doux-amer fait de minuscules et finalement banals faits, un ton gentillet et nostalgique pour parler des souvenirs du passé. Sur le papier, on a très peur de tomber sur un Jean Becker indien, ce qui n'aurait ce me semble pas d'équivalent dans l'horreur.
Heureusement, derrière la caméra, il y a le grand Satyajit, qui transcende cette histoire un peu délavée par une puissance... [Lire la suite]
