03 novembre 2008

Ploy (2007) de Pen-Ek Ratanaruang

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On ne peut reprocher à ce réalisateur thaï d'avoir son propre univers. Adepte du plan fixe, de la belle lumière, du fond sonore intriguant - une note légère qui s'invite toujours en fond -, d'acteurs et d'actrices à la beauté lisse, Ratanaruang creuse son sillon dans ce cinéma à l'atmosphère éthérée, ensommeillée (si, ça se dit). S'il faut lui reconnaître un certain charme - une certaine dose d'érotisme même (il s'en passe de bien belle sous les jupettes) -, il y a aussi une petite impression de facilité ou du moins de déjà vu,  - entre Tsai sur la forme et le Lost de S.Coppola sur le fond - un peu lénifiant.

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Un jeune couple en provenance des Etats-Unis se retrouve dans un hôtel à Bangkok. Revenus en leur terre pour assister à des funérailles, l'entente ne semble pas être au beau fixe après 7 ans d'union. Dans cet état un peu planant (j'aurais pu placer ici le mot jet-laggé, mais franchement, vous en avez pas marre vous?), une certaine frustration, un manque de passion semblent remonter peu à peu à la surface. Le type, parti boire un verre dans un bar, rencontre, au petit matin, une très jeune fille qui a rendez-vous avec sa mère - venue de Suède. Il lui propose de venir se reposer dans sa chambre, en tout bien tout honneur - c'est au moins l'air qu'il se donne - en attendant. Forcément sa femme, qui leur ouvre dans un état de demi-sommeil, tire un peu la tronche. A partir de là, la trame se développe entre fiction et fantasme, acte manqué et rêve... L'idée du personnage qui imagine le pire et se réveille soudain est un peu éculé mais Ratanaruang parvient à jouer, avec un certain brio, sur les frontières, la porosité osons, entre songe et réalité; l'on finit par s'y perdre un peu, découvrant au passage aussi bien les troubles désirs de l'homme et de la chtite que la peur du comportement prédateur de l'homme qui taraude la femme (cette idée est d'ailleurs poussée un peu loin et tranche avec le ton général du film - pas la partie la plus concluante à mon avis). Rien de bien révolutionnaire ni d'original en fait : un peu las de la lassitude amoureuse à l'écran... On finirait presque par se demander s'il ne vaudrait pas mieux s'endormir pour voir ce que l'on projetterait de faire soi-même avec la sublime femme de ménage (je m'égare peut-être...). Le climat, néanmoins, tout en demi-mot et en délicatesse, n'est po inintéressant. Bref, pas totalement emballé, j'admets, mais un réalisateur qui trace sa voie avec une belle discrétion. Ses trois derniers longs-métrages ont en tout cas leur propre petite musique et leur rythme particulier.   

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29 avril 2007

Vagues Invisibles (Invisible Waves) (2006) de Pen-Ek Ratanaruang

Découvert avec Last Day in the Universe (genre de Lost in Translation thaï, si vous ne voyez pas ce que je veux dire c'est pas grave), Pen-Ek nous convie cette fois dans un monde presque lynchien, déshumanisé, fait d'errance, de couloirs (mentaux) éclairés avec des néons qui grésillent (cellules grises qui disjonctent), avec toujours une petite pointe d'ironie salvatrice. L'image gris-orangé est toujours parfaitement soignée, la bande son omniprésente mais en sourdine institue toujours un climat trouble comme les eaux du Yangzhe et si parfois on peine un peu à savoir où il veut nous emmener (ah oui c'est lent) on reste complétement immergé pendant deux heures - et rares sont les réalisateurs capables de nous plonger dans leur propre univers.

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Kyoji assassine la petite amie de son boss avec laquelle il entretient une liaison. Cet acte qui le rend réellement malade (il ne cessera de vomir tout au long du film), comme s'il avait détruit son équilibre mental, va lui faire traverser une période passablement délicate (il s'embarque aux frais de son boss pour une croisière entre Hong-Kong et Phuket) où dorénavant les anomalies feront partie de son quotidien: dans sa chambre, sur le navire, tout est pété ce qui donne lieu à des scènes d'un humour grinçant: jets de douche dans la tête dès qu'il rentre dans sa salle de bain, enfumage au départ du bateau, plombs qui sautent, lit qui se relève automatiquement, chambre qui se ferme de l'extérieur... bref pas facile de ne pas devenir un poil paranoïaque comme si l'univers se refermait peu à peu sur lui; il rencontre sur ce navire quasi désert et souvent immobile (!) une femme avec son bébé, rencontre du destin puisqu'il s'agit de la future compagne de son boss. Arrivé à Phuket, tout part en bande, alors qu'un mystérieux "Lézard" (grand passionné de karaoke ce qui nous donne quelques morceaux de bravoure) le suit où qu'il aille - il s'agit en fait d'un homme de main de son boss,  qui veut se venger de la liaison qu'il entretenait avec la fille: agression, vol, notre pauvre Kyoji est complétement perdu ne sachant plus à qui faire confiance et échappe par miracle à une tentative d'assassinat; il finira par revenir sur ses terres, bien décidé à se venger mais devant le bonheur de son boss, il préférera s'effacer et se résoudra à mourir sachant qu'il n'est de toute façon plus qu'un fantôme d'humanité -on se croirait presque dans un livre de Murakami.

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On est souvent destabilisé par ce scénario qui nous mène par le bout du nez, Pen-Ek nous faisant plus ressentir les états d'âme de son personnage qui vit comme une ombre plutôt que de chercher une véritable veine narrative. On peut s'en agacer comme on peut se laisser doucement bercer par ce rythme délicatement lancinant.

Posté par Shangols à 15:03 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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