02 novembre 2008

Le Hussard sur le Toit (1995) de Jean-Paul Rappeneau

18863097_w434_h_q80Réputée inadaptable, l'oeuvre de Giono (apparemment po la meilleure en plus) aurait tout gagné à ne pas l'être. Jean-Paul Rappeneau veut absolument dynamiser au maximum cette histoire... et brasse méchamment de l'air. C'est terrible d'avoir autant d'angles de prises de vue, de chercher autant à faire un montage en trois mille plans par minute et d'aboutir à une telle impression de vide - c'est presque vertigineux pour garder une allusion au titre. On sent pourtant un soin particulier dans chaque tuile des toits - de l'authentique, comme disait l'autre du coin - tout comme dans le nombre de figurants au détour d'une séquence, c'est du gros budget français, môssieur. Seulement il se passe vraiment po grand chose, avec en prime une historiette d'amour bien pâlaude. Au début, on craint le pire, en pensant que Rappeneau va faire défiler tous les acteurs français de renom (enfin...) à chaque nouvelle séquence. On a droit à Cluzet, puis à Depardieu grimmé comme un Gaulois, puis... ah un trou dans le casting, un chat, qui est sûrement le seul à ne pas en faire des tonnes. Heureusement que notre Hussard croise Juliette Binoche, on se calme pour un temps, et boum c'est reparti, Jean Yanne en charlatan, Pierre Arditi avec des rouflaquettes tout paniqué... Cela semble d'ailleurs le mot d'ordre de la direction d'acteurs, Olivier Martinez en tête : il faut dire son texte le plus rapidement possible, sembler toujours tout essoufflé, pour sûrement donner l'impression qu'il se passe vachement de trucs à la fois... Ben non. On nous sert des bastons d'un autre temps - superbe high-kick de Martinez sous amphète -, il ne manque que les fils sur les toits pour faire un truc du genre Hussard et dragons (jeux de mots - six lettres). Bref, pauvre Juliette Binoche, toute mimi quand ses mains prennent feu, mais qui peut pas faire grand chose dans ce soi-disant film à grand spectacle bien creux. Une tuile.

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16 janvier 2008

La Vie de Chateau (1966) de Jean-Paul Rappeneau

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La comédie est une question de rythme, et de ce point de vue là, c'est tout de même ce qu'on ne peut pas reprocher à Jean-Paul. Sens du montage, sens de l'enchaînement des scènes au taquet, Deneuve s'en donne à cœur joie pour enfiler les répliques comme une mitraillette, Pierre Brasseur fait pétarader les siennes de sa voix tonitruante, tout cela sous l'oeil goguenard d'un Philippe Noiret gentleman-farmer qui finira par connaître son heure de gloire à la fin du film. Une comédie légère sur fond de débarquement parfaitement menée de bout en bout. Pierre Lhomme signe un noir et blanc parfait, Michel Legrand fait ses gammes, et si Alain Cavalier est à l'origine du scénario, c'est Claude Sautet qui peaufina le travail d'écriture du Rappeneau. Le film gagne ses galons en ce début de la Nouvelle-Vague en contribuant à apporter une immense fraîcheur de ton dans le cinéma français. Même si le récit s'enfonce un peu dans le vaudeville avec le mari, l'Allemand et le résistant qui ne cessent de courir aux basques de Deneuve, il ne faut pas bouder son plaisir et croquer la pomme normande. Il faut souligner les superbes photos de Catherine Deneuve signées Jean-Louis Sieff, en générique, jeune Eve pour laquelle tous les hommes sont prêts à pêcher, quittes à en oublier leurs "devoirs".  Certes le film se consomme comme une bolée de cidre, comme ça, à la volée, laissant la part belle aux comédiens qui joue leur partition avec talent. Pas de quoi en écrire une thèse, mais pas de raison non plus de faire la fine bouche, surtout à la vue des comédies de ces 20 dernières années...

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