Ratcatcher (1999) de Lynne Ramsay
On peut pas dire que ce soit vraiment la fête du slip en 1973 dans une banlieue pourrie de Glasgow alors qu'a lieu une grêve générale du ramassage des poubelles. C'est même carrément le marasme, et je n'ose parler de cet accent complétement foireux ou seules la première lettre et la dernière syllabe de chaque phrase sont prononcées de façon audible.
Le pauvre James est complétement laissé à lui-même et en chahutant avec l'un de ses voisins à côté d'un canal provoque involontairement la noyade de celui-ci. Déjà psychologiquement, ça marque des points, vous ajoutez à cela un taudis en lieu et place de maison, un père ultra alcoolo et flemmard de sa race, deux soeurs dont l'une de 14 ans bien partie pour échouer sur un trottoir, et je parle pas de la vermine qui commence à grouiller dans les poubelles alentour. James ne trouve de réconfort qu'en se liant avec une fille un peu nunuche qui est la risée du quartier ou en se rendant dans un lotissement de maisons préfabriquées complétement désert qu'il rêve un jour d'habiter.
C'est pas loin de Ken Loach, avec toute de même un sens du cadre et de la beauté plastique de l'image beaucoup plus élaboré - certaines séquences filmées proches du canal, ou dans les champs qui environnent le lotissement apportent une touche de poésie dans ce récit glauquissime sur le fond; d
e même cette idée venue de nulle part: l'un des garçons du coin un peu fracassé attache une souris blanche à un ballon rouge gonflé d'hélium pour que celle-ci aille sur la Lune - et elle y parvient d'ailleurs... Ramsay fait preuve d'un grand talent cinématographique mais il faut avouer que l'histoire n'est pas du genre à donner envie à danser la samba. Même si la fin laisse une petite part d'espoir et de rêve, James va s'enfoncer toujours plus loin dans les eaux troubles de son inconscient et finira par rejoindre son compagnon sacrifié du début. En plus pas de bol le Celtic a perdu hier en Champion's League - noir c'est noir vous dis-je.

