28 janvier 2012

Drive a crooked Road (1954) de Richard Quine

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Blake Edwards a signé le scénario de ce polar mettant en scène la Belle et la Bête : la Bête, c'est Mickey Rooney, 1 mètre 12 au garrot, défiguré par une cicatrice, aussi à l'aise avec les femmes que moi avec un motoculteur. La Belle c'est (ppppfffiou) Dianne Foster, des jambes de deux kilomètres de long, un visage de Madone, un sourire à se flinguer... Quand cette dernière commence à faire du rentre-dedans au Mickey, on se doute bien qu'il y a anguille sous roche... Qu'est-ce qui pourrait bien intéresser une fille comme ça chez un homme comme lui ? On a tôt fait de résoudre l'équation : Mickey est passionné de course automobile... On flaire le petit hold-up de derrière les fagots. On se trompe po.

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Ah mais mon Dieu que les hommes sont bêêêêêêtes ! Dianne Foster fait bien deux têtes de plus que Mickey et driveacrookedquand ce dernier la regarde, il a la tête dans les nuages. Lui, que ses collègues au garage appellent, de façon souvent méprisante, Shorty, se paie un rencart sur la plage avec une méga bombasse et cela l'étonne à peine. Il est tout timide, se rend chez elle pour boire un thé mais il n'ose même po l'embrasser (trop petit aussi, faut dire). Une fois qu'elle a bien joué avec et que l'autre est tout tourneboulé, c'est le moment de passer à l'action ; un ami de la Dianne propose au Mickey, de but en blanc, de participer à un casse en échange d'une rondelette somme d'argent et notre Mickey, po si couillon, de l'envoyer paître... C'est un type réglo, le Mickey ! Le problème c'est que la Dianne se met à bouder grave et le Mickey, capable de vouloir décrocher la lune pour lui plaire, de finir par accepter. Ah grand fou. Il se prépare comme un malade (fignole la bagnole, visionne deux mille fois la route à parcourir) pour pouvoir être à la hauteur (lol) le jour du hold up. La Dianne, elle, commence à avoir de pitits remords : elle a mené ce petit bonhomme par le bout du nez et devra le lourder comme une vieille chaussette sitôt le casse fini ?... A-t-elle un petit coeur qui bat ? Le pin's Rooney est-il moins manche et plus fier qu'il en a l'air ? Un final jazzy qui va en tout cas swinguer...

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On ne peut pas dire que le scénariste ait fait dans la dentelle pour tenter de montrer le gouffre qui séparait les deux personnages principaux... Un peu fastoche. D'un autre côté, les amis de Dianne qui vont entraîner Mickey dans l'illégalité, sont tellement puants (les types ultra bronzés au sourire Colgate, suffisants comme po deux) qu'à tout prendre... Au moins le pin's Mickey est attachant (relol) et voue un amour sincère envers la Dianne. Size doesn't matter, well, faut voir quand même... Les séances de dragouille tirent un peu en longueur mais les vingt dernières minutes se révèlent assez palpitantes : Mickey passe à l'action et montre que, dans sa branche, la conduite, c'est loin d'être un branquignole ; ça suffit po pour tomber une dame entourée d'une cour de beaux gosses, certes... Mais comme il a sûrement plus de plomb dans la tête que ces deux types surfaits, faudrait po non plus l'oublier dans la dernière ligne droite... Chaque apparition de Dianne Foster illumine la péloche, la détermination d'un Rooney qui monte en puissance est belle à voir et le final nocturne - une plage, une bagnole accidentée, les torches des flics qui balayent la nuit... - a bien du cachet. Modeste mais prenant.

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25 août 2010

Du Plomb pour l'Inspecteur (Pushover) (1954) de Richard Quine

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Derrière ce titre français qui semble tiré de la couverture d'un polar de seconde zone se cachent le premier film de la divine Kim Novak et un film noir tout à fait méritoire. On retrouve au générique le lourd Fred MacMurray qui a troqué sa panoplie d'assureur (Double Indemnity) pour celle de flic ; il est également beaucoup question de planque - la surveillance de la chambrette d'une Kim très nerveuse... et de l'appart voisin où s'agitent de jeunes infirmières (donnez des jumelles à un flic et voilà le travail...) - et ces petites séquences de "voyeurisme", pour le meilleur et le pire, sont comme un troublant écho au Fenêtre sur Cour du bouddha Hitch sorti, étrangement, la même année. Le plus jouissif dans cette parfaite petite mécanique, c'est l'étrange relation qui va se nouer entre MacMurray et Novak (qui manipule qui ? Hum... Et si finalement c'était de l'amour... Ohoh) : au départ, le flic n'a aucun mal à pécho cette blonde à la sortie du cinoche - votre voiture ne démarre pas, je vous raccompagne ? -; il n'y a guère de hasard ou de coïncidence dans cette rencontre puisque c'est MacMurray lui-même qui a trifouillé la bagnole pour pouvoir entrer dans la vie privée de la donzelle. Why ? Cette dernière est connue pour ses relations avec un braqueur de banque, type que l'on a vu justement à l'oeuvre dès l'ouverture du film pour un casse (belles séquences entièrement muettes) tout en douceur. Notre flic pense pouvoir entrer facilement... dans son jeu. Mais la chtite blonde aux sensuels sourcils bruns n'est pas sotte et ne va pas tarder à deviner la profession et le rôle de MacMurray ; elle lui propose alors dans la foulée un étrange marché : elle récupère la thune et ils se barrent ensemble.

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Le flic est outré (moi j'aurais même pas cherché à comprendre, plus pressé d'embarquer le petit lot Novak que les 200.000 dollars), l'envoie paître, réfléchit quand même quelques heures (ahhhhh?) et finit par accepter (je savais bien que ce type n'était pas si bête...). MacMurray et la belle Kim ne tardent donc pas à s'entendre pour doubler le braqueur, le seul truc faisant vraiment peur étant le plan du flic (fallait pas non plus s'attendre à tomber sur The cerveau du siècle...). On comprend vite qu'il pense jouer le coup au feeling, sans prendre en compte deux trois variables : comment gérer le vieux flic en planque à l'extérieur et certains de ses collègues au taquet, ou encore ces petites infirmières qui ne cessent d'aller et venir dans les couloirs de ce bâtiment où tout le monde (Novak, les keufs,...) loge au quatrième ; il suffirait, semble-t-il, de croire à sa bonne étoile pour que tout se passe comme sur des roulettes ? T'es dans un film noir mon coco, ne fais pas le mariole, et la Novak a un petit minois si innocent qu'elle ne peut incarner que la méga femme fatale... Mais le flic irlandais n'en fait qu'en sa tête et continue de croire que tout est possible jusqu'au bout... Un récit parfaitement mené, sans aucun gras (chaque personnage est signifiant, chaque incident a, au final, des conséquences sur la trame principale) et un couple de cinoche ultra classique (la belle et la bête...) qui fait des "étincelles" (rien n'est à jeter lors de leurs nombreuses confrontations : des petits jeux de mots torrides lors de leur première rencontre au final triste comme une mouche noyée dans un café froid). Ce coffret - le second - des "classics" de la Columbia (Human Desire, The Brothers Rico, Nightfall, City of Fear) a indubitablement son lot de petites perles noires.      

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Posté par Shangols à 01:55 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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